L'ANNONCIATION, PAR PISANELLO (FRAGMENT
Eglise San Fermo Maggiore, Vérone.
s'élève, et en Ombrie le Pérugin, en Toscane Lorenzo di Credi, à Bologne Francia, en Lombardie Borgognone, à Venise Giovanni Bellini, « supérieur à tous par la noblesse de ses Madones », donnent à leurs Vierges un air de dévotion plus recueilli et à la beauté ajoutent une expression de piété et de charitable tendresse. Raphaël, Léonard, Giorgione et Titien dans leurs types divers de Madones, condensent enfin et fixent l'idéal poursuivi par leurs prédécesseurs; en leurs créations M. Venturi voit l'aboutissement et comme la fleur de la germination des âges précédents.
Après avoir ainsi exposé l’évolution du type de la Vierge à travers les siècles, l’auteur, en une seconde partie, ébudie les transformalions successives, et non moins curieuses, de l'interprétation des diverses scènes de la vie de Marie, en rappelant d’abord les données historiques ou légendaires fournies aux artistes par le récit de la Bible ou les Évangiles apocryphes. |
Voici l’histoire de Joachim et d'Anne, puis la Nativité de la Vierge, racontées en détail à l’Arena de Padoue par Giotto, que suivent fidèlement Taddeo Gaddi et Giovanni da Milano, puis sous une forme plus achevée, par Ghirlandajo, dont l’œuvre unit l’onction sacrée au charme du tableau de genre, sacrifié par les peintres du siècle suivant.
La Présentation au temple revêt, dans le livre des Homélies du moine Jacques à la Bibliothèque Nationale de Paris, l’allure d’une fête pompeuse. Giotto, au contraire, la représente de facon plus simple et plus naïve, mais l'épisode regagne en solennité avec ses successeurs. Sodoma, Carpaccio, Cima da Conegliano, après eux, se montrent les précurseurs de Titien dans son immortel chef-d'œuvre de l’Académie de Venise. |
Le Mariage de la Vierge est traduit par Giotto avec une auguste sobriété, Giovanni da Milano, Taddeo Gaddi, Fra Angelico n’omettent rien des détails de la légende : le miracle de la verge et le mécontentement des prétendants éconduits. Luini se contente de composer un tableau plein de grâce, dans une donnée à laquelle Raphaël confère une forme définitive.
Des innombrables tableaux, miniatures et sculptures inspirés par l’Annonciation, les compositions de l’Angelico à Saint-Marc de Florence sont les plus touchantes; Botticelli, Lorenzo di Credi, Ghirlandajo sont plutôt dramatiques, Filippino Lippi délicat et gracieux. Dans les autres contrées ne se retrouve pas cette tendresse et cette fraîcheur d'inspiration des Toscans : Crivelli, par exemple, dans son tableau de la National Gallery, est surtout somptueux; Titien, Véronèse, le Tintoret sont trop occupés aussi de mise en scène magnifique; notons pourtant la simplicité et l'émotion de Francia, au musée Brera, et de Pisanello, dans sa charmante fresque à San Fermo Maggiore de Vérone, où la Vierge, troublée, écoute l’ange dans une attitude réfléchie si charmante.
La Visitation a surtout porté bonheur à Ghirlandajo et à Andrea della Robbia : ce dernier, dans son groupe de la cathédrale de Pistoie, en a peut-être donné la représentation la plus parfaite. |
Et voici maintenant les innombrables Nativités de l'Enfant-Dieu et Adorations des Bergers et des Rois : de la naïve image peinte au rv° siècle dans la catacombe voisine de Saint-Sébastien sur la voie Appienne, à la Nuit du Corrège, en passant par les pompeuses figurations déployées par Benozzo Gozzoli sur les murs du palais Riccardi, « rêve florentin de Noël sous la Renaissance », et les magnificences