Coz., XVIII, X
SABBA DA CASTICUONE. 27
portraits qu'ils représentent, le peUt volume des pièces, le peu de place qu'elles occupent, la facilité de les ranger, de lee classer méthodiquement sur des tablettes, de les faire voyager avec soi sans encombrement et sans danger, avantage précieux dans ces temps troublés, tout concourait à populariser le goût des médailles; c'était un luxe commode, tentant, à la portée de tous, une manière d'érudition élégante et qui demandait un apprentissage peu compliqué. Les collections de médailles furent donc très à la mode à la Benaîssance'. L'amateur qui recherchait les antiques complétait les séries de son mèdaillier avec les beaux portraits modernes du Pisanello et de ses confrères. On collectionnait même les épreuves de plomb ou d'élain, épreuves d'essai tirées à petit nombte par l'artiste pour juger de l'elfet de son œuvre et, par cela même, d'une grande fînesse. Sabba raconte l'histoire d'un grand seigneur de sa connaissance qui u avait, par la grâce de Dieu, un cabinet rempli de médailles de bronze, d'étain et do plomb, et paraissait y prendre grand plaisir, uniquement parce qu'on lui avait dit que ce goût était intelligent et de bon Ion * ».
Suivant son habitude, Sabha ne parle que des maîtres qu'il connaît ou qu'il a connus dans sa jeunesse. Le Vénitien Giovan Corona ne figure ni dans Vasari ni dans le recueil de M. Armand. Sur Carado^so, je n'ai rien à apprendre aux lecteurs de la Goutte, qui connaissent les savantes recherches de MM. Eug. Piot et Eug. Milntz; ce dernier vient de publier dans la Revue, numitmatique un document curieux qui complète ce que l'on savait déjà de l'écriloire d'argent citée par notre auteur et célébrée par tous les contemporains. Pieiro Maria del Tagliacarne est le même que Pier Maria da Peseta, auquel on attribue le Cachft de Michel- Ange, qui passa longtemps pour une des pierres antiques les plus précieuses du Cabinet de France*. Menico ou Domenico de' camei, de Milan, avait gravé sur un rubis le portrait de Ludovic le More. Valerio est plus célèbre sous le nom de Valerio Belli, dit le Vicentino*. Micheline, très habile « dans les choses petites et grandes », rivalisait avec Pier Maria da Pescia. Giovanni del Castello qui fut, avec Caradosso, l'ami de Casiiglîone, s'appelait Giovanni Bemardî da Castelbolognese ; il ne faut pas le confondre, comme on l'a fait, avec Giovanni délie Gomiole. Vasari le donne
1 . Voir, sur les cabinets anlérieurs à la RenaiBsance, lei PréatTteun de la Renaùtance, par Eug. HUntz.
t. Rie. 109.