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XI. — Publications contre Théophraste Renaudot

Un des points les plus curieux de l’histoire de la Faculté de médecine de Paris, c’est sa lutte contre Théophraste Renaudol, l’ingénieux, le courageux inventeur du Bureau d'adresses, de la Gazette, des consultations charitables et des prêts sur gages. Cette lutte a été violente, haineuse, sans trêve ni merci ; elle a duré plus de quatre ans. La Faculté a tout osé pour abattre le colosse qui la narguait, qui avait élevé autel contre autel, et qui la menaçait dans ses antiques prérogatives, dans son influence, dans son existence même. Elle a frappé le gazetier, le « trafiqueur d’amour », 1’ « usurier », le « monstre », lç « maudit », 1’ « infâme menteur et imposteur », le « vilain nez pourri », le « cacophraste » dans ses plus chères affections, en fermant la voie de la licence et du doctorat à ses deux fils; elle a créé dans son sein une commission de neuf membres, un novemvirat, ayant pour mission de ne laisser aucun répit à Renaudot (Regist. -Comment.,

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portion pénienne, enfin l’abouchement du nouveau canal avec la portion postérieure.

— M. Henrot (de Reims) : De la ponction capillaire dans l'ascite. — M. Henrot s’inspirant de l’idée émise par M. Sou-: they (de Londres), au congrès du Havre (drainage capillaire des membres œdémateux), a substitué à la ponction de l’ascite par le trocart ordinaire la ponction capillaire avec écoulement continu. Il développe l’innocuité et les avantages de ce procédé.

M. Leudet qui l’avait déjà indiqué et préconisé dans son Traité de clinique publié en 1874, et M. Potain qui l’a employé avec succès se joignent à M. Henrot pour vanter les bons résultats de la ponction capillaire dabs l’ascite.

. — M. Massart (de Honfleur) cite une observation d’hémorrhagie alvéolaire intermittente survenue à la suite de l’avulsion d’une dent et guérie par le sulfate de quinine. A la suite de cette communication, M. Castaing (de Montpellier) fait remarquer que la périodicité des hémorrhagies dans les pays à fièvres palustres n’est pas un fait exceptionnel et rappelle que M. Bouisson a depuis longtemps insisté sur ce point. M. Jaunies (de Montpellier) a constaté l’intermittence dans certains accidents d’irido-choroïdite glaucomateuse. — M. Baréty a observé des hémoptysies et des hémorrhagies intermittentes. — M. J. Bergeron a soigné un enfant atteint d’une hématurie intermittente, indépendante de toute intoxication paludéenne, et qu’il a guéri par le sulfate de quinine.

— M. Dumas (de Montpellier) présente un bassin vicié à la suite d’une amputation de la cuisse pratiquée dans le jeune âge. Ce bassin appartenait à une femme de dix-neuf ans, primipare, morte de péritonite puerpérale. La déformation consiste en une atrophie de la moitié du bassin correspondant au fémur amputé. Sa forme se rapproche de celle du bassin oblique ovalaire produit par la luxation congénitale du fémur, mais avec cette différence que. la déformation est du côté opposé à la lésion. M. Dumas considère comme cause essentielle delà déformation les actions musculaires et les pressions subies par les oS.

Pour M. Mattéi, les causes invoquées par M. Dumas pour expliquer la déformation du bassin qu’il présente, sont réelles mais il croit qu’il faut donner une plus grande importance à l’action des forces physiques dont il développe l’influence sur les formes normales du bassin dans plusieurs types de l’espèce animale et chez l’homme, ainsi que sur les femmes pathologiques.

M. Poncet (de Lyon) émet l’opinion qu’il doit v avoir arrêt de développement de la moitié du bassin qui correspond au fémur amputé.

— M. Teissier père lit un mémoire sur les hémorrhagies bronchiques dans leurs rapports avec la phthisie pulmo¬

naire. — Se fondant sur un certain nombre d’observations qu’il rapporte avec détails, M. Teissier dit qu’il n’est plus aussi éloigné de croire qu’autrefois au plithisis ab hemoptoë. Il conclut de ses observations dans lesquelles des sujets jusque-là sains en apparence ont présenté des signes de tuberculose à la suite de traumatisme du thorax et d’hémoptysie : « 11 n’est pas exact de dire qu’une hémorrhagie bronchique ne puisse être suivie de phthisie pulmonaire que chez les sujets ayant déjà des granulations tuberculeuses. Les hémorrhagies bronchiques, même d’origine traumatique, jeuvent être des causes occasionnelles de tuberculose chez es sujets prédisposés dont les organes respiratoires ne jouissent pas de la résistance normale par suite d’une diathèse scrofuleuse, tuberculeuse, d’alcoolisme et de toutes les débilités constitutionnelles. »

C’est sur ce dernier point qu’insiste M. Thaon (de Nice): il considère le traumatisme du thorax comme capable de déterminer l’évolution d’une tuberculose pulmonaire chez des sujets déjà en puissance de la diathèse.

L’influence du traumatisme thoracique et non de l’hémoptysie qui en est la conséquence est tour à tour présentée comme le fait essentiel par MM. Chalot (de Montpellier), Bailly, A. Poncet, etc.

M. Chalot (de Montpellier) fait une communication sur Y ignipuncture dans le traitement des arthrites fongueuses. — L’ignipuncture, contrairement à la cautérisation ponctuée, a pour caractère propre d’agir profondément dans l’épaisseur des parties malades. Le thermo-cautère est la source de calorique la plus simple à mettre en œuvre, la plus facile à manier, la plus précieuse pour la constance et la graduation de la température.

L’ignipuncture est intra-capsulaire ou intra-osscuse, sui vant que les pointes de feu pénètrent dans l’épaisseur de la capsule fibro-séreuse ou dans celles des extrémités osseuses. L’ignipuncture est le meilleur mode de traitement des arthrites fongueuses, quand on lui associe l'immobilisation méthodique, qui est son complément indispensable. L’ignipuncture a moins une action résolutive qu’une action modificatrice directe sur les tissus malades : elle n’agit pas seulement par escharification multiple et par formation abondante de tissu inodulaire, elle modifie encore la nutrition intime des fongosités et les l'ait disparaître suivant le processus ordinaire de la sclérose.

L’ignipuncture est indiquée dans la synovite fongueuse primitive aussi bien que dans l’ostéite primitive ; elle l’est également dans la zonarthrite fongueuse.

t. XIII, fol. 113); elle a décrété (17 mai 1641) que tout docteur pourrait écrire contre l’ennemi commun. Et l’on ne s’est pas fait faute, rue de la Bucherie, d’user de la permission. Durant ces quatre années, ç’a été de part et d’autre une avalanche de factums, de pamphlets, de chansons, de pièces versifiées, qu’on dirait, pour la plupart, avoir été écrites plutôt par des crocheteurs que par des médecins, et dont les auteurs ont été, du reste, assez pudiques pour se cacher sous le voile de l’anonyme. Guy Patin ne fut pas le dernier à entrer en lice et à mettre au service de sa chère Faculté son talent d’écrivain, sa vaste érudition et celte plume satirique, endiablée, qui blessait à mort tout ce qu’elle touchait.

René Moreau avait ouvert le feu par La défense de la Faculté de médecine de Paris contre son calomniateur (1).

(1) Cette pièce ou plutôt cette lettre (in-4°; 59 p.; Péris, 464.1) est adresse'e au

rdinnl do Richelieu, qui avait toujours favorisé les innovations de Renaudot, cl qui

connue des bibliographes pour être de la façon de René Moreau. Je peux donner une

Riolan suivit de près son ami Moreau par un Adverlissemenl à Théophraste Renaudot, contenant les mémoires pour justifier les anciens décrets et privilèges de la Faculté de médecine de Paris; 1641 ; t‘n-4* de 58 pages.

Guy Patin vint en troisième, et écrivit en douze pages un libelle n’ayant ni titre ni nom d’imprimeur, mais avec la date de 1643, et commençant par ces mots : Le procès entre les doyen et docteurs régens en la Faculté de médecine de Paris et Théophraste Renaudot...

preuve qu’en cotte occasion on ne s’est pas trompé. Je la trouve dans les Registres- Commentaires (t. XIII, fol. 152, v°), où le doyon écrit ceci au chapitre des dépenses

M° Renato Moreau, dociori medico et professori Régis, pro libello apologetico eleganter et crudité a se edito, et typis mandato gallicc, pro Facullatc medicince Parisiensis, adversus calumniatorcm Tlieophrastum Renaudolum, Gazetœ magistrum; cujus libelli gallicc scripti litulus est : La défense de la Faculté de médecine

de Richelieu. A Paris, MDCXLI... Pro libello inquarn apologetico, distribui prœdiclo Renato Mweau, authori... 751.

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L’ignipuncture fournit ses meilleurs résultats lorsque l'arthrite n’est pas encore arrivée au stade de suppuration et d'ulcération*

— M. Grasset (de Montpellier) établit les rapports de la lèpre tuberculeuse et de la sclérodermie. — A propos de deux observations, M. Grasset dit qu’on a tort de séparer ces deux maladies d’une manière trop absolue : au triple point de vue de l'étiologie, de là symptomatologie et de l’anatomie pathologique, les deux maladies ne présentent pas chez les sujets observés les oppositions. indiquées par les auteurs. M. Grasset conclut qu’il faut réunir la <i lèpre nostras » à la sclérodermie sous le nom de sclérodermie tuberculeuse.

— M. A. Poucet (de Lyon) : Sur les dangers de T anesthésie par l'éther ou le chloroforme dans la réduction des fractures. — La période d’excitation initiale peut entraîner des conséquences très-fâcheuses et transformer une fracture simple en fracture ouverte. Pour supprimer cette période d’excitation, M. Poncet a soin de faire d’abord une injection hypodermique de I à 3 centigrammes de chlorhydrate de morphine ; l’anesthésie par le chloroforme ou par l’éther s’opère ensuite sans agitation.

— M. Brousse (de Montpellier) donne lecture d’un travail ayant pour litre : quatre' nouveaux cas d’nthétose. — Sur ces quatre cas deux se rapportent à l’hémianesthésie et se rencontrent chez des sujets atteints d’atrophie cérébrale de l’enfance; les deux autres s’observent l’un chez un sujet atteint d’atrophie cérébrale congénitale, le second est un cas complexe dans lequel l’athétose se trouve liée à la chorée. De l’étude de ces quatre cas l’auteur conclut à l'existence de termes de transition entre l’athétose et la chorée. Il croit qu’on doit établir un rapprochement et un rapport de cause à effet entre l’atrophie cérébrale et l’athétose.

— M. Bourguet (d’Aix) : De l’immobilisation de l’anse Intestinale dans quelques graves opérations de hernie étranglée. — Les hernies étranglées compliquées de péritonite herniaire, d’adhérences anciennes et récentes, de gangrène peu étendue, etc., peuvent être opérées en réduisant l’anse intestinale et en la fixant à la face profonde de la plaie, ce qui ne complique guère l’opération et peut limiter au voisinage de la plaie les accidents de péritonite.

— M. Letiécant (de Lyon) adresse un travail sur la prothèse immédiate dans la pratique de certaines opérations sur la face. — L’auteur a appliqué avec succès des moules en platine servant de charpente aux parties molles à la suite d’une résection du maxillaire inférieur et d’une rhinoplastie.

M. Denucé cite un fait de sa pratique dans lequel il moule le lambeau frontal dans un cas de rhinoplastie sur deux cornets en gutta-percha, permettant de donner immédiatement

à l’organe séparé une forme définitive et satisfaisante. Ces cornets après la cicatrisation sont facilement enlevés en faisant plonger le nez du malade dans l’eau chaude.

SÉANCE nu 1er SEPTEMBRE (MATIN) . PRÉSIDENCE DE M. POTAIN.

M. Fieuzal fait une communication sur deux cas de kystes hydatiques oculaires. La première observation correspond à un cas de kyste hydatique développé dans l’épaisseur du muscle droit externe de l’œil droit ; la seconde se rapporte à un cas dans lequel le ver vésiculeux s’était développé entre les insertions des muscles droit inférieur et interne.

En deux ans, M. Nicati (de Marseille) a observé deux cas de cysticerque de l’œil chez l’homme et if en a trouvé fréquemment chez le lapin.

— M. Nicati fait ensuite une communication sur la myopie dans les écoles de Marseille. De ses recherches statistiques, il résulte : 1° Que les myopes sont plus nombreux, à conditions égales, dans les écoles israélites que dans les écoles chrétiennes ; 2° que le nombre des myopes est plus considérable chez les sujets qui ont les yeux bleus ou gris que chez ceux qui ont les yeux noirs ou bruns; 3° que l’affaiblissement de l’acuité visuelle favorise considérablement le développement de la myopie ; 4n que le nombre des myopes est vraiment énorme parmi les internes du lycée, et qu’il y a lieu d’abandonner complètement les salles d’études de ce bâtiment dont la disposition est très-défectueuse. (Observations faites à Marseille.)

M. Thcion, rapprochant les chiffres présentés par M. Nicati de ceux de Colin (de Dreslau), fait remarquer que la myopie est aussi. fréquente dans les écoles de Marseille, qui est un pays de vive lumière, que dans les écoles du nord de l’Europe. Il y a donc d’autres éléments que la question d’éclairage.

— M. Berlin (de Montpellier) présente et explique les plans d’un grand hôpital qui doit être bâti à Montpellier, aptes avis d’une commission médicale nommée par la municipalité.

— M. Mattéi lit une Notice bibliographique sur l’école de Montpellier considérée sous le rapport de l’obstétrique. II montre par des citations que, depuis sa fondation, cette école n’a jamais négligé cette branche de l’art, qu’elle a fourni à la France entière, â toutes les époques, des maîtres éminents.

— M. Jaunies fait une communication sur le Procédé à employer pour relever des empreintes sur le sol. Il a modifié le procédé de Hugoulin (moule à l’acide stéarique) de la façon suivante : L’empreinte une fois solidifiée par la stéarine,

Ce libelle a été attribué à Michel de La Vigne, alors doyen en charge; mais nous sommes convaincu que Guy Patin en est bien l'auteur, car au chapitre des dépenses du décanat on lit cette mention (Regist. -Comment. , t. XIII, fol. 100, v°) :

« Die jovis 24 septemb. 1643, magistro Guidoni Patin, doctori medico, pro excusis 300 exemplaribus inficeti illius scripti quod typus suis edi curaverat Theophrastus Renaudolus et factum litis suæ adversus medicos scholæ Paris., nuncuparat, dedi sex libellas, d

Die sabbat i 31 octob., eidem magistro Guidoni Patin, pro narratione juris nostri, typïs mandata adversus Renaudotumet ejus socios..., 9 1. 5 s.

C’est-à-dire que Guy Patin a été chargé par la Faculté, de faire réimprimer, évidemment pour être envoyé aux juges, le libelle de Renaudot, intitulé, en effet : Factum du procès, etc. (s. 1. n. d., in-4°; 19 pages), et qu’il est lui-même l’auteur du libelle en question, dans lequel, en effet, il raconte ( narrai ) les droits de l’Ecole.

Guy Patin ne s’en tint pas là, et il écrivit un autre libelle qui ne lui fait pas honneur, et qui était destiné à remettre à flot une ténébreuse affaire d’arrestation de prisonniers espagnols, dans laquelle Anne d’Autriche se serait fort compromise, et à faire ressortir toute l’acrimonie d’un mémoire rédigé à cette occasion par Louis XIII et dont le gazetier s’était fait l’éditeur. Sur le point d’être inquiété sous un régime qui ne lui était guère favorable, puisque Richelieu, son protecteur, venait de mourir, Renaudot sut se tirer d’affaire et abattre, pour un moment, l’hydre qui le menaçait.

Trois brochures devenues extrêmement rares expliquent toute cette affaire. Elles portent ces titres :

1° Requesle présentée à la Reyne par Théophraste'Renaudot, en faveur des pauvres malades de ce royaume (s. 1. n. d., in-4", 8 pages).

2° Examen de la requeste présentée à la Reine par le gazetier; 4 nov. 1863; in- 4°; 40 pages.

3° Response à l’examen de la requeste présentée à la Reyne

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la surface en est 'lubrifiée par un corps isolant, huile ou eaü savonneuse, et on y coule du plâtré gâché. '

— M. RoUstan fait une communication relative à la Salpingotomie. Il propose la salpingotomie de la face postérointerne de la trompe dans certains cas d’otite moyenne et d’oblitération de la trompe d’Eustache.

— M. Parrot : Sur le plateau cardiaque dans l’espèce animale. Chez l’homme, les valvules sigmoïdes forment avec la paroi aortique un angle dièdre; chez le cheval, au contraire, il existe entre la valvule sigmoïde droite et la paroi aortique une large surface plane qui constitue le plateau. Cette surface représente le sommet étalé de la cloison interventriculaire, mais non pas de cette cloison tout entière, de sa partie ventriculaire gauche seulement. En poursuivant les recherches comparatives sur le cœur d’un très-grand nombre d’animaux, M. Parrot arrive à constater que le plateau existe chez les animaux qui ont de grands efforts à développer et chez lesquels, par suite, la colonne sanguine développe après la systole ventriculaire une poussée rétrograde énergique. Le plateau aortique sert ainsi de soutien à la colonne sanguine qui rencontre la résistance d’une colonne charnue et non celle d’une simple lame fibreuse.

A l’état pathologique chez l’homme, le plateau peut apparaître quand des conditions anormales sont créées à la circulation, par exemple dans le cas d’insuffisance aortique.

, — M. Coriveaud communique une observation A’ichthyose cornée remarquable par sa généralisation.

— M. Tison résume l’histoire d’un malade atteint d’athétose qui a guéri par l’application des courants continus.

SÉANCE DU Ier SEPTEMBRE (SOIR). — PRÉSIDENCE DE M. POTAIN.

M. Hortolès (de Lyon) lit un mémoire sur la Comparaison des anesthésies mixtes par l’éther ou le chloroforme avec les anesthésies simples par l’un ou l’autre de cesdeux agents.

11 conclut de ses observations, au nombre de 90, que le plus sur des agents anesthésiques est l’éther après injection préalable de chlorhydrate de morphine.

— M. Teissier fils : Sur les affections cardiaques consécutives aux affections gastro-hépatiques. L’auteur a observé

12 ou 15 cas de lésions du cœur droit développées, soit à la suite de maladies du foie ou de l’estomac (Potain), soit après des maladies intestinales. La lésion cardiaque ne s’accuse que par degrés; on perçoit d’abord un éclat inaccoutumé au deuxième bruit du cœur, puis le dédoublement de ce second bruit ; eu troisième lieu, le souffle de l’insuffisance tricuspide, enfin le pouls veineux. L’origine intestinale de ces lésions engage M. Teissier à admettre comme point de départ une

irritation du grand sympathique et non des filets sensibles du pneumogastrique; pour les autres parties du mécanisme des lésions cardiaques, M. Teissier se range à l’avis deM. Potain, qu’il s’opère par voie réflexe un spasme des vaisseaux pulmonaires sous l’influence de l’excitation réfléchie sur le pneumogastrique.

M. Combal croit que les troubles de nutrition consécutifs aux maladies gastro-intestinales peuvent suffire à expliquer les désordres cardiaques.

M. François-Franck, sans émettre d’opinion sur la valeur de la théorie adoptée par M. Potain et par M. Teissier fils, dit qu’il ne croit pas qu’on ait jamais démontré l’influence du pneumogastrique sur les vaisseaux du poumon : les expériences de M. Paul Bert ont complété la démonstration de l’action du pneumogastrique sur les muscles bronchiques; mais rien n’autorise à admettre que ce nerf ait aussi une action vasomotrice constrictive. D’après quelques expériences qui furent négatives au point de vue de l’action vasculaire constrictive du pneumogastrique et qui ont paru positives quant à l’action vaso-motrice des filets cardio-pulmonaires du sympathique cervico-thoracique, M. François-Franck inclinerait plutôt à admettre comme plus probable la réflexion sur les vaisseaux du poumon par le sympathique que par le pneumogastrique.

A la suite d’observations de M. Teissier père , relatives aux lésions du cœur gauche à la suite de maladies gastro-intestinales, de M. Lancereaux qui insiste sur la complexité du sujet et croit que ja théorie nerveuse n’est pas applicable à tous les cas, M. Potain développe les raisons qui lui font admettre la relation nerveuse entre certaines affections hépatogastriques et les troubles fonctionnels aboutissant quelquefois à une lésion définitive du cœur droit.

— M. Eustache communique une note sur lés lésions des organes urinaires dans l'ovariotomie.

François-Franck.

(.4 suivre.)

SOCIÉTÉS SAVANTES

Académie des sciences.

Sur le ferment digestif du « Carica papaya ». Note de MM. Ad. Wurtz et E. Bouchut.

Les analyses de Vauquelin et les observations de Cossigny, Bajou, Endlioher, Peckolt, Koy, Moncorvo, concernant l’action digestive du suc de papaya, ont engagé l’un de nous à faire venir ce produit d’Amerique et à le soumettre à des expériences qui ont été

par M. Théophraste Renaudol. Portée à son autheur par Machurat, compagnon imprimeur. Paris, 4644 ;in-4°; 75 pages.

C’est le deuxième de ces trois libelles, celui qu’avec intention nous avons souligné, que nous soutenons avoir été écrit par Guy Patin. Renaudot ne s’y est pas trompé dans la réponse qu’il y fit (n° 3), car dès la première page, faisant allusion au procès suscité par l’épître en tête de l’édition de Sennert, il interpelle ainsi son implacable ennemi :

« Je t’y trouve donc encore, camarade, après un silence de trois ans, qui n’a esté interrompu que par les bouffonneries de ton ridicule plaidoyé, qui appartenait mieux à un hostel de Bourgongne qu’à un barreau ; partagé de la pitié que les uns avoyent de ton ignorance et de la risée qœexcitoit aux autres ton mauvais françois, ta façon niaise, et ce badin de serment, vray comme vêla le jour de Dieu, messieurs, que tu répétois souvent, faute de bonnes raisons, en cette satisfaction que .tu fis en public à M. Renaudot, déclarant que c’estoit d’un autre et non pas de lui, que tu avois escrit les

médisances contenues en l’épltre liminaire des œuvres de Sènerte, naguère imprimées en cette ville... »

La Response de Renaudot fourmille de ces allusions à la personne de Guy Patin.

Mais voici une autre preuve, celle-là absolument convaincante.

C’était, comme nous l’avons vu, l’habitude à la Faculté de médecine de Paris, que la Compagnie tout entière supportât les frais d’impressions des mémoires, libelles, factums, etc., écrits pour son honneur et pour sa défense; la dépense était marquée par le doyen sur son registre. Or, voici ce qu’on lit à l’article Èxpensa, du décanat de Michel de Lavigne (Regist.- Comment., t. XIII; fol. 200, v°) :

« lnitio mensis novembris 1643, dedi Magistro Guidoni Patin, censori, pro trecentis et amplius exemplaribus Examinis libelli supplicis a Gazelario porrecti Reginæ, typis mandatis, triginta octo libras, et quindecim asses..., xxxvm 1. xv s. » (A suivre.)

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poursuivies pendant deux ans à l’hôpital des Enfants malades. Elles ont été complétées récemment, au point de vue chimique, au laboratoire de la Faculté de médecine.

Le suc liquide qui s'écoule par des incisions faites à l’arbre est neutre et laiteux. Il se coagule immédiatement et se sépare en deux parties, une sorte de pulpe insoluble ou peu soluble et un sérum incolore et limpide. Le suc pur qui nous a été adressé ne nous est pas parvenu sans altération, et celle-ci s’est manifestée par une odeur putride. On y a découvert le ferment butyrique. Four mettre le suc à l’abri de celte altération, on nous l’a expédié mélangé avec de l’eau sucrée ou avec de la glycérine et aromatisé avec quelques gouttes d’essence de menthe. Dans cet état, il se présentait sous forme d’un liquide épais, laiteux, sans nulle odeur accusant une fermentation. Mis en contact avec la viande crue, la fibrine, le blanc d’œuf cuit, le gluten, il les a attaqués et ramollis au bout de quelques instants, et a fini par les dissoudre après une digestion de quelques heures à 40 degrés. Le lait est coagulé d’abord, et la caséine précipitée se dissout ensuite. Des fausses membranes du croup, retirées par la trachéotomie, des helminthes, tels que ascarides et ténias, sont attaqués et digérés en quelques heures. Nul doute que ce suc ne renferme un ferment digestif analogue à celui que sécrètent les plantes carnivores, Nepenthes, Drosera, Darlingtonia, sur lesquelles MM. Darwin et flooker ont appelé l’attention. On sait que MM. Gorup-Besanez et Will ont retiré de ce suc une sorte de pepsine végétale.

Les auteurs entrent ensuite dans l’exposé d’une série d’expériences chimiques desquelles il résulte que la matière azotée précipitable par l’alcool du suc aqueux de papaya possède la propriété de dissoudre de grandes quantités de fibrine et se distingue de la pepsine parce caractère qu’elle la dissout non-seulement en présence d’une petite quantité d’acide, mais même dans un milieu neutre ou légèrement alcalin. Nous désignerons ce ferment sous 1e nom de papaïne.

La pulpe lavée avec soin dont on avait séparé le liquide aqueux renfermant la papaïne a été soumise à de longs lavages à l’eau distillée. Ces eaux de lavage ayant été évaporées à l’étuve à 40 degrés et réduites à un petit volume, ont donne avec l’alcool un précipité nui a dissous la fibrine dans les mêmes conditions que la papaïne directement précipitée du suc aqueux. Celte expérience fit naître la pensée que le ferment soluble pourrait prendre naissance par l’action de l’eau sur la pulpe, qui jouit, elle-même de propriétés digestives très-prononcées et qui possède, même après de longs lavages, une légère réaction aciae. Toutefois ce point demeure réservé, car la pulpe dont il s’agit est difficile à laver et pourrait ne céder que très-lentement à l’eau le ferment soluble quelle retient. Elle est d’ailleurs très-aqueuse : 54 grammes de celte pulpe n’ont laissé à l’évaporation que 2“r,5 d’un résidu solide possédant l'apparence gommeuse.

zO grammes de cette pulpe, bien lavée à l'eau et renfermant 9 décigrammes de substance sèche, ont été mis en digestion à 40 degrés avec 56 grammes de fibrine humide et 200 centimètres cubes d’eau. On a prolongé la digestion pendant quarante-huit heures, en ayant soin d’ajouter quelques gouttes d’acide prussique pour prévenir la putréfaction. La fibrine s’est entièrement dissoute : le poids du résidu insoluble était inférieur à celui de la pulpe introduite.

10 grammes de pulpe bien lavée (laissant après dessiccation 43 centigrammes de matière solide) ont été digérés à 40 degrés avec 17 grammes de fibrine humide et 50 centimètres cubes d’eau, avec addition d’une goutte d’acide cyanhydrique. Le tout s’est dissous au bout de vingt heures, sauf un résidu pesant 3 grammes à l’état humide, 71 centigrammes après dessiccation. La liqueur filtrée n’a pas donné de précipité par l’acide nitrique.

Dans ces dernières expériences il y a eu non-seulement dissolution de la fibrine, niais transformation en peplone, c’est-à-dire digestion complète.

Fièvre jaune. — M. Béclat adresse une Note concernant l’emploi de l’acide pliénique contre la fièvre jaune. (Renvoi à l’exatnen de M. Gosselin.)

Bégaiement. — M. Traversier adresse une Note relative à un mode de traitement du bégaiement. (Renvoi à l’examen de M. Bouillaud.)

Sur un nouveau mode d’administration de l’éther, du

CHLOROFORME ET DU CHLORAL A LA SENSITIVE. Note de

M. Arloing. — Les conclusions suivantes se dégagent des expériences de l’auteur : 1° le chloral, qui est anesthésique pour les atiimaux, n’agit pas au même titre sur la sensitive; 2° le chloroforme et l’éther exercent la même action, analogue à celle que l’on décrit chez les animaux, qu’ils pénètrent dans la sensitive par les feuilles ou par les racines.

Etudes sur la rage. Note de M. Galtier. — Conclusions : 1° La rage du chien est transmissible au lapin. 2° La rage du lapin est transmissible aux animaux de son espèce. Il m’est encore impossible de dire si le virus rabique du lapin a la même intensité d’action que celui du chien. 3° Les symptômes qui prédominent chez le lapin enragé sont la paralysie et les convulsions. 4° Le lapin peut vivre de quelques heures à un, deux, trois et même quatre jours après que la maladie s’est manifestement déclarée. 5° Non-seulement le lapin est susceptible de contracter ia rage et de vivre un certain temps après l’éclosion de la maladie, mais il est constant, d’après toutes mes expériences, que la période d’incubation est plus courte chez lui que chez les autres animaux. 6° L’acide salicylique, administré par injection hypodermique, à la dose quotidienne de 0°r,0068, pendant quatorze jours consécutifs à partir de la cinquantième heure après l’inoculation, n’a pas empêché le développement de la rage chez le lapin.

Recherches sur la chaleur animale. Note de M. d'Arsonval. — Voici, en quelques mots, en quoi consiste la méthode de l’auteur, qui sera exposée longuement dans les travaux du laboratoire de M. le professeur Marey : 1° le calorimètre est astreint à rester à une température fixe; 2» il est dans une enceinte à la même température que lui et également fixe. Ainsi se trouvent éliminées toutes les causes d’erreur provenant du rayonnement. La chaleur produite dans le calorimètre lui est à chaque instant enlevée par un courant d’eau à zéro dont l’écoulement est réglé automatiquement par le calorimètre lui-même, à l'aide d’un mécanisme trèssimple que je ne peux décrire ici. Quant à l’enceinte à température constante, elle est construite d’après les principes que j’ai fait connaître dans une Noie du 5 mars 1877. Le même principe sert au réglage du calorimètre. C’est ce que l’auteur a appelé la méthode de régulation directe. On comprend que l’eau qui entre à zéro dans le calorimètre et qui en ressort à la température n gagne dans ce passage n calories par litre. En écrivant sur un cylindre animé d’un mouvement continu les phases de cet écoulement, il a par cela même la quantité de chaleur produite par l’animal en expérience et les phases de cette production.

La méthode est un peu modifiée suivant qu’on a à mesurer des absorptions de chaleur, des productions, ou les deux à la fois. Le principe, dans tous les cas, reste le même : 1° Le calorimètre est dans une enceinte à température constante. 2° Il règle automatiquement sa propre température, qui reste toujours invariable.

L’auteur a contrôlé l’exactitude de cette méthode par divers moyens dont une figure que nous ne pouvons reproduire offre un exemple. On y voit comment s’effectue le refroidissement d’un litre d’eau porté à une température de 100 degrés, puis placé à l’intérieur du calorimètre, dont la température est de 30 degrés.

Le rôle des filets nerveux contenus dans l’anastomose

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