‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 132 sur 249 · L. Leroy · texte numérisé non relu

L. Leroy

Société de biologie.

Développement des corps opto-striês : M. Mathias Duval. — Physiologie de la base de l'encéphale : M. Brown-Séquard. — Température de la région stomacale : M. Leven. — Action physiologique du chlorure de magnésium : M. Rabuteau. — Effets de l’électrisation sur la circulation de la tête : M. Létourneau.

M. Mathias Duval ajoute à sa communication de la séance précédente quelques détails sur le développement des régions opto-striées. Les parties lenticulo-optiques proviennent des vésicules optiques, et le noyau lenticulaire vient au contraire de la vésicule centrale qui, en s’agrandissant, enveloppe de plis la vésicule optique. La région lenticulo-optique correspond à la soudure de ces deux vésicules. Le corps strié, le noyau lenticulaire sont de la substance corticale, d’après leur origine même. Aussi ne sont-ils pas excitables. Il en est de même d’ailleurs pour toute cette substance d’après M. Mathias Duval, qui n’admet pas l’existence de centres gris moteurs et croit que les effets produits parles excitations appliquées à la surface du cerveau sont dus à l’excitation des parties blanches sous-jacentes et non à celle des parties grises superficielles.

— M. Broim-Séquard expose une série de faits destinés à

éclairer la physiologie de la base de l’encéphale. Lorsque cette base est mise à nu, la galvanisation des pyramides détermine des contractions du côté excité; des lésions portant sur le pont de Varole, sur les pédoncules cérébraux, sur les pyramides, peuvent déterminer aussi des convulsions du même côté. Sur le lapin et le cochon d’Inde, les lésions de la moelle réagissent nettement sur les fonctions de la base de l’encéphale : c’est ainsi qu’à la suite d’une hémisection droite de la moelle l’excitabilité motrice de la base de l’encéphale est diminuée, quelquefois même perdue àgauche et peut être augmentée à droite. La sensibilité est alors aussi diminuée dans la moitié gauche du corps. La section du nerf sciatique, qui produit tant d’effets identiques à ceux de Thémisection de la moelle, tels que l’épilepsie partielle et l’anesthésie du côté opposé, a dans deux cas exercé une influence inhibitoire sur l’excitabilité de la base de l’encéphale. Ici encore les effets ont été analogues à ceux de Thémisection mais moins intenses. Enfin, dernier détail à noter, la paralysie des muscles abdominaux, rare chez l’homme, est au contraire très-fréquente chez les animaux à la suite des lésions de la base de rencéphale et se montre alors du même côté que les lésions ; elle est dans ces cas très-marquée. v .

— M. Leven. La température de la région stomacale chez un sujet sain varie dans une même journée suivant certaines lois. Elle est inégale sur les deux moitiés de l’épigastre, et les différences observées d’un côté à l’autre s’étendent de quelques dixièmes de degré à un degré complet. Ce fait vient

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à l’appui de théories autrefois émises par M. Levett, sur l’inégalité de fonctions des différentes parties de l’estomac. C’est le matin à jeun que l’on trouve les plus fortes températures : 85°, 5, à gauche; 35°, 7, adroite; elles s’abaissent jusque vers onze heures, mais à partir de ce moment, ou plutôt à partir du repas que l’on fait en général à ce moment, elles s’élèvent d’abord du côté gauche où l’on revient au chiffre de 35°, 5, puis à droite où l’ascension est de près de 1 degré. De ce côté l’élévation commence seulement après la deuxième heure qui suit le repas. A la troisième heure, le maximum est atteint à droite aussi bien qu’à gauche ; il est à noter que chez les individus atteints de lithiase biliaire, c’est souvent à ce moment que la colique hépatique éclate. La température axillaire s’abaisse un peu en même temps. Puis, vers la quatrième heure, les températures reprennent leurs chiffres habituels. Le repas du soir, plus copieux, est suivi de phénomènes tout à fait semblables, dont la durée se prolonge toute la nuit, puisque le lendemain matin on retrouve encore une notable élévation de la température locale. M. Leven attribue ces variations thermiques aux variations que subit la circulation gastrique ; chez certains sujets dont l’estomac est maintenu par une lésion cancéreuse ou autre dans un état de congestion permanente, la température reste toujours élevée. Chez ces individus la sensation de la faim fait presque défaut ou diminue notablement ; l’on peut supposer que la faim est liée à un état spécial de la muqueuse gastrique, et non, comme on le croit souvent, à un état de l’organisme tout entier.

— M. Rabuteau ne partage pas, au sujet de l’action du chlorure de magnésium, les opinions exprimées par MM. Aguilhon et Laborde dans des séances précédentes. Il proteste contre l’assertion qu’on lui a attribuée, d’après laquelle le chlorure de magnésium injecté dans les veines aurait des effets purgatifs : il a toujours constaté le contraire ; il a remarqué que chez une grenouille 25 centigrammes de chlorure de magnésium amènent des arrêts prolongés du ventricule du cœur sans avoir autant d’action sur les oreillettes. Quelques gouttes de la solution saline versées directement sur le cœur en amènent l’arrêt complet, sans que l’électricité puisse le faire repartir. Le chlorure de magnésium doit être classé parmi les poisons" musculaires, car il abolit directement la contractilité sans avoir aucune action sur le système nerveux. Le magnésium se range ainsi entre le sodium, dont les sels sont sans action sur les muscles, et le potassium dont il est loin d’égaler la puissance à cet égard ; il occupe dans cette série la place qu’il y doit occuper en raison même de son poids atomique, 24, intermédiaire à celui du sodium, 23, et à celui du potassium, 39.

M. Laborde maintient les faits énoncés par lui dans des séances antérieures.

— M. Lêtourneau a recherché quels pouvaient être sur la circulation encéphalique les effets de l’électrisation appliquée à la surface des téguments, comme on le fait en médecine. Le resserrement des vaisseaux de la rétine, de ceux de l’oreille chez les chiens, est un fait déjà connu. Pour étudier les modifications de. la circulation intra-crânienne, M. Letourneau, après avoir mis à nu les méninges d’un chien, a fait passer un courant à travers la tête de l’animal ; le pôle positif était placé en arrière du maxillaire, le pôle négatif au-dessus des yeux. Les vaisseaux de la pie-mère se sont graduellement contractés : on conçoit quelle importance la possibilité d’anémier le cerveau possède au point de vue thérapeutique.

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