ROTTERDAM, PAR ROBERT MOLS
luxuriants, et la nature entière sourit d’allégresse, en une paix infinie, reposante, féconde. Ainsi La Pépinière au château de Vos-Hot Braschat) à Anvers, L'Etang du château de la Hooge près d'Ypres, le Minneiwater, à Bruges, et des paysages de France : Le Lac d'Enghien, Le Village de Hautefeuilles, Hauterives, Lichon, L'Ancien moulin de Poissy, Le Morin, près de Coulommiers, S'° Honorine, etc.
Nombreux aussi sont les canaux et les fleuves, qu’il a peints toujours avec sobriété et une fraîcheur pénétrante de sentiment. C’est Le Canal de Bruges, par le clair de lune, ou Nieuport ensommeillé, Le Canal de Bruges à Ostende, Le Canal de Furnes, Le Kiel-Sluys, canal de Terneusen), en Belgique, etc., et la Vue de Paris prise
des toits du Louvre, fine à la fois et ample, embrassant cette traversée de la Seine d’un charme si émouvant.
Mais c’est la mer qui l’attirait avec le plus de force. IL vécut sa vie en la regardant, par les yeux et le souvenir, depuis le jour où, tout gamin, on le conduisit au port d'Anvers. Puis, ce furent les amusements sur les quais, les heures passées rapides à observer le vacarme et l’affairement du vieux port, à étudier la mâture, le gréement, les cordages, la manœuvre, l’arrimage et le radoub, à sentir à pleines narines l'odeur du goudron et de la brise soufflant du large. Enfin, n'ayant plus rien à apprendre dans sa ville natale, 1l voyagea beaucoup en Hollande, en France, en Allemagne, en Turquie, intéressé surtout par la vie des côtes, le mouvement des vagues scandant les minutes de son existence.
Le voici aux grandes solennités navales, guindé comme elles, son pinceau se mouvant parfois avec la lenteur et la gaucherie des escadres. C’est la revue passée à Boulogne, les 3 et # Juin 1889, par M. Carnot, président de la République (1890) ; l’arrivée de l’escadre de l’amiral Avellan à Toulon (1896); la revue passée à Cherbourg par l’empereur Nicolas IT et l’impératrice Maria Feodorowna (1897); la revue de Spit-Head, etc.
Il à peint des pleines mers, comme la belle toile intitulée Hambourg : la mer commence à se démonter; les vagues se goniflent, se heurtent, écument, et viennent éclabousser un bateau de pècheurs aux voiles triangulaires enflées à rompre les cordages, et deux vaisseaux, qui supportent avec plus de calme la tempête, tandis que les mouettes affolées tirent d'ailes vers le port, sur la mouvante plaine liquide, qui moutonne, s’incurve, se hérisse, dans le ciel immense où les nuages se déforment et se précipitent à l'unisson.
Bien plus nombreuses sont les toiles où il a représenté les plages et les quais battus de la vague. Elles intéressent beaucoup de pays, et sont d'un type assez uniforme, les fabriques et la mer n'occupant, comme chez les marinistes hollandais du xvu° siècle, que le tiers de la superficie, et le ciel le reste, autant qu'on puisse généraliser en aussi variable matière. # |
Quelques-unes sont consacrées à Anvers, comme cette vue par un temps calme, prise de la Tête de Flandre et où l'on voit le port dominé par la svelte tour de la cathédrale; des vapeurs et des voiliers accostent ou stoppent le long de la rive, tandis qu’un passeur fait traverser le bras de mer à une Anversoise accompagnée d'un enfant. L’eau est plate, lisse, à peine ridée de moirures légères;
à droite, le mât d’un bateau de pêche fait pendant à la flèche de l'église. Voici encore Le Moulin du Kiel, à Anvers, Grünendyck (Nieuport-Bains), etc. |
D’autres représentent des ports hollandais. C’est Domburg, Dordrecht, L'Arrivée à Dordrecht, Middelbourg, ete. C'est surtout Rotterdam, avec ses bassins bruyants, ses hautes maisons noires, d’où émergent les tours des nombreuses églises, ses bateaux de pêche, ses voiliers et ses steamers, baignés dans cette atmosphère si parti: culière du grand port hollandais, noire de fumées. C'est aussi Delft- Haven, comme dans la belle toile du Salon de 1898, où le fouillis des