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A LA NATIONAL-GALERIE

AR uDe coïncidence digne d'être remarquée, su moment même où vous voas apprêtiez à célébrer k Paris le cinquantenaire artistique de M. Meissoni^, la Nationnl-Galrrie de Berlin, à l'occasion du cinquantenaire de l'entrée d'Adolf Henzel dans le Kùn»tler-Verein, organisait à son troisième étage une exposition d'études, de feuilles gravées et surtout d'aquarelles gouacbées, où le grand artiste se montre en d<>s maîtrises d'invention et de facture qui auront été une véritable révélation pour ceux qui ne connaissaient que ses illustrations de livres et trois ou quatre de ses toiles les plus populaires.

Les commencements : frontispices commandés, encadrements gothiques, imageries protestantes, et cette suite liihographièe à dix-huit ans, les Tribulalioiu d'un ariiste, qu'on dirait détachée, n'était la maigreur du crayon, de la Caricature de Philîppon, témoignent d'une enfantine saveur germanique littéralement et graphiquement de la suite de Durer, le vieux maître dont Menzel, si à l'aise qu'il soit dans la modeniité la plus complexe, gardera toujours la loyauté minutieuse, impeccable et un peu étroite.

Les épreuves d'essai des deux cents bois environ (iSAS-Ad) pour tes OBuvres de Frédéric: gaietés de gnome, de Triboulet rageur se faufilant

(Fu^mllé d'iuw griiun nu bain da U > Garai

avec sa griiïe — encagée dsDS un cadre de douze ceDtimètreSt — entre les jambes des acteurs de la grande légende prussienne, de U glorieuse et machiavélique épopée qu'il réveille çà et là de seines du temps dans leur âpre et rigoureuse vérité; évocations fantastiques, avec celte pointe de caricature qui est le fond du génie de Menzel, se déroulant dans leur magnifique unité. L'art allemand n'a rien produit d'aussi net et d'aussi incisif. Dans le même ordre cyclique d'idées, noug pouvons admirer les bois pour le Frédéric le Grand de Kugler et la collection, représentant un travail colossal, des types en action de l'armée prussienne.

Moins à l'étroit, et substituant l' exécution par grandes masses de lumière à la belle propreté graphique des précédents, sont une douzaine de bois, avec trois merveilleux rébus d'en^téte, pour le Blîtzchlo»*er de B. Auerbach, dans le Volktkalender de 1861. La plupart d'entre eus nous représentent l'intimité bourgeoise et comme le contentement de vivre, à la façon des Hollandais. La même habileté pénétrante et sans pose apparaît dans une poignée de curieuses fantaisies de commande : Inxilaiion à un bat de cour. Invitation à une chatte, Menu pour le banquet det vainqueurs de 4866, surtout dans un Programme de matinée de charité, fouillis de tacbes d'encre gribouillées, sorte de vueàpicde gens s'engouffi'ant emmitouflés sous la marquise d'un théâtre, avec la file des voitures, par un temps de pluie ; ou encore un supplément du Graphie (9 septembre 1876), The Sicxta, représentant un coin de parc l'été. La compagnie prend le café, un chien s'épuce pour se distraire, un épais boursier à iuneCles se prélasse en un hamac ; telle est la scène familière que l'artiste a rendue dans une récité sans pose, avec humour, et enlevée, du premier coup, d'une plume qui ne tâtonne pas, dans d'amusantes virtuosités de hachures.

La réunion des très nombreuses études, portraits au crayon, à l'aquarelle et à la gouache, la plupart accompagnés, gageure d'un résultat parfois inouï, de leur profil indiqué d'un trait, pour le grand tableau du Couronnement à Kônignberg (18dl-d&), sont du plus haut intérêt et d'une force d'exécution absolument extraordinaire. Ces études, si vigoureusement construites sur la nature vivante, font, mieux encore que le tableau, sentir toute la distance qui les sépare de la vaste et froide chromo oflicielle de M. de Werner, représentant la Proclamation de l'Empire allemand à VeriaiUe», en iS7i. Ces portraits de Menzel, d'une sobriété et d'une sûreté de moyens qui a eu raison sans effort des caractéristiques les plus subUles, ont toute l'importance de documents historiques, écrits, voulus, soulignés, bien qu'ils ne dussent servir, pour la plupart, qu'à jeter à coup sûr et presque par taches des airs de têtes dans un tumulte

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