SUD LES POÈTES MVSTIQLES PERSANS
le plaisir et la joie aura le deuil et la tristesse dans l'autre vie. Le Dieu juste ne donne pas le bonheur à ses créatures à la fois sur cette terre et dans le ciel. Le sage doit préférer la souffrance d'ici-bas où tout n'est qu'un rêve, et attendre le rafraîchissement dans le paradis. Celui qui n'éprouve en son cœur ni angoisse ni inquiétude au sujet de ses destinées, se réserve la souU'rancc et la peine dans l'autre monde. Puisque tu existes, sois le serviteur fidèle et généreux du Seigneur, afin que sa bonté t' élève aux dignités véritables. Nuit et jour prie-^ le; emplis ton Ame du sentiment de sa bonté et de sa miséricorde; demeure toujours en admiration devant son œuvre sublime, humilié devant sa puissance, constamment et intérieurement en prière. C'est ainsi que tu seras un sage.
C'est dans le Manlicut-taïr, le poème du» langagedes oiseaux », qu'éclate et que resplendit l'imagination ardente d'Attar, tout à l'heure moraliste si grave; mais là encore , si sous la fulgurance troublante des métaphores on veut rechercher la doctrine, que trouve-t-on? Toujours, à quelques phrases près, ce même enseignement du soufisme orthodoxe, cette ferme et invariable adaptation de l'ascétisme chrétien. Cela est si vrai que qui voudrait, dépouillant cet extraordinaire poème du vêtement de lumière irradiée qui l'entoure, le réduire à sa
mauniteolIST II., i l'âge de soi\inte-quinze ans. Il lit un commcnUire du Pend A'dmeAdont l'édilionque nuus citons donne deseilrsile. V. «« bio- Itrapbiv dans ane brochure de la bibllolb^qae Bilmi : Kîàâr macMikA ve 'olaïaûden eit,, C'aosUalinople. 1317 (brochure n° 3).
substance docti'inale toute nette, se verrait en préseD» d'une sopto do petit traite, d'inspiration évidenunetit chr»!'tienne, sur les obstacles que peut rencontrer 1' à son entrée dans la \ie spirituelle.
L'on se souvient que, dans l'ouvrage d'Allar. des âracj sous la figure d'oiseaux sont invitées par un direoleur, la huppe, i entreprendre le voyage mystique à la recherche de Dieu. Dieu lui-même est figure par un oiseau mystérieux , le Simorgh ' . Voyez comme se présentent ces Ames : Chacune a son défaut dominant; chacune ei;cî[>« d'un empêchement spécial qui la rend incapable de commencer ce pêiilleux voyapp. La huppe répond i toutes, et nul directeur ne leur parlerait mieux.
Qui es-tu, dit l'une d'elles, une sceptique, et qu'a&-tn de plus que nous qui t'autorise à nous diriger? — Je n'ai rien de plus que vous, répond la huppe ; mais le regard de Saloniou s'est un jour posé sur moi ; — gracieux symbole de la vocation. — Jesuis trop faible, dit une autre, je tomberai à la première station. — Mieux vaut mourir dans cette roule, répond la huppe, que de languir sur le cadavre du monde. Quelques-uns disent que le désir des biens spirituels est de la présomption ; mais ne vaol-^l pas mieux sacrifier sa vie dans l'orgueil de ce désirque d'attacher son cœur à une taverne? — Je suis indigne, reprend un autre oiseau ; comment le Simorgh (Dieu) mt recevra-t-il? — Uiou est miséricordieux, dit la huppe.— Je suis inconstant, gii'ovague, passant le temps à sauter
l. IJD autre poÈIe persan, Ni/ami, se servit ilu infm« inylhe. Sîmor^h signiHe i trente oiseaux u.