Ct passage a traduit dans [es Xi
jutrcfois attiré l'allention de S. de S^ic; qui l'atSl ici Exlinih. t, XII, p. 307 el suivanlPS.
SDR LES POÈTSS MYSTIQUES PERSANS.
parole de Dîeu à l'âme : " Cherche-toî en moi « ; paiolc qui, absh'action faite d'autres mystères, a pour plus simple signification : " Cherche à conualtre pour la réaliser, l'idée que je me suis faite de toi dans mes desseins étemels » ; et ce mot est bien l'analo^e de cette proposition que les oiseaux, sans cesser de se voir euxmêmes, c'est-à-dire sans être auéantïs en Dieu, se voyaient dans le Simorgli. De plus, l'Écriture sainte ne dit-elle pas que les élus sont u les membres du Christ >> , et ne considère-t-ellc pas souvent l'Eglise comme une sorte d'être vivant formé de la réunion de toutes les Âmes fidèles? Ce Dieu annoncé parla huppe, qui n'existe pas isolément, qui parait être dans le devenir, et qui est formé en puissance de l'union de toutes les Ames parvenues à leur fin, imite peut-être, bien qu'avec un peu de maladresse, cette grande conception chrétienne de l'Église triomphante.
Il y a plus de véritable indianisme et peut-être aussi de panthéisme chez l'illustre Djclcll ed-Dln Houmi, l'auteur du Methnevi, lo fondateur de l'ordre des derviches tourneurs, le « HevhLnà ' » ; c'est à lui que nous allons demander les quelques citations qui termineront ce livre. DjélAl ed-Din Roumi a ungrand goût pour la nature, et il est si habitué avoir en elle une manifestation
t. Djélâl ed-Dln itouini na(|uU à Ualkb en S04, mourut à Kooiali en 671. Se« deaceadanU et son ordre onl encore aujourd'hui dans l'islamisine une «ItualloD conaidérable. — Nous citons le Methnévi d'après l'édillon de riin]iriinerie 'Amirrh, 1289, édiUon en six Torla rolumea eotnprcnant
c d'Ankaravi.
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de Dieu, tju'on ci-oirait parfois qu'il y voit Dieu luimème ; il est ensuite assez attaché à la conception de r&me universelle, de » l'àmcdu tout », ot il oppose et relie les âmes particulières à l'Ame universelle d'une manière qui dérive davantage de la tradition païenne que de la tradition chi'étienne ; il fait un usage fréquent de la distinction entre l'Âme et rintclligcncc ; distinction fortement établie dans l'école des Philosophes, maïs qui était peu en usage dans les écoles théologiques. Des ériidits ont relevé chez notre poète de brillants passages où ils ont voulu voir qu'il professait la métempsycose, et qu'il prétendait être une partie de Dieu ; nous dirons tout à l'heure quelques mots de ces textes. Notons encore une particularité : pour qualifier le mystique formé, ce que la plupart des auteurs dont nous avons parlé appelaient le connaisseur, 'drif, Roumi ali'ectionne un mot àgah, qui signifie " savant, éveillé ■■ et qui parait être la traduction du mot Bouddha ; nous rencontj'erons ce ternie dans les passages que nous allons citer. I^tant données toutes ces circonstances, il serait téméraire de nier tout à fait la présence d'influences indiennes et la réalité de tendances panthéistes chez Djél&l ed-D)n Koumi. Celui-ci est d'ailleurs un auteur considérable, fort difficile, encore incomplètement étudié; il est beaucoup plus métaphysicien qu'un Kheyyam, un Saadi ou uu Attar ; il a sacrifié à la coutume si répandue en Orient du syncrétisme : il n'y a donc pas à espérer que nous puissions fournir un jugement com- \ pLètement motivé sur un écrivain do cette subtilité, de
SITU LUS POÈTES MYST!QCES PEKSASS.
cette envergure et do cette imporiance, alors que nous le rencontrons au dernier tournant de notre œuvre, à un moment où sa composition appelle plutôt une péroraison que l'attaque d'un sujet nouveau, et où, nousmême et uos lecteurs sans doute, nous commençons à sentir le besoin de repos. Aussi laissant l'examen précis du système de Roumi, me bornerai-je à montrer que les passages de ses poèmes les plus nets, les plus décisifs en apparence, les plus beaux au fond, sinon les plus étincelants, sont ceux où il revient simplement, sincèrement et je dirai humblement, & la tradition chrétienne.
Il y a un sentiment puissant de la nature dans cette idée que la terre, au printemps, est comme un voleur forcé par l'administrateur souverain de rendre les ti-ébors qu'il a recelés pendant la saison d'hiver '? Il faut se donner beaucoup <le peine, dit le poète, et observer à maintes reprises pour découvrir les traces de la vérité: « Les espériences doivent durer l'hiver et l'automne, durant les chaleurs de l'été, pendant le printemps, pareil à une bénédiction. Pourquoi les vents, les nuées et les éclairs? Pour que les (Utférences entre les accidents se manifestent, pour que la terre, couleur de poussière, fasse paraître au dehors fout ce qu'elle a dans sa bourse, grenat ou pierre, tout ce que cette poussière à la mine renfrognée a volé au trésor de la vérité, à l'océan de la générosité. L'administrateur du destin l'interroge : parle, 6 poussière, explique ce que tu portes en toi, ra-