‹ GazaliChapitre 76 sur 102 · SUR LES POKTES MYSTIQUES PERSANS · texte numérisé non relu

SUR LES POKTES MYSTIQUES PERSANS

luelle avec avilissement, puis ont'élèvc avec honneur .1. C'est la transcription de la métaphore évangélique : si le grain ne commence par être enfoui en terre et par pr'u'rir, la plante ne germe pas, ou encore de la parole du {jsalmiste : « Il a bu de l'eau du torrent; c'est pourquoi il relèvera la tête'. »

Cependant, on rencontre en vérité dans le poème d'Attar quelque» expressions qu'il semble difficile ou tout à fait impossible d'interpréter par la doctrine du christianisme, et qui paraissent être des formules du panthéisme le plus absolu. Ces expressions étonnent, mais je ne crois pourtant pas que quelques lignes puissent prévaloir contre tout l'ensemble d'un vaste poème. Aussi pcnsé-jeque, à défaut d'une interprétation plausible, le mieux serait de les tenir pour des accidents. Je ne parle pas ici des comparaisons qui peuvent être destinées à montrer la petitesse de l'homme en face de Dieu; que l'âme aimante s'absorbe en Dieu comme une goutte d'eau dans la mer, cela n'est encore qu'une expression trop faible pour marquer le néant relatif de l'homme, et cette çiétaphore ne deviendrait panthéiste que si l'on était tenu d'entendre que Dieu est formé d'&nies comme l'Océan de gouttes. Selon Saadi % quelqu'un demande au ver luisant comment il se fait que, brillant dans les ténèbres, il disparaisse pendant le jour.

1. Aprts que Ica oiseaux ont traversé les sept atallons dans le poème d'AlUr, ils Toienl aa poissoa myslérleux qai attire lout A lui^ Garttn de Ta«sy n'hésite pa« k reconnaître dans ce paisson le symbole du Clirîil.

2, Le Bouilan, liod. Barhîer de Me;nard,p. 103 etcf. p. Ifil.

Lo vpp luisant répond : u Je vis eu plein iiir ;iussi bien le jour que la nuit; mais en présence du soleil, je suis comme si je n'étais pas. » Cette sorte d'anéautissoment tout relatif n'est encore pas du paiifliéisme.

Mais voici les passager réellement cmbarrassauts. Lorsque les trente oiseaux qui ont accompli le voyage mystique sous la direction de la huppe, ont franchi la septième vallée, ils se trouvent en présence de l'oiseau divin, le Sîmorgh,' à ce moment, au lieu de contempler cet èfre divin séparément d'eux, ils ne le voient pour ainsi dire pas, et c'est eux-mêmes qu'ils voient en lui, « comme si le Simorgh et eux formaient un seul et même être'». Seule ment le Simorgh les déborde, au moioB en puissance, en sorte que s'ils étaicut parvenus plus de trente au terme du voyage, le Sîmorgh ne serait plus eux trente, mais serait tous les oiseauï arrivés à ce terme. Et plus haut, lorsque la Imppe exjdiquait la vallée de l'unité, elle disait : « L'être que j'annonce n'existe pas isolément ; tout le monde est cet être. Existence ou néant, c'est toujours cet être. » Certes, à moins d'invoquer les écarts et le manque de précision du langage poétique, ce qui n'est peut-être pas iUé- ^time, il est difficile de contester le panthéisme de telles formules; je l'essaierai pourtant et je proposerai même ici des analogies chrétiennes que je recommanderai à la bienveillante attention du lecteur. Sainte Thérèse et saint Jean de la Croix ont médité sur cette

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