‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 22 sur 249 · V. A. Delahaye et Ci · texte numérisé non relu

V. A. Delahaye et Ci

^ Non-seulement on n’est pas encore fixé sur le mode d’action de l’électricité statique, mais on sait combien est difficile l’emploi de cette électricité trop soumise aux variations atmosphériques. M. Arthuis aurait, parait-il, apporté aux procédés connus jusqu’ici des modifications heureuses, puisqu’il dit n’avoir eu que des succès dans les affections les plus variées, paraplégie, ataxie loco motrice, chorée, épilepsie, surdité, phthisie pulmonaire et vieillesse; nous n’avons rien à ajouter sur un ouvrage qui, malgré sa forme médicale, doit être renvoyé au public étonné.

Étude sur la pression intra-labyrintiiique, par M. le docteur

Martial Morisset, ancien interne provisoire. Thèse de Paris,

1878. 1 vol. .in-8 de 100 pages. — V. A. Delahaye et C'°.

On sait depuis les travaux de de Trœllsch, de Duplay et de Gelli, que l’augmentation ou mieux l’exagération de la pression iutra-labyrinthique a une importance considérable dans les modifications de l’audition. M. Morisset a voulu étudier le rôle physiologique du liquide labyrinthique. On sait qu’à l’une des extrémités du canal osseux recourbé, constituant le labyrinthe, la platine de l'étrier comprime le liquide de Cotugno, qui étant incompressible, trouve un lieu de dégagement dans l’orifice du canal obturé par une membrane flexible, véritable régulateur de la le’riàibn inlralahyrinthique : la fenêtre ronde. La tension normale infra- labyrinthique, égale à la pression atmosphérique, varie dans certaines limites physiologiques et pathologiques. Pendant la déglutilion cl tendant l’accommodation de l’appareil auditif, la tension inlraabyrinthique résulte de l’antagonisme des agents compresseurs ou dépresseurs des liquides de l’oreille entière. Au moment de la déglutition, la tension intra-labyrinthique, d’abord augmentée par l’aspiration du tympan vers la partie interne de la caisse, redevient ensuite normale par le redressement secondaire de la cloison tympanique. Dans le phénomène de l’accommodation de l’appareil auditif, la prédominance du muscle interne du marteau, tenseur du tympan et du liquide labyrinlhique, est combattue par l’action opposée du muscle de l’étrier. On peut dire que pendant les deux phénomènes physiologiques précédents deux puissances musculaires, muscles apériteurs ae la trompe d’Eustache et muscle interne du marteau, augmentent par leur contraction la tension intra-labvrinthique, tandis que le muscle de l’étrier et deux membranes fibreuses élastiques luttent contre l’action excessive des deux premiers agents de compression du liquide labyrinthique. Or, la rupture de l’équilibre entre ces deux forces opposées amène fatalement une modificalion dans la pression intra-labyrinthique.

Le rapport existant à l’état physiologique entre la tension des vaisseaux de l’oreille interne, et celle du liquide de Cotugno peut

24 Janvier 1879

ctre détruit soit par un trouble circulatoire général, soit par une lésion du grand sympathique ou du trijumeau produisant, dans la cavité close du labyrinthe, une congestion ou des troubles trophiques susceptibles d’exagérer la pression intra-labyrinthique. Dr, l’excès de la tension intra-labyrinthique, produit des troubles auditifs : bourdonnements, surdité; ou des troubles réflexes, vertige, titubation, etc.

M. Morisset établit une comparaison entre le glaucome de l’œil et ce qu’il appelle le glaucome auriculaire. De môme, dit-il, que le glaucome simple peut dégénérer en glaucome hémorrhagique, de même l’exagération de la pression intra-labyrinthique produite lentement par un refoulement de la platine de l’étrier, ou par toute autre cause, peut-être accrue par un épanchement sanguin qui transforme le glaucome auriculaire simple en glaucome auriculaire aigu ou mal de Menière.

Le traitement du glaucome auriculaire est basé sur la pathogénie de celte affection. Nous renvoyons à l’excellente thèse de M. Morisset pour tout ce qui concerne cette partie d’une étude qui a demandé à l’auteur des recherches d’autant plus longues et plus délicates que la question n’avait pas encore fait le sujet d’aucune monographie.

Dë l’action thérapeutique et physiologique de l’ergot de

SEIGLE, ÉTUDE EXPÉRIMENTALE ET CLINIQUE, par M. le docteur

J. -If. Peton. In-8 de 100 pages. — Paris, 1878. V. Adrien

Delahaye et Cic.

Dans une première partie, l’auteur a fait l’étude expérimentale de l’ergot de seigle; il a cherché à établir par des expériences positives le mode d’action de l’ergot de seigle sur la circulation locale et générale, ainsi que sur la tunique musculaire de l’utérus gravide; il arrive à cette conclusion que l’action de l’ergot se localise sur la fibre musculaire lisse, et que, par conséquent, plus vile on parvient à mettre en contact l’agent actif avec la fibre lisse, plus vite l’action est produite; par conséquent l’injection hypodermique est lé meilleur moyen.

La seconde partie est consacrée à une étude comparative entre l’intensité d’action des diverses préparations d’ergot. Il donne la préférence aux solutions toujours identiques préparées par M. Yvon.

Enfin, dans une troisième partie, consacrée à l’étude clinique ét renfermant de nombreuses observations, M. Peton montre les résultats obtenus dans différentes hémorrhagies : métrorrhagies, hémorrhagies du tube digestif, hémoptysies, épistaxis. Il donne toujours la préférence à la méthode hypodermique,

Légion d’honneur. — Ont été nommés dans l’ordre de la Légion d’honneur :

Au grade de commandeur : M. Bcrthelot, inspecteur général de l'enseignement, supérieur, professeur au Collège de France.

Au grade d’ officier : M. Michel Moring, directeur de l’Assistance publique.

Au grade de chevalier : MM. Fieuzal; Arthuis; Liétard, inspecteur adjoint des eaux de Plombières; Gailleton (de Lyon); Borgier, Lorne et Baldy (de Paris); L’Hermitle; Le Boy des Barres, chirurgien de la maison d’éducation de Saint-Denis.

Nécrologie. — M. Mathieu père, le fondateur de l’importante fabrique d’instruments de chirurgie, aujourd’hui dirigée par ses fils, vient de succomber. Un grand nombre de nos confrères ont eu souvent l’occasion d’apprécier le talent et l’aménité de M. Malliieu, qui, parti d’une modeste situation, était arrivé à occuper un rang élevé dans l’industrie à laquelle il s’élfiit voué.

— On annonce la mort de M. le docteur Halleguen, président de la Société médicale du Finistère.

— M. le docteur Mollien, député delà première circonscription de Péronne, vient de succomber aux atteintes d’une maladie de cœur dont il souffrait depuis longtemps.

. La secte des sangsues. — Aurait-on jamais imaginé qu’il existât une secte des sangsues? Voici cependant les curieux détails que nous trouvons sur cette étrange communion dans le Somtagsnuie,

de Vienne : Par le fait de l’intolérance en matière religieuse, le nombre des sectes les plus extraordinaires augmente de jour en jour en Russie. Suivant des données statistiques, publiées par le Saint-Synode, l’année dernière a donné le jour à cent trente-sept sectes nouvelles, dont la plus remarquable est, sans contredit, celle des « sangsues n. Les adeptes de cette secte religieuse se recrutent parmi les paysans du district de Gasasowelz, gouvernement de Wologda. La doctrine de cette secte veut que les nouveau-nés, ainsi que les personnes adultes qui désirent en faire partie, au lieu d’être baptisés dans l’eau, le soient dans le sang humain provenant de la saignée opérée sur des sujets du sexe féminin. A la suite des pratiques abominables consacrées par ce rite insensé, la mortalité parmi les personnes du sexe a de beaucoup augmenté dans le gouvernement de Wologda. 11 faut encore ajouter qu’au lieu du sein de la mère, c’est du sang humain tout chaud qu’on donne à boire aux nourrissons. ( Union médicale.)

État sanitaire de la ville de Paris :

Du 10 au 16 janvier 1879, on a constaté 1039 décès, savoir :

Fièvre typhoïde, 21. — Rougeole, 5. — Scarlatine, 0. Variole, 11. — Group, 20. — Angine couenneuse, 14. — Bronchite, 14. — Pneumonie, 95. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 5. — Choléra nostras, 0. — Dysscnterie, 1. — Affections puerpérales, 6. — Erysipèle, 6. — Autres affections aiguës, 269. — Affections chroniques, 465. — Affections chirurgicales, 54. — Causes accidentelles, 26.

G. Masson, Propriétaire-Gérant.

OUVRAGES DÉPOSÉS AU BUREAU DU JOURNAL

cous cliniques recueillies par Iî. Brissaud. 1 volume in-8 do G54 pages. Paris,

Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparées de l' homme et des animaux, failcs à la Facullé des sciences do Paris, par II. Milne Edwards. Tome XIII”, première partio. Fondions do rotations (suite). — Actions nerveuses oxcito-motriccs. Paris, G. Masson. 7 fr.

Essai de physiologie générale appliquée à l'élude de la vie et de la mort, par lo docteur Elic Goubert. Paris, G. Masson. 4 fr.

Cri d’alarme. Du tabac au point de vue médical, ses effets désastreux sur l’hommd fait, sur l'onfant à l'école primaire, au lycéo, etc., par le doctour Blanchnt. i vol. in -18. Paris, V. A. Dçlahaje çt C'°. 2 fr.

Le Guaco, ses propriétés médicales, son application. Traitement dos affections cancéreuses, etc., par le dooloùr G. Von Schmilt. In-8. Paris, V. A. Dolaliayo cl G1'. i fr.

De l’occlusion intestinale au point de vue ’u diagnostic et du traitement, par lo docleur A. Bullcau. In-8. Paris, V. A. lUihaya et C">- 3 fr. 50

Oc l’étal de nos connaissances sur l’affection ourlicnne ou oreillons, par le docleur Pinet.. In-8. Paris, V. A. D laliaye et C“. 2 fr. 00

De la pneumonie du sommet, par le docleur Suint-Ange. In-8. Paris, V. A. Dclahaye et C'°. * 2 fr. 5o

De l’amputation utéro-ovarique, comme complément de l’opération césarienne, pal- le docteur Imbert do la Touche. In-8. Paris, V. A. Dolaliayo ot C1". 2 fr. 50

Du rôle de la contagion dans l’étiologie de la fièvre puerpérale, par le dodéur Pollasson. In-8. Paris, V. A. Dolaliayo d C'A 2 fr.

Les tumeurs adénoïdes du pharynx nasal, leur influence sur l'audition, lo rospidans lo texte. Paris, V. A. Delahnyo ét C1”. 2 fr.

Page 1