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FAC-SUOLB KÉDUIT D'UNE AFFICHE EN COULEURS DE H. J. CHÉRET

IIS NAINS CEIIBRR

(RMnclion la quart.)

Ii32 GAZETTE DES ItEAUX-AHTS.

lustrer ces beaux livres, des dessinateurs éminents, des esprits origioaux, s'ingénient et trouvent les moyens d'appeler l'aitefitiou sur ces ixéations vraiment magistrales, au double point de vue littéraire et artistique.

Baffet dessine en 1S3S, pour Vllisloire de Napoléon de Norvins, un splendide ItODaparte équestre ; un peu plus tard, pour le même ouvrage, il exécute encore une aigle impériale aux ailes éployées qui est un véritable chef-d'œuvre de grandeur; il donne enfin une belle composition pour la Nànésii de Barthélémy.

A partir de ce moment, l'afliche illuslrée a conquis sa place au soleil.

Gbandville, avec son crayon délicat et spiriluel, donne successivement celles des Petites misères de la vie humaine, de Jérôme Paturot, à'Vn autre monde, des Scènes de la vie privée et publique des animaux. Il illustre également de quatre vignettes charmantes la Grande complainte sur le procès Lafarge et sur les alchimistes français. Ut seule qui se chante sur l'air de Joseph, avec accompagnement de clarinette obligée et qui donne le portrait des rats du Clundier.

Gavarni vient à son tour, sûr de lui, déjà en pleine possession de son ingénieux talent, et fixe sur la pierre une affiche destinée à l'édition de ses Œuvres choisies, publiée par Hetzel. 11 en dessine d'autres pour le Juif-Errant, d'Eugène Sue, pour la Philosophie de la vie conjugale de Balzac.

Tony Joiiakkot intervient aussi avec celles du Oon Qutrhotte, de Dubochet, et du Werther, traduit par Pierre Leroux.

EiCalaue! Est-il rien de plus jeune et de plus délicieux que son affiche des Voyages en zigzag, de Topfer ? C'est là un véritable tableau, et non le moins charmant de ceux qu'il nous a laissés.

Il faudrait tout citer et tout décrire ; car, en vérité, tout a une valeur considéiiible. C'est presque du grand art.

Bkaucé lithographie an^a.SKhQ^oaxV Ancienne Auvergne et le Vélag, une autre pour tes Trois Mousquetaires, de Dumas; une autre encore pour \'Éi:ho des feuilletons ;

Bertail fait de même pour les Nouvelles et seules véritables aventures de Tom Pouce, de P.-J. Slalil (Heizel), pour les Guêpes au Sidon, pour Paul et Virginie, pour h Paris dans Ceau, de Bïifaut, la meilleure, sans contredit, de celles qui lut sont dues ;

Henri Mohneer aussi^ pour le recueil de Babel publié par la Société des gens de letires;

Eugène Gaucbé pour le Prado, de Tb. Privât ;

Edouard de Beauuoht pour le Diable amoureux et pour les Nains

cilèbrety dâDS l'exécution desquelles il apporte de vigoureuses qualités de couleur et de dessin ;

Français enfin, pour le Monte-Cristo d'Alexandre Dumas, et pour l'Histoire de» Français de Théophile Lavallée.

Et que n'oublions-nous pasi Ou plutôt, pour ne point ahuser de la patience du lecteur, que ne laissons-nous pas dans l'ombre ! La litb(^raphie est dans tout son éclat. Qu'on est loin déjà des premières tentatives de Devéria etde Lalance I Une véritable révolution s'est opérée dans l'art, les dessinateurs ont acquis une précieuse habileté ; aidés de praticiens convaincus et expérimentés, parmi lesquels il faut citer tout d'abord M. Lemercier, chacun s'est enhardi, et des succès éclatants ont justement couronné les plus persévérants et les plus intelligents efforts.

11 semble qu'il y ait là comme une puissante activité, qui ne pourra pas longtemps se soutenir et conserver la même énergie.

ERNEST MAINDBOH.

ixx. -~ V PÉalODK.

JAGOPO BELLINÏ

ET LA RENAISSANCE DANS L'ITALIE SEPTKNTRIONALlî

D'aPrIiS le RECUEII. nt'CtUUENT ACQUIS PAR LE LOUVRE

A^s la première pat'iio de ce travail,

lions nous sommes attaché à montrer

ce rjuo Jacopo fiellioi devait à l'étude

de l'antiquité. Mais ce n'est là qu'une

des faces du ce talent souple et varié :

considéré comme naturaliste, le père

des Belliiii ne le cède ni à Pisanello

niiPaolo Uccello; il aborde avec une

égale sûreté le portrait et le paysage,

la représentalioD du costume et celle

du corps nu, celle des aninoaux et

celle des motifs d'architecture. La belle planche jointe à la précédente

livraison, la Vierge adorant l'Enfant Jésus, sufTit à dire ce que l'artiste

vénitien sait mettre non seulement de vérité, mais encore de vie et de

poésie dans certaines pages d'une absolue sincérité, où rien encore ne

sent la formule, la convention.

Ici, on doit le reconnaître, l'inQuence des Florentins a été prépondérante; comme eux, Jacopo s'est spécialement appliqué à l'étude de la perspective et à celle de l'anatomie, les deux sciences qui ont le plus contribué à renouveler la peinture du xv" siècle.

Les académies de Jacopo méritent une mention toute spéciale. Celle du folio A3 verso nous montre un homme nu (à l'exception des pieds que recouvrent des brodequins), appuyé sur une balustrade, dans l'altitude d'un modèle posant dans un atelier. L'artiste y semble complète-

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