‹ Gazette des beaux-artsChapitre 45 sur 68 · LE BOUQUET D'AULNES, PROCÉDÉ SUR VERRE, PAR DAUBIGNY · texte numérisé non relu

LE BOUQUET D'AULNES, PROCÉDÉ SUR VERRE, PAR DAUBIGNY

peut-être ne leur manquait-il qu'un tirage plus vigoureux. En tout cas, l'idée de dessin et, si je puis ainsi dire, le tracé de l’une et de l’autre sont charmants. La Précaution maternelle correspond à un admirable crayon de la vente Sensier et au tableau de même nom qu’on peut voir au Louvre, dans la salle Thomy-Thiéry. Ge que le sujet a de singulier disparaît dans la naïve douceur que le maître a su y répandre. La Femme versant de l’eau dans deux cannes (vases en cuivre qui servent en Normandie à traire les vaches) est reproduite dans le livre posthume d'Alfred Sensier La Vie et l'Œuvre de J.-F. Millet. Cest encore un beau dessin, je préfère cependant la

Précaution maternelle. M" Eugène Cuvelier a eu la complaisance

de me montrer les clichés originaux de Millet et de Rousseau qui sont en sa possession. Leur inspection confirme ce que Je viens de dire. Le travail de la pointe y semble notablement plus accentué que sur les épreuves. Il dut y avoir surprise, pour Millet surtout, dans les résultats de l'impression.

De Charles Jacque je connais une jolie pièce authentique, des CAevaux à l’abreuvoir, et une autre secondaire, qu'il convient, je crois, de lui attribuer, une Entrée de bois. On lui donne parfois, mais à tort, une Bergerie qui est de Brendel. Elle porte, dans une épreuve que je possède, la signature de ce dernier en toutes lettres; mais on la trouve aussi sans cette signature, d’où l'erreur. Brendel a fait un certain nombre de clichés, soit à la pointe, soit au pinceau. Ces clichés sont entre les mains de M° Cuvelier, chez laquelle je les ai vus. Je citerai, outre la Bergerie dont je viens de parler, une autre Bergerie plus grande, un Cheval dans la campagne, une planche de Croquis, le tout à la pointe; au pinceau Deux chevaux s'abreuvant à une mare en forêt et une Lisière de bois. Je ne connais en épreuve que les Chevaux, qui sont beaux et rappellent la manière de Daubigny dans ses Vaches à l’'abreuvorr.

En même temps que les clichés de Brendel, j'ai trouvé encore chez Me Cuvelier deux clichés importants de A. Wacquez. L'un d'eux, dont j'ai sous les yeux une épreuve, représente une Futaie de la forêt de Fontainebleau, et traduit, non sans effet, l'aspect des chênes séculaires. Cette pièce est datée de 1860.

Paul Huet, fut à deux reprises différentes, sollicité d’expérimenter les procédés sur verre. | = La première fois, aux environs de 1855, il s'agissait de plaques préparées par la méthode de Barthélemy Pont. On lui remit comme spécimen une Zéte de cheval d'Horace Vernet, datée de 1855. Le but était évidemment d’avoir aussi de lui un croquis, afin de s’en réclamer auprès des artistes. Le Cheval d'Horace Vernet démontrait que la couche opaque de l'inventeur comportait au besoin un travail fin el poussé. Paul Huet choisit un fort joli motif, réunissant tous les éléments pittoresques de nature à rendre l’expérience démonstrative. Sur le haut remblai d’une digue, au bord d’un étang, une maison rustique dresse ses pignons compliqués parmi des cimes d'arbres; un cheval blanc, amené par un homme, va s'’abreuver, une barque est échouée sur la rive. Paul Huet acheva son dessin et le mit à l'effet comme il aurait pu le faire pour l’eau-forte la plus soignée. L'épreuve que j'ai eue entre les mains, la seule connue, même un peu

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