EXPOSITION D'ŒUVRES DK MAITRES ANCIENS
dieux cbèvrer-pieds, la rire du Cyclope d'Eoripide et de VÉmhe de Ronsard; les Ijceneieux triompbes, les joies couronoéea de lierre,
< Ces dieux s'en sont allée, et RubeoR, qui revit dans celte paletle de cbair rme el blonde, erre dépaysé dans ces fêles où se tait l'émeule des seaf, caprices animés qui eemblenl attendre un coup de baguette pour perdre leur corps et disparaître dans b patrie des caprices comme un songe d'une nuit d'été I C'est Cytbère; mais c'est la Cytbère de Wsttean. Cest l'amour, mais c'est l'amour poétique, l'amour qui sange e qui pense, l'amour moderne, avec sea aspirations et sa couronne de mélancolie.
I Oui, au fond de cet œuvre de Walleau, je ne sais quelle lente et vague harmonjt murmiire derrière les paroles rieuses ; je ne suis quelle tristesse musicale et douc&meot contagieuse est répandue dans ces fêtes galantes. Pareille à la séduction de Venise, je ne sais quelle poésie voilée et soupirante y entretient b voix basse l'espril cbarmé. L'homme passe au travers de son œuvre; et cet œuvre, voua venez à le regarder comme le jeu et la distraction d'une pensée souiTranie, comme les jouets d'un enfant malade et qui est mort. ■
Et revenant avec une prédilection enthousiaste à cet incomparable morceau, H. de Concourt dit encore : * Parlons de ce chef-d'œuvre des cbeFs-d'œuvre français, de celte loile qui a sa place marquée, avant cinquante ans, sur l'un des murs du Salon carré : ['Embarquement de Cytkire.
■ Voyeziout ce leirainâ peine recouvert d'une huile transparente et mordorée, tout ce terrain gAcbé d'un barbotage rapide, effleuré d'un frottis léger. Voyez ce vert des arbres transpercés de Ions roux, pénétré de l'air ventilant, de la lumière aqueuse de l'automne. Voyez, sur le délicat aquerellage d'huile grasse, sur le lisse général de la loile, le relief de celte pannetiére, de ce capuchon, voyez la pleine pâte des petites figures avec leur regard dans le contour noyé d'un œil, avec leur sourire dans leur contour noyé d'une bouche. La belle et coulante fluidilé de pinceau sur ces décolletages et ces morceaux de nu semant leur rose voluptueux dans l'ombre du bois I Les jolis entre-croisemenis depioceau pour faire rebondir une Duquel Les beaux plisondulanla iiui cassures molles, pareilles II ceux que l'ébauchoir bit dans la glaise I Et l'espril et la galanterie de touche que mel aux fanfioles, aux chignons, aux bouts de doigls, i tout ce qu'attaque le pinceau de Watleau I Et l'harmonie de ces lointains ensoleillés, de ces montagnes è la neige rose, de ces eaux reflétées de verdures ; et encore ces rayons de soleil courant sur les robes roses, les robes jaunes, les jupes ziniolin, les cdmaiU bleus, les vestes gorge-de-pigeoo, les petits chiens blancs aux taches de feul Car nulpeinlre a'a rendu, comme Watteau, la transfiguration des choses joliment colorées sous un rayon de soleil, leur doux pâlissement, l'espèce d'épanouissement diffus de leur éclat dans la pleine lumière. Arrêtez un moment vos regarda sur celte bande de pèlerioi et de pèlerines se pressant, sous le soleil couchant, près de la galère d'amour prête à appareiller : c'est la gaieté des plu.t adorables couleurs de la terre, surprisesdsns un rayon de soleil, et loule cette soie nuée et tendre dans le fluide rayonnant, tous fait involontairement vous ressouvenir de ces brillants insectes qu'on retrouve morts, avec leurs couleurs encore vivantes, dans II lumière d'or d'un mor^ ceau d'ambre. »
Il y a deux éditions de ce chef-d'œuvre; l'une, vn des trésors du Louvre; l'autre.
gravée par Tardiea, coDservée dans la collection privée du roi de Prusse et exposée à l'Académie. Les deux tableaux préseolent d'assez noiables différeaces : ceiut de Berlin, postérieur, est plus mûri, plus poussé que celui du Louvre. Certains chaDgcments surtout dans les fonds et d'assez importantes additions accusent une composition plus réfléchie et plus achevée. Hais pour l'exécution générale, pour le charme incomparable des lointains lumineux, pour la finesse et la clarté des tons noyés dans nne vapeur d'or, pour la séduction de l'ensemble, le lableau de Paris l'emporte triomphalement.
L'Amour av Théâtre llaiien et VAmour au Théàln-Frartfaii (gravés par Cochin dans les dimenfiions des originaux), passés de la collection royale privée an Musée, dès sa Tondation, appartiennent i l'apogée de Watteau, ainsi que le tableau Iris, c'ett de bon heur avoir l'air à ta dame, où les figures d'un demi-mètre de bauteur ont, malgré la beauté de ces regards d'enfants et l'attrait général, quelque chose d'insuffisant et de vide, la vie réelle manquant aux mouvemenls des danseurs.
Entre 1748 et ilK se placent encore les Comédiens français, gravés par Liotard, dont le sujet n'est pas sans quelque obscurité. S'agit-il d'une scène théâtrale transportée sur la toile, ou bien l'auteur a-t-il voulu grouper un certain nombre de personnages aux gestes pathétiquesT Quoi qu'il en soil, les figures sont mal venues; l'exécution est un peu lourde; le tableau, d'ailleurs, a souETert de maladroites restaurations.
■ ...En 1711, dans les premières années de mon établissement, dit Gersaint, Watlesu vint chez moi me demander si je voulois bien le recevoir et lui permettre, pour te dégourdir les doigts, ce sont ses termes, si je voulois bien, dis-je, lui permettra de peindre un plafond que je devois exposer en dehors; j'eus quelque répugnance h le satisfaire, aimant beaucoup mieux l'occuper à quelque chore de plus solide; mais, voyant que cela lui feroit plaisir, j'y coosenlis. L'on sçait la réussite qu'eut ce morceau; le tout éloit fait d'après nature; les attitudes en étoient si vraies et si aisées, l'ordonnance si naturelle, les groupes si bien entendus, qu'il attiroit les yeux des passans; et même les plus habiles Peintres vinrent â plusieurs fois pour l'admirer: ce fut le travail de huit journées, encore n'y travailloit-ij que les matins, fa santé délicate, ou pour mieux dire sa foiblesse, ne lui permettant pas de s'occuper plus longtems. C'est le seul ouvrage qui ait un peu aiguisé son amour-propre; il ne fit point de difficulté de me l'avouer. H. de Julienne le possède actuellement dans sou cabinetet il a été gravé par ses soins '. ■
Que devint ce curieux tableau en sortant du cabinet Julienne? Il n'est pas mentionné dans le catalogue de la vente du célèbre amateur [1767, 30 mars et jours suivants). Quand fut-il acquis par Frédéric 11? Quand fut-il coupé en deux moitiés*? On l'ignore. La composition est connue par la gravure d'Aveline : elle se partage (ce qui explique et excuse un peu la séparation postérieure des deux parties) en deux groupes distincts que rien ne relie : b gauche, l'emballage des tableaux ; i droite, la vente de menus objets exposés sur la table du marchand. Certaines fautes de dessin
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