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SÉANCE GÉNÉRALE D’OUVERTURE, 28 AOUT

La huitième session de l’Association française s’est ouverte à Montpellier le jeudi 28 août. M. Bardoux, président du congrès, a prononcé un discours remarquable, mais qui n’avait qu’un rapport assez indirect avec la circonstance, et était relatif à l’éducation de la jeunesse et à la réforme de l’enseignement.

Ensuite M. Laissac, maire de Montpellier, a souhaité en excellents termes la bienvenue à MAI. les membres du congrès.

Enfin M. E. Cazelles, préfet de l’Hérault, qui appartient au corps médical et à qui l’on doit la traduction d’un des ouvrages d’Herbert Spencer, a prononcé un discours sur l’influence sociale de l’esprit scientifique. Ce discours a reçu de l’auditoire l’accueil le plus sympathique.

Après ces discours d’inauguration, M. fi. de Saporta, secrétaire général, a lu un rapport sur V Association française à la grande Exposition de 1878. La séance s’est terminée par une allocution de M. G. Masson , relative aux finances de l’Association.

Après avoir, dit-il, payé tous les frais immédiats de la session, il restait disponible, sur la somme qui nous avait été attribuée, une somme d’environ 13000 francs, applicable à nos dépenses courantes. C’est sur ce reliquat que nous avons prélevé le capital nécessaire à l’achat d’une rente de 400 francs,. du. montant de laquelle le conscii d’administration disposera chaque année sous le titre de subvention de la ville de Paris.

Section des sciences médicales.

séance du 28 AOUT 1879.

Ont été nommés membres du bureau dans la section des sciences médicales :

Président : M. Potain (en remplacement de M. Gubler, décédé).

Vice-présidents : MM. Denucé (de Bordeaux), Combal et Courty (de Montpellier), J. Bergeron (de Paris}.

Secrétaires : SIAL Chalot et Grasset (de Montpellier), François-Franck et L.-H. Petit (de Paris).

M. de Wecker : La guérison du glaucome simple par la sclérotomie. — M. de Wecker, rappelant les succès de l’iridectomie dans le traitement du glaucome aigu d’origine irritative, présente la sclérotomie comme capable de remplacer l’iridectomie dans le traitement du glaucome chronique.

— M. Leudet : Sur les lésions du péritoine chez les alcoolisés. — Ces lésions consistent : 1° en une ascite qui s’accroît lentement, résiste aux traitements médicaux ordinaires et peut disparaître définitivement après une ponction, à la condition que les voies digestives soient en bon état; 2° en des altérations inflammatoires chroniques : péritonite granuleuse, comme dans la tuberculose ; plaques laiteuses, rétraction et épaississement du mésentère ; rarement adhérences entre les feuillets du péritoine. On peut trouver, avec cette- forme de péritonite, un peu de liquide limpide ou d’un blanc grisâtre, sans purulence franche ; cè liquide peut quelquefois avoir le caractère hémorrhagique dans une période avancée. La marche de ces lésions est lente, très-insidieuse; l’attention n’est appelée sur elles que lorsqu’elles sont très-avancées ; elles paraissent résulter souvent de l’irritation graduelle de lésions du tube digestif, telles que la cirrhose gastrique avec ou sans ulcère, ou l’entérite.

MM. Henrot, Denucé et Potain ont observé des faits analogues à ceux que vient de rapporter M. Leudet.

— M. Livon (de Marseille) : Recherches sur l’action physiologique de l'acide salicylique.— Les principaux résultats se résument ainsi : exagération dans la propor tion d’acide carbonique exhalé ; contractions tétaniques des muscles, sui-* vies bientôt d’épuisement de la contractilité.

Cette action musculaire s’explique ainsi : l’acide salicylique a une action spéciale sur le système nerveux central ; mais l’épuisement du muscle ne résulte pas d’une action musculaire toxique spéciale : elle est la conséquence des contractions violentes auxquelles a donné lieu l’acide salicylique.

M. Carrieu (de Montpellier) cite un cas clinique qui lui paraît confirmatif de l’opinion que vient d’exprimer M. Livon sur l’action musculaire de l’acide salicylique.

M. Clément (de Lyon) pense, au contraire, que rien ne justifie, au point de vue clinique, l’idée émise par M. Livon. Il n’a jamais vu de contractions spasmodiques à la suite de l’administration de doses élevées d’acide salicylique.

discours, et la cour ne put que le mettre « hors de cause et de procès», lorsqu’il eut lancé à son adversaire ces paroles empruntées à saint Jérôme, et qu’il devait renouveler cinq ans plus tard dans une circonstance analogue :

Disposui. nasumsecarefœtentem ; timeat quislrumosus est.

L’implacable vainqueur poursuivit de ses sarcasmes le gazetier jusqu’en dehors du prélo:re :

— Monsieur Renaudot, lui dit-il en l’abordant, vous pouvez vous consoler, car vous avez gagné en perdant.

— Comment donc, répondit-il?

— C’est que vous étiez camus lorsque vous êtes entré ici et que vous en sortez avec un pied de nez.

Guil. Duval, alors doyen de la Faculté, a enrichi les registres de l’Ecole d’une analyse de celte fameuse audience du 14 août 1642. On pourra la lire dans le tome XIII, fol. 141, v°, et suiv., et se donner une joie que ri’a pas eue M. Àlaurice Reynaud, lequel a cherché en vain la plaidoirie de Patin dans les registres du Parlement.

X. — Considérations sur la sagesse de Charron , par P. Chanet, médecin de la Rochelle.

C’est aux soins de Guy Patin qu’on doit l’impression de ce livre, dont il avait depuis fort longtemps le manuscrit entre les mains. Il porte ce titre :

Considérations sur la sagesse de Charron, en deux parties, par M. P. G. D. en M. Paris, Claude le Groült et Jean Le Mire ; 1643; 8°. Les imprimeurs se sont trompés en mettant P. G. D. en M. pour P. C. D. en M. (Pierre Chanet, docteur en médecine) : un G à la place d’un C; la même erreur existe dans le privilège, daté du 30 janvier 1643. Au reste, Guy Patin s.’en explique dans deux lettres des 19 juin et 17 août 1643 :

« J’ai fait imprimer depuis peu un livre français intitulé : Considérations sur la sagesse de Charron. L’auteur en est inconnu, aut saltem non mit nominari ; un temps viendra qu’il parlera... »

5 Septembre 1879 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE - N» 36 — ' 573

M. Combat ( de Montpellier) ajoute qu’il ne considère pas comme fixées les indications du'salicylate de soude.

M. Bergèron pense que les accidents de la médication salicylée sont surtout dus à l’état pathologique du rein; aussi n’observe-t-on pas d’accidents chez les enfants, dont les reins sont généralement intacts.

Cette opinion est confirmée par M. Petit , qui rappelle que l’on a trouvé des lésions viscérales chez les sujets morts à la suite de l’administration du salicylate de soude, et qui ajoute que l’élimination par la peau étant entravée par les bains froids, on peut, pour cette raison, observer encore des accidents dus à l’emmagasinage d’une proportion trop considérable du médicament.

— M. Podolinsky conclut de ses recherches sur l’état sanitaire des populations du gouvernement deKieio, que la mortalité exceptionnelle que l’on y observe est due à deux causes principales : l’impaludisme et la syphilis.

— M. C halo t (de Montpellier) communique un travail sur les injections hypodermiques de pilocarpine après l’ opération de la cataracte par extraction et dans quelques autres affections. — Dans tous les cas les malades ont supporté difficilement les injections de chlorhydrate de pilocarpine, tant à cause de l’angoisse que de la lassitude qui les accompagnent. Plusieurs même ont refusé absolument d’en continuer l’usage. Ce médicament injecté à intervalles trop rapprochés ou en trop grande quantité donne lieu à des troubles circulatoires, notamment à des syncopes qui peuvent être mortelles. En regard des accidents, on n’a point à enregistrer de résultats satisfaisants qui puissent autoriser à considérer comme avantageux les effets de la pilocarpine dans la kératite superficielle diffuse, l’hypoéma, l’aquo-capsulite exsudative et l’état nébuleux du corps vitré.

MM. Fieuzal, Denucé, Eustache, Massart n’ont obtenu aucun bon résultat de l’administration de la pilocarpine; ils eifont toujours constaté les graves inconvénients; M. Massart cite même un cas de mort survenu chez un sujet ascitique après la troisième injection de pilocarpine.

— M. Petit communique un travail de M. Quinquaud, absent du congrès, sur la maladie et sa lésion hématique. Ce travail, qui renferme un grand nombre d’observations et d’analyses, sera publié dans le compte rendu des travaux de l’Association.

— M. Marquez communique une observation dans laquelle on recueillit du sable intestinal chez un sujet affaibli. Il ne croit pas que ce sable ait été introduit du dehors dans les voies digestives, et estime qu’il s’est formé dans l’intestin à la suite de combinaisons dont le secret lui échappe.

« Le vrai auteur, qui n'aime pas d’ètre connu, est M. P. Chanet, médecin de la Rochelle. J’en ai eu le livre manuscrit entre mes mains fort longtemps pour en avoir le privilège; les imprimeurs, au lieu de P. C., qui serait Pierre Chanet, ont failli en mettant P. G. Il est âgé d’environ quarante ans; il est fort savant, sanguin, mélancolique, qui a fort voyagé. Il est fils d’un ministre de Marans qui est encore vivant... »

P. Chanet ne teiiait pas absolument au voile dont il avait couvert son nom; car, l’année suivante, il le déchirait et publiait une seconde édition de son ouvrage : même formai, même pagination; mais l’avis « aux lecteurs» est changé; P. G. D. en M. deviennent sieur Chanet. L’exemplaire de celte seconde édition que possède la Bibliothèque nationale est curieux; il a appartenu à Guy Patin lui-même. On lit, en effet, sur la feuille de garde et de la main même du célèbre critique : Guido Patinus Bellovacus, Doctor Med. Par.

Voir sur Chanet la lettre de Patin à Spon, du 3 mars 1656.

— M. Champigny comrnunique des analyses de kystes et de prétendus calculs de cholestérine.

— M. Seguin rappelle les effets qui ont été faits déjà dans le but d’arriVer à l’adoption du système métrique dans les formules médicales des divers pays de l’Europe. Il engage les membres de la section à s’associer aux vœux déjà émis dans ce sens par le congrès de Genève (1877) et par le British medical Association, dans son dèrnier congrès, à Cork.

— M. de Varigny adresse à la section un travail sur les atrophies cérébrales chez les amputés. — L’auteur conclut que l’atrophie cérébrale chez lesampulés n’est pas chose nécessaire, et que, du reste, sa détermination est toujours difficile. Il n’est pas encore possible de faire entrer cette notion anatomo-pathologique en ligue de compte quand il s’agit de la théorie des localisations cérébrales, à laquelle elle n’apporte jusqu’ici ni confirmation, ni opposition.

M. S. Duplay fait une lecture sur le traitement chirurgical de l'hypospadias et de l'êpispadias. — L’auteur a apporté plusieurs modifications à son procédé de traitement de l’hypospadias (communiqué à la Société de chirurgie en 1874) et a appliqué au traitement de l’êpispadias la méthode et les procédés opératoires qui lui avaient réussi dans la première de ces deux affections.

La méthode du traitement de l’hypospadias comprend trois temps successifs : le redressement de la verge ; la création d’un nouveau canal uréthral ; l’abouchement des deux portions du canal.

Le second temps a été surtout modifié: au lieu de tailler sur la face inférieure de la verge deux lambeaux assez larges pour recouvrir complètement la sonde, M. Duplay se borne maintenant à tracer de chaque côté de la ligne médiane et à quelques millimètres en dehors de celte ligne, une incision longitudinale dont il dissèque à peine la lèvre interne de manière à l’incliner en dedans sur la sonde, mais sans chercher à recouvrir complètement celle-ci. Il dissèque au contraire largement la lèvre externe de chaque incision, de manière à amener vers la ligne médiane la peau des parties latérales de la verge. La suture enchevillée a été substitüée à la suture à points séparés, dans la réunions des lambeaux, aussi bien que dans l’abouchement des deux portions du canal qui constitue le troisième temps.

Dans le traitement de l’êpispadias, M. Duplay a adopté en le modifiant et en le simplifiant le procédé de Thiersch (de Leipzig). 11 procède par temps successifs qui sont la restauration de la partie balanique du canal ; la réparation de la

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