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L'ANCIENNE PORCELAINE DE VINCENNES ET DE SÈVRES

peu^êlre ni l'importance, ni le mérite artistique, ni la rareté de celles que nous a enlevées l'Angleterre, auraient pu cependant représenter dignement et d'une façon complète la fabrication de la manufacture à

(CoIlccliOD da U. U buon OnitiTa d* KothKhlM).

l'époque la plus brillante et la plus intéressante de son existence ; mais cet engouement pour la porcelaine tendre que nous avons signalé dans les lignes [»>ècédentes a eu pour résultat de Taire atteindre aux pièces de cette nature qui passent aujourd'hui dans les ventes des prix tellement élevés, qu'il est certaines paires de vases qui constituent à elles seules une véritable fortune ; on comprend donc sans peine que leurs heureux

propriétaires, en présence de la grande valeur de ces porcelaioes à fragiles, aient reculé devant les risques d'un transport toujours dangereux et d'un déplacement sans compensation en cas d'accident.

Mais après avoir ainsi exprimé nos regrets, nous devons constater avec plaisir que l'Exposition rétrospective de Sèvres, très riche en porcelaines décoratives de petite dimension, en pièces de service de tout genre, assiettes, lasses à café, cabarets, téte-à^téte, etc., renferme cependant tous les éléments nécessaires pour permettre d'étudier dans leur ensemble et d'analyser les procédés employés dans la fabrication et la décoration de ta porcelaine tendre.

Malgré les privilèges qui lui avaient été octroyés, les commencements de la manufacture furent assez diOiciles. Orry de Fulvy qui l'avait créée, en mettant à la tête de la fabrication proprement dite d'abord les frères Dubois, et ensuite Gravant, ub de leurs ouvriers, était certainement un homme de goût', mais qui ne parait pas avoir été ua directeur bien habile ni très apte à imprimer une marche nettement défmie aux travaui qu'il était appelé à faire exécuter; de là une longue période d'incertitudes, de tâtonnements, et, par conséquent, ce manque de caractère original que l'on remarque dans les premières porcelaines fabriquées à Vioceones.

Avant tout, on veut lutter contre les porcelaines allemandes, et, sans copier servilement les formes et les modèles de Heissen, on en imite cependant l'ornementation en relief, mais avec un goût plus discret et on sentiment décoratif plus un. C'est l'époque de ces charmants petits vases tur terrastet, de ces pou-pourris élégants, à la base et sur la panse des> quels courent des branches chargées de Heurs et de feuilles délicatement modelées eu relief et peintes à t instar du naturel, ainsi que l'on disait alors. Ce genre, qui eut beaucoup de succès et qui conduisit à la fabrication des fleurs en relief, par où commença véritablement la réputatioa de la nouvelltt manufacture, et dont la vente atteignit à un certain moment un chiiïre relativement considérable*, fut imité dans quelques fabriques rivales, entre autres dans celle de Mennecy — que protégeait le duc de Villeroy — et quelquefois avec assez de perfection pour qu'il soit difficile de déterminer I:i provenance de certaines pièces. Les porcelaines de Vincennes, cependant, sont plus élégantes et plus délicatement modelées ; eu outre, les rehauts de couleurs, plus sobres et plus finement exé-

< . Consultar b cal égard les Méntoires du duc de Luyaet, L IX.

1. La vente des fleurs aueign il, en 1719— la premiôre année de rente — la Bamoie de 3S,700 livres ii sols, alors que celle des porcelaines proprement dites n'était que de 7,169 livres 19 sols. En 1T60, les venles ne montent qu'à 3S,696 livres 4 sols dont 16,313 pour les fleurs. . .

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