‹ GazaliChapitre 78 sur 102 · I. .Vrlhnl'vi,}t · texte numérisé non relu

I. .Vrlhnl'vi,}t

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cinc pQP racine. Le voleur rcpoiid : rien, rien, je B'nrien pris, l.'athiiiiiisti-ateur le oict à la question. Quelquefois il lui dit des mots doux comme du miel ; d'aiitr» fois il suspend au-dessus de lui les pires menaces, afin que moitié par violence et moitié par douceur, par l'écliauffement de la crainte et de l'espoir, il obliciine de lui la révélation de ces choses cachées. Le prinlemj» est la grAce de cet administrateur du monde, rautoiniic est sa menace, et l'hiver est la torture qui doit te contraindre, 6 voleur, à découvrir ce que tu recèles. <>

Ce goût de ia nature, disions-nous, incline l'auteur vers une sorte de panthéisme où apparaissent les eipressions de la mystique néoplalonicieiine. Voici an exemple en ce sens ' : « L'univers est la forme de l'intelligence universelle, laquelle engendre quiconque es! raisonnable ; pour qui a trop péché contre l'iiilelligencc universelle, la forme universelle se montre comme un chien. Héconciliez-vous avec ce père, cessez de vous révolter contre lui. afin que la terre d'où jiiîUit l'eau vous paraisse un tîipis d'or. Vous serez rétribué comme k la résurrection : le firmament et la terre seront changés pour vous. Moi qui suis constamment en paii avec ce père, je vois ce monde comme le paradis; i chaque instant c'est une nouvelle forme et une nouvelle beauté, si bien que je suis fatigué de voir du nouveau. Le monde esté mes yeux toujours rempli d'agrément; les eaux sans jamais tai'îr sourdent des fontaines; le murmure de ces euux arrîv.nnt à mon oreille enivre mou I. Jl/e(flne#i. IV. 751.

fSTIQCES PKRSANS.

cœur el mon intelligence. Los rameaux s'agitent comme des chœurs qui évoluent ; les feuilles hattent l'air comtnc les pieds des danseurs. L'éclair est tel qu'un miroir qui luit d'entre le feutre; si quelqu'un regarde le miroir, il secounalt tel qu'il est. De mille secrets que j'ai découverts, je n'ai pas rèvélt- un seul, car toute oreille est pleine de doules. A l'iiomnie qui n'a que l'intelligence particulière ' une parole de bonne nouvelle est donnée; celui qui a l'intelligence complète demande : quel est le sens de cette parole? Cela, c'est mon bien propre. »

La dt^pendance de l'intelligence particulière par rapport à l'intelligence générale n'est certainement i>as une thèse négligeable dans la philosophie de Roumi; il y fait encore allusion dans le fameux passage où il expose l'échelle de la création dans des termes qui ne recouvrent peut-être pas, comme on l'a prétendu, la croyance k la métempsycose, mais qui portent bien, au moins à l'extérieur, un cachet bouddhiste. On y voit décrite une succession d'existences graduées, àlamndc scolastique, dans chacune desquelles s'efface le souvenir de l'autre, et qui aboutissent à un état où l'homme est sauvé de l'intelligence môme, selon la notion du nirvana. Citons cet important morceau - :

« Il est arrivé tout d'abord — il s'agit de l'honune — dans le climat de la matière brute, et de l'état de la matière brute il est entré dans l'état de la matière végétale. Il a passé des années dans l'état végétal, et il ne

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