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X. Arnozan

REVUE DES JOURNAUX

Dca fièvres paludéennes du bas Danube,

par M. K. Dehio.

Les endémies des pays riverains du bas Danube sont peu connues, mieux toutefois que ne paraît le croire l’auteur, qui ne cite que les médecins militaires russes des armées expéditionnaires de 1838 et 1852. Or ces derniers sont un peu sujets à caution, n’ayant vu le pays qu’en courant : témoin C. Witt dont on connaît la funeste erreur; il confondait la peste à bubons avec les fièvres du pays. L’auteur trouvera dans Hirsch les noms de ceux qui se sont occupés de ce sujet spécial jusqu’en 1856, et dans Canstatt les écrivains plus modernes et plus importants ayant observé à Bucharest même. Quoi qu’il en soit, le travail assez étendu de Dehio ne manque pas d’intérêt. A un point de vue général, on peut dire que peu de questions ont été aussi obscurcies par les écrivains de cabinet que celle de la fièvre dacique ou moldovalachique ; tous acceptant le fond paludéen de l’affection, mais le combinant, soit avec le typhus des armées ou la fièvre typhoïde, soit avec la peste ou d’autres maladies infectieuses. Or les observations de Dehio démontrent jusqu’à l’évidence qu’il ne s’agit dans tous les cas que de fièvres paludéennes. Les observateurs de l’Algérie reconnaîtraient dans ces cas le type un peu effacé de l’endémie africaine, avec une légère prédominance des phénomènes intestinaux, mais l’idée ne leur viendrait pas, certainement, de considérer l’affection comme une entité morbide nouvelle. Fièvres intermittentes des divers types, fièvres rémittentes, fièvres pernicieuses comitées ou solitaires, toutes ces formes se retrouvent dans la description de l’auteur avec leur marche et leurs

13 Juin 1879

symptômes classiques, et avec l’indication des températures prises plusieurs fois pendant la journée. Plusieurs observations sont consacrées à la fièvre solitaire automnale dont on connaît l’extraordinaire ressemblance avec la fièvre typhoïde. Dehio a constaté cette similitude ainsi que l’insuccès de la quinine. Il me paraît aller un peu loin en croyant que le diagnostic est possible au moyeu du thermomètre; que ne l’a-t-il fait alors qu’il restait embarrassé et perplexe pendant des semaines entières devant ses malades? En théorie, ce diagnostic paraît facile : il n’en est pas de même en pratique, tous ceux qui ont vu ces fièvres peuvent l’affirmer.

Après avoir ainsi éclairé l’histoire de la fièvre dacique par des observations exactes et de nombreuses courbes de températures, l’auteur signale les complications qui peuvent survenir dans le cours de la maladie et étudie la marche de la cachexie consécutive. Pour ce qui concerne les complications, il n’y en a pas qui n’aient été signalées par les pyrétologistes. L’observation Y est même un exemple de faits qui deviennent de plus en plus rares : fièvre comitée (comateuse) sans élévation de la température. On comprend que l’esprit ne doive admettre ces faits que sous une foule de réserves, l’observation dont il s’agit ne nous paraît pas suffisante pour entraîner la conviction.

La cachexie paludéenne cause beaucoup de décès, en Bulgarie comme partout. Il est assez extraordinaire de voir des cachexies aussi graves dans ce pays tempéré, on s’explique cependant cette gravité par la fréquence de la dyssenterie. Cette dernière affection compliquerait fréquemment l’intoxication paludéenne aiguë, plus fréquemment encore l’intoxication chronique. C’est à tel point que l’on se demande si l’auteur n’a pas confondu, comme tant de ses prédécesseurs, la cachexie dyssentérique avec la cachexie palustre. Quoique ces deux maladies aient beaucoup de tendance à se réunir, il est rare cependant que l’on rencontre des nécroses du colon et des ulcérations folliculaires dans les cas d’anémie tellurique bien nette. Il résulterait en tout cas de ces considérations que si l’endémie du bas Danube méritait un nom distinct, ce ne serait pas à cause d’une gravité spéciale de ses fièvres, car on peut les considérer comme intermédiaires entre celles des pays chauds et celles des pays tempérés. Ce serait plutôt à cause d’un mélange, d’une fusion plus intime entre la malaria et la dyssenterie, fusion déterminant un aspect symptomatique spécial et peut-être aussi une gravité particulière. ( Deutscli . Arclnv fur klin. Med., t. XXII, p. 550.)

A propos d’an symptôme nouveau de perforation intestinale, par M. P. LewITZKY.

Traube avait indiqué un bon signe de perforation intestinale avec pénétration de gaz dans la cavité péritonéale : la disparition complète de la matité hépatique dans la ligne médiane et parasternale et son remplacement par un son tympanique (dans le décubitus dorsal). En 1869, le docteur Tschudnowsky indiqua un deuxième symptôme de la même lésion, apparition d’un souffle amphorique dans l’hypochondre droit, le poumon de ce côté étant intact. Cet auteur avait rejeté la possibilité d’une simple transmission des bruits pulmonaires et expliquait la production du souffle par le vaet-vient des gaz de l’intestin dans le péritoine à travers une ouverture étroite.

Lewitzky ne nie pas la possibilité de ce mode de formation du souffle, mais il pense qu’il n'existe pas dans tous les cas ; bien plus, le souffle amphorique dont il s’agit peut exister en dehors de la perforation intestinale. Cette dernière proposition s’appuie sur deux observations de fièvre typhoïde où l’autopsie démontra l’intégrité parfaite du revêtement séreux de l’intestin, quoique pendant la vie on ait perçu très-nettement le bruit amphorique. Dans un autre cas, la perforation existait ainsi que le souffle, mais la fente qui avait donné

passage aux gaz était linéaire, presque imperceptible, de sorte que l’on ne pouvait songer à un reflux facile du péritoine dans le tube intestinal.

Il est probable que ce phénomène curieux d’auscultation est dû à la transmission des bruits de la base du poumon à une masse d’air faisant fonction de résonnateur. Dans aucun cas l’on n’avait trouvé les poumons intacts à l’autopsie ; le parenchyme induré, infiltré, devait être le siège d’un souffle bronchique ; la simple compression du poumon par les gaz abdominaux peut d’ailleurs produire une condensation suffisante pour qu’un souffle prenne naissance. Pour démontrer que ce souffle peut effectivement se propager du côté de l’intestin, Lewitzky fait l’expérience suivante. Il instille quelques gouttes diacide acétique dilué dans les poumons d’un lapin trachéotomisé. Après quelque temps on perçoit des râles à fines bulles dans les deux côtés de la poitrine, rien dans l’abdomen. On injecte alors dans le péritoine de l’animal une quantité déterminée d’air. La matité du foie disparaît, est remplacée par du tympanisme et dans tout l’abdomen on entend une quantité de râles fins, clairs, à timbre amphorique. On conçoit très-bien que dans certaines .circonstances le même résultat soit produit lorsque l’intestin tympanisé remonte très-haut : il n’est pas nécessaire pour que la masse gazeuse soit mise en vibration qu’elle soit libre dans la cavité du péritoine.

D’après cela, le symptôme de Traube aurait une valeur bien supérieure à celui de Tschudnowsky. Il est à remarquer cependant que ce dernier est bien plus évident dans les cas où la perforation existe, de sorte que l’on ne peut pas entièrement le rejeter. ( Berl . klin. Wocn., 1878, nos 45 et 46.)

Recherches sur la ligature de l’aorte abdominale,

par M. II. Maas (de Fribourg).

Les expériences de Stenson ont montré que la ligature de l’aorte abdominale empêche l’arrivée du sang artériel auxextrémités postérieures, à la vessie, etc. L’irritabilité nerveuse s'éteint dans ces parties aussitôt après l’opération, et la paralysie complète est due selon Schiffer à l’anémie de la portion inférieure de la moelle épinière. D’autres expérimentateurs n’ont pas trouvé une paralysie aussi constante à la suite des ligatures de l’aorte abdominale.

Contre la possibilité de l’opération on a non-seulement invoqué ces résultats de Stenson, mais encore le danger qui pourrait résulter de l’énorme pression développée dans le torrent circulatoire par la suppression d’un district artériel aussi considérable (hémorrhagies cérébrales, pulmonaires, etc.).

Malgré cela la ligature de l’aorte abdominale a été pratiquée neuf fois, tantôt pour des anévrysmes, tanlôt pour des hémorrhagies. Quoique les neuf cas aient été suivis de mort au bout d’un temps plus ou moins considérable, on en peut conclure cependant que l’opération n’est pas mortelle par elle-même et que les expériences de Stenson ne sont pas applicables à l’homme. En effet, les expériences de Maas démontrent qu’elles ne s’appliquent qu’au lapin; chez le chien et le chat, c’est à peine si l’on observe de la paralysie; en tout cas, elle est très-transitoire, cela tient au peu de développement des parois abdominales du premier animal ; chez les autres, et probablement chez l’homme, il s’établit une circulation collatérale très-active par l’artère mammaire interne avec l’artère épigastrique, les dernières artères lombaires et la circonflexe iliaque ; d’où il résulte que les parties situées au-dessous de la ligature ne peuvent pas, même transitoirement, être anémiées d’une manière dangereuse.

Le procédé éventuellement recommandé par l’auteur est l’incision lombaire des dernières côtes jusqu’à la crête iliaque, au bord antérieur du muscle carré des lombes. ( Centralbl . fur Chir., 1878, n° 46.)

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Travaux à consulter.

Abcès péritonéal entre le foie, le diaphragme et l’estomac,

OUVERT A TRAVERS LE DIAPHRAGME DANS LE POUMON. MORT PAR gangrène pulmonaire, par M. le docteur Bernheim. — L’affection a débuté subitement chez un homme jeune, vigoureusement constitué, par des douleurs épigastriques, un frisson, un peu de lièvre et quelques vomissements qui, du reste, ne se sont pas renouvelés. Au bout de huit jours, tous les symptômes généraux ont disparu; douleurs vives, spontanées et provoquées à la région épigastrique, avec maximum dans l’hypochondre gauche et irradiation vers l’épaule gauche. Comme le foie est un peu volumineux et douloureux à la percussion, quoique les urines ne fussent plus bilieuses, on conclut à l’existence d’une colique hépatique, chez un tuberculeux, vu la concomitance de signes morbides à l'auscultation.

La fièvre reparut avec des caractères d’irrégularité qui firent penser à l’existence d’un foyer purulent. En effet, quinze jours après le début des accidents, le malade est pris d’une vomique et rejette environ 200 grammes d’un pus sanguinolent. L’oppression devint très-grande, le pus fétide, et, vingt jours après le début, le malade succombait. La poche, située entre le foie, le diaphragme et l’estomac, mesure 18 centimètres transversalement, et 5 1/2 d’avant en arrière ; elle est en partie vidée et contient de l’air. La fistule diaphragmatique, de forme à peu près circulaire, mesure 3 centimètres de diamètre; elle est a gauche, à peu près sur le même plan, mais cependant un peu plus en avant de l’orifice œsophagien.

A la base du poumon gauche, vaste foyer mortifié; le sphacèle a envahi le tissu cellulaire du médiastin. Les organes abdominaux

3ui entourent le foyer sont sains; il y a symphyse de la plèvre iaphragmalique gauche sans épanchement.

Quelle peut être la cause de cet insolite abcès? M. Bernheim se demande s’il n’y a pas eu un corps étranger évacué ultérieurement par le poumon. 11 est permis de regretter que la tuberculose qui avait été diagnostiquée pendant la vie n’ait pas été, à l’autopsie, l’objet de recherches plus attentives. Quel était l’état du rachis lombaire, par exemple? C’est là un desideratum, mais on conviendra qu’il est de la plus grande importance. ( Revue médicale de l’Est, 1878, 15 décembre, t. X, n“ 12, p. 353.)

Occlusion du vagin par la membrane hymen chez une femme

EN TRAVAIL ; INCISION DE CETTE MEMBRANE ET TERMINAISON SPON¬ TANÉE de l’accouchement, par M. le docteur Gueniot. — Il s’agit d'une femme de vingt-huit ans, mariée depuis six ans. Le travail avait été régulier dans toute sa première partie ; les contractions étaient énergiques, mais sans résultats : le vagin était complètement fermé par un diaphragme constitué par l’hymen hypertrophié, sans ouverture apparente; cependant, pendant les contractions, on constatait l’existence d’un petit pertuis, près du bord supéro-antérieur. On fit une large incision, et l’accouchement se termina rapidement et bien. Les règles, chez cette femme, s’étaient établies avec une certaine difficulté vers quinze ans; depuis, elles avaient toujours été régulières. Elle n’avait pu être fécondée que grâce à un véritable hasard. ( Archives de tocologie, décembre 1878, page 716.)

BIBLIOGRAPHIE

Index bibliographique.

Étude expérimentale sur l’introduction forcée et sur l’entrée SPONTANÉE DE l’AIR DANS LES VEINES, par M. A. MaGUIN. — Expériences comparatives sur la décompression brusque et sur l’injection d’air dans les artères, par M. A. Febvré. — Nancy, 1879. Berger-Levrault.

Ces deux thèses, inspirées par le professeur Feltz (de Nancy), montrent bien ce que pourrait valoir l’enseignement scientifique de nos Facultés de province si l’on s’efforçait, avec plus de zèle, de faciliter, dans les laboratoires de physiologie ou d’anatomie pathologiques, les recherches personnelles des élèves désireux de s’instruire. Les sujets de ces deux travaux ont été traités par le professeur d’anatomie pathologique de la Faculté de Nancy dans diverses communications faites à l’Académie des sciences ; mais les expériences dont ils rendent compté sont personnelles à leurs

auteurs. Il faut donc les louer tout à la fois du soin qu’ils ont pris d’établir, dans un historique très-soigné, la part qu’ont prise leurs devanciers à des recherches toujours difficiles à interpréter, et de l’attention qu’ils ont apportée a leurs propres expériences.

M. Maguin s’est efforcé de démontrer que l’air introduit dans les veines peut, suivant certaines conditions, rester absolument inoffensif ou amener rapidement la mort. Et il croit pouvoir affirmer cette conclusion que l’on peut injecter impunément, à une faible tension, une quantité d’air très-considérable dans les veines. Pourvu que la pression soit inférieure à une colonne d’eau de 30 centimètres de hauteur, l’air poussé dans les veines n’occasionhe jamais, dit-il, d’accidents mortels. La mort ne survient que dans les cas où l’air injecté se trouve à une tension faisant équilibre à la puissance contractile du cœur droit, qui est environ de 35 centimètres. 11 résulte de toutes les expériences et de toutes les observations de l’auteur que l’on ne doit plus croire à la mort subite provoquée, dans le cours des opérations chirurgicales, par l’entrée spontanée de l’air dans les veines.

> M. A. Febvré a complété cette étude en cherchant à préciser le rôle de l’air injecté dans les artères et à comparer les accidents observés dans ce cas aux accidents de la décompression brusque. Après avoir examiné, dans un aperçu théorique, les opinions émises au sujet de l’étiologie des accidents dus à la décompression et recherche si, lors de la décompression, des bulles gazeuses prennent naissance dans le système sanguin, il s’efforce de montrer les effets produits par la présence des gaz dans le sang, et de prouver que les troubles et les lésions qui caractérisent la décompression brusque tiennent à des embolies gazeuses artérielles.

L’auteur termine par les conclusions suivantes : 1° Dans la décompression brusque, il y a développement de bulles gazeuses et dans le système artériel et dans le système veineux. 2° Il est impossible d’attribuer les accidents principaux de la décompression a la présence de bulles gazeuses dans les veines. 3° La cause des désordres qui éclatent lors de la décompression brusque doit être rapportée aux lésions déterminées par les bulles gazeuses arrêtées dans les artérioles et les systèmes capillaires.

On ne. saurait trop encourager les travaux de ce genre. Ils montrent à la fois et le zèle du maître qui les a inspirés et les utiles résultats qu’il a obtenus et le mérite de ses élèves.

Traité de l’art de formuler, par M. P. Yvon. — Paris, 1879.

Asselin et O.

Ce livre n’est ni un formulaire, c’est-à-dire un recueil de formules toutes faites, ni un traité de thérapeutique. Il a pour but d’indiquer les procédés à l’aide desquels on peut arriver à établir une formule ou à la modifier suivant les nécessités de la pratique. 11 comprend quatre parties : une partie chimique, une partie botanique, une païtie pharmaceutique, enfin une partie que l’on pourrait appeler posologique. Elle traite spécialement de l’art de formuler, tout en indiquant les moyens nécessaires pour recueillir, conserver ou préparer les médicaments. Ce traite, petit par son format, est très-riche de faits et d’observations ; il sera très-utile aux médecins comme aux pharmaciens. Son analyse est difficile et sa lecture un peu laborieuse; mais son intérêt est considérable et son mérite incontestable.

Le M’Boundou du Gabon, étude de physiologie expérimentale, par

M. le docteur L. Testut, 1 vol. in-8° de 35 pages. — G. Masson,

Paris, 1879.

C’est dansla région du Gabon, sur les rives du cours inférieur des deux fleuves Congo et Ogowaï, principalement dans les lieux bas et humides, qu’on trouve l'arbuste désigné sous le nom de M’Boundou ou Jcaja Akasga. Les naturalistes n’ont pu jusqu’ici étudier les organes sexuels de cette plante, aussi y a-t-il entre eux des divergences pour déterminer la famille à laquelle il appartient; ainsi pour les uns c’est une apocynée (Pécholier, Saint-Pierre); les autres en font une mélastomaciée (Touchard). Enfin, d’après une troisième opinion, on aurait affaire à une loganiacée (du Bellay, Griffon, John Torrey). Quoi qu’il en soit, c’est un arbuste dont la hauteur ne dépasse jamais 3 mètres; la circonférence mesurée au collet atteint 2 à 3 centimètres. La tige est droite, les feuilles à trois nervures longitudinales se réunissant près de la pointe. La racine est rougeâtre, noueuse, pivotante, c’est la partie de la plante qui renferme le plus de principe actif, celle qu’on emploie au Gabon, celle qu’a étudiée M. L. Testut. Au Gabon cest une, plante

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d’épreuve dont les sorciers se servent pour le jugement de Dieu.

Le M'Boundou a été étudié pour la première fois par Pécholier et Saint-Pierre (1867). Depuis nous devons signaler les travaux de Peyri et Rabuteau, Fraser, Vulpian, Carville, Hardy, Bochefontaine.

M. Testut s’est servi pour ses recherches d’une teinture faite avec 1 0 grammes d’ccorce de racine sèche et 1 00 grammes d’alcool . L’auteur rapporte in extenso 14 expériences choisies au milieu d’un grand nombre dont les résultats étaient de tout point identiques.

Les effets physiologiques varient beaucoup suivant la dose employée : à dose légère, le M’Boundou produit toujours des convulsions, indice d’excitabilité réflexe exagérée. Avec des doses fortes, l’animal est comme sidéré, la respiration s’arrête et la grenouille passe à l’état de masse inerte, la mort survient sans convulsions et sans excitabilité. Cependant le cœur continue de battre avec une grande régularité. Ainsi avec de fortes doses (1 gramme de teinture), état de masse inerte, d’abord continuation des battements du cœur, puis arrêt de cet organe et mort. Avec des doses plus faibles (30 à 40 centigrammes de teinture), exagération de l’excitabilité, véritable accès de tétanos, mais persistance des battements cardiaques et retour à la santé le lendemain. Y aurait-il là deux alcaloïdes, l’un convulsivant, l’autre stupéfiant, ce dernier dans le cas de fortes doses tuant la grenouille avant que les effets d’excitation aient eu le temps de se produire, et au contraire, dans le cas de doses faibles ne se manifestant que par la faiblesse qui suit les secousses tétaniques ? Une grenouille plongée dans l’eau, probablement parce qu’elle élimine moins facilement, meurt avec des doses qui n’auraient pas amené la mort chez un sujet laissé à l’air libre.

L’auteur consacre ensuite tout un chapitre à la description minutieuse des convulsions produites par le M’Boundou. Ces secousses sont tantôt localisées à quelques muscles, tantôt généralisées. Quand elles sont localisées, c’est presque toujours dans les membres postérieurs. Si on inscrit ces secousses aumyographe, quelle que soit leur origine, spontanée ou provoquée par des excitations mécaniques ou des courants électriques, on constate que le M’Boundou est bien une substance tétanisante. Les figures que donne M. Testut montrent bien toutes les variations qu’on obtient, depuis l’exagération de l’excitabilité de la moelle, puis le tétanos, jusqu’à l’épuisement complet de la contractilité musculaire et de l’excitabilité réflexe des centres nerveux. Toutes les expériences précédentes ont été faites sur des grenouilles, il est cependant trois pointé que nous pouvons considérer comme établis et qui sont confirmés par des expériences sur les animaux supérieurs. Les muscles examinés après la mort ne sont jamais rigides. Le cœur s’arrête en systole ventriculaire, les oreillettes sont distendues et d’une coloration rouge. Tous les viscères abdominaux montrent les taches d’une congestion, les vaissefux des parois de l’estomac sont gorgés de sang; ce sont les mêmes signes de congestion qu’on observe à la suite de l’empoisonnement par la strychnine et par le principe actif de l’agaric bulbeux.

Comment s’enchaînent les symptômes mortels dans l’intoxicationipar le M'Boundou? On constate d’abord que les mouvements d’ampliation et de resserrement du thorax augmentent de nombre et d’etendue ; puis ils deviennent irréguliers, s’arrêtent un instant pour reparaître et disparaître enfin d’une façon définitive. La mort, en conséquence, peut se rattacher à une asphyxie par arrêt respiratoire, à la suppression de l’hématose pulmonaire (on sait en effet qu’on n’observe pas de troubles du cœur, si ce n’est dans quelques cas rares et à la fin des accidents, et alors toujours secondaires).

Mais pour les animaux qui ne succombent pas à cette première période, la mort survient par épuisement nerveux ; ou bien encore, dit M. Testut, ne serait-ce pas un deuxième alcaloïde qui agirait alors plus tardivement, ou qui s’éliminerait plus lentement? En somme, le travail de M. Testut est très-intéressant; il laisse, il est vrai, bien des lacunes, niais il nous est un point de départ qui sera certainement continué.

Le climat de Menton et son influence sûr la phthisie pulmo- : N aire, par M. le docteur Jacques-François Farina, ln-8 dé 130 pages, avec une carte. — Paris, 1879. J.-B. Baillière et fils.

L’auteur arrive à cette conclusion, que le climat de Menton est des meilleurs pour les malades qui ont une phthisie à forme torÿide, même quand la maladie est déjà arrivée à une période

avancée. La forme caséeuse, limitée, est celle qui guérit le plus facilement à Menton. Enfin, et en cela il nous semble insister avec raison, on ne peut qu’obtenir des résultats médiocres par un séjour d’un seul hiver; il faut que les malades, après avoir quitté Menton pendant deux ou trois mois d’été au plus, y reviennent bien avant l’hiver; si, en effet, on a une amélioration par un premier séjour, on pourra espérer une guérison après des séjours prolongés et répétés.

VARIÉTÉS

Faculté de médecine de Paris. Chaire de thérapeutique.

— La Facilité vient de se réunir pour dresser la liste de présentation à la chaire de thérapeutique. Ont été élus :

En première ligne : M. Iiayem, par 18 voix contre 12 données à M. Constantin Paul.

En deuxième ligne : M. Constantin Paul.

En troisième ligne : M. Damaschino.

Académie de médecine. — Le concours pour deux places de stagiaire aux eaux minérales (concours Vulfranc-Gerdy) aura , lieu en novembre 1879. Les candidats nommés entreront en fonctions le Ier mai 1880. Le concours comprend deux épreuves publiques: 1° une épreuve écrite sur un sujet de physiologie et de pathologie; 2" une épreuve orale de vingt minutes, après vingt minutes de réflexion, sur un sujet de chimie et de physique appliquées aux questions hydrologiques.

Concours pour deux places de chirurgien du Bureau central.

— Les candidats déclarés admissibles sont les suivants : MM. Reclus, Bourdon, Campeiion, Felizet, Henriet, Richelot, Yaltat (ces quatre derniers avec égalité de points) et Schwartz.

Concours du Bureau central. — Viennent d’être nommés, après concours, médecins du Bureau central des hôpitaux de Paris, MM. Landouzy, Rathery et Hutihel.

État sanitaire de la ville de Paris :

Du 29 mai au 5 juin 1879, on a constaté 996 décès, savoir :

Fièvre typhoïde, 6. — Rougeole, 26. — Scarlatine, 2. Variole, 21. — Croup, 23. — Angine couenneuse, 20. — Bronchite, 51. — Pneumonie, 82. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 11. — Choléra nostras, 0. — Dÿssenlerie, 1. — Affections puerpérales, 3. — Erysipèle, 13. — Autres affections aiguës* 245. — Affections chroniques, 426 (dont 178 dus à la phthisie pulmonaire). — Affections chirurgicales, 39. — Causes accidentelles, 27.

SOMMAIRE. — Paris. Académie do médecine : Rapport sur la coopération des

TIQUE. Le curare. — Travaux originaux. Thérapeutique : Recherches sur le traitement des maladies des voies aériennes par les inhalations de vapeurs médicamenteuses.— Sociétés savantes. Académie des sciences. — Académie do médecine. — Société de chirurgie. — Société do biologie. — Revue des journaux. Des fièvres paludéennes du bas Danube. — A propos d’un symptôme nouveau do perforation intestinale. — Recherches sur la ligature do l’aorte abdominale. — Travaux à consulter. — Bibliographie. Index bibliographique. — Variétés. — Feuilleton. AmbroisoParé (1510-1590).

G. Masson, Propriétaire-Gérant.

OUVRAGES DÉPOSÉS AU BUREAU DU JOURNAL

Élude statistique et clinique du service hydrothérapique de l’ hôpital Saint-André de Bordeaux, précédée de liéçhèréhes nouvelles sur l'action de la chaleur et du froid sur l'organisme, par le docteur E. Delmas Saint-Hilaire. 1 vol. in-8 do 210 pages, avec 115 figures de tracés spliygmographiquos. Paris, 0. Doin. 5 fr.

Étude de la région, périnéale de l'homme, par le docteur P. de Chacon. Gr. in-8 de 100 pages. Paris, O. Doini 3 fr.

De la bosse séro-sanguinc, par le docteur Daniel MaMelIior. In-8 de 07 pages. Paris

: O.'Doin. 2fr. 50

PARIS. — IMPRIMERIE E. MARTINET, RUE MIGNON, i.

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