ALPHONSE DEVERGIE
Au début de la dernière séance de l’Académie, M. le Président a annoncé le nouveau deuil qui frappait la Compagnie. L’un de ses membres les plus justement honorés, M. le docteur Devergie venait de mourir. La séance a été immédiatement levée en signe de deuil.
Né en 1798, Devergie fut reçu docteur en 1823, après avoir suivi pendant plusieurs années les leçons de Dupuylren. Il se destinait d’abord à la chirurgie, mais il abandonna définitivement cette branche de l’art deux années plus tard, pour prendre part à un brillant concours qui lui conféra en 1825 le titre d’agrégé pour les sciences physiques et chimiques. En 1828 il fut nommé médecin du bureau central des hôpitaux. On sait que c’est surtout son passage à l’hôpital Saint-Louis qui a été fructueux pour la science. En 1857, M. Devergie fut élu membre de l’Académie de médecine, où son fauteuil lui
10 Octobre! 1870
était disputé par Tardieu, qui n’y entra que quelques années plus tard. Il eut l’honneur de présider celte compagnie en 1874. Pendant de longues années M. Devergie fut médecin expert près les tribunaux, et membre du Conseil d’hygiène et de salubrité ; il a beaucoup contribué à l’organisation actuelle de la Morgue, dont il a conservé la direction jusqu’en 1876, époque à laquelle M. Brouardel fut chargé d’y faire -des conférences médico-légales que M. Devergie avait inaugurées lui-même en 1840. En 1868, il avait puissamment contribué à fonder la Société de médecine légale dont il a été deux fois président.
Les travaux de Devergie sont nombreux, et il est impossible d’en donner ici môme un simple aperçu. La partie la plus importante de son œuvre est certainement celle qui se rapporte à la médecine légale. Son Traité de médecine légale théorique et pratique a eu trois éditions, et est encore aujourd’hui classique. Parmi ses nombreux mémoires publiés dans les Annales d'hygiène et de médecine légale, recueil qu’il avait fondé en 1829, il faut citer ceux qui sont relatifs à la docimasie, à la putréfaction dans l’eau, à la suspension, à la mort subite et à la responsabilité médicale. Comme expert il jouissait d’une grande autorité, et il eut souvent à soutenir des luîtes brillantes, d’abord avec Orfila, puis avec Tardieu.
Devergie s’était acquis une grande réputation comme dermatologiste, et son Traité des maladies delà peau .publié en 1854 est considéré comme un excellent ouvrage clinique.
Esprit calme, positif, exposant, ses opinions d’une manière claire et lucide, plein de courtoisie dans la discussion, M. Devergie s’était acquis, comme savant et comme orateur, une autorité incontestable.
A. Lutaud.
Comité consultatif d’hygiène. — En exécution du décret du 7 octobre, portant réorganisation du Comité consultatif d’hygiène publique, et par arrêté du ministre de l’agriculture et du commerce, en date du même jour, ce Comité a été constitué de la manière suivante :
Président : M. Wurtz, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, doyen honoraire de la Faculté de médecine de Paris.
Membres de droit : MM. le directeur des consulats et affaires commerciales au ministère des affaires étrangères ; le président du Conseil de santé militaire; l’inspecteur général, président du Conseil supérieur de santé de la marine; le conseiller d’Etat, directeur général des douanes; le directeur général de l’administration de l’Assistance publique; le directeur du commerce intérieur au ministère de l’agriculture et du commerce; l’inspecteur général des services sanitaires; l’inspecteur général des Ecoles vétérinaires; l’architecte, inspecteur des services extérieurs du ministère de l’agriculture et du commerce.
Membres nommés : MM. Brouardel, médecin des hôpitaux, professeur à la Faculté de médecine de Paris; Gavarret, membre de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté de médecine de Paris; Peter, membre de l’Académie de médecine, médecin des hôpitaux, professeur à la Faculté de médecine de Paris; Gallard, médecin des hôpitaux de Paris; Proust, médecin des hôpitaux de Paris; Lioüvilfe, membre de là Chambre des députés, médecin des hôpitaux; Dubrisay, docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux; Tirman, couseillcr d’Etat; Germer Baillière, membre du Conseil municipal de Paris; Chatin, membre de l’Institut, membre de l’Académie de médecine, directeur de l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris.
Secrétaire : M. le docteur Vallin, professeur à l’Ecole de médecine militaire du Val-de-Gràce. M. Amédée Latour, ancien secrétaire, a été nommé secrétaire honoraire.
Tout en remarquant avec plaisir dans la liste du Comité plusieurs noms nouveaux, il nous est impossible de ne pas faire remarquer avec quelque surprise l’absence du nom de M. Bergerdri (de l’Académie de médecine), l’un des membres les plus compétents et les plus actifs dé l’ancien Conseil.
Concours de l’internat en médecine. — Sont nommés juges du concours pour l’internat en médecine (commencé le 8 octobre) : MM. Gouguenheim, Gouraud, Henri Huchard, l.andrieux, médecins des hôpilaux; Marchand, Peyrot, Polaillon, chirurgiens des hôpitaux.
Faculté de médecine de Paris. — École pratique. — La vieille Ecole pratique a vécu. Des bâtiments provisoires s’élèvent avec rapidité dans les cours de l’ancien collège Rollin. Les tables de dissection vont être transportées ces jours-ci dans les nouvelles salles. Le chef des travaux anatomiques se trouve donc dans l’imjossibilité matérielle de faire reprendre les Iravaux pratiques à 'époque ordinaire. Mais il disposera probablement au nombre de places nécessaires dès la première quinzaine de novembre. Viennent des cadavres en nombre suffisant, et l’Ecole pratique n’aura momentanément plus rien à désirer.
On sc le rappelle, le nouveau personnel enseignant officiel (huit prosecteurs et vingt-quatre aides), mieux rémunéré par l’Etal à partir de cette année, cessera d'avoir des élèves payants et consacrera 'tout son temps aux élèves de la Faculté. Nul ne sera plus abandonné à lui-même. Chacun recevra gratuitement de véritables leçons particulières d’ostéologie, de dissection, d’anatomie et de médecine opératoire.
Avis. — Un docteur en médecine qui exerce dans le midi de la France depuis plusieurs années et qui peut fournir les meilleures références scienlifiques et professionnelles, cherche une clientèle, soit à Paris, soit dans les environs. Prière d’adresser les offres ou communications à la libraire G. Masson, aux initiales V. de M.
État sanitaire de la ville de Paris :
Du 25 seplembre au 2 août 1879, on a constaté 945 décès, savoir :
Fièvre typhoïde, 28. — Rougeole, 5. — Scarlatine, 0. Variole, 20. — Croup, 22. — Angine couenneuse, 21. — Bronchite, 24. — Pneumonie, 44. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 59. — Choléra nostras, 0. — Dyssenterie, 2. — Affections puerpérales, 1 0. — Erysipèle, 2. — Autres affections^ aiguës, 220. — Affections chroniques, 414 (dont 149 dues à la phthisie pulmonaire). — Affections chirurgicales, 46. — Causes accidentelles, 28.
SOMMAIRE. — Études cliniques. Études nouvelles de dermatologie. — Travaux originaux. Clinique chirurgicale : De la périostite externe chronique. — Pathologic interne : Note sur un cas d’épithélium pavimenteux développé sur la cicatrice d’un moignon. — Sociétés savantes. Académie des sciences. — Académie de médecine. — Société de chirurgie. — Revue des journaux. Des lésions histologiques du gloinérulc dans les néphrites, — Des infusoires de l'expectoration. — La méthode de Copeman contre les vomissements incoercibles de la grossesse. — De la scilluïne. — Bibliographie. Anatomie des centres nerveux. De la localisation des maladies cérébrales. — Index bibliographique. — Variétés. Nécrologie : Alphonse Devergie.— Comité consultatif d’hygiène.— FEUILLETON. A côté du congrès d'Amsterdam.
G. Masson, Propriétaire-Gérant.
OUVRAGES DÉPOSÉS AU BUREAU DU JOURNAL
Nouveaux éléments de ‘pathologie et de clinique médicales, par les docteurs A. Laverai! cl J. Toissier. 2 vol. in-8 de chacun G50 pages. Paris, J.-B. Baillière et fils. 15 fr.
En vente : Tonie I : Maladies générales, Maladies du système nerveux. Tome II, lro partie : Maladies des appareils circulatoire et respiratoire. — Sous presse : La seconde partie du tome II, comprenant la fin des Maladies de J'uppareil respiratoire, de l’appareil digestif, du foi;, des reins, du péritoine eide ses annexos, sera livrée gratis aux souscripteurs. (Le prix sera augmenté aussitôt l’achèvement de l’ouvrage.)
Traité clinique des maladies de la moelle épinière, par le professeur ,E. Leyden (de Berlin), traduit, avec le concours de l’auteur, par les docteurs E. Richard et Ch. Viry. 1 vol. grand in-8 de 850 pages. Paris, J.-B. Baillière et fils.
Vingt-sixième année
17 Octobre 1879
Comité de rédaction : A. DECHAMBRE, président; BLACHEZ, DIEULAFOY, A. HENOCQUE, L. LEREBOULLET, A. H. MARCHAND
Adresser tout ce qui concerne la rédaction au siège du Comité, chez M. Dechambre, 91, rue de Lille (avant le mardi de préférence).
Paris, IG octobre 1879.
Académie de médecine : Ablation diî l’utérus; continuation de la fonction menstruelle : M. Tillaux. —De l’emploi du « Guiigun balsam » dans le traitement de la blennorrhagie ET DE LA VAGINITE.
Ablation de l’utérus ; continuation do la fonction menstruelle.
En 1872, Demarquay communiquait à l’Académie de médecine un rapport dans lequel il condamnait l'extirpation de l’utérus considérée comme traitement des tumeurs fibreuses, et cette conclusion était approuvée par tous les membres de la commission académique, à l’exception de M. Richet qui faisait quelques réserves. C’est pour combattre cette prescription et pour montrer que le traitement des fibromes par l’ablation de l’organe doit entrer aujourd’hui dans la thérapeutique chirurgicale des affections utérines, que M. Tillaux a communiqué à l’Académie l’observation d’une des plus belles opérations d’hystérotomie qui aient été pratiquées jusqu’à ce jour.
Pour être juste, il faut dire que, bien avant l’injuste condamnation de Demarquay et la belle réhabilitation de M. Tillaux , l’hystérotomie avait été appliquée avec succès au traitement des fibromes utérins non-seulement à l’étranger, mais dans notre pays. En 1873, M. Péan avait déjà pratiqué neuf fois la gastrotomie pour des tumeurs fibreuses ou fibrokystiques, et il avait obtenu sept guérisons. Ce chirurgien s’exprimait ainsi après avoir publié ses observations: «L’amputation de la portion supra-vaginale de l’utérus n’est pas une opération plus dangereuse que l’ovariotomie compliquée d’adhérences. » Dans tous les ouvrages classiques publiés à l’étranger pendant ces dix dernières années, la gastrotomie
FEUILLETON
L'assistance médicale clic* les Romains et 1 arclnàtnc romaine, parle docteur Briau. Deux brochures in-8°.— Paris, G. Masson.
(Suite. — Voyez le n° 40.)