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ANIMALE PAR L’ÉTHER, LE CHLOROFORME ET LE CIILORAL

Note de M. Arloing. — En 1848, Duméril et Demarquay démontrèrent expérimentalement que Y éther et le chloroforme, administrés comme anesthésiques, font baisser la température

22 Août 1879

animale. Depuis cette époque, ce fait a pris en chirurgie une importance considérable.

I. L’étude comparative faite par M. Arloing sur ces deux agents ne lui a pas permis de constater de différences sensibles dans l’intensité de leur action frigorifique. A temps égal, l’éther n’abaisse pas plus la température que le chloroforme. Si le chloral paraît l’emporter surles deux autres, cela tient particulièrement au mode d’administration que l’on a adopté (injections intra-veineuses) dans les expériences qui sont faites avec ce médicament. Toutefois, comme les effets anesthésiques du chloroforme sont plus prompts que ceux de l’éther, on pourra employer le chloroforme de préférence, lorsqu’on tiendra à ménager la chaleur du malade.

II. On a émis de nombreuses hypothèses pour expliquer cet abaissement de la température animale; on a invoqué une action sur les centres modérateurs de la calorification, le ralentissement de la circulation, la paralysie des petits vaisseaux, la résolution musculaire, l’affaiblissement des mouvements respiratoires, la diminution de l’oxygénation du sang et'des oxydations organiques. Il résulte des recherches de l’auteur que le ralentissement des combustions organiques, chez les animaux qui ont franchi la période d’excitation de l’anesthésie, est la cause principale, constante du refroidissement. Mais, comme ce refroidissement n’est pas proportionnel à la diminution de l’acide carbonique formé par l’économie, il faut ajouter à cette cause principale des causes accessoires, et celles-ci varieront en nombre et en importance avec les agents anesthésiques; tels sont : l’état du réseau capillaire cutané et pulmonaire, la vaporisation de l’anesthésique dans le poumon, etc.

Médicaments polyuriques. — M. Picard, adresse une Leçon faite par lui à la Faculté de Lyon, en mai 1879, et établissant ses droits de priorité au sujet de l’action de certaines substances agissant comme polyuriques.

Académie de médecine.

L’Acndémio reçoit une «trié 'de. brochures que M. le docteur Onimus qnvoic pour

M. Clmtin présente, nu noin do M. Troüèt, une brochure intitulée V De l'introduction eide l'acclimatation des quinquinas à l'Uede la Réunion.

Composition chimique et action physiologique do fer dialysé. — M, Personne communique à l’Académie le résultat des récentes recherches qu’il a faites sur ce médicament.

D’après M. Personne, cette substance est connue depuis trèslongtemps sous le nom d 'oxyde de fer modifié. Elle a été découverte dans le laboratoire de M. Pelouze, par M. Péan de Saint-Gilles. Elle est constituée par un sesquioxyde de fer soluble dans l’eau, du moins en apparence, mais non en réalité. Elle ne passe pas à travers le dialyseur Graham, quoi qu’on en ait dit : elle reste sur le dialyseur.

Elle diffère des oxydes de fer ordinaires par son insolubilité presque absolue dans les acides minéraux les plus énergiques, tels que l’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique, comme dans lés acides organiques, et principalement dans le suc gastrique.

Dans les expériences faites sur des animaux auxquels on a fait prendre du fer dialysé en plein travail digestif, toujours on a trouvé cette substance à l’état de précipité, parmi les aliments ou sur les parois de l’estomac, jamais on n’a pu en découvrir la moindre partie à Pétât de dissolution. tt

Du reste, le fer dialysé n’est pas pur, car il contient 7 pour 100 de perchlorure de fer et 1 pour 400 de sulfate de peroxyde de fer. Il n’est donc ni pur, ni soluble dans les liquides de l’économie, ni assimilable.

M. Hardy ne veut pas contester les résultats chimiques obtenus par M. Personne : il dit seulement que les résultats thérapeutiques ne sont pas toujours complètement conformes à ce que semble enseigner la chimie, et que d’ailleurs il faut souvent une très-petite dose de fer pour produire un effet favorable sur l’économie animale, ainsi que le prouve l’administration utile d’eaux minérales ferrugineuses contenant une très-petite prpportion de fer.

M. Berthelot appuie les conclusions de M. Personne et dit que, s’il voulait employer une préparation ferrugineuse qui n’ait aucune action sur l’économie, il choisirait le fer Bravais,

Rapports. — M. Planchon donne lecture d’une série de rapports sur les remèdes secrets et nouveaux.

Les conclusions de ces rapports sont misés aux voix et adoptées.

— La séance est levée à quatre heures.

Société médicale des hôpitaux.

Du bothriocéphale : M. E. Besnier (1).— Duremède de Pesohier : M. Constantin Paul. — ïgnipuncture dans le traitement de l’œdème :

M. Laboulbène. — Tumeur splénique et hépatique : M. Édouard

Labbè.

M. E. Besnier, ainsi qu’il s’y était engagé dans la séanoe précédente, communique la fin de son observation sur un cas ; dé bothriocéphale. Selon l’avis donné par MM. Constantin Paul et Dujârdin-Beaumelz, avis accepté par M. le professeur Laboulbène, il a fait venir de Genève le remède de Peschicr, et l’a administré lui-même, en quatre bols, composés chacun de cinq piluleSj extemporanément écrasées, et bien enrobées de pain à chanter. Cela fut pris le soir, en deux fois, à une demi-heure d'intervalle, avec un verre d’eau sucrée; c’est tout ce qu7il y a de plus simple et de plus facile.

La malade avait été soumise pendant la journée à l’emploi préparatoire de l’absinthe (deux verres d’eau sucrée à chacun desquels avaient été ajoutés 10 grammes d’excellente liqueur d’absinthe et autant de bonne "anisette de Hollande, tulo et jucitnde), et le repas du soir, pris trois heures avant les pilules de Peschier, avait été un simple potage. Trois heures après l’administration du médicament, il survint des coliques, des selles abondantes, et, six heures après la prise des pilules, le ver fut expulsé en bloc sans aucune douleur, sans autres matières, absolument entier ef mesurant plus de 7 mèlres. M. E. Besnier montre, dans un premier bocal le slrobile entier du ver, reconnaissable à sa couleur bleuâtre, à ses bords froncés, surtout à sa magnifique série génitale médiane, laquelle constitue à tous les points de vue la caractéristique la plus pratique de ce cestoïde, qu’il propose, pour cette raison, de désigner sous la dénomination detænia médio-sexué. Un second flacon contient la tète et le col , filiforme sur une longueur de plus de 25 centimètres.

Non- seulement le succès thérapeutique immédiat a été facile èt complet, mais les accidents intestinaux si intenses, et les phénomènes nerveux si accentués (somnolence invin-

(i) Quelques points île la communication do M. E. Besnier sur un cas do bolliriocephaîo ont ôté imparfaitement- reproduits dans le compte rendu du 15 août, 18». il" 33, p. 525, que, en l’ahsonco do notre rédacteur habituel, nous avions dû eniprunter à un autre journal. Co n’est pas « un bothriocéphale », niais un fragment il bothriocéphale que la malade avait rendu au moment d'entrer dans le bain. Ou n’avait pas

du bothriocéphale.

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cible après les repas) ont disparu immédiatement. La malade a repris dès le lendemain l’alimentation habituelle sans aucune restriction; les garde-robes se sont immédiatement rétablies normales. Toutefois, elle n’a pas voulu tenter une nouvelle aventure bolhriocéphalique, et elle a renoncé, pour toujours à sa villégiature d’été sur les bords du lac Léman.

M. E. Besnier a fait suivre cette observation de considérations générales sur l’origine, la symptomatologie, la prophylaxie et le traitement du bothriocéphale; puis il' a terminé ses remarques en communiquant à la Société une lettre de M. le professeur Révillod (de Genève), à qui il avait demandé quelques éclaircissements sur divers points restés obscurs, Un seul de ces points a semblé bien positivement établi, c’est que laféra, que l’on avait vivement incriminée, a bien un bothriocéphale, mais non celui de l’homme, et que, par conséquent, il faut chercher ailleurs.

Enfin, comme conclusion pratique, bien que le remède de l’eschier soit un remède (en partie) secret, la sûreté de son action contre le. bothriocéphale, son innocuité et la simpli- ; cité de son administration sont telles, que M. E. Besnier j n’hésite pas à engager ses confrères à y avoir recours au moins j jusqu’à nouvel ordre.

M. Constantin Paul explique l’action du remède de Pes- \ chier par le soin avec lequel ce médicament est préparé. Plusieurs pharmaciens ont pu obtenir des effets analogues lorsqu’ils se servaient de rhizomes de fougère mâle, très récents pour préparer leur extrait éthéré. Si les capsules que l’on achète le plus souvent ne donnent pas le résultat favorable qu’on espère, c’est que la préparation est mauvaise ou que, ce qui est plus fréquent encore, le médicament s’est altéré. M. Constantin Paul insiste ensuite sur la nécessité de prendre, pour obtenir un tænia entier, les précautions que tous les médecins ont souvent recommandées.

M. Fuiboulbène rappelle qu’il a pu faire rendre à un même malade quatre bothriocéphales. Il insiste sur quelques particularités de structure que présentent la tête, le cou et les œufs de cet helminthe. Revenant sur la question du traitement, M. Laboulbène déclare que, depuis quelque temps, il se sert d’écorce de racine de grenadier pulvérisée comme du café, ce qui permet souvent de supprimer lè purgatif huileux que l’on prescrit d’ordinaire au moment où commencent les premières coliques.

— M .Laboulbène indique un moyen qui lui a toujours réussi pour combattre les œdèmes considérables que l’on observe dans les maladies du cœur ou des reins. Ce moyen, qui ne détermine ni érythèmes, ni érysipèles, consiste dans l’emploi de l’ignipuncture faite avec de petites aiguilles rougies à la flamme d’une bougie.

A ce propos, M. Laboulbène, analysant la sérosité des œdèmes, a pu reconnaître que, ainsi du reste que le dit Ch. Robin, elle contient très-peu d’albumine.

M. Constantin Paul s’est très-bien trouvé, dans le traitement de l’œdème, de l’emploi d’un moyeu peu connu en France : les tubes de Southey. Ce sont de petits tubes d’argent de I millimètre de diamètre et de 2 centimètres de long, qui sont munis d’un lube en caoutchouc destiné à conduire du liquide dans un récipient spécial. Ce moyen offre, en outre, l’avantage de pouvoir mesurer exactement la quantité du liquide écoulé. Il n’est jamais suivi d’aucun accident.

— M. Édouard Labbé présente un jeune homme atteint d’une énorme hypertrophie de la rate et d'une altération probable du foie, qui se sont développées sans cause appréciable. Ce jeune homme, en effet, n’a jamais eu de fièvres intermittentes et ne se rappelle pas avoir jamais traversé de pays à marécages. Ces affections se compliquent à certains moments d’ascite considérable et fort gênante. M. Labbé était sur le point de recourir à la ponction, quand il obtint les meilleurs effets de l’emploi d’un purgatif drastique, composé de

25 grammes d’eau-de-vie allemande et de 30 grammes de sirop de nerprun. Cette ascite se reproduit avec une telle rapidité que l’on doit recourir à l’emploi de ce drastique tous les dix jours. Le gonflement du foie, qui avait été au début assez considérable, a notablement diminué; mais celui de la rate reste stationnaire. M. Labbé ajoute que ce jeune homme a eu de fréquentes épistaxis.

M. Edouard Labbé demanda à ses collègues ce qu’ils pensent du diagnostic et du traitement de cette affection. Suivant lui, il s’agit évidemment d’une tumeur solide de la rate. U a fait, en effet, une ponction exploratrice qui n’a amené qu’une goutte de sang et qui n’a d’ailleurs été suivie d’aucun accident. La surface de cette tumeur est lisse, uniforme, d’une dureté fibreuse et ne présente aucune bosselure. Relativement au traitement, étant donnée la gravité du pronostic que M. Labbé regarde comme fatal, n’est-il pas permis de se poser la question de la splénotomie? M. Labbé rappelle à cette occasion le premier succès obtenu en 1549 par Zacarelli, l’insuccès de M. Kœberlé et les deux célèbres observations de M. l’éan qui, toutes deux, furent suivies d’une guérison définitive ; la première malade fut opérée en 1867 et la seconde en 1878. Ces deux femmes jouissent encore aujourd’hui d’une santé parfaite. Ces deux succès sont encourageants.

M. Blachez cite un cas analogue à celui que vient de présenter M. Labbé. 11 s’agit d’une femme de quarante-six ans, qui est entrée à l’hôpital, présentant une rate et un foie extrêmement hypertrophiés. Cette femme avait toujours joui d’une excellente santé. Le foie, sous l’influence des douches et de l’iodure de potassium, a considérablement diminué de volume; mais la rate est restée la même. L’examen des globules sanguins n’a rien fourni de particulier. Elle a eu, il y a quelques années, une hémalémèse,

L’observation sera publiée.

Société de chirurgie.

Polypes naso-pharyngiens; méthode opératoire. — Présentation d'instruments. — Observation d’uréthrotomie externe. — Présentation d’un malade.

M. le Secrétaire donne lecture d’un mémoire de M. E. Bœckel (de Strasbourg) : De l’incision transversale du voile du palais comme opération préliminaire pour l’ extirpation des polypes naso-pliaryngiens. On fait la boutonnière palatine avec le thermo-cautère ou avec le bistouri; l’opération est pratiquée en un ou deux temps. L’opération en un temps ménage le moral du malade; autant que possible il faut opérer eu deux temps chez les enfants. Dans tous les cas l’anesthésie est possible.

Quand le polype naso-pharyngien est pédicule, l’opération préliminaire n’est point nécessaire. Si le polype n’est pas pédicule, M. Bœckel conseille l’incision transversale du voile. Quand il y a un prolongement dans le sinus maxillaire, faire la résection temporaire du maxillaire supérieur; si les prolongements occupent les fosses nasales, choisir la résection temporaire du nez par le procédé de M. Ollier.

Dans tous les cas, il fautruginor profondément et cautériser le point d’insertion.

— M. le Secrétaire lit une note de M. Beverdin, relative : i° à une modification de l’aiguille à suture de Bruns; 2° à un pulvérisateur de poche pour le pansement de Lister.

— M. Horteloup lit une observation d’uréthrotomie externe. Le 11 septembre 1878, un homme de quarante-trois ans entre à l’hôpital avec une tumeur périnéale. Blennorrhagie il y a vingt ans. En juillet 1878, chute sur le périnée, d’où un

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abcès qui s’ouvrit et guérit spontanément. Quand le malade entra à l’hôpital, il y avait un abcès urineux derrière un rétrécissement. Incision de la tumeur; l’urine s’écoule par la plaie. .

Le 30 septembre, frisson violent; néphrite; urines albumineuses. En quelques jours, grande amélioration. M. Horteloup fait l’uréthrotomie externe. Au commencement de novembre, la plaie périnéale était cicatrisée et le canal de l’urèthre admettait une bougie Béniquié n° 45.

— M. Després a présenté une. femme à laquelle il avait fracturé le col chirurgical de l’humérus pour remédier à l’immobilisation d’un bras, suite d’une luxation de l’épaule non réduite. M. Després a fait la même opération sur une vieille femme, qui va bien et qui sera bientôt présentée à la Société de chirurgie. Comme chez la première opérée, il y a un cal osseux, quoique l’on n’ait appliqué aucun appareil contentif.

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