L. Leroy
Société de biologie.
Corréspondance. — Sécrétion de la sueur au niveau de la pulpe digitale des chiens et des chats : M. Vulpian. — Ethers mono-atomiques et diatomiques : M. Rahuteau. — Reproduction du cristallin et de l'humeur vitrée chez les animaux jeunes : M. PhiUppeaux. — Système circulatoire des moUusques et des céphalopodes : M. Cadiat. — Action du salicylate de soude sur le système circulatoire : M. Oltramare. — Mouvements spontanés et provoqués de certains végétaux : M. P. Bert. — Présentation de pièces.
Après la lecture du procès-verbal par M. Budin, M. Laborde dépose sur le bureau, au nom de leurs auteurs, qui en font hommage à la Société, une brochure de M. Delaunay, et la thèse de M. Ch. Avezou. Ce dernier ouvrage a pour titre : De quelques phénomènes consécutifs aux contusions des
13 Juin 1879
troncs nerveux du bras. C’est une excellente étude clinique des accidents éloignés, autres que la paralysie,- qui peuvent accompagner les lésions nerveuses, à laquelle l’auteur ajoint d’intéressantes considérations sur la distribution des nerfs collatéraux des doigts.
— M. Bochefontaine, au nom de M. Vulpian, présente quelques considérations sur la sécrétion de la sueur au niveau de la pulpe digitale des chiens et des chats. Quand on coupe un sciatique et que l’on excite le bout périphérique, la sudation se produit dans la patte correspondante; si l’on excite le bout central, la sécrétion s’accroît dans les trois autres membres. Cette sécrétion est toujours alcaline.
M. Bochefontaine fait remarquer en outre qu’il a souvent cherché, sans succès, à provoquer la sudation chez des chiens et des chats, à l’état jeune et adulte, surtout au niveau des pattes : Le jaborandi, le nitrate de pilocarpine ont produit leurs effets habituels, sauf la sudation. Ne serait-ce pas là un effet de la pression constante des pattes sur le sol ?
M. Mathias Duval demande à M. Bochefontaine s’il a étudié les glandes sudoripares de la patte du chien et du chat. Pour lui, ces glandes sont toujours très-petites, comme si elles étaient en voie de développement. C’est peut-être là ce qui explique l’absence de la sudation.
— M. Rabuteau présente des considérations d’ordre chimique sur les éthers mono-atomiques et diatomiques.
— M. Gréhant, au nom de M. Philippeaux, présente un oeil de cochon d’Inde qui, après avoir été complètement vidé, il y a six mois, offre aujourd’hui le même volume que l’œil du côté sain. D’où M. Philippeaux conclut que le cristallin et l’humeur vitrée peuvent se reproduire chez les animaux jeunes; et en considérant que le cochon d’Inde, après le retour du volume normal de son œil mutilé, avait repris ses habitudes, allait et venait comme si de rien n’était, il conclut que la fonction est rétablie.
M. Bert fait remarquer que ce retour de la fonction pourrait bien n’être pas aussi réel qu’on le dit, et exprime le désir de pouvoir examiner l’œil présenté pour savoir si le cristallin et l’humeur vitrée sont réellement régénérés.
— - M. Cadiat communique le résultat de recherches qu’il a faites récemment sur le système circulatoire des mollusques et des céphalopodes, et montre à l’appui de sa description les dessins de ses préparations. Pour lui, le système lacunaire auquel on a fait jouer un rôle dans l’appareil sanguin de ces animaux n’existe pas. Il n’y a pas de lacunes, car on retrouve partout les cellules endothéliales régulièrement continues; c’est surtout aux injections de nitrate d’argent que M. Cadiat doit la constatation de cette disposition. Ce qui en a imposé pour des lacunes, c’est une série de petites dilatations sur le trajet des capillaires. Mais ces dilatations sont partout construites de la même façon que les capillaires. Il y a donc des capillaires plus ou moins tortueux et dilatés, plus ou moins déformés, mais il n’y a pas de lacunes.
M. Cadiat rapporte, en outre, quelques observations qu’il a faites sur la contractilité des vaisseaux de la seiche, et qui paraissent favorables à la théorie du péristaltisme qu’avait invoquée Ch. Legros.
— M. Oltramare rapporte des expériences faites dans le laboratoire de M. le professeur Chauveau à Lyon, sur l’action du salicylate de soude sur le système circulatoire. Il indique qu’il a constamment noté d’abord une excitation initiale du cœur, puis au bout d’un certain temps la dépression artérielle. Ces résultats ne sont pas sensiblement modifiés par la section préalable des pneumogastriques. Cette communication est suivie d’une discussion à laquelle prennent part MM. Bochefontaine et Laborde. Ce dernier fait observer que l’action des salicylates sur la sensibilité a été complètement passée sous silence.
— M. Paul Bert expose de nouvelles recherches qu’il vient de faire sur les mouvements spontanés et provoqués de certains végétaux, tels que la sensitive, à l’occasion de critiques dont il vient d’être l’objet de la part de M. Syragusa. M. Bert maintient le résultat de ses premières études, et fait remarquer que les résultats contradictoires de M. Syragusa sont dus tout simplement à ce que ce dernier opérait sur des fleurs (des soucis) qui mouraient au bout du premier jour, après avoir exécuté seulement un mouvement; par conséquent la paralysie dont elles sont frappées est imputable, non à l’action de l’anesthésique (éther), mais à la mort. Il est facile de constater la mort des fleurs, au moyen de certaines altérations qui se produisent au niveau des tiges et des ligula.
M. Bert expose quelques recherches sur l’action du grisou comme anesthésique. Cette action, à laquelle quelques personnes ont cru, est nulle.
Le même auteur parle encore des résultats actuels obtenus au moyen du protoxyde d’azote, comme anesthésique chirurgical. Il insiste sur la brusquerie du début du sommeil, et sur le réveil immédiat dès que l’appareil inhalateur est enlevé.
— M. Variot présente le cerveau et une partie du crâne d’un sujet qui a succombé dans le service de M. le professeur Gosselin, deux jours et demi après s’être tiré un coup de revolver dans l’oreille droite. La balle avait détruit une portion de la face antéro-supérieure du rocher, où elle était restée logée ; la dure-mère était déchirée en ce point, et des esquilles projetées par la balle étaient venues se loger à la face inférieure du lobe sphéroïdal du cerveau, en la réduisant en bouillie ; cet état de trituration remontait environ jusqu’au plancher du ventricule latéral. Le malade n’a pas eu de paralysie, ni à la face, ni aux membres. Il est mort brusquement suffoqué, probablement par compression du cerveau, par un épanchement sanguin de la base au voisinage de la lésion. Une demi-heure avant la mort, la pupille droite s’était dilatée.