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SALTARELLE, PROCÉDÉ SUR VERRE, PAR COROT

graphique », ce qui explique dans quelles conditions elles ont été faites.

Le Bouquet de Belle-Forière représente un groupe d’arbres couronnant une ondulation de terrain, dans un pays de plaine à perte de vue. La silhouette générale n’est pas sans rapport avec l’eauforte de l’Art : Paysage d'Italie; mais la masse de feuillages est laissée plus uniforme. L'effet est d’une extrême douceur. On croirait voir un de ces tableaux tout dans les gris, tels qu’il s'en rencontre

parmi les plus charmants du maître. Le Bois de l’Ermite, plus vigoureusement traité, n’a pas la même fluidité aérienne. Mais le véritable pendant du Bouquet de Belle-Forière, c'est le paysage italien en largeur que M. A. Robaut intitule: Rives du P6, quoiqu'il me paraisse plutôt un bord de lac plus ou moins imaginaire. L’élégance noble de cette belle pièce lui mérite une place au premier rang, comme au Dante et Virgile la singulière grandeur des masses.

Au même temps encore appartiennent quelques études de figures, toutes curieuses. Les deux Madeleine ne sont malheureusement que des croquis bien sommaires, et le Portrait de Corot lui-même ne devait pas être très ressemblant. Mais Sa/farelle a tous les droits de nous arrêter. On y voit, comme le titre l’indique,un paysan etune paysanne de l’Apennin dansant en face l’un de l’autre sur l'herbe d’une clairière, au pied d’une pente. La scène est en même tem ps très italienne et presque antique. Tels ces chants populaires en huit ou dix vers qu'on a recueillis de nos jours au même pays et dont la saveur est si particulière.

J'ai dit plus haut que Constant Dutilleux avait cédé sa maison de commerce à son gendre et quitté Arras au commencement de 1860. À partir de cette époque, Corot dessine encore des verres {nous en avons de 1860, de 1865, de 1871, de 1874, l’année même où ses amis d'Arras et de Douai le recurent pour la dernière fois), mais plus de srandes pièces, plus de pièces très poussées non plus. M. A. Robaut, qui fut souvent témoin oculaire, me dit que chez son beau-frère, M. Desavary, 1l y avait toujours des plaques préparées. Un jour de pluie où l’on ne pouvait aller dans la campagne, ou bien le soir, sous la lampe, Corot en prenait une et se mettait à y tracer quelque chose. Deux pièces de dimensions un peu plus grandes que les autres, semblent seules avoir être faites avec des intentions plus arrêtées. L'une, Environs de Gênes, est de 1860. L'autre, qui représente un homme assis au pied d’un arbre, en train de dessiner, et qui à pour titre L’Artste en Italie, est de 1865. Toutes deux sont d’une exécution extrêmement simple et décidée. Tirées nettes ou estompées, elles sont du plus haut effet. |

Mais parmi les petites pièces faites comme je viens de le dire au oré du moment, il n’est pas difficile d'en trouver encore de bien charmantes, de très complètes même en leur genre: et rien de plus naturel si l’on y réfléchit. Une fois entendu qu’on ne demanderait plus au procédé que ce dont on le savait capable, les demi-réussites devaient nécessairement, sous la main d’un homme tel que Corot,

se faire beaucoup plus rares, la pointe aussi traduire plus librement l’idée naissante. Des pièces pareilles à celles que M. A. Robaut à intitulées Près Monaco (paysage méridional avec vue de mer d’un côté, grands arbres penchés de l’autre et un couvent à mihauteur de la pente descendant au rivage) ou Souvenir du lac Majeur (autre paysage avec des terrains dont les pentes ombragées s’entre-croisent et fuient les unes derrière les autres), ou Salerne, ou La Vallée de la Sole, sont des choses qui, tout en étant admirablement solides de structure, restent légères comme un souffle, des croquis franchement laissés croquis, et cependant auxquels rien ne manque pour l'entière expression de la pensée qui les a dictés. Et même ailleurs, quand il s’introduit certaines négligences, quand une critique chagrine pourrait à la rigueur signaler ou quelque masse de verdure trop peu débrouillée, ou quelque terrain indiqué seulement par manière d'attente, toujours un coin délicieux pour lequel le dessin a été fait, s'empare des regards : tels, dansle Chevrter, l'arbre si fin, du côté opposé aux rochers, ou la mer aux lignes charmantes, dans le Souvenir d'Antibes. res

Après Corot c’est probablement Delacroix que les opérateurs d'Arras eurent aussitôt l’idée de conquérir à leur procédé, et nous avons à ce sujet un document très net : la lettre de Delacroix à Constant Dutilleux, en date à Paris du 7 mars 1854 : « Cher monsieur, jai doublement à vous remercier, et du procédé d’eau-forte photographique, et de la connaissance que vous avez bien voulu me procurer de M. Cuvelier. La Dies dc ie avec laquelle il a présidé à mon très imparfait essai m'a rendu très heureux. » L’essai en question est le Tigre en arrêt, n° 1282 du catalogue de M. Alfred Robaut. Le croquis lui-même est beau, et l'usage que le maitre à fait du procédé témoigne même de l'adresse avec laquelle 1l savait irer parti d’un instrument nouveau, quel qu'il fût. Cependant on eut beau faire, il ne voulut pas y Ra 26 avril suivant, 1l écrivait de Champrosay à Dutilleux : « Je suis retourné à Paris la semaine dernière, avant d’avoir reçu votre lettre. J’ai trouvé les verres, en supposant que M. Cuvelier avait fait un nouveau voyage et en avait apporté. N'ayant que quelques instants à | er à Paris, je me suis contenté d'ouvrir le premier papier, que j'ai refermé avec soin, attendant mon retour définitif pour séparer les verres. Je crains bien, cher monsieur, de n'avoir guère le temps pour faire quelque chose qui ait le sens commun, car pour des pochades et des à peu près faits à la hâte et sans application, je les compare à ces enfants

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