C. Zuber
connaître, mais non décourager, c’est un triomphe non moins éclatant.
Or, ce triomphe, voulons-nous le laisser incomplet ?
Vous devinez, n’est-ce pas? où tend cette question. L’avenir de la future chaire, nul n’en doute, dépend de son premier titulaire. Or, qui va désigner ce titulaire?... le ministre de l’instruction publique.
Eh bien ! avec tant d’éléments de haute valeur en main, il y a certes de fortes probabilités pour qu’il fasse un choix bon, très-bon, excellent. Mais, même à part les quelques chances que ce choix soit mauvais, où sont les garanties qu’il sera le meilleur? Tel est le nombre, tel est le mérite des aspirants connus dès à présent que, pour le ministre qui va prononcer entre eux, rien ne sera plus aisé que de légitimer après coup sa préférence. Entre Messieurs B. C. F. L. L’. L . M. V., prenez-en un au hasard, et je me charge, moi, plus aisément s’en chargera-t-il le grand maître qui n’admet pas la réplique, je me charge de prouver, tel ou tel de ces candi-
le daltonisme.
L’Académie des sciences a reçu récemment (voy. Gaz. hebd., n° 46, p. 734) communication de nouvelles recherches de MM. Macé et Nicati, sur la maladie des couleurs ou daltonisme, ou chromalospseudopsie. Tout le monde sait que cette maladie, ou plus exactement cette infirmité, consiste dans la confusion des couleurs, en d’autres termes, dans l’impossibilité de distinguer certaines couleurs des autres.
La découverte du daltonisme peut être considérée, au point de vue de la sécurité des transports sur mer et sur les chemins de fer, comme ayant un intérêt de premier ordre ; car elle .permet de prévenir désormais une des causes peut-être les plus fréquentes des accidents auxquels ces transports sont exposés. Il est certain que la confusion, pendant la nuit surtout, des signaux de certaines couleurs, notamment des signaux d’alarme ; et, par exemple, de ceux qui, sur la voie ferrée, indiquent la voie libre ou occupée, a dû entraîner de nombreuses collisions. Le même fait, et par la même raison, s’est certainement produit en mer.
Il y a environ vingt-cinq ans, le docteur Wilson (d’Edimbourg) avait signalé, dans son livre Researches on colour blindness (Recherches sur la cécité des couleurs), les dangers qui devaient résulter, pour les transports maritimes et terrestres, de l’existence, chez les agents de ces transports, de l’impossibilité de reconnaître certaines couleurs. Plus tard, le médecin français Favre, dont nous mentionnons plus loin les recherches, continuant les études du docteur Wilson, démontra que cette infirmité était plus fréquente qu’on ne le pensait. En 1862, à l’occasion de la guerre de sécession, un médecin américain, dont le nom nous échappe, fit, sur un grand nombre de recrues de l’armée des États du Nord des expériences qui furent affirmatives dans le même sens.
Ces expériences, interrompues, on ne sait pourquoi, pendant quelques années, ont été reprises récemment à l’occasion de certains accidents de chemins de fer dont il n’avait pas été possible de découvrir la cause. Or, non-seulement elles ont confirmé l’existence de la maladie, mais encore elles ont permis d’en distinguer, d’en caractériser les variétés. Les observations déjà faites sont nombreuses; mais, par des causes diverses, elles diffèrent assez notablement sur le degré de fréquence de la maladie.
Puisque cette question est rappelée à l’attention des médecins et de l’administration, nous croyons devoir faire
dats une fois élu, que celui-là précisément était digne de l’être :
Pour la sûreté de sa méthode didactique et l’intelligente loyauté avec laquelle, revendicateur doublé de créateur, il défend, complète, popularise les doctrines qui ont fait la gloire de notre école dermatologique ;
Pour sa découverte de 1855, qui rendit possibles tant de progrès ultérieurs ; beaux fruits de France, aujourd’hui mûrs et féconds à leur tour, que la main qui planta l’arbre semble vraiment avoir dédaigné de cueillir.
Pour sa compétence unique sur la meilleure partie du programme officiel et l’habitude consommée d’un enseignement ex cathedrd, qui ne permet ni doute... nidiscussion ;
Pour le retentissement mérité de ses consciencieuses polé* miques et l’éclat d’une vulgarisation aphoristique et épistolaire qui sait emprunter aux plus ingénieuses ressources de la langue le moyen d’éclairer et de convaincre ;
Pour ses incessants travaux syphiligraphiques, si prisés en haut lieu, qui, après les brillantes luttes de la phase étio-
21 Novembre 1879 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
connaître celles qui, clans les principaux pays où elles ont eu lieu, ont conduit aux résultats les plus importants.
Observations françaises. — Dans un mémoire soumis il y a peu d’années à l’Académie des sciences, le docteur A. Favre concluait ainsi qu’il suit, après avoir défini la maladie : 1° Plus de 3 millions d’hommes en France sont atteints de daltonisme (?) ; 2° le nombre des femmes chez lesquelles il a été constaté est, par rapport aux hommes comme, 1 ; 10; 3° sur dix cas de daltonisme chez de jeunes personnes, neuf peuvent être facilement guéris (?) ; 4° la meilleure méthode curative consiste dans un usage méthodique d’objets de couleurs diverses ; 5° les mères de famille doivent veiller à ce que le sens des couleurs se développe régulièrement chez les enfants, surtout chez ceux qui se trompent fréquemment dans leur dénomination ; 6° à l’avenir, nul ne doit être admis Mans un service de chemins de fer, ou dans la marine, ou clans les écoles de peinture, sans avoir été soumis à un examen sur l’aptitude à discerner les couleurs ; 7° si la cécité des couleurs ne doit pas être une cause d’exemption pour le recrutement, il importe de ne jamais employer un soldat, avant un examen spécial, à un service exigeant une parfaite connaissance des couleurs. Il doit être établi, dans l’armée et la marine, clés exercices fréquents pour s’assurer que marins et soldats employés à un service de signaux possèdent la pleine connaissance des couleurs; 8° enfin des exercices de cette nature doivent être institués clans les écoles primaires.
Le docteur Favre (médecin de la Cio P.-L.-M.) considérant comme daltoniens tous ceux qui hésitent à distinguer les couleurs, assure en avoir compté 20 sur 100 examinés sans distinction d’îlge et de sexe. Plus tard, à la suite d’observations plus nombreuses ou mieux faites, il n’a trouvé que 50 cas sur 5000 examinés.
MM. Macé et Nicati (de Marseille), en opérant sur des pensionnaires d’un certain nombre de lycées, n’ont trouvé que 3,57 daltoniens pour 100 examinés; 241 jeunes filles, n’ont fourni qu’un seul cas. Cette immunité relative des femmes a été constatée partout où des recherches de même nature ont été faîtes.
Observations allemandes. — L’office impérial des chemins de fer allemands a prescrit de soumettre à un examen spécial tout le personnel des services extérieurs de ces chemins, en recommandant surtout l’usage soit de la méthode du docteur Stilling (tableaux coloriés), soit de celle du docteur Holmgreen (d’Upsal en Suède) (fils de laine de couleurs diverses). Or voici le résultat de cette enquête: sur 85 990 agents examinés,
537, ou 0,62 pour 100, étaient atteints du daltonisme complet ou partiel. Les expériences faites particulièrement sur le personnel de la traction a conduit aux constatations suivantes : sur 13 523 aiguilleurs examinés, 80 ou 0,59 pour 100 ne pouvaient distinguer les principales couleurs ; sur 26 055 employés divers, 180 ou 0,69 pour 100; sur 11 066 mécaniciens et chauffeurs, 80 ou 0,72 pour 100.
A la suite de ces expériences, l’ordre a été donné à tous les chemins de fer de l’État ou des Compagnies, dans un. intérêt de sécurité publique, de n’admettre, dans le service extérieur de la voie, que des candidats ayant satisfait à une épreuve sévère sur la connaissance des couleurs.
Observations anglaises. — On trouve le renseignement suivant dans une statistique, publiée cette année par le service de l’enregistrement des matelots et navires de la marine marchande: sur 5967 candidats au certificat de capitaine au long cours et de pilote examinés de fin mai 1877 à fin mai 1879, 26 ou 0,43 pour 100 étaient atteints de daltonisme.
Observations suédoises. — Dans son livre intitulé : De la cécité des couleurs dans ses rapports avec les chemins de fer et la marine (Upsal, Paris et Berlin, 1877), le docteur Holmgreen a publié le résultat de recherches faites sur 32 165 personnes du sexe masculin de tout âge, et prises indistinctement dans toutes les classes de la société. Le résultat est le suivant : sur ce nombre d’examinés, 250 étaient atteints d’une cécité complète pour le rouge, 276 pour le vert, et 493 d’une cécité incomplète, en tout 1019 ou 3,25 pour 100.
Sur 7119 femmes ou filles, 2 n’avaient pu distinguer le rouge, 1 seule le vert ; 16 n’avaient qu’une cécité incomplète ; en tout 103 ou 0,26 pour 100.
On voit immédiatement qu’il n’est pas mentionné un seul cas de cécité totale pour les couleurs, ni de cécité pour le violet, bien que les recherches aient porté sur près de 40 000 sujets.
« Il ne faudrait pas toutefois en conclure, dit le docteur Holmgreen, que des cas (je cette nature ne se présentent pas en Suède ; seulement, j’ai lieu de croire qu’ils sont relativement rares. Quelques-uns m’ont été signalés, en très-petit nombre il est vrai ; mais je n’ai pas eu l’occasion d’en constater personnellement l’existence. L’examen de nos deux tableaux conduit à démontrer que. la maladie est beaucoup plus rare chez la femme que chez l’homme. Je n’hésite pas
logique , ont engagé les investigateurs dans la voie plus ingrate mais non moins utile des études anatomo-pathologique;
Pour le zèle plein de verdeur de ce vétéran sceptique et chercheur, que ses élèves, que ses lecteurs ne trouvent pas moins attachant dans ses scientifiques incertitudes que dans ses affirmations inattaquables ;
Pour la fécondité de sa plume et de son esprit ouvert aux nuances les plus délicates de l’observation, ainsi que pour la puissance d’un talent d’analyse merveilleusement propre à la mise en lumière des faits cliniques les plus complexes ;
Enfin pour l’originalité d’un tempérament d’artiste, primesautier, indépendant jusqu’à l’hérésie, et pour le discernement dont témoignent les courageuses expérimentations par lesquelles il a dégagé son nom du souvenir d’un fameux homonyme plus habitué à payer de sa plume que de sa peau.
Or, quelque sérieux que soient ces titres, que je me suis complu à exposer en entier, quelle que soit la valeur propre des généraux d’Alexandre, ils m’inspirent encore une remarque,
remarque dont, à coup sûr, chacun va se formaliser à présent, sauf, tous, moins un, ày applaudir dans quelques mois. Ce qui justifie l’élection de l’un d’eux justifiera-t-il l’exclusion des autres? La justifiera-t-il aux yeux de leurs élèves, de leurs amis, c’est-à-dire devant l’opinion publique? Et lorsque, pour fonder un enseignement dont la popularité fut jadis le seul et doit rester le principal élément de succès, on a le moyen d’avoir pour soi l’opinion, est-on excusable d’y renoncer ?
Mais vous m’arrêtez, chers collègues. « Le concours, après tout, me dites-vous, n’a-t-il donc pas ses mauvais côtés? Il fait justice, c’est vrai. Mais est-il cequum... et salutare? Pourvoit-il aussi irréprochablement aux besoins de ceux qui veulent apprendre qu’aux droits de ceux qui aspirent à enseigner ? Et, pour parler franc, lorsqu’il existe un homme dont la célébrité peu à peu conquise par de longs travaux en fait le titulaire obligé de la chaire vacante, n’est-ce pas la lui interdire que de clouer au pied de cette chaire un écriteau où il peut lire : « Tu n’y monteras pas sans avoir d’abord
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à penser qu’un plus grand nombre d’observations mettra ce fait hors de contestation... J’ai également porté mon attention sur la question de l’hérédité, et je ne puis résister au désir de relater ici quelques-unes de mes observations sur ce point. J’ai constaté notamment les faits suivants :
» l°La maladie est héréditaire et semble appartenir à certaines familles ; 2° souvent elle franchit une génération pour apparaître dans la suivante; 3° elle n’atteint pas tous les enfants issus des mêmes parents; ce sont surtout les fdles qu’elle épargne; 4° lorsque plusieurs enfants des mêmes parents sont atteints, l’hérédité provient du côté maternel; 5” lorsque plusieurs malades se rencontrent dans la même famille, l’espèce et souvent aussi le degré de leur cécité sont les mêmes. »
Observations américaines. — Le docteur Kayser, médecin de l’hospice spécial des ophlhalmiques à Philadelphie, a fait une longue étude des maladies de la vue chez les employés et agents des chemins de fer. S’il n’a pas exagéré, 12 pour 100 des mécaniciens, chefs de trains, aiguilleurs, ne seraient pas en mesure de distinguer nettement les couleurs. Sur le plus grand nombre des voies ferrées américaines, le drapeau blanc, le jour, et la lumière blanche, la nuit, indiquent au mécanicien que la voie est libre ; la couleur verte, qu’il doit ralentir sa vitesse; et le rouge, qu’il y a danger. Le docteur Kayser croit avoir constaté que peu de mécaniciens ou conducteurs de trains sont en mesure de distinguer nettement ces trois couleurs, et cela à leur insu. Après avoir obtenu des présidents des compagnies des raihvays aboutissant à Philadelphie l'autorisation de procéder à une enquête sur leur personnel et y avoir consacré huit mois, il a consigné, dans un rapport à la Sociélé médicale du comté, réunie en congrès à Chesler, les faits suivants : « J’ai trouvé que 31/2 pour 100 des examinés ont la cécité des couleurs, c’est-à-dire les confondent entièrement; 8 1/2 pour 100 sont capables de distinguer les couleurs, mais non les nuances; en tout, 12 pour 100. Les 3 1/2 pour 100 de la première catégorie ont l’organe si défectueux qu’ils sont absolument incapables de remplir leurs fonctions. Dans l’examen auquel je me suis livré, j’ai employé successivement plusieurs méthodes, de manière à conjurer le plus possible les chances d’erreur. Je me suis tout d’abord servi de celle du docteur suédois Ilolmgreen, puis du docteur allemand Stilling. Mes expériences ont d’abord eu lieu le soir, à la lumière du gaz; puis je soumettais, le jour, à un second examen ceux sur lesquels l’expérience du soir m’avait laissé quelque doute. L’âge ne paraît pas exercer d’influence sur
l’existence de la maladie, puisque ceux qui en étaient atteinls avaient de vingt à cinquante-trois ans. Sur les malades, 50 pour 100 ne pouvaient reconnaître le vert, 44 pour 100 le rouge, et 6 pour 100 le blanc. Deux des examinés, quin’étaient pas en état de distinguer le rouge du vert, attribuaient à la première de ces couleurs une intensité très-grande et distinguaient les signaux rouges précisément à cause de celle intensité; mais, pour eux, un vert et d’autres couleurs également très-vives étaient aussi du rouge. Par suite de cette infirmité, il leur était arrivé plusieurs fois d’arrêter un train sans nécessité, et de le mettre ainsi en danger. J’ai fait cette autre observation que les aveugles des couleurs sont en mesure de distinguer une couleur rouge très-intense à une distance d’environ trois pieds, mais qu’ils la prennent pour une couleur verte lorsqu’elle est à une distance de dix, vingt ou trente pieds. Dans un assortiment de laines à broder de diverses couleurs (méthode Ilolmgreen), ils prenaient un vert très-vif pour du rouge. »
Un autre expérimentalelir américain, après avoir examiné en nombres ronds 24000 personnes, a constaté la perte totale ou partielle de la faculté de distinguer les couleurs chez 4 pour 100 environ.
Si les diverses observations que nous venons de faire connaître ne conduisent pas toutes à des résultats plus ou moins identiques, c’est qu’elles n’ont pas été faites avec les mêmes méthodes, peut-être aussi les mêmes soins et sur les mêmes catégories de personnes. D’un autre côté, elles n’ont pas porté sur le même nombre d’examinés. Leurs auteurs ont, en outre, tantôt confondu, tantôt distingué les deux sexes, et sont ainsi arrivés à des résultats différents. Enfin souvent la cécité complète ou incomplète a figuré dans la même catégorie.
Le daltonisme est-il absolument incurable? Il n’a encore été publié aucune observation à ce sujet. On cite, parmi les moyens plus ou moins curatifs, des exercices gradués et fréquemment répétés sur les couleurs. Le docteur Favre, notamment, réclame avec insistance, depuis plusieurs années, comme nous l’avons dit, l’introduction de ces exercices dans les écoles, les chemins de fer, l’armée et la marine. On croit avoir remarqué que, lorsqu’un daltonien regarde à travers une solution de fuchsine, son infirmité ou disparaît ou est sensiblement atténuée. De là la proposition de M. Javal d’introduire une plaque de gélatine entre deux lames de verre, et de confectionner, avec les verres ainsi préparés, des lunettes pour les daltoniens.
Un résultat considérable, obtenu dès à présent des recher-
» accepté le débat public avec une cohorte de jeunes con- | » frères, légers de bagage, mais frais émoulus, dont le dernier i » émancipé, sur le premier sujet venu, va, en trois minutes, j » te prouver, aux ricanements de l’auditoire, que tu ignores i » les éléments mêmes de la science que ton génie a fondée ; » jadis. »
Fort bien dit, et parfaitement juste pour le passé, chers collègues, c’est-à-dire suffisamment instructif pour l’avenir, qu’une simple modification au programme du concours mettra à l’abri de tels écueils.
Mais, dès à présent, dans l’espèce, en ce qui concerne la nouvelle chaire, est-ce sérieusement que vous faites de ces considérations générales une objection à ma proposition? Où est, en effet, dans nos rangs, diles-le moi, je vous prie, où est le génie qui s’impose? Où?... Vous vous taisez!
« Eh ! non, je cherche, » dites-vous.
Vous cherchez?... Diable! mauvaise note pour celui dont vous allez prononcer le nom !
« C’est qu’ils sont plusieurs, » murmurez-vous!
Plusieurs !... plusieurs géni es !.. .- S’ils sont pl usieurs, dame ! c’est qu’il n’y en a pas un, oserai-je dire avec M. de la Palisse. Car, tenez, à part moi, — à part moi ne peut ici signifier que : dans mon for intérieur, — à part moi, je ne reconnais qu’à deux de nos contemporains vivants le droit de dire qu’ils ont révolutionné notre science spéciale; et malheureusement leurs deux noms, deux R, ne sauraient figurer, ne figureront pas sur la liste des initiales d’aspirants mentionnés ci-dessus.
Mais vous m’arrêtez encore ici, chers collègues. « Vous prêchez, me dites-vous, non des convertis, mais d’anciens convaincus. Le concours! Mais nous lui sommes tous sympathiques! Ne l’aviez-vous donc pas deviné? Ne lui devonsnous pas nos premières, nos plus pures jouissances d’amour-, j propre? Et qui de nous ne serait heureux d’entrer, de faire | entrer notre chère spécialité, tète haute, par la grande porte, i dans le grand amphithéâtre? Mais, hélas! il est sage de ne I vouloir que ce qui est possible. Il y a une législation en vi-
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ches que nous venons de mentionner, est le parti qu’ont pris toutes les compagnies de chemins de fer et les plus importantes compagnies de navigation (celle de Cunard notamment) de soumettre à l’examen le plus scrupuleux, au point de vue de la cécité des couleurs, les candidats aux emplois de ceux de leurs services qui exigent la faculté entière et complète de les distinguer. On verra ainsi nécessairement diminuer le nombre des abordages en mer et des collisions sur les voies ferrées.
Mais la sécurité, à ce point de vue, ne peut être complète que si l’examen est renouvelé à des intervalles plus ou moins rapprochés, la maladie pouvant se déclarer plus lard chez des sujets parfaitement sains au moment de leur admission.
Analgésie thérapeutique par irritation des parties similaires.
M. le docteur Dufay nous écrit de Blois pour appeler notre attention et celle de M. Dumontpallier sur un moyen de savoir si la piqûre faite sur le point similaire de celui qui est le siège de la douleur amène la guérison par irritation révulsive. Ce moyen consisterait à faire l’expérience sur dés sujets atteints d’anesthésie locale; par exemple^ chez des hystériques et chez les sujets atteints d’hémianesthésie de cause céré: braie. Évidemment il ne saurait être question ici d’anesthésie générale provoquée, qui annulerait à la fois la douleur de la piqûre et celle qu’on aurait en vue de faire disparaître.
Nous appelons l’attention de nos lecteurs sur la discussion actuellement engagée à l’Académie de médecine, entre MM. Bouillaud, Colin et Pasteur, au sujet des maladies charbonneuses. Nous comptons y revenir dans le prochain numéro, après avoir eu sous les yeux, dans le Bulletin de l'Académie (que nous engageons le lecteur à consulter) la reproduction textuelle de l’argumentation de chaquo orateur.
gueur; et, tant qu’elle n’aura pas été abrogée, votre bon vouloir comme votre louable initiative, dussions-nous tous nous y associer, resteront impuissants. »
Impuissants, chers collègues !... Et s’il n’en étaitpas ainsi? Si je vous offrais les moyens de concilier vos libérales tendances avec les exigences légales? Oh! n’ayez peur. Je ne propose ici rien de subversif: je ne lève aucun drapeau contre aucun de nos pouvoirs constitués. Loin d’être pour vous un danger ou une offense, mon idée a bien plutôt de quoi vous agréer, puisqu’elle n’a pu me venir que de la profonde confiance que j’ai en la loyauté de chacun de vous. Veuillez donc m’écouter.
Lorsqu’il y a à pourvoir à une chaire de la Faculté de médecine de Paris, vous connaissez la formule de l’avis officiel : Ceux qui pensent avoir des droits à cette chaire, dit l’affiche, ont vingt jours pour les faire valoir. Et vous connaissez aussi le résultat.
D’abord, se sachant d’avance et en masse éliminée, la province prouve son tact médical en s’abstenant. Un nombre
TRAVAUX ORIGINAUX
Pathologie externe.
Dû PELOTON ADIPEUX OU PSEUDO-LIPOME SUS-CLAVICULAIRE par M. le professeur Verneuil.
(Lettre à M. le professeur Potain.)
Mon cher ami,
Le travail qui suit et que je vous prie de lire a été rédigé pendant les vacances dernières; j’allais l’envoyer à la Gazette lorsque le hasard mit sous mes yeux un extrait d’une de vos cliniques recueillies par M. Paul Lucas-Championnière, l’un des rédacteurs du Journal de médecine et de chirurgie pratiques (octobre 1879, p. 446); il y est dit :
« La manifestation rhumatismale peut se localiser aussi dans le tissu cellulaire, donnant lieu à des fluxions, à de l’oedème, à de l’érythème noueux. Chez certaines femmes même cette fluxion se produit au niveau du creux susclaviculaire qui se boursoufle , se gonfle, sans qu’il s’agisse d’un véritable œdème. Cet état survient surtout chez les femmes atteintes de rhumatisme chronique ou d’origine héréditaire. »
Quand vous aurez lu mon opuscule, vous comprendrez combien je fus heureux de voir que vous aviez observé de votre côté la tuméfaction du creux sus-claviculaire et que vous la rattachiez comme moi à l’arthritisme. Nous avons fait simultanément les mêmes remarques, ce qui tend à prouver qu’elles sont justes et que nous avons grossi justement la liste déjà si longue des exopathies rhumatismales (1).
Toutefois il me semble que, dans cette question que nous traitons de concert, votre part de collaboration n’égale pas encore la mienne. Aussi j’espère bien que vous prendrez la plume pour me dire si le petit fait en question a été observé déjà avant vous et moi, — pour me donner votre opinion précise sur la nature anatomique du mal, — enfin pour relater avec quelques détails les faits que vous avez observés. J’ai traité le point chirurgical, à vous de nous donner des éclaircissements ressortissant surtout à la pathologie interne.
Je laisse la rédaction telle qu’elle était le mois dernier.
Bien cordialement à vous. V.