Scbulz, Jtionumenlt, etc
de Bari , mais les colonnes reposent ici sor des lions. On y remarqne deux chaires, l'une près du chœur, l'autre au milieu de la longueur de Ii nef, à gauche. La première, qui a la forme d'une cuve demi-circulaire, est décorée d'un réseau à mailles carrées au fond desquelles se détachent des rosaces en relief. Dans la partie supérieure, une figure d'aigle qui supporte le pupitre pose sur une figure humaine, de même qu'à la cbaire de San-Giovanni de Ravello. Deux bandes décorées d'iDcrustatioos de marbre régnent au haut et au bas de cette chaire. Elle pose sur des colonoettes de marbre. La seconde chaire, cuve carrée*, est décorée d'un semis d'ornements peints en noir sur fond d'or et représentant alternativement un aigle et une rosace. Ces peintures sont recouvertes d'une feuille de verre qui protège l'or et la peinture : on voit là un exemple de la décoration tous verre, dont on a fait au xur siècle un emploi si élégaat à la Sainte-Chapelle du Palais. Il y a donc à la cathédrale de Bitonto une étude fort intéressante à faire.
ta catiiédrale de Ruvo présente une façade assez bizarre, avec une porte très décorée et flanquée de deux colonnes supportées par des figures d'animaux très abîmées ; de part et d'autre, sont deux arcades où s'ouvrent deux petites portes. Au bout de la façade se découpe une rose très ornée et qui a conservé ses divisions eu trèfles supportés par des colonnettes. Cette rose est d'un aspect absolument français et contraste, par U franchise de ses profils et de sa sculpture, avec le reste de la décoration de cette façade. Elle doit dater de la fin du xiii' siècle et est, par conséquent, postérieure au reste de la façade*.
Nous ne quitterons pas Ruvo sans indiquer aux lecteurs de la Gaielie la collection si intéressante du Cav. Jatta, où. l'on peut admirer un choix remarquable de vases antiques d'une conservation parfaite. Ces vases ont été trouvés dans les nécropoles qui entourent Ruvo. Nous nous rappelons surtout une suite de rhytons de la plus belle époque de l'art grec, décorés de têtes d'animaux tous différents. La vérité des types, la largeur de l'exécution sont comparables aux plus belles pièces en ce genre que nous ayons vues à Naples et à Paris.
t . Aigle portfr-luU-iD, symbole de saint Jean rËrangélisle, fr^ueot inrlea chaim. %. MAme disposition que celle de San-Sabiao, à CaaoM.
Nous termioeroQS ces notes très succinctes par la description des édifices relifpeux que le moyen 3ge a laissés à Bari. Les dessins que nous donnons ici se rapportent tous à l'église Saint-Nicolas. C'est donc par ce monument que nous commencerons. II offre de nombreux points intéressants et son caractère semi-oriental s'allie parfùtement au culte du saint qui y est honoré. Les chrétiens d'Orient ont pour saint Nicolas tme vèoératioD plus fervente encore que ceux d'Occident. Leur dévotion semble avoir donné aux édifices de Bari un caractère tout particulier,
La ville de Bari est la ville la plus importante de la Pouille, au point de vue commercial ; aussi a-t-elle pris dans ces dernières années un développement très considérable. Elle s'étend autour de la ville ancienne et la ville neuve, avec ses lai^s rues et ses grands boulevards, a vraiment un bel aspect. La vieille ville s'étend le lourde la cAte, et, vue de la mer avec ses maisons blanches, la grande citadelle aux lignes simples, les campaniles des églises élancés comme des minarets, le dôme de la cathédrale et les longues lignes horizontales des terrasses, elle rappelle les villes de Syrie ou d'Afrique. Au milieu de la ville, la cathédrale et Saint-Nicolas.
Les reliques de saint Nicolas, évéque de Myra en Lycie, furent enlevées par des marins de Bari au iv siècle et apportées dans cette ville. Des miracles de tout genre déterminèrent l'emplacement de cette église, où reposent encore les restes du grand thaumaturge. On prétend que des ossements du saint découle perpétuellement une substance miraculeuse et incorruptible appelée a la manne de saint Nicolas d. La dévotion populaire lui prête de merveilleuses propriétés ; aussi les nombreux pèlerins qui viennent k Bari emportent-ils tous une ampoule contenant la précieuse manne. C'est sous la crypte qu'est placé le sarcophage qui contient ces reliques. Cette crypte, construite sur la même place que celle de Trani, a été non seulement remaniée au xvii* siècle, mais encore, pour éviter les fréquentes inondations, le sol a été surélevé de plus d'un mètre. Toutes les colonnes qui soutiennent les voûtes de la crypte sont en marbres antiques de toute beauté. Cette forât de colonnes sans bases nous rappelle encore les mosquées arabes; mais le fond de la crypte, où l'autel décoré de candélabres, de bustes et de reliefs d'argent brille dans l'obscurité, à la lueur des cierges, donne à cet ensemble un caractère religieux d'une essence toute différente de l'impression qu'on ressent dans les mosquées. De nombreux ex-voto se voient appendus à deux ou trois piliers; l'un d'eux est entouré d'un grillage qui empêche les pèlerins d'en détacher des par-
celles. La dévotion des pèlerins, qui viennent de si loin souvent (Grecs, Albanais, Monténégrins et même Turcs) vénérer ici les restes de saint Nicolas, a placé là les représentations de nombreux miracles dus à l'intercession du grand évéque. Des barques sauvées de la tempête rappellent les miracles de saint Michel au péril de la mer; ailleurs, des mourants rappelés à la vie ou d'horribles accidents conjurés viennent témoigner de la piété naïve qui attire tous les ans à Bari une foule immense de pèlerins. Montons à l'église supérieure. Dans l'escalier de la crypte on remarque quelques fragments anciens.
' L'évéque Hélié, qui succéda à Urso (celui qui fit commencer les travaux de l'église), termina et inaugura le sanctuaire \ le pape Urbain 11, qui était venu à Bari pour le sacre d'Hélie, consacra la crypte et l'autel qui surmonte la grotte où est déposé le sarcophage qui contient les reliques de saint Nicolas. Mais la précipitation avec laquelle la construction avait été menée fit qu'en avril 126i le campanile s'écroula; le reste de relise, ayant été ébranlé, fut consolidé postérieurement par deux arcs transversaux que l'on voit très nettement dans notre vue d'ensemble de l'église supérieure. Cette nef, accostée de deux bas côtés voûtés, est couverte par une charpente masquée par un plafond décoré de peintures de la fin du xvi' ^écle. L'ensemble, quoique dénaturé par les arcs transversaux, ne manque pas d'un grand caractère. A la croisée de la nef et du transept on devait élever une coupole comme à la cathédrale (les trompes qui forment pendentifs sont en place, mais ce travail n'a pas été fait. Oq s'est contenté de continuer le plafond). Deux escaliers descendent à la crypte ; à droite de la porte de la crypte on lit l'inscripUon funéraire -suivante en vers léonins. C'est l'épitaphe de l'évéque Hélie ' :
Orbis lionor multus jac«t bic in pace sopulim Orbati reges pâtre, sunt judice legos, Decidit, o Barum, rerum diadema tuarum.
Te viguisse scias, viguil dum prœsul Helias, Clauditur hoc pulcro paler iDclitus sepulcro Qui bene te rexit, qui le super œtbera veiît, Id commune bonus Tuit omnibus ille patiwius, Notia, ignotis, vicinis atque remotls.
Sensus laude boni, fabricœ quoque par SalomoDi, Vil» more piœ sancio similandus Hellœ, Hoc lemplum struxii quasi lampas et surea luxit. Hic obdormivit, cum spiritue astra petivit.
Devant le chœur et avant le transept, trois arcades forment comme 1 . Ituitard-Bréolle. Ouvrage citéi
un jubé derrière lequel on découvre l'abside et son élégant ciborium. Ce ciborium est élevé de trois marches au-dessus du sol et son niveaa coTncide avec celui du sol de l'abside, au fond de laquelle s'élève un siège épiscopal fort curieux. Il est en marbre blanc et a appartenu A i'évëqoe Hélie ; il se compose d'un siège soutenu par des figures humaines, et on y lit les vers suivants ' :
IdcIvIus atque bonus sedet bac sede patronus Preaul Barinus Relias et Canuginus.
Il est d'un travail plus fin que celui de Canosa, mais celui de CsDCsa, qui est antérieur, a un caractère plus énergique et plus oriental.
Au-devant de ce siège s'étend un pavage de mosaïque de poipbvre vert et rouge et de marbre blanc figurant des cercles enlacés. Cette mosaïque est sertie d'une bande assez large en mosaïque de cubes de marbre blanc, rouge et noir, représentant des ornements réguliers qui rappelleDt ceux qui entourent, sur les portes de bronze du tombeau de BobéoioDd, les médaillons circulaires du vantail de gauche. Il semble qu'on doive j reconnaître le nom d'Allah ou Dieu en caractères coufîqnes, légèrement dénaturés pour se prêter à l'ornementation. Ce mot se répète en parties symétriques accolées alternativement. La contre-marche du gradin sur le sol duquel pose le siège épiscopal est elle-même décorée d'incrustations d'un ciment coloré avec fragments de verre noir formant des croisillons semés de fleurettes en croix.
Enfin, l'autel rectangulaire, sans retable, s'élève sous un ciboriom fort intéressant. Ce ciborium, dont un dessin est sous les yeux du lecteur, se compose d'un double dais octogonal, en marbre d'un blanc jauoitre, reposant sur quatre archib^ves du même marbre. Les frises du dotd)le dais sont décorées d'incrustations en marbre ou en mastic Doir. Le dus est couronné d'une croix grecque.
Les architraves portent, en lettres de bronze rouge, l'inscriptioD suivante :
AKX ABC CBLIS — INTKA BONB SERVE FIDELIT — ORA DKTOTE DOHINVM PROTE FOPTLOQTI
Sur l'architrave antérieure on remarque un émail sur cuivre représentant saint Nicolas couronnant le roi Roger, qui mit la dernière muD à la construction de l'église (H39). Les faces inférieures des architraves portent des amieaux qui servaient à suspendre les lampes devant et