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X. Abnozan

Société de thérapeutique.

Cas de paralysie pseudo-hypertrophique chez un enfant de douze ans : M. DaUy. — Du traitement de l'hydarthrose : M. Brame (de Tours). — De la pepsine et de l'incompatibilité des ferments et des alcooliques : M. Catillon. — Du traitement de la diphthêrie par les applications locales de bromure de potassium : M. Peyrot (de Libourne). — Du traitement des affeotions ulcéreuses chroniques par le chlorate de potasse : MM. Dujardin-Beaumetz et Blondeau.

M. Daily présente un enfant de douze ans, atteint de l’affection décrite par Duchenne (de Boulogne) sous le nom de paralysie pseudo-hypertrophique. Sous cette dénomination, Duchenne (de Boulogne) décrivait une affection caractérisée principalement : « 1° par un affaiblissement des mouvements siégeant, au début, dans les muscles moteurs des membres inférieurs et dans les spinaux lombaires, s’étendant progressivement, dans une période ultime, aux membres supérieurs, et s’aggravant jusqu’à l’abolition des mouvements ; 2° par l’augmentation progressive du volume de la plupart des muscles, atteints en même temps de parésie; 3” par l’hyperplasie du tissu connectif interstitiel des muscles lésés dans leur motilité, et par une, production abondante ou de tissu fibreux ou de vésicules adipeuses, dans une période plus avancée ». L’enfant présenté par M. Daily répond exactement aux symptômes décrits par Duchenne : les muscles moteurs des membres inférieurs et des spinaux lombaires sont extrêmement hypertrophiés ; ils forment des bosselures tout à fait cndésaccord avec l’àge du malade d’une part, et d’autre part, avec le développement normal des autres muscles non lésés. M. Daily présente ce malade à cause même de la rareté de cette affection, dont il n’a été publié que treize observations jusqu’à ce jour.

M. Constantin Paul insiste, sur cette présentation importante, non-seulement par la rareté de l’affection, mais parce qu’elle montre nettement la répartition de la lésion, qui n’existe pas sur tous les muscles, mais simplement sur des groupes de muscles, tandis que des muscles voisins paraissent atrophiés. On trouve de plu1!, chez ce malade, ce que Duchenne a constaté de son côté, c’est-à-dire une ensellure considérable par atrophie des pectoraux et des transversaires. Depuis un certain temps, M. Constantin Paul cherche à reconnaître la marche de la succession des lésions musculaires dans les affections nerveuses : les lésions musculaires marchent dans un ordre qui est propre à la nature de la paralysie; on pourrait ainsi, d’après le siège et l’intensité des lésions musculaires, reconnaître la période de la maladie à laquelle on est arrivé. Par exemple, dans la paralysie du radial, le premier muscle atteint est le long supinateur, puis les muscles radiaux. Dans la paralysie pseudo-hypertrophique, n’y a-t-il pas un processus constant qui permette de dire que l’affection est en progrès ou en décroissance?

— M. Brame fait une lecture sur le traitement de l’hydarthrose.

— M. Catillon donne lecture d’un mémoire sur la pepsine et sur l’incompatibilité des ferments et des alcooliques.

Dans la séanée du 12 août, M. le professeur Vulpian a fait à l’Académie une communication importante sur les ferments digestifs, en démontrant, d’une part, l’incompatibilité qui

existe entre ces ferments et l’alcool, et d’autre part, l’incompatibilité de ceux de ces ferments qui agissent dans un milieu alcalin (diastase et pancréatine), avec celui qui agit dans un milieu acide (pepsine) ; d’où il conclut : 1° qu’il faut éviter d’associer à ces produits l’alcool et les alcooliques, même le vin; 2° qu’il est inutile d’associer la diastase et surtout la pancréatine à la pepsine; car l’acidité du suc gastrique détruit les propriétés de ces premiers ferments, ou mieux, ce qui est plus exact, retarde l’action de la diastase et anéantit d’une façon irrémédiable l’action de la pancréatine. Il importe, en effet, de faire une réserve en ce qui concerne la diastase, car M. Catillon a constaté expérimentalement que le suc gastrique extrait par la glycérine digère les féculents.

Si on le met à l’étuve avec de l’empois d’amidon, celui-ci se fluidifie, la liqueur filtre avec facilité et réduit fortement la liqueur cupro-potassique. Si on le fait agir à la fois sur la fibrine et sur de l’empois d’amidon, les deux transformations s'effectuent simultanément et la fibrine se dissout aussi rapidement et en même proportion que dans l’eau simple.

1 gramme de pepsine à la glycérine, qui digère 6 grammes de fibrine, peut dissoudre en même temps 3°r,50 d’amidon. La pepsine proprement dite, la pepsine du Codex obtenue par précipitation par l’acétate de plomb, de même que celle quia été précipitée par l’alcool, n’a pas d'action sur l’amidon.

— M. Dujardin-Beaumetz présente, au nom de M. le docteur Peyrot (de Libourne), un mémoire sur le traitement de la diphthêrie parles applications locales directes du bromure de potassium. Ce mémoire repose sur 42 observations. Les résultats ont été des plus satisfaisants. M. Peyrot emploie tantôt une solution de 15 à 20 grammes de bromure de potassium dissous dans 100 grammes d’eau et dans de la glycérine, tantôt de la poudre porphyrisée de bromure de potassium, poudre qu’il emploie par insufflation sur les parties malades : il a employé aussi la solution en pulvérisation. Le but qu’il se propose est d’abord de détruire les fausses membranes, et ensuite de faciliter la reconstitution de la muqueuse. M. Dujardin-Beaumetz ajoute que le bromure de potassium possède des propriétés caustiques, moins énergiques cependant que celles du chlorate de potasse.

M. Féréol a traité un cancroïde des lèvres par les applications du chlorate de potasse ; il a obtenu de lions résultats. Dans trois cas où ce traitement a été employé, deux fois on a observé une cicatrisation presque complèle; la troisième fois la récidive ne s’est produite que cinq ans après. Mais il est une chose imposante à signaler, c’est que le chlorate de potasse agit sur le système cutané, mais non sur les muqueuses : il serait donc inutile de l’employer dans un cas de cancroïde de la langue.

M. Bucquoy répond que l’opinion n’est pas encore fixée sur la valeur thérapeutique des applications locales du chlorate de potasse, malgré les expériences de M. Cadet de Gassicourt, dans la diphthêrie et les angines.

M. Dujardin-Beaumetz a traité avec succès les affections vaginales par des applications de chlorate de potasse : sous l’influence de cette substance, on voit apparaître rapidement une rougeur assez vive de toute la région qui a été en contact avec le chlorate de potasse, mais cette rougeur est superficielle. Il recommande vivement ce topique dans les cas d’affections utérines chroniques.

M. Blondeau a employé le chlorate de potasse dans des cas de petites tumeurs épidermiques qu’on observe si souvent chez les vieillards, et cela presque toujours avec succès : cette médication est d’autant meilleure qu’elle n’expose à aucun accident, comme il arrive si fréquemment à la suite de substances irritantes.

Dr Joseph Michel.

17 Octobre 1879

REVUE DES JOURNAUX

la stomatite pustuleuse contagieuse «les chevaux,

par MM. Eggeling et Ellenberger.

Cette affection, décrite pour la première fois, et qui présente une certaine ressemblance avec la morve, dont elle se différencie par sa bénignité, fut observée sous forme épidémique à l’école vétérinaire de. Berlin en 1878. Les animaux irésentaient sur la muqueuse de la bouche et du nez, ou sur a peau environnante, des nodosités inflammatoires de la grosseur d’un pois ou d’un haricot, qui finissaient par s’ulcérer et formaient en confluant des plaies plus ou moins étendues. La mastication et la déglutition étaient très-pénibles, mais l’étal général n’était aucunement altéré.

Cette stomatite était très-contagieuse pour les hommes et pour les animaux, ce qui fut démontré par l’inoculation accidentelle des palefreniers, et des expériences faites sur divers animaux. Deux garçons d’écurie eurent les mêmes accidents du côté des gencives, avec fièvre et embarras de la déglutition; d’autres eurent des ulcérations aux doigts. Tous ces symptômes disparaissaient en huit ou quinze jours. ( Arch . fur Wiss. Thierheilk., t. IV, et Cent, fur med. HVss., 1879, n° 30.)

BIBLIOGRAPHIE

Anatomie «les centres nerveux, par M. le professeur Hllguenin (de Zurich); traduit par M. le docteur Th. Keller et annoté par M. le docteur Mathias Duval. — Paris, 1879, J.-B. Baillière et fils.

De la localisation «les maladies cérébrales, par M. David Ferrier; traduit de l’anglais par M. C. de Varigny ; suivi d’un mémoire sur les localisations motrices dans les hémisphères du cerveau, par MM. Charcot et Pitres. — Paris, Germer Baillière.

Traité des maladies du système nerveux, par M. W. HaM-

mond ; traduction française par M. le docteur Labadie-Lagrave. — Paris, 1879, J.-B. Baillière et fils.

Traite clinique des maladies «le la moelle épinière, pal’

M. E. Leyden; traduit par MM. les docteurs Richard et C. Viry. — Paris, 1879, J.-B. Baillière et fils.

(Fin. — Voyez le numéro 41.)

Les traductions d’ouvrages consacrés à. l’étude des maladies du système nerveux sont toujours, nous l’avons vu en parlant de la nomenclature médicale, très-laborieuses et très-méritoires. Mais, s’il est difficile de rendre avec précision la pensée d’un auteur et de rester clair tout en suivant avec fidélité le texte primitif, combien n’est-il pas plus malaisé encore de compléter par des notes ou d’éclairer par des commentaires un livre que l’on veut mettre au courant de la science française? Et cependant c’est ce qu’il convient d’essayer le plus souvent quand on a le souci d'offrir à ses compatriotes une œuvre complète et qui rende justice aux travaux de nos compatriotes. Le livre de Hammond et celui de Leyden ne méritent pas, nous tenons à le dire de suite, le reproche que l’on pourrait, à cet égard, adresser à certains ouvrages étrangers. Les travaux de nos maîtres les plus éminents, et en particulier ceux de MM. Charcot, Vulpian, Duchenne (de Boulogne), sont analysés avec soin et signalés avec honneur presque à chaque page du traité de Hammond. M. Labadie-Lagrave n’en a pas moins rendu un signalé service à tous ceux qui étudieront les maladies du système nerveux dans cet ouvrage, en l’enrichissant de notes aussi nombreuses que savantes. Dans un appendice spécial, il décrit de plus la syphilis cérébrale, si bien étudiée

par MM. Charcot et Gombault, Gros et Lancereaux, Fournier, etc.; les troubles variés de la parole, et en particulier l’aphasie, qui est aussi bien connue, grâce surtout aux travaux français; il expose la doctrine des localisations cérébrales et la séméiologie des maladies du cerveau, du cervelet, du bulbe et de la moelle épinière; enfin la pathologie du grand sympathique.

Cet appendice, écrit par un médecin consciencieux autant qu’érudit, résume très-exactement nos connaissances actuelles sur une série de sujets que Hammond n’avait pas appréciés du même point de vue. Ce n’est point à dire, toutefois, que toutes ces questions n’aient pas été traitées dans l’ouvrage du savant professeur de New-York. Le chapitre de l’aphasie, en particulier, est l’un des meilleurs de son livre, et nous y avons admiré le soin et l’exactitude avec lesquels l’historique de cette question a été écrit. Pleine et entière justice est rendue aux travaux de Dax, de Bouillaud, de Broca. Les discussions soulevées au sujet de la localisation du centre de l’aphasie sont exposées avec un soin et une précision qui ne laissent rien à désirer. Cependant, et à ce point de vue les notes complémentaires de M. Labadie-Lagrave seront d’un grand secours, Hammond n’a traité en détails ni les maladies du cervelet, ni, ce qui est plus grave, celles du bulbe rachidien. La paralysie labio-glosso-laryngée est décrite avec les maladies de la moelle épinière et la classe des maladies dites cérébro-spinales comprend surtout les névroses. Nous ferons remarquer aussi que quelques-uns des chapitres de son livre sont singulièrement écourtés. Deux lignes nous paraissent insuffisantes au sujet de la méningite cérébro-spinale. Au moins fallait-il développer les motifs qui engagent à la rayer du cadre des maladies du système nerveux. "Le chapitre consacré aux hémorrhagies spinales est aussi peu concluant et parait rédigé bien à la hâte.

Mais ces critiques de détail ne sont pas faites pour modifier notrejugementsurrouvrageloutentier.il se divise en plusieurs parties. Hammond commence par décrire les instruments nécessaires au diagnostic et au traitement des maladies du système nerveux. 11 rappelle, à ce propos, que les recherches ophthalmoscopiques peuvent, dans quelques cas, ainsi que M. Bouchut l’a depuis longtemps établi, éclairer le diagnostic de certaines maladies du cerveau ou de la moelle. 11 étudie aussi les céphalohémomêlres, les esthésioinètres, etc. Puis vient, dans une première partie, l’élude des maladies du cerveau, où nous trouvons, après les chapitres qui nous décrivent les principales lésions encéphaliques et les symptômes qu’elles déterminent, une étude assez complète de l’aliénation mentale. C’est là une innovation qui mérite une mention spéciale. Les considérations préliminaires qui tendent à prouver le rapport qui paraît exister entre les modifications que peut présenter la structure du cerveau et l’ensemble des phénomènes intellectuels soulèveront bien quelques critiques; mais l'ensemble du chapitre reste très-remarquable, et il est surtout intéressait de laire observer que les relations qui unissent la pathologie mentale à la pathologie nerveuse rendent très-profitables les études d’aliénation mentale faites par des névrologistes aussi compétents que le docteur Hammond. Une deuxième partie comprend l’étude des maladies de la moelle et de ses enveloppes. Vient ensuite, sous la dénomination d’affections cérébro-spinales, l’étude de l’hydrophobie, de l’épilepsie, de la chorée, de l’alhélose, de l’hystérie et des affections hysléroïdes, de la paralysie agitante, etc., etc. L’auteur classe parmi ces affections cérébro-spinales le goitre exophtalmique. On lira, avec intérêt, les considérations développées pour appuyer celte opinion. Les maladies du système nerveux périphérique sont décrites dans la quatrième partie de l’ouvrage, et la cinquième comprend l’étude des maladies toxiques du système nerveux. Nous trouvons, dans cette dernière partie, un chapitre consacré à l’étude du bromisme. Que de médecins auraient profit à méditer ces quelques pages, afin d’éviter les singuliers abus que l’on

17 Octobre 1879

commet si souvent, en prescrivant pendant des mois et même des années, parce qu’on en ignore les effets, un médicament qui n’est utile que lorsqu’il répond à une indication précise!

Le livre de Hammond, commenté, annoté et complété par M. Labadie-Lagrave, est une de ces œuvres magistrales qui, à certaines époques de l’histoire de la médecine, établissent avec autorité l’état de nos connaissances en névrologie. Il résume sous une forme didactique, avec une grande précision, et surtout avec une loyale impartialité, tous les travaux accomplis dans l’une des branches de la médecine les plus étudiées, bien que les moins connues. L’école française, dont M. Charcot est le représentant le plus éminent, accueillera avec sympathie cet ouvrage, qui, malgré quelques critiques de détails dont quelques-unes, il est vrai, pourraient encore être contestées, rend justice aux découvertes qui lui sont dues.

Le Traité clinique des maladies de la moelle épinière répond bien à son titre. C’est dire qu'il diffère beaucoup du livre de Hammond. Le professeur de New-York a tenu à présenter un tableau fidèle et précis de l’état actuel de la science névrologique. Il devait s’efforcer de résumer toutes les observations sur lesquelles s’appuient les doctrines qu’il expose, et d’arriver ainsi à être court tout en étant à peu près complet. Leyden, au contraire, tient à fournir toujours, avec détails, la preuve des opinions qu’il défend. Les observations cliniques qu’il a recueillies ou qui lui sont personnelles, il les reproduit in extenso; rarement il les abrège. Aussi n’est-ce point sans un certain effroi que l’on ouvre ce livre de 800 pages à justification très-compacte et rempli d’observations et de documents historiques imprimés en petit texte. On comprend aisément, en le parcourant, que les zélés traducteurs de cette œuvre si complète, MM. Richard et Viry, n’aient point eu le courage d’y ajouter, comme l’a fait M. Labadie-Lagrave, des notes détaillées ou des appendices; mais leur collaboration n’en a pas moins été effective et efficace. Le texte allemand citait un assez grand nombre d’observations dues aux cliniciens français. Ges observations, plus ou moins complètes, souvent prises dans des recueils où elles avaient été résumées, parfois même analysées, ont été recherchées par les traducteurs à leurs sources originales. Elles ont été, pour la plupart, reproduites textuellement, et toujours collationnées attentivement avec l’œuvre première. Les observations allemandes ou anglaises ont été de même l’objet d’une révision attentive. Leyden tenait à conserver à son livre le caractère qu’il lui avait donné dès le début. Il exigeait que toutes ses observations fussent reproduites. Ses traducteurs ont du ne point reculer devant la tâche ingrate qui leur était ainsi imposée, et ils l’ont remplie avec une conscience qui mérite tous nos éloges. Ce n’est pas qu’un livre de cette nature ne perde un peu, sinon en clarté, du moins en précision, ce qu’il gagne en érudition. Les débutants auront quelque peine à choisir ce volumineux traité pour y apprendre la pathologie des maladies de la moelle; mais, d’autre part, tous ceux qui auront à publier une observation clinique sur les maladies de la moelle, tous ceux qui aurontà élucider un pointspécial de pathologie névrologique, devront lire quelques-uns des chapitres de l’ouvrage de Leyden, non seulement pour y voir ce qui a été fait avant eux, mais encore pour apprécier la méthode de l’auteur. A ce point de vue, le Traité des maladies de la moelle épinière, si riche d’observations bien prises et si complet aux points de vue historique, anatomopathologique et clinique, est un ouvrage d’une grande valeur et qui rappelle, comme le fait remarquer Leyden, ces livres si consciencieusement écrits qui, au commencement de ce siècle, ont fait la gloire de l’école française. Mais il y a dans ce nouveau traité plus encore qu’un grand nombre de faits et d’interprétations, plus et inieux que le résumé des innombrables monographies consacrées à l’élude des maladies de la moelle.

Toute la première partie, où se trouve l’étude de la patho¬

logie générale des maladies de la moelle, est excellente. Après une série de considérations anatomiques et physiologiques qui exposent l’état de nos connaissances sur la structure et la fonction du cordon rachidien, l’auteur étudie l’anatomie pathologique générale, puis la symptomatologie générale, enfin le diagnostic, l’étiologie, la marche et le traitement des maladies médullaires considérées dans leur ensemble. Ce chapitre préliminaire est l’un des plus intéressants et l’un des plus utiles du livre. Les auteurs de certains manuels ou traités élémentaires qui ont la prétention de résumer en quelques pages la pathologie, voir^même la clinique des maladies du système nerveux, auraien^Lgrand profit à lire ces considérations générales d’anatlj^^ret de physiologie pathologiques qui sont nécessaires pou^Bblir un lien entre la physiologie expérimentale et la clinitpj Elles nous ont rappelé l’un des articles les mieux faits et les plus utiles du Dictionnaire encyclopédique, celui dans lequel M. Potain a exposé si magistralement l’anatomie pathologique, la séméiologe, le diagnostic et la physiologie pathologique des maladies du cerveau considérées en général. On remarquera, dans la partie consacrée à l’étude de la pathologie spéciale, le soin avec lequel l’auteur étudie la séméiologie des maladies dont il s’occupe. Sans doute, Leyden lui-même en fait la remarque, c’est grâce à l’anatomie pathologique et par l’anatomie pathologique que l’école française a fait faire à la pathologie spéciale des maladies médullaires des progrès si rapides; mais la symptomatologie de ces maladies n’a point été négligée. Ceux qui ont lu les remarquables leçons cliniques de M. Charcot y ont vu le profit que l’on peut tirer d’une étude attentive des manifestations cliniques ou extérieures dans les maladies nerveuses. Le chapitre que Leyden a consacré à l’étude de l’irritation spinale est très-intéressant à ce point de vue, bien que nous ne partagions point toutes les idées exposées par l’auteur, non plus que sa définition et ses divisions de l’irritation spinale. Nous signalerons encore de bons chapitres sur les paralysies toxiques, sur les amyotrophies spinales, etc. Dans une œuvre aussi complète, aussi consciencieuse, il n’est pas une question d’ailleurs qui n’v puisse être étudiée avec fruit. Aussi demeurons-nous persuadé que MM. Richard et Viry seront récompensés de leurs laborieux efforts par le succès du livre qu’ils viennent de traduire avec tant d’intelligence et d’exactitude.

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