‹ Gazette des beaux-artsChapitre 120 sur 148 · Huilard-Bréolle. Ouvrage cJlé · texte numérisé non relu

Huilard-Bréolle. Ouvrage cJlé

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su GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

autour del'ftutel*. Les quatre colonnes qui supportent le tout sont en marbre ronge, sauf une, qui est en marbre violacé; les chapiteaux et les bases sont en marbre blanc. Le chapiteau qui forme en-téte à l'article de la Gazette du l" mai 1883 est l'un de ces chapiteaux ; l'abaque est soutenu par quatre anges qui reposent sur de longues feuilles grêles ; quatre parties droites soulagent les milieux des faces de l'abaque. Sur l'autel était placée, lors de mon voy^e. une belle croix en argent doré du HT" siècle *.

Les marches sur lesquelles pose le ciborium sont au nombre de trois. La contre-marche de la première porte l'inscription suivante, consacrée par Eustacbe à son prédécesseur Héiie :

Qis gradibuB lamidÎB aBcensn» ad alla negatnr Hie gradibus blandis querere (tic) celu datar Ergo ne turoeas qui snraani scandere queris tic Sis hnrnilis supplei planiu et altus eris Ut pater bbuas hoc templum qui prius egit Qnod pat«r Eustasius sic deoorando régit.

Enfmles deux autres contr&4narches sont décorées, la première, d'une suite d'étoiles octogonales où sont dessinés des oiseaux ; la deuxième, d'une suite de palmetles symétriques ; les ornements se détachent en clair sur UD fond légèrement défoncé et rempli d'un ciment coloré mêlé à des fragments de p&tes vitrifiées d'une tonalité alternativement verditre et rouge&tre.

Cet ensemble, fort original, a un caractère presrjue brutal, mais très accusé et très franc ; on peut le rapprocher de certains ciboriums des basiliques de Rome.

Dans ce choeur, nous remarquons aussi deux lutrins ou pupitres en fer forgé d'une composition pleine de franchise. Celui que nous donnons, fort simple, doit dater du xiii* siècle; l'autre, plus cherché, doit datar de la un du xv*.

t. Usage actuellemeol en vigneur dans les mosquées arabes; tellea sont les lampes •ospendues k des trd>et devant ao tombeau ou devant le saocluaire (mibrab), de la grande rooequée de Kérouao, par exemple.

S. Toy. plus loin, an trésor de l'église. 11 faut rappeler ici qu'iLucera, \ la c&tbé* drale, onraontredans te trésor une reliure de missel formantdiptyque, faite en argent doré, repoussé et ciselé. On y remarque de Tort beaux émaux champlevés. Les Egares et les animaux symbolisant les quatre évangéli'sles sont d'un très beau style. Nous souhaitons qu'un lecteur de la Gazette, plus heureux que nous, puisse trouver le temps de bire de cet objet, ainsi que d'une pixyde en argent doré du xiv* sitele, une éinde déUiRée.

Enfin, dans la sacristie, l'attention est attirée par les objets suivants, qui font partie du trésor de l'église, trésor malheureusemeut appauvri par les révolutions :

l" Un reliquaire en argent doré, avec figures en émaux champlevés (xiv* aède), représentant une chapelle surmontée d'une flèche ; cette chapelle comprend cinq travé-s séparées par des contre-forts. L'exécution de

cette pièce remarquable est très dégante et pleine de finesse. C'est certainement un travail français.

2° Deux chandeliers (xir* siècle) en cristal taillé ornés d'argent et de fil^^ne d'argent.

i" Une croix (xiv siècle) donnée par Charles d'Anjou. Cette grande croix, dont les bras se terminent par des fleurs de lis, est en argent doré.. A la croisée, sur la face, se trouve un reliquaire qui contient un fragment, de la vraie croix. Sur la face postérieure, le revers du reliquaire est décoré de l'écu aux armes d'Anjou en émail champlevé.

h" Le missel de Charles d'Anjou, manuscrit fort délicatement orné.

b" Une pixyde en filigrane d'argent, d'un travail curieux.

6** Un reliquaire du xvn* siècle, très tourmeatô de style (une épine de la couronne d'épines).

7° Une grande image de saint Nicolas, donnée par un roi de Serbie. Cette image, peinture byzantine très foncée de ton, est entourée, comme les icônes russes d'une monture d'argent doré, ciselé etàjour, décorée de gravures fort élégantes. Nous regrettons de ne pas pouvoir mettre sous les yeux de nos lecteurs une représentation de cett« œuvre très riche et très bien réussie d'un art trop peu connu en France. Nous ne saurions trop engager ceux qui entreprennent des voyages archéologiques à emporter un appareil de pbot(^rapbie. Combien avons-nous regretté à Bari et à Lucera, de ne pas pouvoir garder un souvenir de ces morceaux d' orfèvrerie peu connus et pourtant si élégants. En thèse générale, on trouve partout, en Italie, des photographies nombreuseset bien faites, mais les industriels qui les vendent ne reproduisent que les monuments ou les sujets qui sont de vente, c'est-à-dire connus et souvent banals; les pièces de choix leur échappent souvent.

La façade de Saint-Nicolas accuse par un pignon la grande nef, et par deux pentes égales les deux bas côtés. Elle est percée de rares ouvertures. A droite, la base du campanile présente des bossages d'un aspect fort intéressant ; ils sont absolument traités à l'antique.

La porte centrale est composée, comme presque toutes celles des édifices de l'Italie méridionale, d'une arcade surmontée d'un g&ble et soutenue par deux colonnes dégagées qui reposent sur des animaux ; ce sont ici des taureaux portés eux-mêmes sur des firagments d'entablements antiques. Le g&ble est décoré d'un galon de feuillages, que relèvent, de distance en distance, de gros cabochons ou tètes de clous ornés d'entrelacs. Le tympanestuni et décoré dans son milieu d'un bas-relief représentant un évéque debout ; la porte elle-même, en forme d'arcade, est ornée de sculptures très fmes et très fermes, d'un accent très oriental ; dans les écoinçons supérieurs, deux anges aux ailes déployées.

Au sommet du g&ble, une ligure ailée rappelle absolument le sphinx tel qu'il est figuré sur les monuments grecs. Lion ailé à tête humaine, il est accroupi sur son séant. Nous retrouverons à la fenêtre absidalede la cathédrale une représentation analogue. Cette porte est très remarquable; ici oous sommes enprésence d'un faire tout oriental et presque sec à force de prédàon; à la fenêtre de la cathédrale, nous trouvons, au contraire, avec le même motif, l'arc soutenu par deux colonnes posant sur des animaux, une sculpture grasse et un peu compliquée qui rappelle l'art occidental.

Les façades latérales de Saint-Nicolas sont décorées d'une ordonnance d'arcatures qui sont, conune celles de la cathédrale et aussi celles de

Bitonto, Termoli, etc.,e?trftdo0s*ep spiv»nt up »rc plue épaiiiA. h clef

qu'aux reios. Ici, Bu>des8us de ces grandes arc&turei, règne uns galerifl

basse d'un tracé trôs ferme, où s'ouvrent des joursqui éclairent le trirorium,

A l'extérieur de l'église sont, incruEtéeE des pierres tombales, quipor-

(DsKiil da M. B. SilidiD,)

teut les Doms et les armes de quelques familles nobles de Bari, ou de personnages marquants morts à Bari pendant leur pèlerinage.

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