Id., ibid
LE MAUSOLÉE DE CLAUDE DE LORRAINE. 33i
Dominique fut un des artistes les plus occupés du xvi* siècle. Ou le trouve à Paris, à Fontainebleau, à Meudon, à Joinville et surtout àTroyes, sa résidence habituelle, où il exécute son chef-d'œuvre, le jubé de Sùnt- Étienne, détruit par la BévolutioD *. Après la mort de Henri II, Catherine de Médicis le charge de modeler en terre « en forme de priant à genoux, l'efTigie au vif du feu roy, pour ledit modèle fondre en cuivre'. » C'est encore la reine mère qui lui commande le beau trépied de marbre blanc qui supporte les Trois Grâces, de Germain Pilon' et le vase de métal qui surmontait jadis le groupe et devait contenir le cœur du roi. On connaît de lui des planches d'ornements gravés et l'on sait qu'il fabriquait des modèles pour les orfèvres. M. Babeau signale, dans une des statues du maître, cerldos ornements du costume traités avec un soin précieux ; la même particularité se remarque dans les sculptures de Joinville : les entrelacs de la tunique de la Justice, les casques et les armures du basrelief, les roues du char, l'écusson aux armes des Guises* dénotent une main rompue aux pratiques de l'orfèvrerie.
Avec des aptitudes si multiples, un talent de premier ordre, une renommée acquise, le souci des grandes affaires et les exigences d'une clientèle royale, le Florentin ne pouvait, malgré ses déplacements continuels, suffire à toutes les commandes ; il prenait des collaborateurs intéressés. En 15iî>, Dominique s'associe avec sou gendre, Gabriel le Favereau, pour la construction du jubé de Saint-Éûenne de Troyes, et les êchevins ne manquent pas de stipuler que « maître Dominique sera tenu de vacquer et besongner en personne même, sans discontinuation'. » De même, en 1550, il soumissionne avec Jean le Roux, dit Picard, l'entreprise du mausolée de Joinville, et reste deux ans à Troyes pour en diriger seul l'exécution, pendant que son associé surveille d'aulres travaux entrepris sans doute en commun, mais moins éloignés de sa résidence.
Jehan le Houx, dit Picard, ou Picard dit le Roux, car on ne sait pas exactement son nom, pourrait bien être le maestro Lorenzo Piccardo cité par Vasari' parmi les artistes les plus estimés du Rosso, da lui topra tutti gli altri amati. De Le Roux à Lorenzo la distance n'est pas infranchissable, surtout pour Vasari. Fort apprécié de son temps et fort
t . Quelques morceaux sont conservés à SaiDl-Panlaléon de Troyes et à Bar-sui- Seine.