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X. Arnozan

REVUE DES JOURNAUX

Emploi de la pilocarpine contre l'éclampsie,

par le docteur Bidder.

11 parait établi de nos jours que la cause qui engendre les convulsions de l’éclampsie ou de l’épilepsie tient à un arrêt brusque de la circulation cérébrale. La crampe vaso-motrice, qui se produit alors, détermine une ischémie en quelque sorte instantanée. Cette théorie trouve sa confirmation dans le succès des moyens thérapeutiques qui ont pour but de faire cesser le spasme vasculaire, tels que. les saignées, les narcotiques, les drastiques, l’accouchement rapide en amenant la vacuité de l’utérus.

Le docteur Bidder fait remarquer que la pilocarpine, abaissant la tension artérielle, doit servir aux mêmes usages que les agents précédents. A l’appui de cette assertion, il rapporte deux faits, dans lesquels des attaques d’éclampsie, ayant précédé et suivi l’accouchement, ont cédé à une ou deux

injections contenant chacune 2 centigrammes de pilocarpine. Cet exemple semble donc devoir être suivi. Cependant nous devons à la vérité de dire que ce résultat n’est peut-être pas aussi démonstratif qu’il le parait au premier abord. Dans les deux cas, en effet, le docteur Bidder avait employé, en même temps que la pilocarpine, des lavements de chloral hydraté, à la dose de 2 ou 4 grammes chacun. Il faut donc de nouveaux faits pour pouvoir prononcer; toutefois les résultats du docteur Bidder doivent engager les praticiens à se mettre à l’œuvre. ( Revue mêdico-chirurg . de Vienne, octobre 1878).

Étude sur une affection spéciale des pieds chez les

terrassiers occupés A la construction de lignes de

chemins de fer, et sur une tumeur des pieds survenant

chez les fantassins A la suite de marches forcées, par

le docteur Swaiitz.

Sous ces dénominations, le docteur Dawosky et le médecin île bataillon Weisbach, de l’armée allemande, décrivent une seule et même affection, observée par l’un, chez des ouvriers du chemin de fer, par l’autre, chez les fantassins. Cette affection, caractérisée par un gonflement du dos du pied, avec rougeur et chaleur, est accompagnée d’une douleur excessivement vive, lancinante et brûlante. Cette douleur constitue le symptôme initial et commence par la plante du pied d’où elle se propage vers le milieu du dos du pied, et même jusqu’au genou et à la cuisse. Chez les terrassiers, cette affection s’est présentée plus particulièrement au pied droit ; dans quelques cas cependant, les deux pieds ont été entrepris. Chez les militaires, Weisbach l’a constatée indifféremment aux deux pieds, et plus spécialement prononcée et douloureuse le long des tendons extenseurs des deuxième, troisième et quatrième orteils, ainsi que dans le voisinage des articulations métatarso-phalangiennes des mêmes orteils. L’un et l’autre attribuent celte affection à un changement dans la position du pied, amené, chez les terrassiers, par la nécessité de charrier les terres sur des planches étroites où le pied ne peut plus s’étaler complètement comme dans la marche ordinaire ; chez les militaires, par lafatigue et le relâchement musculaire. Ce changement a pour effet de faire pencher le pied plus en dedans et de faire peser le poids du corps plus en dehors, occasionnant ainsi la contusion des têtes des métatarsiens et le tiraillement des ligaments, surtout transverses, les reliant entre eux. Cette action morbide se continuant et devenant permanente finit naturellement par produire l’inflammation de ces ligaments et des gaines tendineuses voisines, d’où l’affection, gagnant de proche en proche, se montre bientôt plus accentuée sur le dos du pied, où le tissu cellulaire plus lâche se prête plus facilement à une distension œdémateuse.

Comme traitement, les deux auteurs recommandent, avant tout, le repos de l’organe lésé, et cela dès l’apparition du symptôme initial, douleur. On peut ainsi espérer d’enrayer le développement de l’affection. Celle-ci s’est-elle complètement établie, Dawosky préconise les scarifications multiples tout autour de la partie malade et même l’ouverture de veines superficielles pour provoquer une hémorrhagie plus abondante. Quand celle-ci a cessé, le malade doit se. tenir tranquille pendant plusieurs jours et recourir au besoin à l’emploi de compresses froides. Chez les ouvriers qu’il est possible de faire transporter dans un hôpital voisin, on remplace les scarifications simples par l’application de ventouses scarifiées.

Weisbach recommande, dès le commencement, les compresses froides pendant 3 ou 4 jours. A partir du cinquième jour, on les remplace par des badigeonnages de teinture d’iode. La durée du traitement varie de douze à quinze jours. {Deutsche militairarstliche Zeitschrift et Archives médicales belges, avril 1879.)

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BIBLIOGRAPHIE

I. Leçon» sur les affections de l’appareil lacrymal, comprenant ia glande lacrymale et les voies d’excrétion des

armes, professées par M. F. Panas. — Paris, 1877, Y. A. Delahaye et Ci0,

II. Leçons sur les kératites, précédées d’une Etude sur la circulation, l’innervation et la nutrition de l’œil, et de l’exposé des divers moyens de traitement employés contre les ophthalmies en général, professées par M. F. Panas. — Paris, 1876, Y. A. Delahaye et Cie.

III. Leçons sur les maladies inflammatoires des membrane» internes de l'œil, comprenant l’iritis, les chol’oïdites et le glaucome, professées par M. F. Panas. — Paris, 1878, V. A. Delahaye etCîc.

IY. Leçons sur les rétinites, professées pal’ M. F. PANAS. — Paris, 1878, V. A. Delahaye et Cie.

(Fin. — Voyez le numéro 29.)

L’année dernière ont paru deux fascicules qui continuent la série, sans toutefois la compléter absolument : les Leçons sur les vialadies inflammatoires des membranes internes de l'œil, comprenant l’iritis, le chprdidite, le glaucome ; plus les Leçons sur les rétinites.

L’étude pathologique de l’iritis n’est abordée qu’après une étude presque indispensable de la structure de l’iris, de ses connexions vasculaires et nerveuses, montrant la solidarité qui relie les membranes profondes.

Les' inflammations du diaphragme irien arrêtent longtemps l’auteur ; et il faut lui en savoir gré en raison de leur fréquence et du rôle qu’elles jouent dans la pathologie oculaire. Après l’exposition des phénomènes cardinaux qui caractérisent l’inflammation de l’iris, celle-ci est divisée, -d’après la forme qu’elle affecte, en iritis séreuse ou aquo-capsulite dont le siège serait surtout dans les procès ciliaires de la choroïde, et en iritis parenchymateuse ; cette dernière est elle-même ou plastique ou suppurative.

Nous ne pouvons donner des détails plus circonstanciés sans entrer dans des descriptions pathologiques que nous affaiblirions en les résumant. Mentionnons seulement ces hyperplasies, confondues par beaucoup avec les tumeurs véritables de l’iris, et que leur origine inflammatoire ne fait que difficilement distraire de la classe des néoplasmes.

Sous la désignation un peu vague de granulomes, on signale, en effet, des nodosités de l’iris, consécutives à des iritis parenchymateuses et dont quelques-unes ont des analogies frappantes avec les sarcomes. Comme ces derniers, elles auraient nécessité souvent, par leur marche envahissante, l’énucléation du globe de l’œil. Hirschberg et Steinheim, BertholdjDelafield ont donné la relation défaits semblables. Pour montrer que des nuances peu sensibles séparent ces cas des tumeurs, nous n’avons qu’à rappeler brièvement un des cas deDelafield, qui le considère du reste comme un exemple d’inflammation syphilitique généralisée : « La masse de nouvelle formation, est-il avancé, était entièrement composée de cellules et d’un stroma fibreux- Son point de départ était l’iris et le corps ciliaire, et elle remplissait l’espace laissé libre par la cornée staphylomateuse. La sclérotique, infiltrée de cellules et ramollie, formait autour de la cornée un staphylome vasculaire. »

Certains kystes de l’iris sont également rapportés à des transformations de produits inflammatoires. Le danger de certaines terminaisons de Ifiritis, l’occlusion pupillaire, les accidents glaucomateux qui en résultent sont bien mis en relief. Nous ne pouvons que signaler en passant au lecteur le remarquable chapitre étiologique ainsi que celui qui a trait à la thérapeutique. Dans ce dernier sont discutées des

indications de la dernière importance. Les antiphlogistiques et les mydrialiques restent parfois sans succès, alors qu’une paracentèse de la chambre antérieure , voire une iridectomie, amènent une détente rapide ou remédient à des accidents qui auraient entraîné la destruction complète de l’organe.

L’irilis syphilitique est décrite à part, bien qu’au point de vue anatomique, pathologique et symptomatique, elle ne diffère pas des variétés communes. L’existence de granulomes iriens, la marche insidieuse, latente parfois de la maladie, la coexistence d’accidents d’origine manifestement syphilitique, éèlairent le plus souvent le diagnostic.

La deuxième partie du volume traite particulièrement des affections inflammatoires dont le siège est la choroïde. La structure de cette mémbrane est suffisamment décrite pour faire ressortir cette richesse vasculaire et nerveuse qui lui fait jouer dans la nutrilion du globe et des milieux transparents, en particulier, un rôle si prépondérant. Les relations vasculaires et nerveuses de l’iris et de la choroïde expliquent les analogies pathologiques des deux membranes qui, en somme, ne forment qu’un seul appareil que différencient seulement en avant et en arrière quelques particularités structurales.

Après ce préambule anatomo-physiologique, l’irido-cyclite se présente naturellement sous la plume de l’écrivain; l’histoire del’ophthalmie sympathique en constitue le complément obligé.

Comme l’iritis, l’irido-choroïdite est. plastique, séreuse ou parenchymateuse ; elle est primitive, débute par le cercle ciliaire, l’iris ne s’affectant que consécutivement, ou bien, au contraire, elle n’est que la propagation d’une iritis à la partie antérieure de la choroïde. Des considérations sur la symptomatologie et le diagnostic éclairent ce point de la pathologie oculaire, si obscur pour les débutants.

L’histoire de l’ophthalmie sympathique est exposée avec une telle précision et une telle sobriété de détails, qu’il serait nécessaire de la rapporter en- entier. Une analyse serait tout à fait insuffisante pour mettre à même de juger la description de cette affection dont plusieurs points intéressent le médecin à un si haut degré. Remarquons en passant que M. Panas ne considère point encore comme parfaitement hors de toute contestation l’origine sympathique de quelques kératites parenchymateuses, admise par Galezowski. Les indications de l’énucléation sont très-bien posées..

Cette opération ne constitue point, comme d’aucuns semblent le croire, un moyen héroïque, et qui ne doive jamais tromper l’attente du chirurgien et du malade. Souveraine contre les troubles fonctionnels qui marquent le début de l’affection sympathique, larmoiement, photophobie, spasme, ou parésie de l’accommodation, elle n’a enrayé qu’exceptionnellement les accidents inflammatoires eux-mêmes; c’est tout à fait le cas, on le voit, de répéter avec le poète latin: Principiis obsta, serô medicina paratur.

Après quelques généralités sur les choroïdites, dans lesquelles l’auteur montre leurs caractères bien différents, tout en insistant sur les troubles secondaires des milieux transparents qu’elles entraînent souvent, ainsi que sur les particularités étiologiques qui les caractérisent, l’auteur aborde le glaucome, puis les choroïdites parenchymateuses, suppuratives , les choroïdites disséminées. Enfin la sclérochoroïdite termine ce fascicule.

Un seul mot sur la nature du glaucome. M. Panas ne peut se rallier complètement aux diverses théories admises par les auteurs, Nil la théorie de de Græfe qui regarde cette affection comme une choroïdite séreuse pure, ni la théorie névroréflexe de Donders ne le satisfont. Pourle professeur de Paris, l’excès de tension du globe oculaire est dû à une hyperhémie des veines choroïdiennes avec exsudation séreuse consécutive; mais la distension hyperhémique se rattacherait directement à une ischémie primitive de l’artère centrale de la- rétine.

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Elle serait causée par l’absence de vis a terrjo, qu’entraînent nécessairement les obstacles à la circulation de cette artère.

A l’élément réplétion veineuse exagérée vient s’ajouter, pour produire l’excès de tension intra-oculaire, une résistance variable des parois de la sclérotique. Ce serait l’extensibilité variable de cette membrane qui déterminerait les diverses modalités du glaucome, depuis le glaucome aigu foudroyant jusqu’au glaucome dit simple non inflammatoire de Donders.

Nous recommandons la lecture des arguments cités à l’appui de cette théorie qui, pour si satisfaisante qu’elle soit, n’est point à l’abri de toute objection. Dans la choroïdite suppurée, l’auteur est d’avis que la simple incision du bulbe ne peut suffire. Le pus forme une masse adhérente aux membranes profondes qui ne s’élimine que difficilement.

Aussi l’énucléation, ou, si cette dernièi'e est impossible par suite de lésions trop considérables, sans ouverture de la capsule de Ténon, l’incision de l’hémisphère antérieur, doivent être pratiquées.

La choroïdite disséminée avec ses principales variétés anatomiques et la scléro-choroïdite commencent la description d’affections d’un diagnostic souvent délicat, et qui serait impossible le plus souvent sans le secours de l’ophthalmoscope. Les rétinites offrent avec ces affections plus d’un trait commun et un examen sérieux du fond de l’œil ne fournit souvent que des caractères difficiles à apprécier, ou qu’il faut tout au moins interpréter. Nous retrouverons ces difficultés de diagnostic à propos des rétinites.

Le dernier fascicule, Leçons sur les rétinites, débute suivant la méthode adoptée par l’auteur par un précis anatomique et physiologique de la membrane nerveuse du globe de l’œil. Il faut convenir que nulle part ailleurs un précis anatomique n’était plus indispensable. Une description claire, de bonnes figures permettent, même à ceux qui ne sont point familiarisés avec l’histologie un peu compliquée de la rétine, de retenir ce qu’il importe de savoir pour se rendre compte autant que possible des exposés d’anatomie pathologique que contiennent les leçons sur les altérations inflammatoires de la rétine.

Il était tout aussi indispensable de donner un précis physiologique. La sensibilité rétinienne, l’impressionnabilité des diverses régions de la membrane, la perception des couleurs, l’étendue du champ visuelles propriétés photo-chimiques de la rétine, sont successivement étudiées. Une petite lacune à signaler eu passant. La détermination de l’acuité visuelle n’aurait-elle point trouvé une petite case convenable ici? De même, et sous forme d’appendice, quelques leçons sur les diverses amblyopies n’auraient point allongé excessivement le fascicule, et auraient formé, pensons-nous, un complément avantageux des leçons sur les rétinites : ceci au simple point de vue de la commodité, et pour éviter au lecteur la peine de recourir à un auteur différent pour l’étude de troubles visuels si semblables parfois à ceux que produisent les inflammations rétiniennes.

La partie pathologique débute par la description des modifications vasculaires que peut subir la rétine sous diverses influences (hyperhémie, anémie, ischémie). Puis viennent les rétinites proprement dites que l’auteur divise en séreuse, parenchymateuse avec ses formes diffuse,, périvasculaire, ou circonscrite.

Les rétinites dyscrasiques (apoplectique, albuminurique, diabétique, leucémique) sont successivement abordées. L’histoire si intéressante dé la rétinite pigmentaire comprend à elle seule deux longues leçons. C’est dire qu’elle est longuement et complètement traitée.

En s’occupant du décollement de la rétine, M. Panas a pour objectif de compléter la série des lésions de nutrition de la membrane nerveuse et d’achever ce qui a trait aux choro'idites. Il repousse la division presque classique des décollements par distension, par soulèvement, ou par attraction.

| Certaines parties de la pathogénie de cette lésion sont très- | discutées, et encore à l’étude. L’auteur se rallie à l’opinion ! qui considère que toujours le décollement rétinien est préj cédé par une altération du corps vitré. II pense comme j Fîachemann, dont il adopte les conclusions, que le décolle- | ment rétinien ne résulte ni d’une simple exsudation de la ! choroïde, ni d’une attraction par le tissu cicatriciel du corps I vitré, ni d’un obstacle à la circulation veineuse. A tous ces ! facteurs doit s’en ajouter un autre toujours plus important:

l’altération de consistance et de composition chimique de | l’humeur vitrée. Le traitement contient de très-intéressantes ! appréciations sur la valeur de diverses méthodes opératoires i préconisées dans ces derniers temps, notamment sur le drainage de la poche du décollement et de l’injection iodée, j Le volume se termine par la pathologie du nerf optique :

| embolie de vaisseaux rétiniens, névrite optique et névro- ; rétinite. Nous excéderions les limites de cet article déjà long, j si nous devions nous appesantir davantage sur l’analyse des | matériaux si nombreux qu’il contient, j Quelques publications complémentaires, et le professeur j de la Faculté aura produit, sous la forme concise de leçons,

I une encyclopédie ophtalmologique élémentaire, d’une haute ! utilité. Ajoutons que, malgré leur titre modeste, ces travaux ! contiennent de bonnes indications bibliographiques, prouvant I que leur auteur est absolument maître de son sujet et parfai- | tementau courant des si nombreuses publications sur cette ' branche de la chirurgie, que fournit l’étranger, auquel, nous l’espérons, nous n’aurons bientôt plus rien à envier de ce côté.

A. -II. Marchand.

Index bibliographique.

L’administration et le service de santé militaires. — ' Paris, 1879. Librairie militaire de J. Humaine.

Celte brochure anonyme est un plaidoyer, en faveur des revendications du corps de santé de l’armée et une amère critique de l’intendance. L’auteur rappelle tout ce qui a été dit, tout ce qui a été tenté depuis 1870 pour organiser sur de nouvelles bases et dans des conditions plus conformes à l’intérêt général de l’armée l’administration militaire et le corps de santé. Puis il entame la discussion du projet dit de Chanal et n’a pas de peine à en montrer les inconséquences elles dangers. Ce projet de loi, nul ne l’ignore, a pour objet de supprimer la médecine militaire et de créer, pour l’assistance médicale due à nos soldats, un système aussi préjudiciable à leurs intérêts qu’à la discipline militaire et à l’administration des corps de troupe. Il a été rejeté à lapresque unanimité par la commission parlementaire à laquelle il a été soumis. On pourrait donc penser qrnil n’était point nécessaire de le réfuter aussi longuement et en termes parfois un peu trop vifs à l’égard de l’intendance ou surtout trop emphatiques. Mais, les questions de forme et d’opportunité étant mises de côté, il importe de reconnaître que la brochure que nous avons sous les yeux, et qui est due à un médecin militaire en retraite, renferme bien des indications utiles. Aux officiers de l’armée, elle montre et expose avec franchise tout ce que l’on doit craindre de la suprématie du corps des intendants. A nos législateurs elle apprendra comment fonctionne le service de santé des armées et quelles pourraient être les réformes à apporter à son organisation. A ces deux points de vue cette brochure rend un service réel à une cause que tous les médecins doivent aujourd’hui s’appliquer à défendre, les médecins civils en reconnaissant loyalement qu’ils ne peuvent abandonner leurs intérêts moraux et matériels pour accepter des fonctions administratives qu’ils ne rempliraient jamais au gré de l’autorité militaire, les médecins de l’armée en se préparant à lutter pour reconquérir leur indépendance, et, dans ce but, en ravivant parmi eux l’esprit de corps et de confraternité médicale si nécessaire en cette époque de transition et de crise.

484 , t- N° 30 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

VARIÉTÉS

Association française pour l’avancement des sciences. — L’Association française vient de décider, d’accord avec le comité local de Montpellier, le programme de la session qu’elle tiendra dans cette ville du 28 août au 4 septembre, sous la présidence de M. Bârdoux, député du Puy-de-Dôme. Ce programme comprend, comme les années précédentes, des séances de sections et des séances générales dont les ordres du jour sont intéressants, on peut déjà l’affirmer ; deux conférences : l’une sur le canal d’irrigation dérivé du Rhône, l'autre sur la lumière électrique; des visites industrielles et scientifiques, et particulièrement une visite à l’Ecole d’agriculture, où une réception brillante sera organisée ; des excursions générales à Nîmes et Aigues-Mortes d’une part, à Cette et sur l’étang de Thau d’autre part; de plus des excursions finales dont l’étude est presque terminée, conduisant les membres du Congrès à Narbonne, Carcassonne, le Vigan, Lodève, Alais et le bassin boulier, Salindres, ètc. Le comité local prépare également une série d’expositions spéciales du plus haut intérêt, pour lesquelles on espère, entre autres; le concours obligeant et précieux dés officiers au génie.

On trouve 'au secrétariat de l’Association, 76, rue de Rennes, à Paris, tous les renseignements relatifs à celle session, à l’occasion de laquelle les compagnies de chemins de fer ont bien voulu accorder une réduction de prix.

Hôpitaux de Paris. — Concours des prix de l’internat. — La composition écrite du concours pour les prix de l’internat en médecine et en chirurgie aura lieu le lundi 3 novembre 1879, à midi récis, dans l’amphithéâtre de l’Administration générale, avenue ictofia, 3. Les élèves de quatrième année qui, n’ayant pas concouru, n’auront pas justifié d’un cas de force majeure apprécié par Je jury et consigné au procès-verbal, ou qui, ayant concouru, auront fait des épreuves jugées insuffisantes, ne seront admis à concourir pour le Bureau central qu’ après trois années de doctorat. Les élèves seront admis à se faire inscrire au secrétariat général de l’Administration, tous les jours, de une à trois, heures, du 20 juillet au 14 août inclusivement. Le mémoire prescrit comme épreuve du concours de la première division devra être déposé au secrétariat général, conformément au réglement, avant le 15 août, dernier delai.

Concours pour deux places de médecin a l’hospice de Bicêtre. — Ce concours vient de se terminer par la nomination de MM. Voisin et Bourneville.

École de médecine et de pharmacie militaires a Paris. — Un concours aura lieu, le 15 décembre prochain, à l’Ecole de médecine et de pharmacie militaires à Paris, pour l’admission à dix emplois de médecin stagiaire et à deux emplois de pharmacien stagiaire.

Les candidats ne devront pas avoir dépassé l’âge de vingt-huit ans. Les autres conditions sont les suivantes : 1° être Français ou naturalisé Français; 2° être eu possession, du diplôme de docteur en médecine ou de pharmacien "de 1 ro classe; 3° avoir été reconnu apte à servir activement dans l’armée, aptitude qui sera justifiée par un certificat d’un médecin militaire du grade ae major, et sera contrôlée au besoin par le jury d’examen; 4° souscrire un engagement d’honneur, qui sera légalisé par le maire de la localité, de servir dans le corps de santé militaire pendant cinq ans, au moins, à dater de l’admission au grade de médecin aide-major de 2r classe.

Les épreuves à subir seront : Pour les candidats à l’emploi de médecin stagiaire : 1“ une composition écrite sur une question de pathologie générale; 2° une épreuve orale d’anatomie des régions, avec application à la médecine et à la chirurgie; 3° un examen clinique de deux malades.

Pour les candidats à l’emploi de pharmacien stagiaire : 1° composition sur une question d'histoire naturelle des médicaments et de matière médicale; 2° interrogations sur la physique, la chimie, l’analyse chimique et la toxicologie ; 3° interrogations sur la pharmacie chimique et galénique, et sur l’histoire naturelle; 4° préparation d’un ou de plusieurs médicaments inscrits au Codex, et détermination de douze substances diverses (minéraux usuels, drogues simples, plantes sèches ou fraîches, médicaments composés).

Toutes les demandes d’admission au concours devront être adres¬

sées, avec les pièces à l’appui; au ministre de la guerre (bureau de la correspondance générale, 2° section) avant le 1"' novembre 1879, accompagnées des pièces ci-après indiquées (acte de naissance, diplôme, certificat d’aptitude au service, engagement d’honneur). Les médecins ou pharmaciens stagiaires touchent, pendant leur séjour à l’Ecole de médecine et de pharmacie militaires, jusqu’à leur promotion au grade d’aide-major de 2n classe, une solde de 2900 francs.

Faculté des sciences de Toulouse. — Par décret du président de la République en date du 22 juillet, M. Filhol (Autoine-Picrrellenri), docteur ès sciences, a été nommé professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Toulouse.

École de médecine d’Amiens. — Deux concours s’ouvriront â l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie d’Amiens : le premier, le 20 janvier 1880, pour un emploi de suppléant des chaires de clinique interne et de pathologie interne; et le second, le 2 février 1880, pour un emploi de suppléant des chaires de chimie et toxicologie, d’hygiène et thérapeutique, de pharmacie et matière médicale. Le registre d’inscription sera clos un mois avant l’ouverture desdits concours.

— Un autre concours pour un emploi de chef des travaux chimiques s’ouvrira, le 23 février 1880, à la même Ecole.

École de médecine de Besançon. — Par décrets, la chaire de matière médicale et thérapeutique à l’Ecole préparatoire de médecine et pharmacie de Besançon prend le titre de chaire d’hygiène et thérapeutique.

— La chaire de pharmacie et notions de toxicologie prend le litre de chaire de pharmacie et matière médicale.

— 11 est créé à ladite École : 1° une chaire d’anatomie, par dédoublement de la chaire d’anatomie et physiologie; 2° une chaire de chimie et toxicologie; 3° une chaire d’histoire naturelle.

Fièvre jaune. — On mande de Memphis, le 18 juillet : « Une personne atteinte de la fièvre jaune est morte aujourd’hui. Lé nombre des nouveaux cas augmente. Les affaires sont presque complètement suspendues. Les banques sont fermées. Les habitants quittent la ville en foule. Les autorités ont l’intention de faire transporter les pauvres dans'des localités plus salubres. Une quarantaine est imposée de nouveau dans plusieurs villes du Sud aux personnes arrivant de Memphis. Des mesures ont été prises pour empêcher toute communication avec Memphis par chemins de fer ou par bateaux. » (Havas).

Du 10 au 17 juillet 1879, on a constaté 827 décès, savoir :

Fièvre typhoïde, 10. — Rougeole, 23. — Scarlatine, 1. Variole, 9. — Croup, 18. — Angine couenneuse, 22. — Bronchite, 32. — Pneumonie, 38. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 19. — Choléra nostras, 0. — Dyssenterie, 0. — Affections puerpérales, 6. — Erysipèle, 4. — Autres affections aiguës, 186. — Affections chroniques, 386 (dont 152 dues à la phthisie pulmonaire.) — Affections chirurgicales, 30. — Causes accidentelles, 36.

SOMMAIRE. — Paris. Académie de médecine : Discussion sur les réformes à apporter à la statistique des causes de décès constatés à Paris. — Pleurésie multiloculaire. — Histoire et critique. Valeur thérapeutique do la fuchsine dans la maladie de Bright. — Travaux originaux. Pathologie interne : Contribution à l’histoire de la tuberculisation génilale et urinaire. — Sociétés savantes. Académie des soioucus. — Académie de médecine. — Société médicalo des hôpitaux.— Société de chirurgie. — Société de biologie. — Revue des journaux. Emploi do la pilocarpino contre l’éctàtnpsic. — Étude sur uno affection spéciale des pieds chez les terrassiers. — Bibliographie. Leçons sur les affections do l’appurcii lacrymal. — Leçons sur les kératites. — Leçons sur les maladies inflammatoires des membranes internes de l’œil. — Leçons sur les rétinites, — Index bibliographique. — Variétés Association française pour l’avancement des sciences.

G. Masson, Propriétaire-Gérant.

Vingt-sixième année

1er Août 1879

Comité de bédactios : A. DECHAMBRE, président; BLACHEZ, DIEULAFOY , A. HÉNOCQUE, L. LEREBOULLET, A. H. MARCHAND

Adresser tout ce qui concerne la rédaction au siège du Comité, chez M. Deciiambre, 91, rue de Lille (avant le mardi de préférence)

Paris, 31 juillet 1879

Académie de médecine : Pleurésie multiloculaire.

M. Noël Gueneau de Mussy.

La communication faite à l’Académie par M. le docteur Noël Gueneau de Mussy a eu pour but spécial, non de discuter encore les questions que peut soulever le diagnostic de la pleurésie multiloculaire, mais bien d’établir la valeur séméiotique des vibrations thoraciques dans lesallëctions de poitrine. Tel était, en effet, le nœud du débat. Sans doute, M. Jaccoudavait donné quelques autres signes pouvant servir à contrôler et à confirmer le diagnostic de la pleurésie multiloculaire; mais il faut reconnaître aussi que, dans sa première observation, c’est sur l’existeuce et surtout sur l’exagération des vibrations thoraciques qu’il s’élait appuyé pour affirmer les faits qu’il avait annoncés. Nous avons vu d’ailleurs, dans nos articles précédents, que les différents orateurs qui ont pris part, jusqu’à ce jour, à la discussion académique s’étaient aussi préoccupés de la valeur de ce signe clinique. Mais il nous avait été impossible de trouver apres eux une formule précise pour établir dans quelles conditions se propagent, s’exagèrent ou viennent à se perdre les vibrations du thorax. Nous nous étions donc borné à faire remarquer les divergences d’opinions qui existaient à ce sujet et les difficultés que nous éprouvions à admettre que l’exagération des vibrations thoraciques à un certain niveau de la poitrine pût indiquer toujours l’existence d’une zone d'adhérences pleuro-pulmonaires. Les recherches de M. Noël Gueneau de Mussy viennent éclaircir ce point de séméiotique d’une interprétation si complexe. Elles nous prouvent une fois de plus une vérité clinique dont chaque jour le médecin comprend davantage l’importance; c’est qu’un signe plessimélrique ou stéthoscopique ne saurait avoir une valeur absolument pathognomonique, et que, par conséquent, plus on a d’expérience, de sens clinique et de savoir, et plus on discute, plus on hésite, moins on aflirme quand on se trouve en face de faits de ce genre. Que dit, en effet, M. Noël Gueneau de Mussy? « Les vibrations du thorax pendant la phonation peu: vent persister, augmenter même au niveau des adhérences pleuro-pulmonaires, alors que, dans d’autres cas, ces mômes adhérences interrompent complètement les vibrations vocales. » Il en est de même dans la pleurésie avec épanchement; il en est ainsi dans la plupart des maladies de poitrine. Ce qu’il importe donc avant tout et surtout, c’est de bien interpréter ce signe. Or, dit le savant clinicien dont nous croyons devoir reproduire presque textuellement les paroles, « pour que la paroi thoracique fournisse des vibrations sensibles à la main, il faut que cette paroi offre un certain degré de tension; une membrane molle et non tendue ne vibre pas d’une manière appréciable; trop tendue, elle vibrera plus difficile- 2e SÈIUE, T. XVI.

ment et donnera des vibrations trop rapides et trop courtes pour produire une impression totale. » Des remarques semblables peuvent être faites à propos de la percussion, qui varie de tonalité avec la tension plus ou' moins exagérée des parois thoraciques. Voici donc une première condition nécessaire pour la propagation à la paroi thoracique des vibrations vocales. Elle nous explique pourquoi ces vibrations diminuent ou même disparaissent et restent nulles pendant si longtemps dans ces formes de pleurésie chronique à fausses membranes molles, glaireuses, s’étalant en nappe à la surface du poumon; pourquoi elles peuvent être conservées dans de vastes épanchements, lorsque le poumon comprimé ne se dilate plus « assez amplement pour qu’il y ait à l’intérieur du thorax une tension considérable ». Mais, outre les modifications de tension qu’éprouve la paroi du thorax, il existe une série de conditions qui changent la transmissibilité des vibrations thoraciques, et qu’il faut étudier attentivement dans chaque cas particulier. Ainsi les indurations pulmonaires, qui augmentent toujours les vibrations; ainsi les formes, les dimensions, l’épaisseur île la cage thoracique, qui les font varier suivant une loi queM.Noël Gueneau de Mussy formule en ces termes : « Les vibrations thoraciques semblent surtout influencées par les propriétés conductrices du tissu pulmonaire (et des parois du thorax) pour les ondes sonores. » Les vibrations sont aussi en rapport avec la tonalité de la voix, selon les conditions individuelles de la conformation et des dimensions du thorax. « Ainsi une large poitrine vibre mieux avec des sons graves, et c’est dans ces conditions que les vibrations sont les plus amples et les plus accentuées. Une poitrine étroite consonnera et vibrera mieux, par conséquent, avec des sons plus élevés. Chez des personnes dont la poitrine ne donnait pas dans le médium de vibrations sensibles, j’ai pu les provoquer en faisant élever ou baisser la tonalité de la voix. Les sons très-aigus ne provoquent pas, en général, de vibrations perceptibles à la main. » Les diverses régions de la poitrine vibrent différemment, selon la tonalité de la voix. « En résumé, les vibrations perçues par la main pendant la phonation supposent une consonnance des parois thoraciques avec les sons laryngés; elles expriment un rapport harmonique entre la tonalité de la voix qui les produit et le diamètre de la cage thoracique vibrante. »

Il nous fallait reproduire, sans la modifier, toute cette partie de la communication du clinicien qui, depuis si longtemps et avec une science et une habileté si notoires, a éclairé la plupart des questions afférentes à l’étude des maladies de poitrine. De ses nombreuses études sur la tonalité des sons organiques ( Clinique médicale, t. I, p. (329), M. Noël Gueneau de Mussy avait déduit des conclusions diagnostiques d’une sérieuse importance. De ses reches sur l’ adénopathie bronchique ( ibid ., p. 5G4), on peut retenir, non-seulement au point de vue plessimétrique, mais encore au point de vue du diagnostic différentiel des toux

1er Aon 1879

dites coquehichoïdes, des indications dontla valeur est incontestable. En exposant à l’Académie le résultat des investigaions qui lui ont permis de préciser les conditions dans lesquelles naissent, se propagent ou diminuent les vibrations du thorax, M. Guenedu de Mussy rie conclut pas, et c’est précisément cette absence de conclusion précise qu’il faut louer. Quelques précautions que Ton prenne, dit-il, « l’absence ou la présence des vibrations n'ont pas toujours une signification univoque ». Et il se résume dans les termes suivants : « Les vibrations thoraciques perçues pendant la phonation par l’application de la main sur la poitrine ont certainement une valeur au point de vue du diagnostic, soit qu’elles se montrent exagérées comme dans le cas d’indurations et d’excavations pulmonaires, soit qu’elles disparaissent ou s’affaiblissent, comme cela a lieu le plus souvent dans les épanchements pleurétiques; cependant, outre les variétés individuelles qui font que tous les thorax ne sont pas également aptes à vibrer pendant la phonation, ces vibrations peuvent exister ou manquer dans les mêmes conditions morbides, aussi bien dans les cas d’épanchement pleurétique que dans le cas d’adhérences pleurales. Le degré de tension des parois thoraciques et du poumon, les modifications dans l’élasticité et les propriétés conductrices de ce dernier organe pour les ondes sonores, qui résultent des altérations du tissu pulmonaire, peuvent expliquer ces différences dans l’expression symptomatique d’une même lésion, et il est souvent possible, en modifiant la tension, de les faire disparaître. » On voit, par ces paroles, combien est relative l’importance au point de vue sémiologique de ce symptôme : vibration. Il appartenait à M. Noël Gueneau de Mussy de le démontrer, et nous n’hésitons pas à penser que ses conclusions ne. sauraient être sérieusement contestées. Ce qu’on pourrait leur ajouter, c’est un peu plus de précision alors qu’il s’agit d’établir les conditions qui font varier la tension des parois thoraciques, et qui, par conséquent, favorisent ou font disparaître la transmissibilité des vibrations. C’est peut-être aussi une discussion plus approfondie des cas dans lesquels les vibrations thoraciques ont une valeur diagnostique réelle. Nous citerons, à ce point de vue, le diagnostic différentiel de la pneumonie et de la pleurésie chez les vieillards, chez les enfants, toutes les fois en un mot que les signes cliniques sont douteux, difficiles à interpréter, et qu’un symptôme nouveau, d’une netteté souvent parfaite, permet de faire cesser les hésitations. Mais il importait surtout de montrer combien dans l'immense majorité des cas l’interprétation des vibrations thoraciques est délicate et difficile. Et c’est ce que.M., Gueneau de Mussy a bien fait voir.

Une question intéressante et qui se lie de très-près à celle des vibrations du thorax a été également soulevée par cette communication. Chacun sait que dans les pleurésies qui ont duré quelque temps, surtout dans les pleurésies dites latentes que Ton ne traite pas par la thoracocentèse, la matité persiste pendant plusieurs mois alors que toute trace d’épanchement a disparu. Dans ces conditions il est parfois difficile de reconnaître s’il existe encore du liquide ou si, au contraire, la matité et l’absence de vibration n’indiquent que l’existence de fausses membranes épaisses. M. N. Gueneau de Mussy rappelle un fait de ce genre. Nous avons communiqué nous-même en 1870 à la Société de médecine de Strasbourg l’observation d’un pleurétique qui, trois mois après le début de la maladie, présentait encore une matité compacte et l’absence de vibrations. Ce malade, à sa sortie de l’hôpital, fut pris d’une rechute avec bronchite capillaire; il succomba en

vingt-quatre heures, et l’autopsie démontra l’existence de fausses membranes dures, épaisses et l’adhérence intime de toute la paroi postérieure de la plèvre et du poumon droit avec la paroi thoracique. Or, dans ces conditions, alors que la matité persiste et que les vibrations ont disparu, une forte inspiration peut quelquefois, après la résolution du liquide, rendre la poitrine sonore et faire reparaître les vibrations. C’est le phénomène opposé à celui que l’on détermine assez aisément dans les cas où la poitrine reste sonore en faisant exécuter au malade une inspiration forcée ou contenue, ou bien en fixant d’une main le moignon de l’épaule du côté malade et en refoulant énergiquement avec l’autre main la paroi inférieure du thorax pendant qu’une autre personne percute en arrière le côté affecté. « On entend immédiatement alors le son, qui était clair et tympanique, devenir obscur ou complètement mat. » Ces faits, quelle que soit d’ailleurs leur explication, méritaient d’être rappelés. Ils viennent prendre leur place à côté de ceux que Ton a souvent signalés, sur lesquels, à l’exemple de tous nos maîtres en clinique, nous avons fréquemment appelé l’attention de nos élèves et qui montrent que la position des malades, la contraction ou le relâchement des muscles, etc., peuvent, combinés avec les phénomènes d’inspiration et d’expiration, faire varier dans des conditions notables les signes fournis par la percussion. On voit par ccl exposé tout l’intérêt et toute l’importance de la très-courte mais très-savante communication de M. N. Gueneau de Mussy, et l’on comprendra que nous en ayons recommandé la lecture attentive à tous ceux qui s’intéressent aux progrès des études de médecine clinique.

— La discussion sur la Statistique des causes de décès s’est terminée par le vote de conclusions que Ton trouvera indiquées page 490.

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