UN SAINT, STATUETTE EN BOIS
dèles courants de son atelier un poncif FIN DU XIV‘ SIECLE
. qui peut lui servir, 1l a soin d'en faire usage, et il se met en frais alors seulement qu'il y est contraint, lorsqu'il est obligé de regarder autour de lui et de travailler avec ses yeux, non plus avec sa mémoire. Le retable de Haekendover*, près Tirlemont, en fournit un exemple bien topique. Quelle qu’en ait été jadis la disposilion originelle, il se compose aujourd’hui de statuettes isolées et de petits groupes. Et
1. M. Destrée a très justement noté ce contraste dans les manuscrits de Beauneveu, Recherches sur les enlumineurs flamands (Bull. des Commissions d'art et d'archéologie, 1898, t. 37, p. 108.
2. Une description très exacte, avec quelques reproductions, en a été donnée par Destrée, Sculpture brabanconne, p. 76; voir aussi J. Rousseau, Sculpture flamande, 5° art., 1877, p. 27-36. Le monument est moulé au musée de Bruxelles.
certes, les statuettes sont d’un bon ouvrier; Dieu le père est une excellente figure dans le style traditionnel, comme la plupart des saints et des saintes debout autour de lui : l’imagier, parmi ses modèles d'atelier, n'en manquait pas de cette sorte, qu'il s'est borné à reprendre de son mieux. Mais le donateur avait eu l’idée de rappeler la fondation miraculeuse du sanctuaire et l’histoire des trois vierges qui firent construire successivement trois églises que les anges détruisaient l’une après l’autre pour éprouver la foi des picuses filles; or, c'était là | une légende que sans doute les poncifs n’avalent pas vulgarisée, et pour Îa traiter l’imagier devaitavoir recours à sa seule fantaisie. C'est ce qu'il fit, et le résultat fut unchef-d’œuvred'observalion fine et de grâce ingénieuse. Les .
maçons qui gàchent le mortier, montent
les pierres, les scellentou recoiventleur