‹ Gazette des beaux-artsChapitre 87 sur 148 · LA MOSAÏQUE- DE L'ABSIDE DU PAMTHÉON. S · texte numérisé non relu

LA MOSAÏQUE- DE L'ABSIDE DU PAMTHÉON. S

^* « Le Christ, debout au milieu de la compositioa, tient de la main gaoche le livre dea destinée*; de la main droite. Il commande ans événemeata qui se déroulent devant lui, représent^ig par les peintures de HM. Cebanel, Puvis de Chavannea, Bonnat, elc, qui résument l'bistoire mystique de notre pays. L'ange de la France, à la gauche du ChrisI, l'épée nue h la main, semble, b l'expression de douleur qu'on lit

(Visita nn cioqqi) de U. Hibcii.)

dans ses yeux, assister à quelque lamentable désastre du pays dont il est le gardien; mais l'altitude de toute la figure, la main gauche qui sa cache sou^ le pli du manteau militaire et s'appuie sur le fourreau de l'épée, tout dans ce vaincu semble dire que de beaux jours peuvent luire encore pour la patrie. —A gauche, l'auteur a placé, suppliante, Ja bergère sainte Geneviève, patronna de l'église et de Paris, et \ droite la grande Lorraine Jeanne d'Arc, avec son armure, sa jupe roiige et son visage de suppliciée. La martyre n'a pas d'anréole; mais la Vierge, la grande consolatrice, est anprès d'elle, lui mettant ta main sur l'épaule et la présentant au Sauveur en signe d'adoption. ■ -»

L'anlqur de oeite noie b^ ocnis qu'an détail, c'en qa'oB ponmit recoBultre, dus le ftoti de la blonde ninte Generiôve, 1b portrait de la famma du peintre, et N. Hébert ne pouvait cboisit phu noble modèle. Il m'eat ansai revenu que fauteur dea cartons avait trouvé, dans les traits du jeune et brave écrivain d'art, K. Jos. Peladan, bien cODDU des lecteura de l'ArlUU, le premier type de la tMe de son Christ.

C'est te samedi i août 188lquAogeloPog^î a ouïe bonheur d'enfoncer le dernier petit cube émaillé qui, lerminant la main, longtemps inachevée, de la sunle Geneviève, complétait l'oenvre de la mosalqae du Panthéon; — et la Jcûe a dH étte immense et l'orgueil bien légitima an cœur d'Hébert, en vojraot, le mercredi tO du même mois, tomber jusqu'au-dessous de l'inscription le rideaa blanc qui cachait d'eu bas le travail des mosa'istei et la belle tenue dea personnages, et le bel effet de couleur de l'ensemble, le jour des deux Tenètres de côté se reflétant dans l'or dn fond et l'illnminani comme un soleil couchant sur lequel se détachent majestaeusement ses grandes figurée;— et tout cela ■pn-reimulA*, comme disait de la mosaïque le vieux Ghirlandajo.

H. de Cbennevières raconte ensuite, sur le toD des plus piquants rofrmoires, toute l'bistoire de la mission envoyée par lui k Rome, pour le recrutement des maîtres mosaïstes, mission qui reçut du pape Pie IX te plus sympathique accueil et le plus constant appui.

Las négociations avec les artistes étaient chose fort délicate. Il était difficile d'obtenir d'habiles gens occupant une situation considérable dans l'atelier célèbre du Vatican une expatriation de plusieurs années, & moins de conditions bien tentantes, que notre budget, hélasl ne nous permettait guère d'offrir. Un homme était désigné en première ligne, de l'aveu de toua et par les morceaux de son œuyre que H. Gerspscb avait vus lui-même ii Saint-Paul, comme « le mosaTsIe le plus distingué du Vatican, où il travaillait depuis vingt-deux ans, de l'Italie même ■, ajoutait-on. t C'est un artiile, m'écrivait Gerapach-, il fait la figure et l'ornement, il dessine, il a du goût; il est da taille k exécuter le projet d'Hébert, qnel qu'il soit, et le saint-p^ l'a toujours employé pour les travaux les pins difficiles. • De plus, il parlait français, point fort important pour former h Paris l'éducation de jeunes mosaïstes français. C'était H. Angelo Poggesi. Il nous fallait avec lui un bon praticien de second ordre, qui regardai Poggesi comme son maître et le pût suppléer dans la conduite des ornements; et Devecchis avait bit ses preuves dans les ornements de la façade de Saioi- Paul-bors-des-Hurs et à ceux de l'intérieur de Saint-Pierre. Les pourparlen furent longs, car il (allait tout prévoir, et loger et chauffer décemment ces pauvres frileux, exilés volontairea, et qui, en réalité, ne se montraient pas trop exigeants, puisque leura confrères avaient obtenu des conditions deux foie plus avantageuses do gouvernement russe; et je dois dire que je ne rencontrai aucune difficnlté auprès dn ministre auquel j'avais à soumettre d'urgence chaque point de la négociation. Une fois venus en France, noa deux maîtres mosaïstes furent installés dans nne série de salles de la nouvelle Hanuliicture de Sèvres, et c'est là que H. Poggesi, resté bientôt seul par le départ de Devecchis le père, organisa son matériel et sa petite troupe d'spprantîs, en les instruisant peu à peu et méthodiquement des premiers éléments de son art. En ce sens, H. Poggesi a été un fondateur d'école admirable, mettant lui-même la main à tout.

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