‹ Gazette des beaux-artsChapitre 69 sur 148 · Voy. la Gazette. V période, t. XVIll, p · texte numérisé non relu

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de ces plats, celui de H. Maillet du BoulUy, par exemple, et le plateau de M*^ Pouyer-Quertier, qui sort de la même main et qui porte les armoiries de la famille Asselin de Villequier, mêlent à la Goriture ornemeotale de petits amours dansant ou voltigeant au milieu des rinceaux et des fleurs. Je n'oserais pas le dire à Rouen, mais, ici, je dois déclarer que ces amorini ne sont pas toujours d'une élégance bien authentique : ils ont le vol lourd et la grâce empêchée. Dans les ŒU%Tes des successeurs des Poterat, les figures sont loin de valoir les arabesques. Décidément, lorsqu'il demandait que des dessins fussent envoyés aux faïenciers de la FJonnandie, Colbert parlait comme un sa^e.

Au moment où s'organisait la décadence, de grands travaux furent exécutés dans la fabrique de M"" Lecocq de Villeray, établie au faubom'g Sainl-Sever. Cette savante faïencière a sa place dans l'histoire de l'iodusirie locale, mais sa petite main n'élait pas de force à retenir l'art sur la pente fatale où il s'engageait. On sait que les deux grandes sphères du Musée céramique de Rouen, décorées par Pierre Chapelle en 1725, sortent de ses ateliers. M'°' de Villeray avait fait faire un carrelage pour une des salles de la maison qu'elle occupait rue d'Elbeuf. Ce carrelage, qui appartient à M. Descbamps, est exposé au palais des Consuls : il est très intéressant, mais un peu pâle. On dirait que la patelle de Rouen commence à s'affaiblir. Cette menace ne se réalisa pas. Dans la période de décadence, de plus en plus marquée par l'emploi abusif du carquois et de la corne, les Rouenuais trouvèrent encore des accents d'une polychromie très courageuse; mais ce décor indiscipliné où s'exaltent les tons jaunes n'a plus rien de commun avec le style magnifique et sobre qui caractérise le xvii* siècle finissant et la Régence. Vers 1735, l'art était malade : en 1750, il était perdu.

Rouen, qui a toujours cru à la toute-puissance du feu, a dû faire.de la verrerie. Ce chapitre d'histoire est peu connu. M. Gaston Le Breton, qui se propose de consacrer tât ou tard à cette question nouvelle un bout de mémoire, a bien voulu prendre en pitié noire indigence. Il nous a transmis quelques notes qu'il lui appartient d'utiliser en produisant les pièces à l'appui. Nous ne possédions guère sur la verrerie rouennaîse qu'une courte phrase de Sauzay : « Henri IV établit à Rouen Thomas Bartholus et Vincent Busson, venus de Mantoue, ainsi qu'un autre verrier, François de Garsonnet » ' . M. Le Breton a des informations plus amples. Ce serait en 1598 que Bartholus et Busson auraient obtenu du roi le privilège de créer une verrerie à Rouen. Le succès fut sans doute incer-

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