Melhnéin. IV
s'est pas souvenu de son ûtat niinéral, Â cause de la lutle^ Puis de plante qu'il était, il est entré dans l'étal animal et l'état végétal ne lui est pas venu à la méniuire, si c û'eat par cette inclination qui le reporte vers la terrç surtout au printemps quand tleurit le I)asilic ; ceU inclinatioQ est semblable à celle qui attache les ( fants à leurs mères, sans que leur boucbe puisse eneis pliquer le secret, ou à celle que conçoit le jeune novïoj pour le cheikh glorieux, le pir, lorsque, de l'intelligei générale de celui-cî, il forme son intelligence partict lièro. Le mouvement de l'ombre provient de la brancl du rosier; l'on voit l'ombro à la fin se perdre dans i branche, et alors s'explique son va-et-vient: Commet se mouvrait l'ombre, bienheureux, si l'arbre ne ( mouvait pas? Encore une fois, de l'état animal, le crél teur le tire du côté de l'état humain. Ainsi il passe i climat en climat jusqu'à ce qu'il devienne întcllig-ei savant, perspicace (bouddha). 11 n'a pas de souvenir â intelligences antérieures. Et une fois encore il quitte cette existence (l'humaine), et il subira un chai ment, et il traversera cent mille existences, inouïes p nous, jusqu'à ce qu'à la fin il soit sauvé de l'intelligei même pleine d'avidité el de désir. » Et le poète poi suit par des considérations sur l'illusiou de la, vie «5 doit suivre l'éveil. Il n'y a pas à le nier, ce passage r ferme une doctrine bouddhique mêlée de néoplatonismq pour en apprécier l'importance réelle il faudrait ] I mettre en balance avec l'ensemble des six livres ou j trente mille vers du Met/inéci.
SOB LES FO^BS KYSTIQUES PERSANS.
C'est dans le Dtwdn ', recueil de poésies de ce grand auteur, distinct de son énorme potrae du Melhnévi^ que se trouve l'autre passage auquel nous faisions allusion, où parait s'exprimer une doctrine toute panthéiste. Le morceau estd'abord conçu de telle sorte que le mystique et Dieu parlent presque en mèuie temps : " amour, ô amour ! s'écrie le premier, je suis un amoureux élionté, lorsque l'amour me frappe sur la lÈte, je suis fasciné, ébloui » \ et aussitôt il ajoute, comme se mêlant à Dieu : (' Je suis à la fois un amoureux ébloui et l'unique ravi » ; ce dernier terme a'appliquant à Dieu, ravi et comme fasciné à la vue de sa créa on. « Je suis ici, je suis là »; — c'est Dieu qui parle — » je ne suis ni au-dessus ni audessous... )i ; — et l'interlocuteur divin énumère toutes les choses et tous les contraires que sa nature renferme ; c'est tout le monde et ce sont toutes les antinomies : Il Je suis vieux etjeunc eu même temps; je suis le laid et le beau ; je suis le suc du dattier et la datte. Continuellement je prie, et jcrestc aussi sans prière. J'ai connu lematin,et j'ai connu le soir. Je suis ce monde-ci et le monde avenir; je suis le perroquet et je suis le coucou ; je suis l'homme et le génie, et la perle de l'Océan de l'être ; je suis la montagne et la plaine, la pierre précieuse et l'Océan... » Rouini, au moment où il écrivait ces vers, devait être dans un état d'exaltation semblable à celui qui, dit-on, le saisit sur la route de Koniah , lorsque, se sentant transporté et enivré de passion mystique, il se