ANATOLE DU MONTAIGLON
Nous avons perdu dans Joseph De Nitlis un talent jeune, fécond,original, un galant homme et un galant artiste. Nous sentons vivement sa perle, si brusquement survenue ; nous la sentirons longtemps encore, parce qu'il avait pris, dans la peinture française, une place dont on verra de plus en plus l'importance, et ~ qu'il occupa cette place avec un tact rare, avec un sentiment très '' personnel de l'art moderne. Nous
disons II dans la peinture française » aveclepubtic toutentier; car De Nittîs, nôtre déjà en vertu de son attachement instinctif & notre pays, était destiné à céder aux mutuelles sympathies qui le retenaient chez nous par le cours que traçaient d'avance à sa brillante carrière les promesses qu'il avait déjà tenues. A trente-huit ans, c'est la mort qui lui donne la consécration dernière ; c'est la mort qui marque à notre attention le réel intérêt des efforts qui ont rempli sa courte vie, et rappelle à notre souvenir ses francs et limpides succès.
Giuseppe De Nittis, né à Barletta en 18A6, eut de pauvres et obscurs débuts. Il ne reçut guère d'autre éducation artistique que celle qu'il se donna à lui-même ou qu'il recueillit au hasard tout le long des grands chemins. Les courses du jeune homme dans la campagne ouverte, et jusqu'à ses siestes au plein air tiède et plein de mirages du pays napoU-
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tain, lui en apprirent plus long que renseignement provincial par lequel il eut la docilité de passer. Un matin, les maigres reliefsdont on voulaitle nourrir à l'école de Naples semblèrent insuflisants à son robuste appétit : il rompit avec ce régime pour retourner aux grands espaces, aux horizons qui excitaient la primeur de ses impressions. Cette libre vie de gagnepetit artistique, c'était l'inauguration d'un talent fait d'indépendance; c'était un répertoire de souvenirs inconsciemment amassé ; c'était aussi l'indice d'une souplesse d'allures et de goûts qai devait le mener à une sorte de cosmopolitisme , à no éclectisme facile, et le préserver d'être nulle part dépaysé, mal à l'aise, bésitant.
Ainsi De Nittis se sentait chez lui partout où il y avait quelque chose de neuf et de séduisant pour l'intelligence et l'œil d'un artiste. Il y avait trois ans qu'il avait quitté l'école de Naples, — et, dans ces trois années, il avait d^à exposé dans cette ville trois œuvres acquises par les musées, une Vue de Barletta, un paysage des Environ» de Naples et une vue de la Travertée des Apennin», — lorsqu'une brusque résolution le jeta dans la vie des ateliers parisiens. C'était en 1868. On vit bien alors combien sa vocation était déjà consistante et son goût délié. Dans ce milieu où les extrêmes, les contraires et les semblables se faisaient une concurrence effrénée, il fallait exceller en quelque chose, sous peine de demeurer dans une écœurante médiocrité. La gène, à Paris, était bien autre chose que l'indigence & Naples, et quoiqu'on ait des goûts modestes, on n'a pas la liberté de se nourrir d'une tranche de ^ocomerotâ de vagabonder dans la grande ville sans perdre son crédit et sans se compromettre. Gérôme et Heissonier accueillirent De Nittis et l'aidèrent de leur autorité; on l'aida; surtout, il s'aida lui-même et décida seul de sa fortune en continuant de suivre la fantaisie de bon aloi qui l'avait inspiré jusqu'alors.
Tout, A Paris, en ce temps-là, semblait l'attirer vers l'art des maîtres reconnus avec lesquels il se liait, vers l'art intime et concentré du costume, vers larestauration du passé, vers l'anecdote rétrospective; — tout, excepté un petit orgueil qui lui fit un beau jour préférer un autre art, auquel il avait déjà goûté, un art où il se sentait les coudées plus franches. C'était, en apparence, préférer l'oi'niére à la grande route battue. Mais l'événement le justifia. Cons6|uent avec lui-même, sans fatigue, et toujours avec le même bonheur, il alla s'asseoir en plein Paris, sur la chaussée que nous suivons tous les jours, puis plus tard au cœur de Londres, et se sentit bientôt, au milieu de la foule que nous sommes, la même indépendance que dans la rase plùne.
De la moderne peinture italienne qu'il avait vue et jugée de près, De Nittis n'avait retenu qu'une sorte d'agilité artistique, une adaptation
rapide, une jeunesse alerte du pinceau, une sveltesse originelle. Les écoles du moment, à Naples, t Rome, dans les villes lombardes, tantôt clinquantes el tapageuses, tantôt plates et terne'', compliquées de cent petites ambitions et de cent petits sous-entendus, frelatées, gâtées
par l'obsession de Fortuny et des célébrités locales, — ces écoles, De Nittîs ne leur doit rien. A cette perpétuelle parade il n'aurait pu apprendre que l'escamotage et l'à-pdu-prës. Il fut, au contraire, victime de leur misérable rouerie et partagea avec les Pio Jorîs, les Horellî et les Palizzi la gloire coûteuse de voir ses tableaux lourdement contrefaits, falsifiés et copiés par Dieu sait quelles mains : lors de son dernier passage à Naples, il découvrit une fabrique de faux De Nittis, qui écoulait effrontément celte fausse monnaie au taux de la véritable. Sa
fine nature ne garda à l'étranger qu'une empreinte & demi effacée de son origine, — juste assez pour prouver que notre esprit parisien, voire celui qui ne court pas les rues, n'est pas un arcane fermé à double tour à ceux qui ont le tact de ne pas vouloir forcer la serrure. — Sans doute, il ne fallait pas un bien long frottement pour laire reparaître cette empreinte ; elle se traduisait alors par un sens délié, — pourquoi ne pas dire aristocratique? — des arts, qui s'arrêtait juste à temps pour ne pas tomber dans un sens superficiel. Enfin, si De Nittis subit à Paris quelques heureuses influences, il a lui-même exercé sur une partie de l'école moderne une certaine action, et chacun a pensé plus d'une fois à lui devant des peintures qui, sans valoir les siennes, en étaient dérivées. Mais il arriva surtout au succès, — la pavt faite de ses dons très personnels, — par la voie d'un éclectisme délicat et rassis. Ceux qui l'ont connu savent, en effet, combien l'écleclisme intelligent faisait le fond de toutes ses idées. Éclectique, ne fallait-il pas l'être pour se transporter si facilement de Naples à Paris, puis de Paris à Londres, et revenirà Paris encore et à Naples, sans perdre de temps à s'acclimater dans ces atmosphères artistiques si différentes? Ne fallait-il pas l'être pour réussir, avec Slevens, à fonder ces expositions internationales de la salle Petit, où nous avons vu les meilleurs des écoles élrangëres : Ad. Menzel, Millais, Pasini, Watts, Whîstler, Sargent, Liebermann, etc., et oiiil comptait bientôt nous montrer Burne-Jones ?
« M. De Nittis, disait en 1876 M. Claretie', nous peint les séductions modernes comme l'abbé Galiani, le spirituel Italien, parlât le français, — c'est-à-dire mieux que nous. « Du conseil qu'on lui donna, à son arrivée à Paris, de « faire de la ligure » étaient résultés une Visite chez l'antiquaire (Salon de 1860), un Concert du temps de Louis ^K/ resté inachevé, une Femme assise et une Visite le mâH'n (Salon de 1870), dans le même style Louis XVI. Mais il exposait en même temps (1869) un Train de chemin de fer fuyant dans un vaste paysage, et il allait reprendre ses études de paysagiste sur le sol français quand la guerre le ramena, tout jeune encore, en son pays natal.
Il reparut au Salon de 1872 avec la célèbre Route dam les Fouilles auprès de Bn'ndisi, qui fonda sa réputation. Nous l'avons revue depuis à l'Exposition universelle de 1878, cette route poudreuse et toiTéfiée par l'ardeur aveuglante du soleil de midi, animée par une petite diligence jaune qui s'éloigne au petit trot. Le tableau est d'une facture homogène, précieuse et limpide. C'est tout on pays résumé ; c'est toute une province
T. L'art et les artisles français contemporains, Paris, <876.
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évoquée avec une vérité qui cause une sorte de nostalgie et semble donner au spectateur la sueur d'un beau jour de canicule... De Nittis aurait rerait dix fois, sans peine, le même chef-d'œuvre s'il était resté amoureux de ces bleus italiens intenses et de la mélodieuse monotonie de la lumière méridionale. En 1873, il parait encore être Napolitain dans l'àme ; il expose, cette année, une Atcemion du Vésuve, ^ayée par une pointe d'humour. Mais déjà Paris, — et pour toujours cette fois, — exerce une franche et décisive influence sur le peintre cosmopolite. Fait-il froid'. (Salon de 187i) c'est un brusque changement de température dans le talent du peintre ; c'est l'hiver parisien ; c'est la brume argentée d'un matin de claire gelée ; ce sont deux Parisiennes, couvertes de fashionables fourrures, bravant l'onglée sur la chaussée durcie du Lac, avec la sécurité que donnent une vie souriante et facile et an vêtement confortable...
A Portici, c'est le Vésuve et la mer qu'on a devantsoi; c'est le Vésuve et la mer dont on exploite naturellement les beautés : dans l'avenue du bois de Boulogne, ce sont les élégances contemporaines que l'on voit défiler; au lieu des lazzaronide Uergellina, ce sontlescavalierset les équipages qui s'offrent d'eux-mêmes à l'œil du peintre. Le peintre s'est llxé tout prés de ce centre de la vie mondaine agissante en plein air; il s'est épris un instant de ce riche spectacle; mais il sait bien que la vie de Paris a plusieurs faces, comme les saisons et le climat; il ne tiendrait pas ce que nous attendons de lui s'il se renfermait dans ce quartier aristocratique. Aussi expose-t-il en 1875, avec une scène de Bougival, cette vue de la Place de la Concorde que tout le monde connaît, surprise entre deux ondées, luisante comme un miroir, mai» un miroir terne, fouetté par la ptuie de décembre.
De Nittis est donc devenu Parisien, puisqu'il se platt aux aspects les plus moroses de la grande ville... Non; point encore. On dirait d'une gageure: il lui est arrivé, comme il arrive aux Parisiens quelquefois, d'entendre parler de Londres et vanter les élégances de la seaton ; il part pour Londres, et l'on s'aperçoit bien vite que la gageure n'est qu'apparente, car le talent tout entier de l'artiste l'a suivi sous cet autre ciel. 11 faut qu'il s'adapte à cette lumière nouvelle desjoui's de Londres, aux proportions insolites que prennent toutes choses dans l'atmosphère anglaise. Le Tunnel de Charring-Cross, Waterloo-Bridge, Green-Park, la Banque de Londres, Trafalgar-Square, la Promenade de Botten-How, Piccadilly. Piccadilly surtout (exposé au cercle de la place Vendâme, en 1876) et le Pont de Westminster furent pour le public français de subites ouvertures sur la couleur et le mouvement d'une vie qu'il ne connaît pas,
et les Anglais eux-mêmes reconnurent qu'aucun des leurs n'avait compris cette couleur et ce mouvement comme les saisissait cet étranger de passage.
Désormais, De Nittîs partage sentaient entre ces trois patries. Il produit, en effet, pendant les années suivantes (1876-1879), la Place des Pyramides, des effets de Neige dont Paris, le Retour des Courses, une vue de Y Arc de Triomphe, des Moulins italiens, la Houle de Caslellamare, une vue du Pont Royal, un Coin du Roulevard, une Marçltande d'allumettes de Londres'. La Place des Pyramides, aujourd'hui placée au Musée du Luxembourg, est peut-être le chef-d'œuvre de De Nittis.
Ce que fait et ce que dit un homme de tact n'a jamais rien d'agressif. Or De Nittis fut homme de tact dans sa vie et dans ses œuvres. A ses commencements, il avait évité les difficultés que le goût des ^écoles ofQcielles semait autrefois sur le chemin des débutants; mais, dans le désarroi artistique des quinze dernières années, il pouvait encore rencontrer plus d'un écuetl. A ceux-là il échappa par son tact naturel, par sa finesse native. Comme avec un petit rire de triomphe, il refit souvent ce que les écoles nouvelles avaient déjà fait, et réussit auprès du public, à la barbe de ceux qui malmenaient ce même public et le traitaient sans façons. — Seulement, le rire était si franc et la victoire si justifiée que nul ne se sentit blessé. Sans parti pris bien arrêté, sans abus d'esprit et sans recherche du piquant, préservé de la grossièreté par le bon ton de sa manière, De Nittis a pu donner la direction qu'il voulait à la mode, sans recevoir de la mode un mot d'ordre. Puisqu'il est d'usage de parler de l'œil d'un artiste, disons que le sien atteignait juste à la dose de vérité que les autres yeux, les yeux exigeants du public parisien, réclament. II ne perdait rien d'important et ne ramassait non plus aucune de ces vulgarités qui courent le monde. Faire la modernité durable ; à la recherche de cette pierre philosophale, de cette transmutation utopique, combien se sont égarés et compromis! — Et la liste n'est pas close! — C'est que, dans leur ait, ils voulaient faire entrer tout un système de morale et de sociologie, soutenir une thèse philosophique, lancer des manifestes, battre en brèche les écoles advei-ses. De Nittis se sauva de ces difficultés en se faisant un public, sans se faire une coterie, un cénacle fermé. Rigoureusement datée, — oui, sans doute, sa peinture l'est; mais, du moins, elle est datée du millésime courant. Ses figures sont vêtues comme nous et
1. H. 11. Guérard prépare, pour la Gazette, udo eau-forle d'après la Marchande (Tallumeties, qui paraîtra dans notre procliain numéro. Ce tableau, ainsi que presque tous ceuK que De NÎUls peiguit ht Londres, appartient à H. Knowles.
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(DeMli de U. Henry Outrud.) XXS. — S' PBIIODE.
DOS amis ; le cadre de ses tableaux est celui de notre vie journalière ; nos élégances et nos intimités sont les siennes.
Lorsqu'un artiste véritable s'est assis à une place où d'autres auraient passé cent fois sans s'arrêter, il semble que cette place fût désignée; chacun s'écrie : » J'allais m'y asseoir! » — II semble que cette place soit le centre d'une circonférence idéale qui n'en saurait avoir d'autre. Ne diton pas de celui qui n'a pas eu l'esprit de choisir cette place privilégiée qu'il est un a excentrique x, pour signifier qu'il nous convie à un spectacle incohérent ou tronqué? Il s'agit, en réalité, de ne rien laisser au hasard, tout en paraissant compter avec lui, d'imiter les joueurs habiles qui, sans tricher, ont l'air d'avoir toujours la chance de leur côté. Parfois, De Nittis procédait par de patientes études; parfois, il semblait exécuter de mémoire ; il a l'air de s'être exercé à reproduire ce que la vilre d'un coupé encadre pour un instant.
Vers 1880, De NîtUs fut amené à se servir d'un nouveau moyen d'expression : le pastel; et on serait tenté de dire qu'il aurait inventé le pastel, si la chose n'eût pas été connue déjà, comme d'autres auraient inventé la cire et la détrempe. Au point de vue de cet art délibérément moderne, en elTet, le pastel ofire une adaptation naturelle du moyen mis en œuvre avec le caractère de l'œuvre projetée. Le pastel, — impalpable poussière, — ne se prête pas au style; il s'offre de lui-même à qui cherche la simple grâce et le parfum des choses. Là, c'est plus que la main de l'artiste, c'est son doigt, c'est son épiderme le plus sensible qui est en contact avec l'œuvre. IJn coup de pouce, — et tout est jtiste, les contrastes se pacifient, tes plans lointains reculent, les saillies se modèlent : — un autre coup de pouce, — et tout disparaît ou demeure à jamais fixé, si l'on peut dire à jamais en parlant de cet art fragile, de cet art à fleur de peau. D'ailleurs, le pastel n'a pas de prétentions; il se prête à depetils chefs-d'œuvre, et vaut quelquefois par le négligé même avec lequel on l'a traité.
Mais je me trompe peut-être ; Degas, dont je pense à parler depuis quelque temps déjà, Degas, l'adversaire de la grâce, poursuivant les grandes silhouettes modernes d'une course impitoyable, Degas a trouvé dans le pastel les ressources d'un artprime-sauiier. Sans doute. De NitUs lui doit beaucoup; quoique, à côté des impérieuses et absolues tendances de Degas, qui ne sont pas encore pleinement justifiées devant le public l'art de De Nittis se soit renfermé dans une sorte d'opportunisme spécieux et séduisant.
C'était, la première fois, en 1S80, à la veille de l'ouverture du Salon, que De Nittis exposa, dans les galeries de l'Art, tonte une suite de mor-
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ceaux du plus piquant effet, où les pastels tenaient autant de place que la peinture et l'aquarelle, — car De Nittis maniait habilement l'aquarelle et l'eau-forte elle-même. Nos lecteurs se souviennent des deux planches de l'artiste que la Gazette a données jadis : nous leur en oiïrons aujourd'hui deux nouvelles, qui sont inédites. — Voici, d'ailleurs, le catalogue de cette exposition, qui définit bien le caractère de son œuvre.
1. Leçon de palmage{%Taad]ac dnBoisûe Boulogne]: — i. Promenade dans les tapita (toujours au Bois par un («nips de neige] ; — 3. Le Dimanche dans ta Cité (Londres); — i. Sous les marronniert (rond-point de l'Arc de Triomphe); — 5, Partrail de M" de A'.; — 6. Temps gris sur le golfe de Naples (environs de Pompéi); — 7, Le Jardin desTuilerie» (l'honime aux oiseaui); — 8. Ilyde-l'ark (la Serpenline); — 9. Portrait de femme (peint à Huiripton-Court}; — 10. Femme en blanc; — H. Torre-Annunziata.
1S. Premiers bourgeons aux T\titeries; — 13. Étude des <]uais, avec te fond de la Cité; — 44, Vue prise du pont de t'Aima; — iô. L'Avenue du Bois de Doutogne; — 16. Femme en blanc, derrière une jalousie; — 17. Femme au chapeau
noir (intérieur); — 1S. Portrait de son fils; — 19. Étude de femme au manteau de fourrure; — ÎO. l'rofil de femme blonde.
L'année suivante, De Nittis, déjà plus maître dans le procédé, exposait, au cercle de la place Vendôme, dix-huit pastels importants qui montraient son talent définitivement fixé. Nous y comptons cinq portraits, parmi lesquels celui de H. E. de Concourt, et plusieurs comportions de grande dimension. Qui ne se souvient de ces libres tableaux de notre vie. Autour du poêle, Dans la tribune et Pendant la course, empruntés aux courses d'Auteuil, l'Opéra, le Bow-windoiv, En Victoria? Le peintre agrandit visiblement sa manière; quatre portraits de femme grands comme nature et autant d'rtwrff* (la Femme au gant noir,\&Femmeh fulster, la Femme en bleu, le Chapeau aux pompons), le montrent appliqué à la figure humaine qui dominera désormais le paysage dans son œuvre.
Noire collaborateur, M. A. de Lostalot, a entretenu les lecteurs de la Gazette * de cette exposition. « M. De Nittis, disait-il très bien, est uii homme de son temps ; au dessous des choses il préfère la surface ; c'est déjà beaucoup, et le champ qu'il exploite est assez vaste pour satisfaire une ambition d'artiste. Était-ce bien le cas, k vrai dire, d'essayer plus loinT Les portraits de ces jeunes femmes ne nous montrent-ils pas tout ce que nous avons le droit d'apprendre d'elles? leur beauté, leur gr&ce, leur