XXX. — V PikIODI
Z5h GAZETTE DES BEAUX-ABTS.
Dans le recueil de Paris, qui se composait à l'origiae de 95 feuillets en parchemin (c'est le chiffre indiqué par la tahle placée à la An du volume), DÔD compris les feuillets blancs du commencement*, on est avant tout frappé des imitations de l'antiquité; elles reviennent presque à chaque page. Dès le folio A v* on trouve un superbe encadrement dans le style de la Renaissance, avec des bucranes, des oves, des pilastres, des candélabres. Le foUo & contient deux médaillons, l'un avec Hercule tirant de l'arc, l'autre avec Nessus tenant Déjanire eiT croupe. Au folio 7 est représenté un baptistère octogonal, copié sur quelque modèle du iv* ou du V* siècle. Puis viennent des médailles impériales (fol. 21), des tron* çons de colonnes, des fragments de statues (fol. 83, un jeune homme appuyant ta main sur la hanche, comme l'Antinoils), des bas-reliefs, des camées (fol. 28), des arcs de triomphe avec des Victoires (fol. 39), des vofttes à caissons, des bacchanales (fol. AO). Un des dessins les plus curieux (fol. 43) nous moutre, sur un cheval lancé au galop et qu'un satyre cherche à retenir par la queue, Éros tenant devant lui une jeune faunesse attachée par les pieds. Les inscriptions, à leur tour, font leur apparition sur les feuillets hS et A9*. Elles sont suivies de statues équestres, de sarcophages, bref de tous les motifs, dans la traduction desquels pouvait se plaire un artiste épris des chefs-d'œuvre de l'art antique. Telle est la prédilection de Jacopo pour ces vestiges qu'il les prodigue, dans les costumes, dans les armures, sur les édifices, dont la plupart sont incrustés de camées. Presque toutes ces copies sont d'une fidélité et d'une liberté absolument inconnues aux peintres florentins contemporains.
4. La haulflor du volume est de V,i5, sa largeur de O'.SO. Tous les Teuillets sont CD parcbemin, id'eiceptioD de celui qui porte le n°1S. Lalable, en dialecte véoîtiea et d'uoe écriture appartenant h la fin du w siècle, a été évidemment rédigée par une personne ignorant les circonstances dans lesquelles chacun des dessins a pris naissance. C'est ainsi que, pour les inscriptions antiques, elle se borne à mentionner a molli epilaGi alCichi (<tc] romani i, sans nous dire oit l'artiste les a copiées. Parfois même, le rédacteur ne semble pas avoir compris tes sujets traités par Bellini : ta compoûtion qu'il désigne sons le titre de : Dno ciiaxameoto con tre malfatori cbe vien mena(ti) davanti uno imperadore, ■ représente évidemment une scône de martyre.
La plume, la mine d'argent, et par exception la pierre d'Italie, tels sont les procédés dont Jacopo s'est servi pour exécuter ses dessins, soit qu'il s'agiîse de rapides croquis, soit de compositions très poussées. Dans la première partie du recueil surtout, le trait manque souvent de netteté et de pureté ; le grignotis, pour nous servir d'un terme consacré en gravure, en est le caractère dominant.
5. Jacopo n'était pas aussi familiarisé avec le latin que son gendre Hanlegna: à cdlé d'un cavalier s'élançant dans un gouSte, on lit cette inscription barbare : hic
lACBT nOBlLlS YIBl TOMAS LAVRBDANO HlUTI.
, JÀCOPO BELLINI. 355
Soutiendrar-t-oD que c'est k sod séjour sur. les bords de l'Arao qae Jacopo Bellmi doit Cette révélation de la .valeur de l'art antique7 Mais Gentile da Fabrîano aussi avait passé plusieurs années â Floreçce, et cependant' rien,' dans son œuvre, ne Irahit la plus légère préoccupation de l'antiquité. D'ailleui*s, jusque vers 1A30, eux-
mémeS) loin de sacrilier aux tendances de 1( testes
et tes sculpteurs, prenaient pour unique rëj
N'est-il .pas plus exact de dire que Jacop L'&n-
tiquité classique par les traditions encore en Italie,
et que loin de devoir quelque chose aux p kt été
capable de leur servir d'initiateur.
EUGÈNB uOhtz.
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