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L. Leroy

17 Janvier 1879

Société de biologie.

Sommeil provoqué chez une hystérique par le contact d’un aimant : M. Landouzy. — Développement des tænias : M. Mégnin. — Étude micrographique des pustules d’acné : M. Cornil. — De la différenciation dans les espèces : M. Delaunay. — Présentation d’un cerveau avèo foyer de ramollissement limité à la partie moyenne de la circonvolution frontalé asoendante : M. Gauchê. — Du maté : M. Couty.

M. Landouzy expose le fait suivant : Une jeune fille hystérique (service de M. le professeur Hardy, à la Charité), tourmentée par les douleurs du clou hystérique et rebelle à l’action narcotique de la morphine, est chaque jour endormie et anesthésiée en quelques secondes par l’application d’un simple aimant sur l’avant-bras. Le sommeil persiste pendant la durée du contact de l’aimant, et cesse quelques secondes après que celui-ci est éloigné. Âu’réveil la malade n’éprouve pas d’autre sensation que celle des piqûres qui ont été faites pendant l’expérience pour vérifier l’insensibilité, et qui à ce moment n’étaient pas senties.

A des observations de MM. Berthelot et Galippe, M. Landouzy répond que la sensibilité des organes génitaux n’a pas été explorée, que l’on n’a pas cherché à provoquer le sommeil à l’aide d’un morceau de fer doux, aimanté d’une façon intermittente par un courant électrique, pour vérifier si l’anesthésie n’est point simulée, se montre exactement dans les moments où le fer est aimanté et disparaît quand on interrompt le courant. Mais toutes les précautions ont été prises pour éviter une supercherie.

MM. Bourneville, Regnard et Bert rappellent à ce sujet les critiques mal fondées que les médecins anglais, et en particulier Carpenter, ont adressées aux expériences récentes de la Salpêtrière. Les aimants vrais et les faux aimants ont été employés tour à tour, et malgré l’identité d’aspect des appareils employés, les phénomènes du transfert de l’anesthésie n’ont pu être obtenus par l’application des faux aimants.

— M. Mégnin expose des vues nouvelles sur le développement des tænias. Le même ver pourrait suivre toutes les phases de ses transformations chez le même animal, sans être obligé, comme on l’a cru longtemps, de passer successivement du corps d’un herbivore dans celui d’un carnassier. En second lieu les mêmes vers vésiculaires pourraient, suivant l’animal qu’ils habitent, donner lieu au développement ultérieur de vers rubanés différents. Ces deux propositions résultent de l’examen des pièces anatomiques de deux chevaux, chez lesquels M. Mégnin a trouvé des poches d’échinocoques ouvertes dans l’intestin et contenant des crochets très-reconnaissables à côté d’une multitude de petits tænias inermes dans un cas, ou de longs tænias adultes dans l’autre.

; — M. Cornil décrit les principales variétés de pustules d’acné qu’il a étudiées au microscope. A un premier degré, on trouve simplement du pus dans la cavité du follicule pileux malade dont les parois sont intactes. A un degré plus avancé, la cavité est dilatée et, autour du goulot à travers lequel émerge le poil, on trouve une accumulation de petites cellules rondes. Ce n’est encore que de Y acné pilaris simplex. Dans Yacné indurata, plusieurs follicules pileux sont englobés dans une même petite tumeur, et l’inflammation se propage au tissu cellulaire sous-jacent et surtout à la partie du derme comprise entre les follicules intéressés. Le réseau papillaire est congestionné, il se fait parfois quelques ruptures vasculaires entre le derme et le réseau de Malpighi. Dans les cas où les pustules deviennent très-grosses et forment de vrais kystes purulents, ce réseau augmenté d’épaisseur tapisse très-régulièrement la face externe de leurs parois, entouré lui-même de papilles dermiques hypertrophiées.

— M. Delaunay a étudié la différenciation des individus

d’une même espèce, suivant les races, les sexes, l’âge, la constitution. Il conclut que les différences sont d’autant plus marquées que l’évolution est plus complète. La civilisation, le sexe masculin, l’âge adulte sont les conditions où les individus arrivent à réaliser entre eux le plus de différences. L’état sauvage, le sexe féminin, l’enfance ou la vieillesse sont autant de circonstances qui amènent les individus à se ressembler entre eux.

— M. Gauché présente le cerveau d’un sujet atteint pendant sa vie de monoplégie brachiale gauche avec hémiplégie faciale incomplète du même côté. Il existe un foyer de ramollissement rouge sur la moitié postérieure de la circonvolution frontale droite ascendante, à sa partie moyenne, avec intégrité du tiers supérieur et du tiers inférieur.

— M. Couty, répondant à une récente communication de M. Jobert, présente à la Société des échantillons des diverses formes de maté qu’il a utilisées dans ses expériences : 1° maté du Brésil grossièrement préparé, mélange de feuilles et de rameaux torréfiés, puis concassés, qui lui a été fourni en grande quantité par M. l’ambassadeur du Brésil; 2" matés du Paraguay provenant d’une mission de M. Barbier, ingénieur civil, ou directement de l’Exposition universelle, et que M. Couty a reçus de M. le général Morin, sous plusieurs formes, soit en larges feuilles, entières, non torréfiées, soit en paquets étiquetés, cachetés, contenant ces mêmes feuilles concassées, torréfiées et prêles à être utilisées par des consommateurs plus riches et plus raffinés, etc.

Les substances employées dans les expériences faites au laboratoire de pathologie expérimentale présentent donc toutes les garanties désirables d’authenticité et de bonne préparation, surtout si on ajoute qu’elles ont été envoyées en France dans le but précis de servir à des analyses et à des essais.

Le maté du Brésil a servi aux expériences sur les chiens ; et M. Couty a employé les matés du Paraguay dans une série ' de recherches faites sur lui-même : or, dans tous les cas, les effets produits et surtout les plus immédiats sur la vessie et les intestins ont été les mêmes : nouvelle preuve de la bonne qualité de tous ces produits.

Ajoutons enfin que les troubles étudiés dans leur ensemble après l’ingestion du maté, par M. Couty, sont les mêmes exactement que ceux qu’avaient constatés isolément divers médecins cliniciens ou hygiénistes, et il est impossible d’attribuer aucun de ces effets à l’intervention d’une substance toxique surajoutée.

En présence de cette série de preuves, M. Couty a cru inutile de se livrer à un examen histologique direct de la plante, surtout n’en connaissant pas exactement tous les caractères distinctifs.

Il ajoute, du reste, qu’il croit devoir opposer aux autres affirmations de M. Jobert les réserves les plus formelles : le maté n’agit pas seulement par sa matéine, la matéine n’est pas l’analogue physiologique de la caféine; et ces différents points, déjà indiqués du reste par M. Gubler et d’autres auteurs, M. Couty se réserve de les établir plus complètement dans de nouvelles expériences.

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