‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 205 sur 249 · II. — Arciiiatrie · texte numérisé non relu

II. — Arciiiatrie

Nous passons au mémoire concernant Tarchiâtrie romaine, et qui traite : 1° de Tarchiâtrie en général; 2° des archiàtres palatins; 3° des archiàtres municipaux; 4° des archiàtres populaires de Rome et de Constantinople; 5° des archiàtres scolaires; 6° des archiàtres du xyste et des vestales, .

On a beaucoup discuté sur le sens du mot archiàtre : les uns voulant que ce mot s’entendît du médecin hiérarchiquement placé au-dessus de ses confrères; d’autres, dù médecin 2° Série, T. XVI.

figure comme une des dernières ressources offertes aux chirurgiens dans les cas nombreux où les fibromes menacent la vie des malades. Le Traité des maladies des femmes de Gaillard Thomas, récemment traduit par nous, contient à cet égard les indications les plus précises. Dans son mémoire publié en 1873, M. Péan a fait connaître les résultats obtenus à la suite de 44 extirpations de l’utérus pratiquées par divers auteurs : sur ce nombre il y a eu 13 guérisons et 31 décès, ce qui donne une moyenne de 31,82 guérisons sur 100 opérations. A celte statistique qui remonte déjà à six années, il faut ajouter les nombreuses observations publiées depuis 1873, notamment celles de MM. Tillaux et Duplay.

La communication si intéressante faite par M. Tillaux à l’Académie avait donc pour but non-seulement de préciser les indications et le manuel opératoire de l’hystérotomie, mais encore de donner une consécration officielle à une opération qui, comme l’ovariotamie, avait été pendant longtemps en France l’objet d’une injuste réprobation.

On trouvera (page 6(58) dans notre compte rendu, et dans [es Bulletins de l'Académie, l’observation de M. Tillaux, qui a été suivie d’un succès rapide et complet. Nous voulons néanmoins appeler l’attention sur une particularité très intéressante que présente l’opérée et qni a trait à une question de physiologie.

La malade de M. Tillaux a été opérée le 5 avril. Après avoir ouvert la paroi abdominale par une longue incision contournant l’ombilic et détruit quelques adhérences, le chirurgien a rencontré les deux trompes qu’il a sectionnées après les avoir liées avec du catgut. Les deux ovaires, qui ne se trouvaient pas sur son passage, ont été respectés. Quant à l’utérus, il a été l’objet d’une extirpation presque totale, ainsi que le prouve la pièce placée sous les yeux de l’Académie. La malade, aujourd’hui guérie, se trouve donc posséder ses deux ovaires et une petite portion de col utérin. Quant aux trompes, elles ont été sectionnées pendant l’opération et n’établissent

du prince (roG âpx&vro; i«r poî) ; d’autres encore, du médecin encyclopédique, par opposition au médecin spécialiste. Suivant Haller, le nom d’archiâtre aurait désigné le premier, des médecins jusqu’à Constantin, et, depuis lors, le médecin du prince. Il y a même un président au parlement de Provence qui a fait de l’archiâtre un chef des portiers ( princeps atriï). Voilà beaucoup discuter sur un point assez clair. L’archiâtre, c’est le médecin en chef quand il est seul de son rang; c’est un médecin principal quand il appartient à un corps formé de plusieurs médecins placés au-dessus des autres. On verra plus loin que Néron avait un archiàtre; que plus tard les empereurs en eurent plusieurs; que, plus tard encore, les médecins du palais eurent à leur tête un président, archiàtre des archiàtres. De même on verra que les villes eurent des médecins, également nommés archiàtres, en nombre variable, et qu’ils furent hiérarchisés.

L’ordre suivi dans son étude par M. Briau est parfaitement naturel. Néanmoins, la question de Tarchiâtrie municipale se

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plus aucune communication entre les ovaires et l’utérus. On pouvait donc supposer que, chez cette malade, la fonction menstruelle serait à jamais abolie, puisqu’elle ne possède plus ni trompes, ni utérus. Or il n’en est rien; trois mois après l’opération, les règles sont apparues et se sont montrées régulièrement et avec nne abondance suffisante pendant les quatre époques menstruelles qui ont suivi leur première apparition. Ce fait nous paraît digne d’attirer l’attention, car il démontre que, sous l’influence d’une simple excitation ovarienne et sans l’intermédiaire des canaux tubaires, les règles peuvent avoir lieu. On peut, il est vrai, se demander quelle est la muqueuse qui fournit le sang chez la malade de M. Tillaux, puisqu’elle n’a plus d’utérus. Mais il est probable que la petite portion du col qui a subsisté est le siège d’une hyperhémie suffisante pour fournir le sang menstruel. C’est là, du reste, un point qui nous paraît encore obscur, mais qui pourrait être éclairci par une étude attentive des phénomènes physiologiques que présente cette opérée.

Que deviennent chez cette femme les vésicules de Graaf après leur rupture? C’est là un point auquel il nous paraît difficile de répondre; il est extrêmement probable que les vésicules restent stationnaires ou sont résorbées par le tissu ambiant.

Dans tous les cas, ce fait vient à l’appui de la théorie qui considère l’écoulement sanguin menstruel comme un phénomène ultime, accidentel en réalité, indiquant la dernière période de la maturité de l’œuf avec laquelle il n’a que des rapports indirects. Les nombreux faits rapportés pendant ces dernières années permettent même de supposer que dans l’espèce humaine, qui jouit d’une aptitude permanente au rapprochement des sexes, les phénomènes de la maturation et de la chute de l’œuf, ne sont pas invariablement fixés par la période menstruelle.

A. Lutaud.

Emploi du « Ciirgim bnlsam » dans la blennorrhagie et la -vaginite.

Il n’est pas de médecin qui n’ait eu l’occasion de constater combien est rebelle la vaginite blennorrhagique, et de rencontrer des cas de contagion produite par quelques granulations du col utérin ou des culs-de-sac vaginaux. Tous les moyens thérapeutiques capables de faire disparaître ces phlegmasies

liant étroitement à celle de l’assistance médicale des indigents, examinée plus haut, nous commençons par elle. C’était d’ailleurs par des considérations sur les médecins des villes que se terminait presque la brochure précédente. Amené par sa bonne foi à reconnaître que l’épigraphie même constate des exemples assez authentiques de charité, tels que des legs destinés au soulagement des pauvres malades, M. Briau rencontrait ces médecins municipaux et les mentionnait en quelques lignes. « Il me paraît tout à fait probable , ajoutait-il, que parmi ces services (rendus aux municipes), les soins donnés aux indigents devaient être pour quelque chose (p. 9G). » On voit avec plaisir que cette restriction disparaît absolument dans le mémoire sur l’archiâtrie. C’est qu’en effet la mission confiée aux médecins des villes de donner leurs soins aux pauvres date d’une époque bien antérieure au christianisme. Trèsvraisemblablement, le plus ancien témoignage qu’on en puisse citer est celui qu’a fait connaître M. Michel Bréal, dans le Journal dm savants (cahiers d’août et septembre 1877).

persistantes méritent donc la plus légitime attention. C’est à ce point spécial que nous voulons aujourd’hui dire un mot du Gurgun balsam, en nous basant sur des expériences suivies depuis plus de deux ans à l’hôpital Saint-Louis.

Le baume de Gurgun ( Gurgun balsam, Wood oil) est connu depuis longues années dans l’Inde, où il est employé contre la blennorrhagie par les indigènes du Bengale. Plusieurs médecins de l’armée anglaise l’ont administré dans la lèpre, et parmi eux nous citerons : MM. Joseph Dougal ( Rapport , octobre 1873), William O’Shaughnessy ( Bengal dispensatory, 1842), E.-J. Waring ( Eléments of therapeutic, London, 1854, p. 201), Montgommery (1862), Henderson (Medic. Times and Gaz., 1865, t. I, p. 571). D’autres l’ont employé avec succès pour combattre la blennorrhagie et la blennorrhée, entre autres Henderson ( loc . cit.), Strauss (Ueber einige Bestandtheile der copaïba balsams, thèse de Tubingen, 1865), Erasmus Wilson ( Lectures on Dennatology, 1874-75, p. 26), Vidal ( Journal de thérapeutique, 1877), Luc Deval (thèse inaug., Paris, 1877; Gazette hebdomadaire, 1878, p. 61), Mallez, Mauriac, Gubler, Quinquaud, etc.

Cette substance est produite par divers arbres de la famille des Diptérocarpées, dont la description a été donnée par Cauvet ( Histoire natur. méd., t. II, p. 263); et qui croissent dans l’archipel Indien, dans la Malaisie et sur la côte du Bengale. Le baume, importé en Angleterre en 1855, a été étudié surtout par Roxburgh (Corom. Plants, 213), Charles Lowe (1854), Hanbury (1856), Rean-Kanny-Loll-Dey, Coulson, Ranal, Bouchardat (1873), Gubler (Commentaires de thérapeutique du Codex), Planchon, Guibourt, Verner, etc.

C’est un liquide de consistance sirupeuse, trouble et de couleur foncée; filtré, il devient rouge brun et transparent; il est amer, moins âcre que le baume de copahu; son odeur rappelle celle de ce dernier, mais elle est moins forte. Chauffé en vase clos à 130 degrés, il prend une consistance gélatineuse et se solidifie par le refroidissement ; puis il redevient liquide sous l’influence d’une douce chaleur.

Si nous ajoutons aux détails précédents que le Gurgun balsum coûte moins cher que le baume de copahu, qu’il est plus facilement toléré que celui-ci et qu’il ne paraît produire aucune éruption, on comprendra qu’un véritable intérêt s’attache à son étude.

Nous nous proposons surtout, avons-nous dit, de voir quels résultats cette substance donne dans le traitement de la vaginite; mais voyons d’abord quels avantages on en a tiré dans la blennorrhagie, chez l'homme comme chez, la femme,

M. Briau paraît l’avoir ignoré. Une tablette trouvée sur l’emplacement de l’ancienne ville d’Idalion, en Chypre, représente un contrat en caractères chypriotes passé entre la ville d’Idalion et une famille de médecins. Onasilos, fils d’Onasikypros, et ses frères sont invités par le roi Stasikypros et la ville à venir soigner gratuitement ceux qui ont souffert dans la guerre contre les Mèdes (Perses). Le roi et la ville s’engagent à donner aux médecins, soit la somme d’un talent (le talent valait en Grèce 60 mines et la mine 100 drachmes), garantie sur la maison du roi et le trésor de la ville, soit des biens pris sur la terre du roi et qui leur appartiendront en toute propriété et sans redevance. La tablette contient un second contrat, dont les conditions sont les mêmes que dans le précédent, et qui concerne Onasilos seul. Chose assez curieuse, l’acte, comme nous dirions, a été déposé par le roi et la ville auprès de la déesse Athéné (Minerve), d’Idalion, avec serment d’en garder les clauses à perpétuité. Enfin, par une addition probablement postérieure,

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et sous quelle forme elle est le mieux tolérée. MM. Vidal, Mauriac, Mallez, Deval, Quinquaucl (communication orale), ont obtenu des résultats au moins aussi heureux qu’avec le baume de copahu ; M. Mauriac, qui a suivi les tranformations histologiques du pus, a constaté la disparition progressive des leucocytes, qui devenaient de plus en plus granuleux, tandis que les éléments épithéliaux augmentaient de nombre par suite de la desquamation rapide de la muqueuse. Le Gurgun balsam a été employé sous forme de capsules, d’opiat ; mais surtout en émulsion avec la gomme. M. Vidal dépasse rarement 4 grammes par jour, en deux fois, au commencement des repas; dans ces conditions, pas de troubles gastriques. M. Mauriac, qui a porté la dose à 16 grammes, a observé des vomissements et de la diarrhée, et, nous devons le dire, des résultats moins bons ; cette observation paraît d’accord avec la pratique des médecins anglais, qui prétendent avoir réussi avec 15 à 20 gouttes par jour. Du reste, 1 e Gurgun balsam ne paraît pas présenter d’indications spéciales quant à la période de la blennorrhagie à laquelle il faut l’employer; c’est après la disparition des premiers accidents inllammatoires, quand la miction se fait à peu près sans douleur, qu’il doit être administré. Cependant, M. Vidal a, dans quatre cas, commencé le traitement dans la période d’acuité, et il a obtenu un résultat heureux après quinze à vingt jours. Dans les écoulements chroniques qui ont résisté au copahu et au cubèbe, l’emploi du Gurgun balsam adonné des guérisons qui doivent engager à de nouvelles tentatives.

Chez la femme, la blennorrhagie uréthrale sera facilement vaincune par le baume de Gurgun, mais qu’adviendra-t-il alors de l’inflammation spécifique de la muqueuse vaginale? Celle-ci deviendra par place le siège de granulations qui passeront d’autant plus facilement inaperçues, que l’écoulement provoqué par elles sera pris de très bonne foi par la malade pour de simples (lueurs blanches. Il y a là, nous le répétons, une source journalière de contagion. II importe en conséquence de faire disparaître au plus vite cette inflammation : pour arriver à ce but, on a mis en usage les traitements les plus variés, et l’on n’a pas craint de cautériser largement toute la muqueuse vaginale et cervicale avec un crayon de nitrate d’argent, moyen fort douloureux et non toujours radical.

M. Vidal, et après lui plusieurs de ses collègues, ont pensé à appliquer le baume de Gurgun au traitement topique de la vaginite blennorrhagique : c’est là surtout la partie intéressante des recherches poursuivies depuis deux ans.

Pour obtenir autant que possible un contact sérieux avec toutes les parties lésées, M. Vidal a eu recours à des précautions minutieuses que nous ne saurions trop recommander à ceux qui voudraient employer ce moyen. On commence par laver toute la cavité vaginale par des injections répétées d’eau tiède, puis on introduit le spéculum, qu’on ouvre de manière à déplisser complètement la muqueuse vaginale dans sa partie inférieure ; on introduit alors un assez fort tampon d’ouate fortement imbibé d’un Uniment composé de parties égales de baume de Gurgun et d’eau de chaux. Ce tampon est maintenu en place au moyen d’un second tampon d’ouate sèche. Le pansement est renouvelé une fois tous les jours. Le premier jour les malades éprouvent une légère cuisson qui diminue rapidement les jours suivants.

« Dès le premier pansement, dit M. Vidal, le pus est modifié, et la guérison a lieu le troisième ou quatrième jour. » D’autre part, M. Quinquaud, qui a soigné plusieurs malades par le même procédé, dit que la vaginite a été modifiée (sic) plus rapidement qu’avec les médications ordinaires. M. Deval affirme également, et cite plusieurs observations à [l’appui, que c’est le meilleur mode de traitement de la vaginite. En admettant même que M. Vidal soit tombé sur une série heureuse, il paraît bien établi que, comme topique, le baume de Gurgun est un agent précieux et qu’on doit poursuivre les expériences commencées. C’est en effet seulement en se basant sur des cas très nombreux qu’on pourra asseoir des indications précises et reconnaître les cas qui doivent être traité par le Gurgun balsam.

Que les médecins anglais continuent donc dans l’Inde leurs recherches sur le traitement de la lèpre, et que nos confrères fassent des essais dans la blennorrhagie et la vaginite. Déjà les doses employées par M. Mauriac ayant produit des accidents, on voit qu’il faut agir à doses modérées, et deux cas de blennorhagies traités sans succès par M. Quinquaud démontrent qu’une expérimentation plus étendue ne serait pas inutile.

H. Chouppe.

il est ditque les fils et petit-fils d’Onasikypros conserveront les propriétés ci-dessus aussi longtemps qu’ils resteront à Idalion. Il paraît que nos antiques confrères avaient préféré les immeubles à l’argent. Voilà bien une médecine gratuite instituée non, il est vrai, par les médecins eux-mêmes, — ce qui n’est pas la question, — mais par les autorités, — ce qui a une signification beaucoup plus importante. Inutile de faire remarquer que ce contrat, quoique intervenu dans des circonstances exceptionnelles, visait les indigents : la gratuité même des secours en est la preuve. II ne faut pourtant rien exagérer, et ici c’est nous qui voulons modérer l’esprit de justice de M. JBriau. L’intérêt des pauvres n’était probablement pas le seul qui portât les villes à se pourvoir de médecins et à les payer sur le trésor public, comme cela eut lieu en Egypte (Diodore de Sicile), aussi bien qu’en Grèce ou en Italie. Quand on voit des médecins célèbres mis, pour ainsi dire, aux enchères, comme ce Democède de Crotone (M. Briau le cite), qui, après s’être établi à Egine, où il recevait un talent,

passa d’abord à Athènes avec des honoraires de cent mines, puis se rendit auprès de Polycrale, tyran de Samos, pour deux talents (Hérodote), on ne peut se défendre de conjecturer que les villes ou les souverains songeaient à être utiles à l’universalité des habitants (peut-être à eux-mêmes, quand il s’agissait des souverains), en opposant à la tourbe des ignorants et des empiriques des médecins ayant fait leurs preuves de capacité.

Quoi qu’il en soit, ces médecins des villes avaient pour devoir exprès, moyennant un salaire annuel et certaines immunités, de donner leurs soins aux indigents et en outre d’enseigner leur art; cette dernière obligation existait déjà certainement pour les médecins de Marseille, dont parle Strabon; elle se lie d’ailleurs à ce fait que l’institution, venue de la Grèce, où la médecine était relativement avancée, honorée et interdite aux esclaves, avait, en se répandant au loin, passé d’abord par les cités d’origine hellénique. Après l’émancipation des médecins, des grammairiens et des rhé-

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TRAVAUX ORIGINAUX

Hygiène oculaire.

L’hygiène de la vue dans les écoles rurales, par le docteur Javal, directeur du laboratoire d’ophthalmologie de la Sorbonne. — Travail lu à la Société de biologie, dans la séance du 25 juillet 1879.

On peut évaluer à environ 500 millions les sommes que l’Etal, les départements et les communes vont dépenser en quelques années pour construire des écoles. En présence des inconvénients irréparables qui résulteraient de l’édification de salles de classe mal éclairées, je vous demande la permission de vous exposer les principes qu’il faudrait imposer en pareille matière aux communes.

Je me propose de vous présenter d’abord quelques notions générales sur la production de la myopie; ces considérations me permettront ae tirer des conclusions relatives à l’éclairage des salles de classe. Je réserverai pour une communication ultérieure l’étude des règles qu’il conviendrait d’imposer aux éditeurs de livres classiques, dans l’intérêt de l’hygiène oculaire de l’enfance.

; L — Des statistiques spéciales faites depuis une douzaine d’années dans un grand nombre de pays, nous pouvons tirer les conclusions suivantes :

1° La myopie, très-rare dans la première enfance, se produit pendant la fréquentation scolaire.

2° Le nombre des myopes, toutes choses égales d’ailleurs, est plus grand en Allemagne que dans les autres pays.

3° Dans les écoles rurales, la myopie est moins fréquente que dans les écoles urbaines.

4° Dans une même ville, le nombre des myopes est le plus considérable dans les écoles les plus mal partagées sous le rapport de l’éclairage.

Tous ces faits sont admis sans contestation. Il me paraît cependant nécessaire de formuler ici quelques réserves sur certaines conséquences que l’on a voulu déduire des statistiques.

De ce que la myopie est plus fréquente en Allemagne que partout ailleurs et, de ce qu’elle se présente plus souvenlchez les enfants des villes que parmi les enfants des campagnes, certains auteurs, égarés par un chauvinisme qui ne saurait faire impression sur nous, ont soutenu que la myopie est. très-souvent héréditaire, et que le degré de civilisation d'un peuple peut presque se mesurer au nombre des myopes qu’il renferme.

Les recherches statistiques que j’ai faites à Paris, tout à fait concordantes avec celles de nos confrères R. II. Derby et Edward G. Loring à New-York, conduisent à reléguer tout

leurs par Jules César, celte institution prit du développement, et fut enfin consacrée et réglée par [un décret d’Anlonin le Pieux. On va voir que ce fut sans parcimonie, et ceci confirme ce que nous disions tout à l’heure au sujet de la destination multiple de cette catégorie de médecins. Aux termes du décret, les petites villes pouvaient avoir cinq médecins jouissant de l’immunité, trois sophistes et autant de grammairiens; les villes plus importantes pouvaient avoir sept médecins et quatre professeurs de l’une et l’autre science ; les plus grandes villes enfin, dix médecins, cinq rhéteurs et cinq grammairiens. Ces médecins étaient nommés directement par les conseils des cités (conseils municipaux), assistés des propriétaires. Ils pouvaient être révoqués pour cause de négligence ou de mauvaise conduite. « La première qualité de ceux qui professent les sciences, a dit plus tard l’empereur Julien, consiste dans les bonnes mœurs ( moribus primum, deinde facundia ). »

Les immunités accordées par le statut d’Antonin consis- -

à fait au second plan l’influence de l’hérédité sur la production de la myopie, influence incontestable, mais assez faible pour que des soins convenables puissent presque toujours suffire à empêcher la myopie de se manifester chez les enfants dont les parents sont atteints de cette affection au degré le plus élevé ; tandis que l’on voit, au contraire, la myopie se produire avec une désastreuse facilité chez les enfants issus de parents indemnes, toutes les fois que les jeunes générations sont soumises aux influences qui favorisent la naissance de cette amétropie.

Le principal argument que l’on donne en faveur de l’hérédité de la myopie consiste à faire remarquer sa fréquence chez les Allemands, fréquence réelle et même assez caractérisée pour que, dans les écoles de New-York, on trouve plus de myopes, dans une même classe, parmi les Allemands que parmi leurs petits voisins, Américains et surtout Irlandais.

Je répondrai que la légère influence de l’hérédité se trouve renforcée par l’habitude .qu’ont les Allemands de faire beaucoup lire leurs enfants en dehors des heures d’école, et que des heures passées, à la lueur d’une mauvaise lampe, à déchiffrer des caractères gothiques usés, imprimés sur un papier gris, à moitié transparent, suffisent largement pour rendre compte de la fréquence relative de la myopie chez les Allemands, alors, même qu’en apparence, comme à New- York, les conditions de milieu sont les mêmes que pour le reste de la population.

Cette influence pernicieuse de la lecture du soir sur la vue des jeunes enfants s’est d’ailleurs visiblement manifestée en Alsace, où, depuis l’annexion, le nombre des myopes paraît avoir notablement augmenté, sans que je puisse trouver d’autres différences de régime que l’introduction des livres allemands dans les classes et l’obligation où sont les enfants d’emporter du travail à faire chez eux, à la veillée, ce qui ne se fait qu’exceptionnellement dans les villages français.

Après avoir établi que la myopie résulte généralement de lectures prolongées, faites dans des conditions défavorables, il serait intéressant de décrire le mécanisme par lequel se produit l’allongement de l’œil, qui est inséparable d’un degré de myopie tant soit peu accentué.

Sur ce point important nos lumières sont encore fort incomplètes. Voici, ce me semble, comment les choses se passent.

Quand une personne, douée d’une vue tout à fait normale, regarde un objet rapproché, il faut, pour le voir nettement, qu’elle fasse subir à sa vue une modification dont le but est de ramener sur la rétine l’image formée par l’appareil dioptrique de l’œil, et celte modification doit être doutant plus grande que la vue se porte sur un objet plus voisin. Cette modification passagère s’obtient généralement au moyen d’une augmentation de convexité du cristallin, ainsi que Th. Young

taient dans l’exemption des charges personnelles et civiles. Elles ont été maintenues par ses successeurs. Seulement, il faut bien remarquer, M. Briau n’en disant rien, qu’elles sont devenues communes, sous Constantin, à la profession médicale et à une trentaine d’autres professions, dont quelques-unes n’étaient pas des plus relevées : celles de fabricants de lits, de couvreurs, de puisatiers, de vitriers, de doreurs, etc., « afin, dit la lettre, qu’ils emploient leurs soins à se perfectionner età instruire leurs enfants ». (Lettre de Constantin au préfet Maxime.) D’où il suit que, pour ce qui concerne l’archiâtrie municipale (nous ne parlons pas encore de l’archiâtrie palatine), il ne faudrait pas trop se hâter de mettre entièrement sur le compte de la considération croissante des médecins les faveurs dont ils finirent par jouir dans l’empire romain, en dédommagement de leur ancienne abjection.

Une particularité intéressante relevée par M. Briau est que le code de Justinien rappelait aux médecins des villes qu’ils étaient rétribués sur les profits du peuple ( annonaria sibi

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l’a démontré dès 1797. Tout le monde admet aujourd’hui que l’accommodation produite par la déformation du cristallin reconnaît pour cause motrice la contraction des fibres circulaires, découvertes par Rouget dans le muscle ciliaire, suivant un mécanisme décrit par Helmholtz. Généralement, quand la vue se reporte sur les objets éloignés, le muscle ciliaire se relâche aussitôt et toute trace d’accommodation disparaît.

Mais il arrive aussi, suivant une remarque qui a été faite pour la première fois il y a une quinzaine d’années par M. Ulysse Trélat, qu’après une lecture prolongée la vision des objets éloignés reste moins nette pendant quelques heures. Que s’est-il passé? S’est-il produit un spasme du muscle ciliaire, ne permettant pas un relâchement complet de l’accommodation? ou la myopie dont je parle reconnaîtelle pour cause une augmentation de longueur dans le globe oculaire? Dans mon opinion, ces deux cas peuvent se présenter.

Sans nous prononcer sur le mécanisme de cette transformation, disons que certains yeux s’adaptent à la vision des objets rapprochés par le moyen d’un allongement de leur axe, lorsqu’on leur demande un effort d'accommodation prolongé ; ce sont ces yeux-là qui deviennent myopes et qui voient leur myopie augmenter toutes les fois qu’ils sont soumis à des efforts prolongés d’accommodation.

Il est aisé de concevoir tous les degrés intermédiaires entre les yeux qui n’augmentent pas de longueur, quelque prolongé que soit l’effort accommodatif auquel on les expose, et ceux, au contraire, chez lesquels il suffit d’un effort léger et peu prolongé pour produire une distension à peu près irrémédiable, et c’est ici que nous pouvons faire intervenir l’hérédité, en disant qu’il existe des différences individuelles congéniales dans la facilité avec laquelle l’organe s’allonge pour s’adapter à la vision des objets rapprochés.

Considérons un œil qui s’allonge pour le moindre effort; il est clair qu’un pareil organe ne saurait échapper à la myopie et que le chiffre de cette myopie sera donné par la distance de l’objet le plus rapproché qui aura été vu distinctement pendant un instant. Une pareille tendance à la myopie dépasse de beaucoup ce que nous rencontrons en réalité, mais il n’est pas rare de trouver des enfants dont la myopie atteint sûrement et rapidement un degré suffisant pour que la lecture se fasse sans accommodation; chez ces myopes, j’ai pu arrêter immédiatement le progrès du mal en prescrivant l’usage de verres convexes pour le travail ; et l’heureux résultat de cette iratique, absolument contraire à la routine, qui interdit 'usage des verres, ou à la demi-science plus funeste encore, qui fait porter des verres concaves à ces enfants, est une démonstration suffisante de l’exactitude des vues que je viens d’exposer.

Arrivés à ce point, nous pouvons admettre comme évident qu’il y a tout intérêt à obliger les enfants à se tenir le plus loin possible de leurs livres et de leurs cahiers, et c’est dans ce but , et seulement dans ce but, qu’il importe de leur donner des livres bien imprimés et de les inonder de lumière, car le vrai moyen d’empêcher les élèves de se pencher sur leurs pupitres est de leur en ôter le besoin et l’envie; l’enfant ne se couche sur son livre ou son cahier que s’il ne distingue pas parfaitement bien en se tenant droit. S’il n’y voit pas, il n’y a pas d’admonestation qui puisse l’empêcher de se rapprocher.

D’après ce qui précède, il est possible que, dans la classe la mieux éclairée, il se produise quelques cas de myopie légère parmi les enfants absolument prédisposés à cette affection. Il serait facile d’en enrayer aussitôt les progrès si l'on avait soin d’intervenir dès le premier symptôme de myopie. Et qu’on ne dise pas que c’est là une utopie, puisque cela se fait à Kônigsberg, où les maîtres ont été mis en éveil il y a douze ans par les statistiques de Hermann Cohn. Les résultats seraient sans doute bien meilleurs encore sil’on pouvait prendre le temps de corriger, le cas échéant, l’astigmatisme, qui, en diminuant l'acuité visuelle, oblige les enfants à se rapprocher du livre, et qui, après l’insuffisance d’éclairage, est la plus fréquente des causes de myopie.

Mais il se passera encore bien des années avant que l’on puisse songer à organiser l’inspection médicale des yeux des écoliers ; c’est à peine si l’on y pense dans quelques institutions de premier ordre. Il faut donc faire la part des possibilités, et l’absence de toutes les autres précautions rend plus indispensables encore les mesures à prendre pour inonder les classes de lumière. Et il ne suffit pas qu’il fasse clair en été dans la classe ; c’est à neuf heures du matin et à quatre hèures du soir, pendant les jours les plus courts de l’année, qu’il faut assurer un éclairage suffisant dans les écoles rurales.

II. — Les hygiénistes d’un pays voisin ont posé des règles établissant un rapport entre le nombre des élèves que doit recevoir la classe et la surface qu’il convient de donner au vitrage, comme si la lumière qui pénètre dans la salle se partageait entre les enfants ; le même carreau de vitre laisse arriver, suivant plusieurs directions, la lumière à un grand nombre d’élèves; il n’y a aucune proportionnalité à établir entre la dimension des baies et le nombre des écoliers.

Le problème est plus simple : il faut que le point le plus sombre de la classe soit suffisamment clair; et cette condition sera remplie si chaque pupitre reçoit suffisamment la lumière directe du ciel. Toutes les personnes qui ont fait de la photographie savent combien, par tous les temps, le ciel agit plus vivement sur la surface sensible qu’aucun corps terrestre : il

commoda a populi commodis ministrari), et leur recommandait de donner honnêtement leurs soins aux petites gens ( lenuioribus ) plutôt que de les réserver honteusement pour les riches (quant turpiter service divitibus). Pour la suite du texte, nous ne pouvons nous dispenser de faire à l’auteur une petite querelle, portant sur lamanière dont il a traduit un passage sur lequel il serait à souhaiter qu’on fut bien fixé. « Le texte ajoute, dit-il, que, s’il leur est permis (aux médecins) d’accepter le salaire qu’offrent les gens bien portants pour les services rendus, ils doivent refuser les promesses que leur font ceux qui sont en danger. Cette dernière prescription (c’est toujours M. Briau qui parle) se retrouve dans beaucoup de législations modernes, qui ne permettent pas aux malades de tester en faveur de leurs clients (p. 04). » Voici le texte latin, qui est tiré d’une lettre du premier Valentinien à Probus : « Quos (medicos) etiam expatimur accipere quæ sani offerunt pro obsequiis, non ea quæ périclitantes pro sainte promittnnt. » M. Briau, traduisant par

bien portants l’expression sani, et par services rendus le mot obsequiis, semblerait comprendre que le médecin est autorisé, comme tout citoyen, à accepter des dons d’un homme en bonne santé, auquel il a rendu un service quelconque, tandis qu’il lui est interdit d’accepter les promesses de legs faites par une personne qu’il soignerait et qui serait en danger de mort. Et cette interprétation est d’accord avec le rapprochement dont il la fait suivre : la prescription du code de Justinien aurait passé dans les lois modernes, qui frappent de nullité un legs fait à un médecin par un malade auquel il a donné ses soins.

Or, si c’est là ce qu’a voulu la loi romaine, on est frappé de la forme entortillée dans laquelle elle l’a dit. Rien n’était si simple à formuler qu’une interdiction de legs, sans qu’il fût nécessaire d’y ajouter cette singulière disposition, par laquelle le médecin est autorisé à se faire payer les services rendus aux gerfs, et, qui plus est, aux gens bien portants. Que si obsequiis veut dire ici soins médicaux, et c’est en effet le sens

17 Octobre 1879

importe que les rayons partis de celte voûte lumineuse ar-, rivent abondamment à la place la moins favorisée de toute la t classe.

Mais s’il est bon que la lumière du ciel pénètre largement dans la salle, nous n’en dirons pas autant de la lumière directe du soleil, qui est trop vive et qu’il convient d’éviter. Si cette disposition ne présentait pas d’autres inconvénients, il serait facile d’obtenir un éclairage par la lumière diffuse, en n’ouvrant de fenêtres que du côté Nord; avec un pareil éclairage latéral, on mettrait les bancs perpendiculairement au mur occupé par les baies ; les élèves recevraient le jour de haut en bas et de gauche à droite, ce qui est très-convenable pour écrire, et le résultat serait assez satisfaisant si la largeur de la classe ne dépassait pas notablement la hauteur des linteaux des fenêtres au-dessus du sol, car alors la place la moins favorisée verrait encore environ un vingtième de la surface totale du ciel. Avec les hauteurs de plafond généralement adoptées, on voit que l’éclairage unilatéral est sans grand inconvénient pour une classe dont la largeur ne dépasserait pas 4 mètres. Pour les salles plus larges, il faut ouvrir de nouvelles baies, qui seront situées de préférence dans la paroi opposée, et à la rigueur derrière les élèves. Dans tous lès cas, il faut éviter de mettre des jours en face des élèves, règle dont les architectes se soucient médiocrement, mais dont l’utilité est incontestable.

Les statistiques, d’accord avec la théorie, démontrent que l’éclairage bilatéral ne présente aucun inconvénient pour la conservation de la vue ; il n’y a nulle part moins de myopes que dans une belle école libre dont j’ai examiné tous les élèves et ou les classes reçoivent largement le jour des deux côtés, et aucune école ne fournit de plus tristes résultats que les constructions neuves de Zittau, où les classes ne reçoivent de jour que d’un côté, pour obéir à certaines idées théoriques.

Du moment où l’éclairage devient bilatéral, il faut renoncer à l’orientation que nous avons supposée jusqu’ici, qui amènerait à pratiquer des jours vers le Sud, ce qui est intolérable à cause de l’éclat trop grand du soleil au milieu de la journée. On est donc conduit à demander que l’axe de la classe soit dirigé du Nord au Sud, sauf à tempérer par des rideaux transparents l’éclat du soleil du matin et du soir. Ce système présente, de plus, l’avantage d’éclairer au mieux, matin et soir, pendant les courtes journées d’hiver.

Dans cette orientation de la classe, nous admettrons une certaine latitude; en l’accordant de 40 degrés de part et d’autre, c’est-à-dire en acceptant pour l’axe toutes les positions comprises entre le Nord-Ouest et le Nord-Est, ce qui suffit pour se prêter à toutes les dispositions possibles du terra’n, on recommanderait d’incliner l’axe plutôt vers le Nord-Est que vers le Nord-Ouest, pour des raisons d’hygiène générales, de manière à recevoir ie soleil plus longlemps le

matin que le soir. Autant que possible, le maître fera face au Midi, pour que, pendant les jours courts, les élèves reçoivent la lumière plutôt par derrière que par devant.

Dans le nord de la France, nous admettrons l’ouverture, au haut de la paroi Sud, d’un jour que l’on pourra tempérer par un rideau quand le soleil donnera, et qui rendra des services pendant les temps sombres.

Lorsque nous avons posé les règles auxquelles doit satisfaire la construction de l’école pour que l’éclairage y soit suffisant, nous sommes loin d’avoir rempli notre tâche ; car il faut encore tenir le plus grand compte des obstacles extérieurs qui peuvent rendre obscure l’école la mieux construite: je veux parler des constructions voisines. Il est indispensable d’assurer, non-seulement pour le présent, mais encore pour l’avenir, le libre accès de la lumière dans les classes ; et pour atteindre ce but il suffit de le vouloir, car la dépense se réduit à l’acquisition d’un terrain assez grand pour isoler convenablement l’école; dépense tout à fait insignifiante, car le terrain est de peu de valeur dans les communes rurales.

Et d’ailleurs ne faut-il pas ménager un préau pour les élèves, un jardin pour l’instituteur? La question se réduit donc à placer la construction dans une partie convenable du terrain destiné à recevoir l’école et ses dépendances.

Si l’on admet que la largeur de la partie de classe éclairée par des baies situées d’un côté est égale à la distance du haut des fenêtres au sol, un tracé géométrique fort simple montre qu’il suffit, pour que l’éiève le plus mal placé ne reçoive de jour que par la moitié supérieure des fenêtres, d’une construction voisine dont la hauteur soit précisément égale à la moitié de la distance qui sépare l’axe de la classe du pied de la construction voisine. En posant donc simplement la règle ue l’on devra toujours réserver de part et d’autre de l’axe e l’école un espace libre d’une largeur au moins égale au double de la hauteur des plus grandes constructions en usage dans la contrée, on aura amplement satisfait aux nécessités, étant bien entendu qu’on a adopté l’éclairage bilatéral pour les classes dont la largeur dépasse 4 mètres.

Quant à l’ombre que peuvent apporter les arbres plantés par les voisins, il me paraît difficile de poser des règles fixes pour en éviter les inconvénients, qui sont bien atténués par l’absence des feuilles pendant les courtes journées de l’hiver, et par l’intensité de la lumière dont on jouit généralement en été; il faudrait cependant attirer sur ce point l’attention des autorités locales.

Je ne me dissimule pas les résistances que les municipalités et les architectes opposeront à la mise en pratique des règles que je viens de formuler. Les amour-propres locaux ne céderont pas aisément quand on leur demandera de construire l’école obliquement par rapport à l’alignement de la rue. Pour les amener à ne laisser en façade qu’un pignon

dans lequel il est employé immédiatement au-dessus du passage cité, la disposition édictée reste encore assez bizarre, puisqu’elle devient celle-ci : « Le médecin peut recevoir pour ses soins ce que lui offrent les gens bien portants. » Tout s’éclaircit dès qu’on traduit à la fois obsequiis comme je viens de le dire, et sani par guéris. Le texte alors signifie mot à mot : « Nous permettons aux médecins d’accepter ce que leur offrent pour leurs soins les malades guéris, mais non ce que leur promettent, pour prix de leur salut, les malades en danger. » Le code de Justinien n’édicte ainsi qu’une obligation d’honnêteté, de moralité, une de celles qui avaient pour sanction la clause de la destitution. Il dit aux médecins : Rien de plus licite que de recevoir des honoraires d’un malade que vous avez sauvé ; mais il ne l’est pas d’accepter les promesses que peut vous faire un malade effrayé par le sentiment du danger. Il n’y a là qu’une analogie bien éloignée avec l’article 909 de notre Code civil. Mais nous ne pouvons admettre une telle erreur de la part d’un humaniste comme M. Briau.

Sa traduction certainement ne pèche que par trop d’abandon ; nous le croyons d’autant plus volontiers que, retrouvant plus loin le texte de Valentinien dans le code de Théodose, comme il l’avait trouvé dans le code de Justinien, il le traduit un peu différemment en donnant au mot obsequiis la signification de soins (sans doute médicaux), tout en traduisant encore sani )ar bien portants. Malheureusement il obtient ainsi la singuière opposition de mots que nous signalions tout à l’heure (1).

Les médecins des villes sont souvent désignés dans les livres, dans des textes de lois, dans les monuments épigraphiques sous le nom d’archidtres. A quelle époque remonte ce litre ? Des textps d’Erotien ( Onomasticon ) et de Galien

^ P) Au moment où ce travail allait être imprimé, nous avons voulu savoir comment Tissot ( Les douze livres du code de l'empereur Justinien ) : « Nous leur per-

auront guéris leur offriront après leur guérison, et non cc qu’ils leur promettront pour obtenir la santé. »

sans fenêtre, ce qui est nécessaire quand le terrain est au sud d’une rue dirigée de l’Est à l’Ouest, il ne faudra rien moins qu’un refus de subvention du département et de l’Etat.

L’énergie des vanités auxquelles les principes que je viens d’exposer se sont heurtés et se heurteront encore, servira d’excuse à la vivacité de mon langage. Qu’on y prenne garde, la France n’est pas assez riche pour se permettre, dans chacune de ses communes, une fantaisie architecturale analogue à l’Hôtel-Dieu de Paris. Il appartient au ministre qui dispose des 120 millions de la Caisse des écoles d’imposer aux architectes les préceptes adoptés par les hommes de science, et c’est pour renseigner l’Administration que je viens vous proposer les conclusions suivantes :

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