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IXX- — V PKUOOB

Sa composiUon n'est jamais la mëine I

Aussi en temps ordinaire, d'ailleurs, où les eaux les plus miraculeuses sont recommandées surtout par ceux qui n'en font point usage ; où les maisons de banque assurent les bénéfices les plus considérables... à ceux qui les o^ent ; où les entreprises médicales et pharmaceutiques promettent la gnérison prompte des maladies les plus incurables ; où tous les commerçants, enfin, adressent le» paroles les plus engageantes, les œillades les plus provocatrices aux clients qu'ils espèrent, c'est une oi^e de couleurs, un débordement de littérature i désespérer la vue la meilleure et te promeneur le plus endurci. Les imprimeurs et les afficheurs sont seuls à proclamer que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Nous ne voudrions pas pourtant que ce tableau parût trop sombre 1

Il reste, en eOet, bien entendu que, dans notre pensée, ce qui précède ne s'applique qu'aux anaonces proprement dites, mais non point aux affiches artistiques. Pour celles-là, et qu'on veuille bien nous excusa, nous demandons grâce. Non qu'elles vaillent mieux que les autres, mais elles ont, toat au moins, le mérite rare de satisfaire l'œil et de répandre le goût dudessin et de la couleur dans les masses profondes où l'art pénètre peu.

Le point de départ de la collection dbntil s'agit ici, et qui est composée de plus de deux mille pièces, est antérieur de cinq années à l'arrêt de 1722 que nous rappelions tout à l'heure; l'aflicbe qui en forme la tète porte la mention suivante :

Permis d'imprimer et d'afiîcher. Fait à Paris, le 25 juin 1715. H. B. DE V.^ d'Abgemsok.

A cette époque, les procédés employés pour l'impression des affiches illustrées, présentaient, ainsi qu'on peut en juger par la reproducUon que nous en ofirons, des imperfections bien singulières et bien frappantes. Les figures soet gravées sur bois, le corps de la pièce elle-même est imprimé typographiquement.

Le peu de soin apporté par le graveur dans l'exécution des personnages parait extraordinaire, si on songe aux admirables estampes publiées dans le même temps; mais les dessinateurs étaient peu nombreux alors et l'affiche illustrée naissait à peine. C'était beaucoup déjà que de demander à un art, même imparfait, une contribution quelconque pour une œuvre aussi éphémère.

Car c'est là ce qui doit être remarqué, et c'est là surtout ce qui ex-

piique comment les collectioDS les plus riches, les plus savamment constituées, la collection Hennin en est un exemple bien connu, renferment aussi peu de documents de celte sorte. Par sa nature même, l'afTiche est condamnée dès sa naissance ; une courte existence lui est fatalement réservée.

Placée sur les murs salpêtres, dans des conditions forcément déplorables, livrée à toutes les intempéries, à tous les incidents de la vie d'une grande ville, elle est appelée à disparaître promptement, pour faire place à plus jeune, plus pimpante, plus utile ou plus mensongère qu'elle.

Nous n'avons pas vu, comme Mercier, les murs de Paris au siècle dernier, mais nous n'ignorons pas pourtant que, pendant la période révolutionnairs, sous l'Empire même, les afficheurs exposaient aux regards enthousiasmés et surpris de nos concitoyens le récit de nos luttes et la proclamation de nos victoires ; nous savons encore qu'un peu plus tard, hélas 1 les affiches des armées étrangères, douloureuse substitution 1 avaient remplacé les nôtres. A des succès sans précédents avaient succédé des revers sans exemple ; la politique avait pris, c'est l'occasion de le dire, le haut du pavé.

L'affiche illustrée, après une courte apparition, n'existait plus et n'avait plus de raison d'être.

L'art, profondément ému par les terribles événements ]qui s'huent accomplis, se réfugiait dans les régions sereines et graves de ia grande peinture et s'y maintenait glorieusement: l'architecture, la statuaire, la gravureétaient servies par des talents d'un ordre supérieur et d'un mérite incontesté, mais l'industrie, froissée dans ses intérêts, abandonnée à etleméme, n'avait pas le loisir et n'éprouvait pas le besoin de recourir aux artistes; ceux-ci, d'ailleurs, considéraient encore comme par trop au-dessous d'eux de servir par leurs facultés une cause qui ne leur parùssait pas être celle de l'art lui-même.

Cette succession d'années, si importante pour l'histoire du pays, cette période si grande et si désastreuse & la fois, est nulle au point de vue qui nous occupe ici.

Peut-être y trouverait-on, en cherchant bien, quelque affiche isolée» quand ce ne serait que celle delà Bonne bière de Marty imprimée sous le IHrectoire , mais cela ne prouverait pas, au point de vue spécial où nous nous plaçons, que l'oflicbage artistique ait reçu, de 1715 à 1830, une impul^oii sérieuse et dont le souvenir doive être conservé.

Hais vient la monai-chie de Juillet. Peu k peu le calme s'est fait ; les libraires songent alors à leurs anciennes traditions et appellent l'attention du public sur les ouvrages qu'ils impriment et qu'ils mettent en vente.

PUBLICATION DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES JVLESRENOVARD&C'^RlIEDETOURNON.N.e.

(RMnctiaD an cinqniimo. )

kiO GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

A ce moment paraissent tes scènes les plus palpitantes des romans de Cabinet de lecture dont la vogue s'est emparée.

Dès 1831, EuGBNE DEFÉftu dessine et lithographie une aflicbe pour le livre du docteur Ludolf de Garsenfeld : Beaucoup de tabac, toujours du tabac; en 1832, Adolphe Lalakce en produit une autre deslinée an roman du lexicographe Napoléon Landais : Une Vie de courtisane ; en 1836, une autre encore qu'il signe modesiemenl : Adolphe Lalance barbouH~ lavit pour le roman de Cirle Ledbuy : Comment meurent les femmes.

De 1835 à 1838, quelques illustrateurs , dont les noms sont restés ignorés, font connaître les Proverbes anecdotiques de Stephen Amoult; les Amours d'unpoHe de Touchard-Lafosse et Dutouquet ; la Fille de V invalide de Maximilien Perrin ; Laurctte et Julia de M"* de Genlis et de GiadiiceWi; Madame de Tercy, ou F Amour d'une femme de Charlotte de Sor {comtesse Eilleaux) ; la Fille d'une fille de Roland Bauchery ; la LitriWe d'Emmanuel Gonzalès et Holé-Gentilhomme ; h Fille du pauvre /arques de E. Chauffer et H. Demoliëre. etc., etc.

Toutes ces affiches, sauf celle de Devéria, qui pourtant n'est point parfaite, laissent fort ji désirer, mais il ne s'agît déjà plus d'informes gravures sur bois. La lithographie, tai'divement appréciée et adoptée en France, s'est emparée de haute lutte de la situation vraiment exceptionnelle k laquelle elle a droit ; l'accueil le plus empressé, l'avenir le plus fructueux lui sont réservés. Les grands artistes de cette belle époque, si souvent et si utilement étudiée, na prennent pas part encore à l'exécution des afiicbes, mais on sent que le précieux secours qui leur est apporté par l'admirable invention d'Aloys Senefelder les sollicite et les contraindra avant peu de temps à entrer dans l'irrésistible mouvement qui se produit, et à prêter généreusement leur concours à l'industrie.

C'est ce qui arrive en effet.

Beaucé, Ed. de Beaumont, Berlall, Galame, Cham, Français, Gavami, Grandville, Tony Jobannot, Henri Monnier, Raflet, Ch. Vernier et tant d'autres dont les noms sont vivants dans l'art français, ont compris les immenses ressources de ces procédés nouveaux, procédés qui doivent £lre poussés à un état de perfection qui ne sera jamais atteint à l'étranger.

Cest l'heure où tes plus intelligents de nos éditeurs parisiens vont publier les beaux livres à images si admirés et si recherchés de nos jours par les bibliophiles. Gurmer, Dubochet, H. Fournier, Fume, Hetzel, Bavard, Paulin et Benduel entreprennent l'impression des nombreux ouvrages qui forment aujourd'hui le fonds le plus intéressant, le plus séduisant de nos bibliothèques contemporaines. Mon contents d'il-

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