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L'ANCIENNE PORCELAINE DE VINCENNES ET DE SÈVRES. ÛW

active de la guerre, passaient facilement et sans risques en Angleterre,' tant le système de contrebande était bien organisé à cette époque, et qu'il mettait en dépdt chez les principaux marchands de Londres, où Georges IV

(CollKtian de U. 1* tacon StUièn).

et ses intimes, — parmi lesquels on comptait le beau Brummel, dont la passion bien connue pour le Vieux Sèvres allait jusqu'à la manie, — les achetaient à des prix excessifs, quoique de beaucoup inférieurs à ceux qu'elles atteignent aujourd'hui. A leur tour, les émigrés français, voyant combien étaient prisés les produits de l'ancienne manufacture, firent venir celles qu'ils avaient pu cacher avant leur départ et dont beaucoup

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étaient des préseats que, dans des temps plus heureux, le souvendo leur avait faits k eux ou à leur famille ; beaucoup eo tirèrent un profit qui les aida à passer les durs moments de l'exil. L'engouement fut tel qae lorsque, au commencement du siècle, Brongniart, administrateur éminent et savant de premier ordre, mais d'un esprit peu accessible aux choses d'art, fit vendre par tombereaux tout ce qui restait en magasin de porcelaines tendres blanches, ce furent, ea partie, des marchands anglais qui s'en rendirent acquéreurs, pour les donner à décorer à des peintres plus ou moins habiles et tes faire passer ensuite pour du vieux Sèvres authentique. C'est ce qui explique la quantité considérable de porcelaines fausses que l'on trouve en Angleterre', — et aussi en France, — porcelaines qui sont d'autant plus difficiles à reconnaître par des amateurs peu expéi-imentés, que le blanc est véritablement de Sèvres, et que la décoration en a souvent été exécutée par d'anciens peintres de la manufacture qui avaient conservé les traditions de la peintura sur pâte tendre. Il y a à Windsor plusieurs de ces porcelaines décorées ainsi après coup, entre autres une série d'assiettes représentant les Douze moit, et uce autre série sur lesquelles sont les portraits des beautés célèbres de la France. Ces assiettes, ainsi, du reste, que la plupart des porcelaines de ce genre, étaient peintes par un émailleur nommé Soiron, qui, d'après ce que nous avons appris d'un ancien artiste de la manufacture qui l'avait connu, ne soupçonnait pas le trafic auquel on se livrait avec ses œurres et qui, en tout cas, ne profitait guère des bénéfices énormes que réalisaient sur son travail ceux qui l'employaient ainsi ; ce qui nous porterait à croire que cela est vrai, c'est que la composition et le dessin de ses figures des mois se ressentent de l'influence de l'école de David; elles paraissent avoir été copiées d'après Girodet.

Quant à la seconde cause de cette absence relative .de porcelaines de premier mérite à l'exposition actuelle, elle nous semble provenir de raisons d'un ordre tout particulier et facilement explicables.

Il reste certainement — et fort heureusement — en France, et & Pans surtout, un certain nombre de très belles pièces de Sèvres qui, sans avoir

i. Parmi les signes qui peuvent aider i reconnaître les porcelaines aiosi décorée), nous BigoalerODS la présence du vert de chrome, qui n'était pas connu avant 1804 et qui, k partir du moment où il fut mis dans le commerce, Tôt employé par tous te peintres sur porcelaine sans exception, mfime par ceux qui se livraient k la pratiqua de la contrefaçon, sans penser qu'ils fournissaient ainsi un moyen de découvrir leur fraude; le vert de chrome est plus cbaud de (on que le vert de cuivre, seul osilé auuvfois; il est aussi plus franc et moins jaune que les verts qui étaient obtenus pu mélange.

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