‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 146 sur 249 · VU" ARRONDISSEMENT · texte numérisé non relu

VU" ARRONDISSEMENT

Observations :

Signature du médecin

Un décès ayant été déclaré à la mairie, un employé remplira la première colonne, détachera la troisième et l’enverra au médecin vérificateur des décès. Celui-ci se rendra au domicile du décédé, fera les constatations prescrites par la loi et remplira le bulletin qui lui aura été remis, sans porter aucun diagnostic médical si le nom du médecin traitant lui a été donné. Si, comme il arrivera sans doute plus souvent qu’on ne le pense, il est impossible de connaître le nom du médecin traitant (morts subites, indigents, etc.), le médecin de l’état civil mentionnera dans la colonne Observations les renseignements qu’il aura pu recueillir sur les causes du décès. Les observations de ce bulletin, renvoyé à la mairie, seront transcrites dans la colonne n° 1, et le bulletin n° 2, qui y restera attenant, contribuera à prouver que le médecin traitant n’a pu être consulté. Quant au bullelin du médecin vérificateur des décès, il sera adressé à l’Hôtel de Ville, où il ne servira que dans une mesure restreinte à l’établissement de la statistique. Si, au contraire, le nom du médecin traitant est désigné par Je médecin de l’état civil, l’employé de la mairie lui adressera le bulletin n° 2. Une lettre d envoi lui donnera les indications nécessaires pour qu’il puisse inscrire son diagnostic sur ce bulletin qui portera, au préalable, les renseignements concernant l’àge, le domicile, l’état civil, etc., du décédé. Le nom de celui-ci ne s’y trouvant pas, sa famille n’étant pas instruite de cet acte administratif, le médecin traitant n’aura aucun scrupule à satisfaire à un devoir scientifique,' dont il comprendra aisément l’importance. Son bulletin , mis sous l’enveloppe qui lui aura été adressée par l’administration, sera envoyé directement à l’Hôtel

25 Juillet 1879

de Ville, et la commission de statistique, exclusivement composée de médecins, n’aura aucun intérêt à rechercher le nom du décédé, puisque tous les renseignements dont elle a besoin lui auront été fournis. Au bureau de statistique, tous les bulletins reçus seront, chaque semaine, classés par arrondissement, et par numéros d’ordre. Ces numéros devant se suivre régulièrement, on reconnaîtra aisément s’il y a eu des omissions. Dans ce cas, mais dans ce cas seulement, la commission de statistique fera réclamer à la mairie de l’arrondissement copie de la déclaration faite par le médecin de l’état civil, afin de rechercher si le médecin traitant a négligé de lui renvoyer le bulletin qui lui avait été remis ou si ce bulletin s’est égaré. Nous n’insisterons pas davantage. Nous supposons que nos lecteurs comprendront et compléteront ce que nous avons voulu exposer. Ce procédé nous paraît permettre les vérifications nécessaires, ménager toutes les responsabilités et sauvegarder les principes. Il ferait cesser l’antagonisme qu’on prétend pouvoir exister entre le médecin de l’état civil et le médecin traitant. Il faciliterait l’établissement d’une statistique rigoureuse établie sur des diagnostics précis, et d’une statistique approximative rédigée sur les documents fournis exclusivement, mais dans des cas exceptionnels, par les médecins vérificateurs des décès. On a prétendu, il est vrai, que le secret médical pourrait être violé par une collation faite entre les bulletins adressés à la commission de statistique et ceux que porte le registre à souche. Les numéros inscrits en tête des divers bulletins permettraient, en effet, cette collation; mais il nous semble inutile de montrer combien les susceptibilités de ce genre sont peu sérieuses. On l’a exposé suffisamment à l'Académie. Dans bien des actes de la vie publique, le secret médical est infiniment plus aisé à pénétrer. Au conseil de révision — et de nos jours tous les Français s’y trouvent soumis — l’exemption du service militaire est déclarée publiquement devant tous les maires de l’arrondissement, et, après avoir reçu l’avis du médecin expert, le président du conseil ne manque jamais de prononcer ces paroles : Exempté : faiblesse de constitution; exempté : rachitisme; exempté : scrofule ; exempté : bronchite chronique, etc., etc. Si, par un sentiment de discrétion facile à comprendre, le médecin de l’armée expert devant le conseil de révision atténue- sa déclaration en substituant au mot phthisie celui de bronchite, au mot maladie de cœur celui de palpitations, est-il beaucoup de pères de famille qui se trompent sür ces désignations? Et qu’on ne s’y méprenne pas, ces diagnostics, quelque imparfaits qu’ils puissent être, sont inscrits par les officiersdu recrutement et conservés sur un registre spécial, inscrits par les secrétaires de la mairie et gardés aux archives de la commune. Que sont, à côté de ces violations inévitables du secret médical, celles qui résulteraient d’une collation bien difficile entre deux registres indiquant l’un la date et les circonstances d’un décès, l’autre la cause de ce décès? Et les certificats de réforme ne porlentils pas, ainsi que l’a fait remarquer M. L. Le Fort, l’indication très-nette et très-franche des causes qui ont motivé la radiation des cadres de l’armée? Qu’on n’insiste donc plus sur des subtilités que les principes approuvent, mais que l’expérience condamne. Nous croyons, au contraire, que les plus grandes difficultés résulteront, non des répugnances qu’éprouveront les médecins parisiens à violer le secret médical, mais de leur peu d’empressement à remplir et à renvoyer à l’Hôtel de- Ville' les bulletins qui leur seront adressés. Et c’est pourquoi nous terminons en déclarant que le meilleur moyen d’arriver à améliorer les statistiques médicales c’est de dé¬

montrer leur utilité et de chercher à convertir à cette idée tous les médecins vraiment soucieux des intérêts de la population parisienne.

— Nous ne pouvons aujourd’hui que recommander aux lecteurs du Bulletin de l'Académie la remarquable communication faite par M. le docteur Noël Gueneau de- Mussy au commencement de la séance. Tous ceux qui se sont occupés d’auscultation et de percussion connaissent les travaux de ce maître éminent. Ils ne s’étonneront point, dès lors, si nous attendons nous-même qu’il nous soit permis de lire et de méditer son nouveau mémoire, pour mieux en faire apprécier toute la valeur. Dans notre prochain numéro nous analyserons cet exposé si savant et si compiet des conditions dans lesquelles les épanchements pleurétiques peuvent faire disparaître, persister ou augmenter les vibrations du thorax.

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