XXX. — 3° PÉRIODE
merce, Bateaux de pêche, Avant-port, Entrée du bassin du Roi, La Plage de Sainte-Adresse, Clair de lune), soit à Cherbourg (La Plage), à Rouen (Vue prise de l'ile du Grand-Gué,Saint-Sever), soit à Cette, dont il a contribué à fonder le musée, soit à Étaples, où il passa ses dernières villégiatures, soit à Bordeaux, dont il a donné une belle vue au Salon de 1886, qui représente le quai de la Gironde, près du pont du chemin de fer, la Bastide, à droite, et, à gauche, les Quinconces, non loin de l’église Saint-Michel, sans compter Dunkerque, le Tréport, Marseille, etc.
Cette activité fut donc considérable, comme si le peintre, pressentant sa fin prématurée, s'était refusé tout loisir de rêve et de poésie. C’est, en effet, le rêve et la poésie, qui manqueraient à son œuvre, d’une exécution par ailleurs si probe et d’une observation si attentive. Par là, comme l’œuvre de ses contemporains belges P.-J. Clays et Artan, plus qu'aux novateurs actuels de la peinture, elle s'apparente aux marinistes hollandais du xvu° siècle, qui ont fondé dans leur pays de si admirable facon ce genre de peinture. En effet, à voir les voiliers de Mols, représentés avec une telle minutie, un tel souci du détail, à contempler ses flots moutonnants ou ‘agités, à plonger le regard dans ses ciels immenses, où évoluent les masses cotonneuses des nuages gonflés d'orage, il ne peut se faire qu’on ne pense aux marines noires de Porcellis, à la lumière claire que Simon de Vlieger ou Jan van de Cappelle épandent sur les bateaux et les plages, et, plus qu'aux mers blondes et tranquilles de Jan van Goyen ou de Willem van de Velde le jeune, aux scènes navales, grises et mouvementées, de Ludolf Backhuysen.
GEORGES RIAT
(La suite prochainement.)-