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LES SALONS DE

les années précédentes M. Patricot s’est montré si prodigue de talent.

M. Warner partage avec M. Patricot ce double don heureux du graveur et du peintre. En outre de quatre gravures, eaux-fortes et pointes sèches originales, d’une verve qui n’est pas pour nous surprendre chez cet artiste depuis longtemps en pleine possession de son talent et paraissant pourtant toujours en progrès, M. Warner expose à la peinture une toile : Vieilles maisons de Montreuil-sur-Mer, où apparaît avec éclat la seconde face de son beau talent; d’une mise en place admirablement établie, puissamment colorée, cette œuvre est des plus remarquables.

C’est le portrait de la fleur que peint M. Quost; M. Quost est, depuis les primitifs, le seul peintre qui ait eu la compréhension de ce que doit être la peinture de fleurs. Sans doute, avant lui, on tenait la fleur en estime, en si grande estime que les peintres l’érigeaient en bouquets pompeux, parés, peignés, perruqués, drapés, sur les consoles de marbre, dans les plis lourds des velours à crépines d’or; ils lui faisaient un sort fastueux; mais ils tenaient au fond obscur des chambres cette princesse éprise de lumière. Un peintre, apprécié seulement de rares amateurs, Vincelet, il y a cinquante ans, tenta timidement de la libérer; mais ce fut M. Quost, véritable Chevalier aux fleurs, qui la délivra de sa geôle d'ombre et la restitua au soleil. M. Quost expose cette année deux toiles : Dans une serre, où le jour, légèrement atlénué par le vitrage, glisse des clairs luisants sur les courbes palmes des plantes exotiques, et Fleurs de printemps, où, éclatant, il caresse, dans la liberté du plein air enfin conquise, la fleur dont il fut si longtemps séparé. M. Quost est le premier peintre de fleurs de ce temps.

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