‹ Gazette des beaux-artsChapitre 104 sur 148 · A PORTER DANS LA POCHE · texte numérisé non relu

A PORTER DANS LA POCHE

ï ESParapluyesdontM'Mariusatrouvélefecret, JL/nepefencque5;à6 onces: ilsnetiennentpasplus de place quuns petite Bcritoire , & n'embaraflent ppinc la poche i ainfi chacun peut fans s'incommoder en avoir un fur foy par précaution contre le mauvais temps. Jls font cependant auffi grands, plus folides, refiftent mieux aux grands vents, & fe tendent aufli vite que ceux qui foftten ufage.

Oiji U lèmagnagc ipn MaficurtJefAeaJame Reyaleda Saaeaoi attra^ Cciie nouvclk Invcniion » luni ayoultt bien/eçuc du Public par le gnnd dcbk qui i'cd cft fut . ce qui a cicitû l' Auieut i b pcifcAionncr.au poini qu'il ne Uillc pUu tien i routuiiet du

ArcptiJdcccuiquitani ornez. l'on cotnieodra quil ne s'cHencorc nen vil en PvalTabde

ptui ^rcable poui le goût Se UlegeMic.K que l'on pcui concerner encc genre la Curieux k* plui diSicila . pour U richcfTe det monnirei & dci omemeni. lu miraa taafa mar^

lis fe font & fe vendent àParis chezM'MARIUS,

demeurant rue des Foflez SaÏBt Germain ,

aux trois Entonnoirs.

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(RMaction au quart,)

Au moyen âge, Xes affiches paraissent avoir été abandonnées et remplacées par les crieurs. C'est seulement au mois de novembre 1639 que François 1'^ les rétablit et décide que « ses oidonnances seront attachées

bS2 GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

k un tableau, écrites sur parchemin, en grosses lettres, dans les seize quartiers de Paris et dans les lauibourgs, aux lieux les plus éminenls. ■ En dehors des sphères officielles, les libraires sont les seuls particuliers qui, mettant à profit les facilités qui leur étaient laissées, songeaient à employer le moyen de publicité si extraordioairement répandu de nos jours. Un édit de 1686 réglemcnle cette situation, el plus tard, le 13 septembre 172'2, un arrêt spécial fixe le nombre des afficheurs ayant droit d'exercer dans la capitale.

Mercier est le premier, croyons-nous, qui se soit préoccupé de laisser quelques souvenirs sur les Affiche» et sur les Afficheurs. Il en parle, sans grands détails, d'ailleurs, dans son Tableau de Pari»; mais ce qu'il dit est bon à recueillir.

Ce livre si intéressant, dont Bivarol, qui jouait au grand seigneur, « dit, bien à tort, que « pensé dans la rue, il avait été écrit sur la borne a, donne, en effet, un portrait finement tracé des afficheurs parisiens.

« Ils sont quarante, dit Mercier, «nsi qu'à l'Académie française ; et, pour une plus grande similitude, aucun afficheur ne peut être reçu s'il ne sait lire et écrire. On dispense l'afficheur de tout autre talent, ainsi qu'l! arrive quelquefois dans l'illustre Compagnie créée par le ministre despotique et versificateur.

« Ils ont à leur boutonnière une plaque de cuivre ; ils portent une petite échelle, un tablier, un pot à colle et une brosse. Ils affichent, mais ils ne s'affichent point. Les quarante immortels n'ont pas toujours cette sage modestie.

ulln afficheur est l'emblème de l'indifTérence. Il affiche d'un visage égal le sacré, le profane, le jut^dique, t'arrét de mort, le chien pentu ; il ne lit jamais de ce qu'il plaque contre les murailles que la permission du magistrat. Dès qu'il voit ce nom, il afficheroit sa propre sentence.

u Tel qui a affiché la Comédie et l'Opéra pendant trente ans n'y a jamais mis le pied. Quand ils ont mis la lettre du cAté de la rue, et qu'elle est bien droite, ils la contemplent d'un air de satisfaction et s'en vont.

« Il feut, dit-il ailleurs, que l'afficheur ait sa médaille de cuivre sur l'estomac pour plaquer et coller contre les murailles l'annonce des pièces de théâtre, des livres, des terres à vendre. Ces mômes afficheurs crient et vendent les sentences des criminels et se réjouissent des exécutions, qui leur font gagner quelque argent, ainsi qu'à l'imprimeur. »

Combien s'est développée cette industrie et quelle place surprenante elle a prise dans la vie actuelle I

Sans souci des ordonnances de police, les affiches s'emparent main-

TOItl Dl KÀPOLiOH >, 1

(RédoctlaD >n dnqalèmf.)

An GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

tenant de tout espace incMxupé, ne gardent aucune mesure, ne cooservent aucun respect et deviennent envahissantes au point de nous ravir, pauvres Parisiens que nous sommes 1 jusqu'à la vue de nos monuments.

Les vitrines des libraires, les devantures des cafés, des restaurants et des marchands de vins, c'est chose nouvelle, en sont intérieurement tapissées; en sorte que, là où la lumière et le soleil pénétraient autrefois libres de toute entrave, le clair-obscur s'est installé et règne aujourd'hui en maître. La publicité a fait une conquête nouvelle-, après les voitures publiques, il ne lui manquait plus que celle-là I

Nous n'avons contre cet usage bizarre aucune objection grave à formuler, mais, sur la voie publique, l'aflicbage, à notre avis, devrait être réglementé d'une manière plus sérieuse et plus efficace. N'apparatt-il pas clairement, par exemple, que les aiBches ont pour effet déplorable d'atta* quer violemment l'épiderme des édifices sur lesquels on les lue à grand renfort de colle?

Là, l'autorité, beaucoup trop paternelle de ceui qui ont mission de veiller à la conservation de nos richesses d'art, devrait intervenir, armée de toutes pièces, et s'opposer, fût-ce par la force, au collage des afGches sur les monuments, en quelque temps et dans quelque lieu que ce soit; mais trop d'intéressés tirent profit de ce besoin de publicité qui est si profondément entré dans nos mœurs. Au moment où nous publions cette notice, nos édiles eux-mêmes font annoncer l'adjudication du droit d'affichage sur les murs-pignons appartenant à la Ville. La surface présumée est de 1A,703 mètres, et la concession étant de trois années, la mise à prix de la redevance annuelle est de 55,000 francs; la chose en vaut ta peine, il est juste de le dire.

Mercier prétait aux affiches une vertu à laquelle ne songeaient certainement pas ceux qui tes faisaient imprimer : ii Si le peuple s'accoutumait à lire les affiches, disait-il, il apprendrait à moins défigurer l'orthographe française; mais il ne s'embarrasse ni de l'orthographe ni de tout ce qu'an* nonce cette multitude de placards. »

Mercier n'avait pas tout à fait tort, et peut^tre vaudrait-il mieux apprendre la langue française dans de semblables conditions, que ne point l'apprendre du tout ; cependant, s'il nous était permis d'exprimer notre sentiment, ce n'est pas sur les murailles parisiennes que nous voudrions parfaire notre éducation.

Allez donc vous y retrouver 1

En pleine période électorale, par exemple, où chaque candidat préco^ nise pompeusement l'onguent (Ju'il a imaginé pour cicatriser les plaies de la nation.

(KéductiaD au qurt.)

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