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L'EXPOSITION NATIONALE DES BEAUX-ARTS

A MADRID, EN '<88i

Il est de tradition, en Espagne, de du pas •iriver à temps. La direclion de flnstraction publique n'y a pas manqué, et l'Exposition nationale des Beaui-Aris ne s'est ouverte que vingt jours après la data annoncée.

Les sept cent trente-quatre tableaux eiposés cette année témoignent dans leur ensemble d'un progrès très considérable, surlout dans le sens de ce qu'on est convenu d'appeler la grande peinture. L'histoire nationale à toutes ses époques', avec des épisodes plus ou moins authentiques, la vie romaine, les sujets littéraires, les sujets orientaux même foisonnent sur de vastes toiles qui sont les plus imporlantes de l'eiposition. La peinture religieuse est, par contre, en pleine décadence et complètement délaissée du public. La peinture de genre ne jouit elle-même que d'une mé-

' -— diocre faveur. Le xviii* siècle est à peu

près oublié et les scènes de mœurs contemporaines sont rares; aucun artiste ne songe, et pour cause, à représenter les courses de taureaux, ce sujet inépuisable en émotions, victorieusement atiaqué par Goya, puis négligé par les modernes, trop convaincus de ses redoutables difâcultés. Les derniers imitateurs de Fortuny ont disparu sous le coup de la puissante réaction vers la peinture d'histoire qu'on observe parmi les jeunes. Le portrait est assez mal tenu au palais du Retira ; mais, par contre, paysagistes et marinisles tiennent haut et ferme leur drapeau dans ce pays abrupt et ensoleillé.

Cette exposilioa se distingue entre toutes par le nombre excessif des grands tableaux qui s'y trouvent Trois toiles de mérites très divers se sont acquis dès les premiers moments les suffrages de l'opinion. Elles sont marquées toutes les trois par des qualités exception nelles.

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