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LA DINANDEBIE. 165
d'Abraham Bosse, intitulée le Prêtent de Noces, on lit au bas les vers suivants d'une voisine à la mariée :
Recevez, ma cher» voisine.
Ce beau pot de cuivre tout nour;
On y feroit bien caire un bœuf, Tant il est bon pour la cuisine.
Les autres ustensiles de cuivre étaient les poêlons, les poissonnières, les
chaponnières, les tourtières, les chapelles ou fontaines, etc. V Inventaire de la dame de Billy, veuve de Jean Nîrolaî (1597), mentionne a deux fontaines d'airin garnys de leur couvercles et robinets ».
Les dioandiers s'occupaient aussi de la conrection des coqs de cuivre dont la mode gagnait de tous c6tés, et qu'on plaçait sur le haut des clochers, pour indiquer le vent du bec et de la queue. Le Compte des di~ pentes du clocher de Notre-Dame-de-Condé, année 150&, contient l'article suivant : « Pour le coc et caudière, XII livres ». Les orfèvres en cuivre
fabriquaient même quelquefois, pour les rois économes, des couronnes de cette matière. L'historien Courtalon, dans sa Topographie de Troyes*, en fournit une preuve. Wecker ne se trompait donc pas lorsque, dans ses Secret» de Nature*, il aflGrmait que le cuivre, le laiton étaient partout façonnés en vases de formes nouvelles, partout teints de diverses couleurs, partout étendus en placages, en filets sur les meubles, etc., etc.
Un dinandier babile, avec la pointe du marteau, faisait au fond de ses plats, de ses bassins, des paysages, des personnages, des scènes, sortes de tableaux en relief que l'on argentait souvent et que quelquefois on dorait. Plusieurs amateurs conservent encore de ces anciens plais de cuivre ouvragé, dont le style et l'habillement des personnages annoncent qu'ils ont été faits au xt* siècle, n La somme de VU livres pour deux grandes ymaiges de cuivre argenté, le chef desquels est doré, dont il y en a quatre en façon de tableaux»... » nous apprend leComptede mai'stre Thomas Bohier^ pour les menus plaisirs et privées affaires de la Chambre, année l&Ôl, manuscrit conservé aux Archives nationales de Paris. Tels étaient les deux bas-reliefs en cuivre exécutés au repoussé et dorés, faisant pendant l'un à l'autre, de la collection Debruge-Duménil (n" 333). Ils contenaient chacun deux sujets : dans l'un, Jésus couronné d'épines et la présentation au peuple ; dans l'autre, le crucifiement et la descente de croix.
Du XV" au XT[]* siècle, les artistes liégeois et dinantais se sont aussi spécialement adonnés à la fabrication de certaines pièces de mobilier ecclésiastique, telles que des candélabres, des lutrins, des lampes, des lustres, des grands chandeliers, des fonts baptismaux, tous objets que nos fondeurs de Paris fabriquaient encore à la fm du xvii* siècle, semblant avoir acclimaté chez nous les traditions de leurs prédécesseurs flamands produits par les écoles de Dinant et de Tournay. L'église de Saint-Martin, à Chièvres (Belgique) possède, en ce genre, une pièce fort curieuse. C'est un lutrin-pélican, avec pied hexagone soutenu par trois lions ; du milieu s'élève un fût cylindrique orné d'anneaux, l'anneau inférieur richement bosselé. Le sommet du fût, crénelé, forme un bassin ; de son centre s'élève un globe tournant sur un pivot et sur lequel est posé un pélican se déchirant la poitrine et soutenant de ses ailes déployées l'arête destinée à retenir l'antiphonaîre. Sur la tige se trouve la marque du foudeurrepousseur avec la date de lASA; sur le pied une légende de quelques lignes nous ai^rend que cette œuvre hors ligne a été fabriquée à Bruges'.
I . L. IV, Paroiue de Saittt-Jtan-au'Starché. X- L. X, ch. Tirage de Cairain.
3. Expotilion univeneUe de Paris (1878). Section betge. Exposit. hitt. de r Art ancien, d*13D.
L'église de Saint-Vaast, à Gaiirun (Belgique), possède également un chaDdelier pascal eo laiton, de deux mètres de hauteur, à trois branches munies de pointes, pied rond, tiges annelées. Les branches latérales sont reliées à la tige centrale par deux rampants ornés de crochets et percés de quatre feuilles. Immédiatement sur l'embranchement se trouve le lutrin pour YExuUet, travaillé à jour, avec l'Agneau de Dieu inscrit dans un cercle.
Citons encore un lustre en cuivre du xvi* siècle, appartenant au Musée archéologique de la ville de Gand. Ce lustre est à douze branches figurant des pampres se rattachant, sur deux rangs, à une tige centrale terminée par une tête de dragon. L'amortissement est formé par une statuette de la Vierge tenant l'enfant Jésus *.
Les villes de Nuremberg, Augsbourg, Brunswick, Erfurt, Leipzig, Hagdebourg, Zwickkau et Mulhau, près Insprûck, ont aussi produit une très grande quantité de ces objets, principalement, dit M. Demmin', des bassins plats d'offrandes pour les églises, et des bassins creux pour les saignées domestiques, alors autant en usage que les purgations l'étaient au XVII* siècle. Un grand nombre de ces vaisseaux en cuivre rq>oussé se trouvent répandus en Belgique, et ils servaient plus spécialement aux agapes des prêtres et des luques attachés k la fabrique des églises. « Le nom de Martin Luther, dont beaucoup sont marqués, n'a aucun rapport avec le schisme ; car un fondeur de ce même nom a fleuri à Augsbourg au XVI* siècle. En Belgique, où les plats portant la signature de Luther sont fort répandus, la croyance populaire s'est foi^é une légende : selon elle, les Gueux (parti politique hollandais) s'en seraient servis pour administrer le baptême et la communion.
Quoi qu'il en soit, la pièce de dioanderie la plus importante du XVI' siècle est sans contredit le grand fanal de galère aux armes de la républiquede Venise, en cuivre rouge battu, repoussé et doré, avec figures et animaux en bronze doré, ouvrage vénitien que possède le Musée de Cluny. « Ce beau fanal, suivant la description de M. E. Du Sommerard, se compose d'une lanterne à six faces, séparées par des montants sur lesquels se dressent des branches détachées, chargées de feuilles découpées et de fleurons en émail de couleur. Ces montants sont eux-mêmes couronnés par des lions chimériques.
Il Le fanal s'appuie sur une double base de forme spbérique, aux côtes repoussées et dorées. La partie principale de cette base porte,