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THÉRAPEUTIQUE PAR IRRITATION DES PARTIES SIMILAIRES

Un nouveau traitement de la phthisie pulmonaire.

Tout traitement qui prétend guérir la phthisie fait immédiatement le tour de la presse politique et scientifique : c’est ce qui est arrivé il y a quelques années au Sylphium cyrenaiieum; c’est ce qui se produit actuellement pour le benzoate de soude. Malgré le scepticisme bien naturel avec lequel on doit accueillir ces nouveautés thérapeutiques, il nous parait impossible de ne pas tenir les lecteurs de la Gazette au courant de cette question.

Le point de départ de tout ce bruit est une communication préalable de Kroczak ( Vorlâuf. Mittheil. in Wien. med. Presse, 14 septembre 1879), chef de clinique à Innsbruck. Suivant cet auteur, Klebs aurait pour la première fois (!) attiré l’attention en 1877 sur le caractère infectieux de la tuberculose et créé, la théorie de la monade tuberculeuse. Schüller (Archiv fur exp Path. und Pharmak. 1879), élève de Klebs, publiait en 1879 des essais de thérapeutique expérimentale sur des animaux tuberculisés, essais tellement encourageants que Rokitansky, professeur de clinique à Insbruck, reproduisit ces expériences dans son service. Ce sont ces expériences dont Kroczak rend compte. Chez quinze phthisiques on obtint « des résultats qui dépassèrent toute attente (sic) ». Et l’auteur reproduit sommairement trois des observations les plus remarquables. En voici un spécimen :

Obs. — Joseph B..., vingt-trois ans, ouvrier de fabrique, entre à la clinique le 10 juillet 1879. Père mort de fièvre typhoïde; frère,

d’une maladie indéterminée ; une sœur phthisique ; la mère bien portante. Depuis trois mois, toux, expectoration, dyspnée. Depuis quinze jours, fièvre, frissonnements, sueurs profuses, insomnie.

A l’entrée, toux douloureuse, anorexie, .faiblesse extrême; Conditions hygiéniques assez bonnes, mange de la viande tous les jours. Logement sombre, peu ventilé, mais sec. L’examen physique dénote l’existence d’une vaste caverne s’étendant de la pointe du poumon gauche jusqu’à la cinquième côte (gargouillement); à droite, tuberculose du sommet sans cavité. Température, 38°, 8; douleurs abdominales, diarrhée. Le malade, trop faible pour expectorer, avale ses crachats. Pas d’albuminurie. Poids du corps, 44 kilos. On emploie sur-le-champ le benzoate de soude. En trois jours la température devint normale. Après deux semaines, les sueurs nocturnes disparurent, l’appétit augmenta jusqu’à la boulimie. Plus de toux.

15 juillet, 44 kilos. Le 4 août, 49 kilos. Le 24 août, 52kilosl/2. Le 28 août le malade sort de l’hôpital. U fut impossible de découvrir par l'examen physique des signes de caverne (!!)

Ou trouvera sans cloute que voilà une « vaste caverne » bien rapidement guérie. Les deux autres cas rapportés sont aussi merveilleux, et l’on comprend avec quelle impatience on attendait les communications du chef de service luimême.

Jusqu’ici ce dernier n’a rien publié. Nous trouvons cepen • clant le compte rendu d’une séance de la Société médicale d’Innsbruck (Wien. med. Presse, 9 novembre 1877), dans laquelle il rend compte de ses essais et paraît moins épris de son sujet que son chef de clinique. Je traduis textuellement. « L’orateur rejette complètement les principes de la thérapeutique usuelle de. la tuberculose.

» Au lieu de maintenir les malades dans des chambres closes, non aérées, il faut leur donner de l’air. Au lieu de leur donner de l’opium contre la toux, il faut favoriser l’expeetoj ration, et au besoin électriser les muscles thoraciques.

» Au lieu de leur donner de la quinine (contre la fièvre) et | ainsi abîmer l’estomac, il vaut mieux consacrer son attention

FEUILLETON

Une grève de candidats (4).

A TOUS LES DERMATO-SYPHILIGRAPHES DE FRANCE.

Estimés et aimés collègues,

Il faut bien que ces deux épithètes, expression affaiblie de mes. sentiments, soient aussi sincères de ma part que méritées' de la vôtre, pour que je hasarde la proposition dont vous voilà inopinément saisis. De prime abord, en effet, elle paraît frappée au coin de -l’outrecuidance ou de l’inopportunité la plus flagrante ; e)., si son auteur s’adressait à d’autres qu’à vous, il se verrait infailliblement renvoyé à la province

(I) Puisqu’il esl ici question de Pacu] les Vide chaires, la Gapetlk Hebdomadaire se couvre do la déclaration qu’on lit'en tête do, toutes les thèses (La Faulté n’entend ni, approuver ni improtiver, etc.), pour laisser à .l’un des fondateurs du journal 1? responsabilité pleine et entière de son article humoristique. ' (Note de la Rédaction.)

2« Série, T. XVI.

dont il sort, sinon au monde préhistorique où il eût' mieux fait de rester.

Mais c’est à vous que je m’adresse, chers collègues ; et je n’ai à craindre d’être mis ni au ban des naïfs, ni dans la section des agités, quand je viens demander aux fils du concours et de la spécialité d’organiser une action collective dans le double intérêt de la spécialité et du concours.

Vous savez que, avant de se séparer, la Chambre des députés a voté la création d 'une chaire des maladies cutanées et syphilitiques à la Faculté de médecine de Paris.

Voilà donc enfin réalisé le progrès pour lequel nous avons tant combattu.’ Le voilà donc admis, de pair avec ses aînés, dans la première Faculté de France, cet enseignement contre lequel tant de grosses fraye, urs et de petites rancunes avaient si longtemps prévalu. Pour la science comme pour la santé publique,1 c’est là une de ces conquêtes qui, marquent une époque. Pour nous tous, chers .collègues, qiii l’avions:, pré-r parée au prix d’efforfs, avec une’abnégation qu’on a pii nié1 47 *

742 — N° 47 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MEDECINE ET DE CHlRÜRGIÈ 21 Novembre 1819

à les nourrir autant que possibl. (Ces principes ne sont pas aussi nouveaux que le pense l’honorable professeur ; il lui suffira pour s’en convaincre de parcourir le tome II de la Clinique de Peter.)

» De plus, il a trouvé dans l’emploi du benzoate de soude un procédé thérapeutique essentiel. »

Les malades furent présentés et tous les assistants furent frappés de leur bon état général ; malheureusement ces malades auraient dû être examinés à leur entrée à l’hôpital, pour qu’une conclusion soit possible.

La Société médicale d’Innsbruck paraît avoir été favorablement impressionnée par la communication de Rolcitansky. Il est certain qu’il y a là quelque chose, dit l’un des assistants. Cependant on ne put s’empêcher de faire observer que Kroczack avait parlé d’une méthode simple, et avait attribué l’amélioration des malades uniquement à l’emploi du benzoate de soude, tandis que l’on se trouvait en présence d’une méthode très compliquée ; cependant Rokitansky, interrogé par le professeur Albert, confirma jusqu’à un certain point les assertions de son chef de clinique : « Les inhalations de benzoate de soude sont la partie essentielle du traitement. »

Ces messieurs n’oublient qu’une chose, c’est de nous indiquer comment ils emploient le médicament. Heureusement Schûller ( Berlin . Klin. Wocli. 1879, n° 45) a publié dernièrement une note sur le traitement delà tuberculose, où il indique le modus faciendi. Il recommande les solutions de benzoate de soude de 5 pour 100, que l’on introduit dans un appareil ordinaire et que l’on fait inhaler au malade deux ou trois fois par jour, pendant une demi-heure chaque fois. Il a calculé que la dose convenable pour un homme est de 30 à 60 grammes de benzoate de soude par jour. Le traitement devra être continué pendant des semaines et pendant des mois entiers, si l’on ne veut pas s’exposer à des mécomptes.

J’ajoute, en terminant, que des protestations se sont déjà élevées de tous les côtés, non pas contre Klebs et Schûller, dont le langage est plein de prudentes réserves, mais contre les deux médecins d’Inusbruck, dont les affirmations sont empreintes d’un optimisme exagéré.

On ne s’est pas fait faute de leur rappeler toute l’histoire des tentatives thérapeutiques faites contre la phthisie, et les cruelles déceptions qui en ont été la suite.

Il est inutile, je pense, d’entrer dans cette voie : il vaut mieux attendre ce que répondra l’expérience clinique aux prétentions exposées ci-dessus.

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