‹ Gazette des beaux-artsChapitre 39 sur 148 · XIX. — t* paaiouK · texte numérisé non relu

XIX. — t* paaiouK

Ok comprend, sous te nom de dinari'

derie, les beaux ouvrages de cbaudroo-

nerie, c'est-à-dire le travail du cuivre

repoussé appliqué aux œuvres d'art aussi

bien qu'aux ustensiles usuels, tels que

des fontùnes, des plaques, des bassins,

des plats, des chandeliers des lustres, etc.

L'abondance du zinc aux alentours de

Liège, dit U. Gbarles de Linas', engagea

de bonne heure les fondeurs du pays à

■ ce métal à l'étaîn dans les alliages de

ilon toute probabilité, l'industrie du laiton

mce aux bords de la Meuse; il est certain

cultivait avant qu'il en fût question ailleurs.

dès le X' siècle, si l'on en croit Folcuin*,

^otger avait enricbi sa cathédrale d'un pu-

r ^ \pliel) destiné à lire l'évangile, meuble ex

œre ductili et fuêilï, en partie doré et argenté, où le laiton perce sous la description artistique de l'ancien chroniqueur.

La chaudronnerie de cuivre rouge et jaune s'appelait autrefois dinanderie ou dinanterie, de la ville de Dînant, prés Liège, u ville très riche, dit Commines, à caused'une marchandise qu'ils faisoient de ces ouvrages de cuyvre qu'on appelle dynanderie ». On disait, pour cette raison :

1. L'Art el l'Induslris d'autrefois dan» let régions de la Meute belge. Souvenirs de l'Exposition rétrospective de Liège en iSSi. Paris et Arras, 1881. 3. Gesta abbatum Lobientitan, ap- Pertz, Monum-Germ. hist., t. VI, p. 70.

H Coivre (cuivre) de Dînant », ou, comme le rapporte le Dict dei Pays (xTt* siècle) : ([ Les cbauldronniers sont en Dioant. d

La chaudronnerie historiée ayant prospéré dans cette ville, où naquit le batteur Lambert Patras, lequel exécuta en 1112 les célèbres fonts baptismaux de l'église Saînt-Barthélemy, elle ne tarda pas à se répandre à l'étranger. « De la Heuse, nous apprend encore M. de Lînas, la dinanderie gagna les provinces belges et le Rhin ; je crois l'avoir reconnue en Angleterre au xir* siècle ; au xvi', il y eut à Avignon une corporation de lothones (ouvriers en laiton). L'Inventaire du Trésor métropolitun d'Avignon,mai 1511, mentionne efiectivement n Unum bassinum à&lothono... in quo suntarma confrariœ lothonorum ».

Les belles pièces de dinanderie du moyen âge sont Tort rares et atteignent des prix élevés. Une bouilloire à eau du xii" siècle en cuivre jaune, formée d'un lion debout, dont l'anse ou poignée, en forme de lézard, reliait la partie postérieure de la tête à la croupe de l'animal, a été acquise au prix de 710 fr., en novembre 1S77, par H. Georges Bal, à la vente de la remarquable collection de feu M. Meyers. Mais c'est au Trocadéro, en 1878, à l'exposition de l'art ancien, que les amateurs ont été à même d'apprécier à leur valeur les grandes œuvres de la dinanderie i cette époque. Parmi les magnifiques orfèvreries de cuivre, c'est le mot, exposées par la commission belge, on remarquait surtout, comme spécimen du XII* siècle, un encensoir de cuivre en forme d'église romane, orné d'ajours et d'imbrications gravées, appartenant à M. Jules Frésart, et une croix d'autel avec le Christ, za\ pieds duquel se trouve le Dragon. Ce dernier ouvrage faisait partie de la collection de H. Lupus, chanoine de la cathédrale de Liège.

Les Dinants, potiers tCarain, travaillaient grossièrement au repoussé ; mai», remarque H. de Lahorde', leur hâtive inhabileté empruntait à l'atmosphère de goûts distingués et de noble style qu'on respirait partout, au XIII' siècle, quelque chose de sa grandeur et de son charme. C'est ainsi qu'il nous reste des œuvres d'art qui n'étaient que des chaudrons, et que les dinandiers sont classés parnù les potiers d'étain artistique et les orfèvres. Tels sont Icluin, d'outre-Meuse, et le Français Etienne de La Mare, qui florissaient en 1385.

Parmi les dinanderies remarquables du xiii' siècle, nous citerons un Christ de croix d'autel (la croix est perdue) en cuivre repoussé, appartenant à M. Wilmolte, orfèvre à Liège, ainsi que deux mesures de jaugeage, en laiton, conservées au Musée archéologique de la ville de Gand.

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