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LES NOUVEAUX PROFESSEURS DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE

Trois professeurs nouvellement nommés viennent de monter dans leurs chaires : MM. Laboulbène (histoire de la médecine), Bouchard (pathologie générale) et Benjamin Bail (clinique des maladies mentales). Tous trois ont rencontré un auditoire sympathique; tous trois ont fait preuve, dès leurs premières leçons, qu’ils étaient à la hauteur de leurs fonctions; tous trois ont recueilli des applaudissements bien mérités.

M. Laboulbène avait pris pour sujet de sa thèse l’histoire succincte de Y ancienne Faculté de médecine de Paris. Le tableau qu’il en a tracé, quoique bien connu aujourd’hui, est assez intéressant pour qu’on en rappelle les traits principaux. Installation des Ecoles rue de la Bûcherie, sur la rive gauche de la Seine, près de l’IIôtel-Dieu (il n’en reste que l’amphithéâtre de Winslow et des bâtiments convertis en lavoir public) ; — grades de philiatre, bachelier en médecine, licencié, maître ou docteur-régent, auxquels on arrivait par des études longues et difficiles. — Les maitres composant la Faculté, tous examinateurs, avec droit au professorat après en avoir fait la demande. — h’ ancien ou le doyen, le bibliothécaire; — des statuts immuables, comme il convenait à une vieille Faculté fière de son origine privée, bâtie, dotée et entretenue à ses frais, comme le remarquait Richan; — puis les luttes de la Faculté avec Ch. Renaudot, avec la Chambre royale, la Société royale de médecine, les chirurgiens de robe courte et les chirurgiens lettrés ou de robe longue; — enfin la chute de la vénérable institution et son remplacement par YEcole de santé. — Dans les

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leçons suivantes, le professeur est entré en pleine histoire de la science médicale et a commencé l’exécution de son programme, qui sera le suivant : pathologie et nosographie historiques, comprenant, pour cette dernière, l’histoire de l’anatomie pathologique, de la symptomatologie, de l’étiologie, àn pronostic, au. diagnostic, de la taxonomie. Viendra ensuite celle de la thérapeutique, de Yhyyiène, de l’anatomie et de la physiologie ; enfin de l’histoire des doctrines et des institutions médicales. — Le professeur se propose de faire marcher de front, avec les sujets précédents, la Biographie et la bibliographie médicales.

M. Bouchard, qui a entamé immédiatemenl le sujet de son cours, traite de la pathologie générale de la nutrition. Ce jeune professeur a déjà fait si brillamment ses preuves, pendant le temps de son agrégation, dans l’enseignement de la pathologie, qu il n’était nouveau-venu pour personne, et n’avait qufà continuer le cours de son enseignement, c'est-à-dire de ses succès.

M. le professeur Bail, mis enfin en possession d’un service de clinique, après des péripéties dont nous avons entretenu nos lecteurs, a fait à grands traits le tableau historique de [l'aliénation mentale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. Il montre d’abord les théories primitives de la folie inscrites dans les livres saints de toutes les religions, et ayant pour base l’intervention divine ; puis, passant aux Grecs, il fait ressortir l’influence successive du spiritualisme de Platon, des doctrines d’Aristote et de Théophraste, et à celle série de philosophes il oppose les médecins depuis Hippocrate jusqu’à Galien, rappelant les découvertes d’Eràsistratc dans le domaine de l’anatomie et de la physiologie du système nerveux, les descriptions si saisissantes de réalité qu’Arétéc de Cappadoce a données de la manie, de la mélancolie, de la folie à double forme, etc. Avec le moyen âge, le professeur nous conduit dans cette sombre période de la démonomanie, et fait ressortir avec bonheur le courage, si souvent payé par le martyre, de ces médecins qui disputèrent à leurs juges et à leurs bourreaux ces sorciers et ces sorcières qui n’étaient que de pauvres hallucinés. Vient enfin la Renaissance, remuant toutes les idées à la fois, et contribuant à rectifier celles mêmes qui avaient régné sur l’aliénation mentale. Les seizième et dix-septième siècles virent naître Leuwert, Willis et bien d’autres encore, qui nous ont donné d’excellentes descriptions des différentes formes de folie, et nous ont légué une foule de faits qu’on ne relit pas sans fruit. Un intérêt particulier s’attache à étudier l’influence exercée par Descartes et par Condillac sur les doctrines relatives à l’aliénation mentale. M. Bail a fait ressortir surtout lé lien qui unit à Condillac Pinel et ses- élèves. « Pinel et Esquirol, dit-il, ces deux grandes figures de la psychiatrie moderne, sont, en effet, des fils du dixhuitième siècle; ils ont été des savants distingués, des médecins éminents ; mais ils ont été aussi de grands philanthropes. Les théories qu’ils ont émises sur la folie, sur la classification des maladies mentales, etc., ont pu être fortement ébranlées par le progrès naturel des idées; les services qu’ils ont rendus en adoucissant le sort des aliénés, en les élevant à la dignité de malades, inscriront pour toujours leurs noms en lettres d'or sur le panthéon de l’humanité. » Le professeur a terminé par quelques considérations sur la vogue des doctrines actuelles en psychiatrie, et indiqué les progrès accomplis dans ces derniers temps.

Appareils réfrigérants a la Morgue. — On sait que M. le préfet de la Seine a constitué une commission appelée a se prononcer sur les projets proposés par des ingénieurs pour établir à la Morgue des appareils réfrigérants. Ces appareils sont destinés à conserver les corps dans l’état où on les apporte au funèbre monument. Vendredi dernier, les délégués de cette commission, assistés de M. Descouts, préparateur de médecine légale et suppléant du docteur Brouardel, sont venus à la Morgue pour prendre les dispositions nécessaires à l’installation des machines frigorifiques. Deux ingénieurs se trouvent en présence, il va falloir mettre leurs systèmes a l’essai et les expérimenter l’un après l’autre.

Corps de santé de la marine. — Ont été promus ou nommés dans le corps de santé de la marine :

Au grade de pharmacien principal, MM. les pharmaciens de lro classe : 1” tour (ancienneté), Delteil. 2e tour (choix), Dégorgé.

— Ont été promus ou nommés dans le corps de santé delà marine, savoir :

Au grade de médecin de 1™ classe, MM. les médecins de 2” classe : Serès, Ambiel, Audibert, Dubois, Kàeffer, Mag'et, Neis, Léo, Bourat, Roux, Frison,' Boyer, Pocard-Kervilcr, Primet, Dfelneu, Baissade. (A suivre.)

Nécrologie. — Le docteur Chenu, ancien médecin principal des armées, vient de mourir à Paris à l’âge de soixante et onze ans. Ses relations avec Gabriel Delessert lui facilitèrent lés études qui l’occupèrent pendant la plus grande partie de son existence. On doit, en effet, au conservateur de la riche collection, des Delessert plusieurs ouvrages de conchyliologie et d’histoire naturelle. Nommé bibliothécaire de l’Ecole du Val-de-Grâce, Chenu recueillit les matériaux qui lui étaient nécessaires pour publier les Statistiques de la guerre de Crimée et de la guerre d'Italie, documents précieux à consulter pour tous ceux qui voudront se rendre compte des vices de notre organisation médico-militaire.

— Nous apprenons avec un vif regret la mort de M. le docteur Vallette, ancien chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu d’Orléans, où l’a remplacé son gendre, notre distingué confrère, M. Lehrou. M. Valette est décédé le 1er novembre 1879, âgé de quatre-vingtcinq ans et demi.

— Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. le docteur Potey, maire de Minot, président de l’Association des médecins de l’arrondissement de Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or), décédé le 2 novembre dernier, dans sa soixante-sixième année.

Hygiène alimentaire. — Un arrêté important vient d’étre pris par le préfet de police, dans l’intérêt de la santé publique. Aucune viande de boucherie ou de charcuterie fraîche, salée ou fumée, ne pourra être introduite désormais dans Paris sans avoir été, au préalable, soumise à la visite des inspecteurs spécialement charés de ce service. Il n’est fait d’exception que pour l’introduction 'une quantité de viande pesant moins de 3 kilos en viande fraîche et 5 kilos en viande salée ou fumée.

L’introduction dans Paris des viandes à soumettre à l’inspection ne pourra se faire que par les portes de Saint-Cloud, des Ternes, de Cliçhy, de la Villette, de Vincennes, de Charenton, d’Italie et d’Orléans. Toute viande reconnue impropre à la consommation sera immédiatement saisie et détruite aux frais du propriétaire, sans préjudice des poursuites auxquelles la saisie pourrait donner lieu.

Hôpital du Midi. — M. le docteur Çh. Mauriac reprendra ses leçons cliniques le samedi 29 novembre, à neuf heures et demie du matin, et les continuera les samedis suivants à la même heure. Le sujet des leçons sera la syphilis. Chaque conférence sera suivie de la revue des malades du service et destructions pratiqués sur le traitement des maladies vénériennes.

Hôpital Saint-Louis. — M. le docteur Vidal, médecin de l’hôpital Saint-Louis, commencera ses conférences cliniques sur les affections de la peau et la syphilis, le vendredi 21 novembre, à neuf heures, et les continuera les vendredis suivants à la même heure (salle Saint-Jean).

École pratique. — Cours d’olologie. — M. le docteur Gellé commencera ses leçons le mercredi 26 novembre, à quatre heures, amphithéâtre n° 2, et les continuera les mercredis suivants, à la même heure.

État sanitaire de la ville de Paris :

Du 6 au 13 novembre 1879, on a constaté 935 décès, savoir :

Fièvre typhoïde, 19. — Rougeole, 6. — Scarlatine, 1. Variole, 22. — Group, 13. — Angine couenneuse, 13. — Bronchite, 31. — Pneumonie, 53. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 18. — Choléra nostras, 0. — Dyssenterie, 1. — Affections puerpérales, 7. — Erysipèle, 2. — Autres affections aigucs, 215. — Affections chroniques, 454 (dont 168 dues à Ja phthisie pulmonaire). — Affections chirurgicales, 47. — Causes accidentelles, 33.

démie des. •ciçnces ’• Le daltonisme. — Analgésie thérapeutiquo par irritation des parties similaires. — Travaux originaux. Pathologie externe : Du peloton adipeux du pseudo-lipome'' sus-clavîcuîairô. — Correspondance.. Alimentation par lavements de pancréas et do viande. — Sociétés savantes. Académie (les sciences. — Académie de médecine. — Société do chirurgie. — Société de biologie. Bibliographie. Les lois delà circulation du sang enseignées par l'anatomie comparée, l'embryologie et l'observation clinique, -r Variétés. Les nouveaux professeurs de la Faculté de médecine. — Feuilleton. Une grève de .candidats. ;

G. Massqn, Propriétaire-Gérant. , „

VlNtiT-SIXlÈME ANNÉE

28 Novembre 1879

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECltt J|yDE CHIRURGIE

Comité de rédaction : A. DECHAMBRE, président; BLACHEZ, DIEÜLAFOY, A. HËNOCQUE, L. LEREBOULLET, A. H. MARCHAND

Adresser tout ce qui concerne la rédaction au siège du Comité, chez M. D ECU amure, 91, rue de Lille (avant le mardi de préférence).

l'mis, 27 novembre 1870.

Académie de médecine : La bactéridie du charbon.

MM. Pasteur et Colin continuent depuis assez longtemps une lutte qui ne semble pas devoir être promptement terminée, parce que les deux champions, suivant deux voies parallèles, n’ont pas, de par la géométrie, chance de se rencontrer. Ce n’est pas qu’ils ne s’arrêtent pour échanger des passes courtoises, autant que leur tempérament le comporte; mais alors même combien ils diffèrent ! L’un expose froidement dans des dissertations étendues, étudiées dans Informe, des résultats d’expériences multipliées; invoque la tradition, les doctrines générales, comme la spontanéité des maladies; fait appel à la clinique; se plaît aux succès de tribune. L’autre est bref, concis dans ses répliques; ne tient comme arguments sérieux que les résultats d’une expérimentation méthodique ; formule brièvement ses découvertes, les défend avec ardeur, non parfois sans rudesse, et réclame volontiers des protocoles de commissions dûment signés et enregistrés.

On ne s’étonne pas que deux tempéraments aussi contraires ne puissent s’entendre sur une question aussi délicate que celle de la pathogénie des maladies infectieuses. Cette question d’ensemble, nous la reprendrons. Aujourd’hui, nous ne voulons que dire notre avis sur l’opposition qui vient de se produire de nouveau entre les deux adversaires relativement à la recherche des bactéridies du charbon dans le sol qui a reçu les dépouilles d’animaux charbonneux.

La bactéridie charbonneuse présente des caractères tellement précis qu’on peut être étonné qu’il puisse y avoir des doutes sur le fait. Cependant nous sommes en présence

FEUILLETON

Quelques thèses à Image exposées momentanément dans les salles d’examens de l’École de médecine de Paris.

(Fin. — Voyez les numéros 45 et 46.)

VIII. Thèse de Louis-Benoist Cervenon, 20 novembre 1762. — Sept ans après la précédente, n° 87, donc 37 entre elles deux. La disposition générale reste la même. L’image mesure 78 centimètres de largeur et 58 centimètres de hauteur. Le cadre, si l’on lient compte de ce qui a été coupé dans la partie inférieure, à des dimensions à peu près pareilles. En somme, la thèse toute entière a 1 nT, 1 6 de hauteur sur 78 centimètres de largeur. C’est la plus grande. Elle vient de chez J. F. Cars, rue Saint-Jacques. Malgré l’apparence, c’est encore une ancienne gravure qui a été utilisée, puisqu’on distingue sous de grosses hachures, à gauche, le nom de 2« série, T. xvi.

d’expériences absolument contradictoires. Suivant M. Pasteur, la terre de Beauce, qui a été imprégnée dit sang des animaux charbonneux enfouis à une certaine profondeur, renferme les germes des bactéridies charbonneuses ; suivant M. Colin, la putréfaction a détruit fout germe charbonneux dans la terre où sont déposés les cadavres d’animaux.

M. Pasteur pense donc que le sang des animaux charbonneux infecte la terre qu’il imprègne et y dépose des germes qui peuvent de nouveau inoculer le charbon à des animaux. Cette conclusion est basée sur l’expérimentation. En effet, M. Pasteur, aidé de MM. Chamberland et Roux, a fait deux séries d’expériences, qu’il faudra avoir toujours présentes à l’esprit au milieu de cette discussion. Dans la première série, M. Pasteur démontre que les bactéridies charbonneuses ajoutées directement à une terre peuvent s’y transformer en corpuscules-germes, et ceux-ci peuvent se conserver sans altération de leurs propriétés pendant plusieurs mois (de juin à septembre 1879 dans ces expériences). Dans la seconde série, M. Pasteur, recueillant la terre à la surface d’un endroit dans lequel il avait enfoui, dix mois auparavant, le cadavre d’un mouton charbonneux, constate la présence des corpuscules-germes de la bactéridie par l’inoculation de l’affection charbonneuse à des cochons d’Inde.

Voilà des faits expérimentaux bien nets, et nous ne craignons pas de nous déclarer convaincu de leur réalité ; nous ne saurions nous représenter M. Pasteur et ses aides se trompant sur la constatation d’une inoculation charbonneuse.

Cependant, à ces faits positifs M. Colin oppo:e une série d’expériences contradictoires. Il prétend d’abord que la virulence charbonneuse du sang ne persiste pas au delà de quatre à cinq jours en été et d’une semaine en hiver; mais, en même temps, il reconnaît que le sang simplement desséché à l’air libre peut conserver sa virulence pendant quelques jours, parfois même quelques semaines.

Charles Lebrun qu’on a cherché à effacer. Dans un grand péristyle, sous un dais aux riches draperies, l’Eloquence avec son caducée, assise, soutient et présente l’écusson des Le Fèvre de Caumartin, d’azur à 5 faces d'argent. Autour sont groupées d’autres figures allégoriques. Charles Lebrun étant mort en 1690, cette œuvre, si l’écusson actuel n’en remplace pas un autre, a été créé vraisemblablement pour Louis Le Fèvre de Caumartin (1624-1687), conseillerau Parlement, maître des requêtes, etc., le grand-père de celui qui est mentionné sur la thèse de L.-B. Cervenon : Antoine-Louis- François Le Fèvre de Caumartin, chevalier marquis de Saint- Ange, comte de Moret, seigneur de Caumartin, Boissy-le- Châtel, Dormeilles, etc., conseiller du roy, maître des requêtes (en 1721), intendant de justice en Belgique et en Artois. Ladédicace :« Illustrissime ac nobilissimo viro Antonio Ludovico Francisco Le Fèvre dé Caumartin, equiti marchiôni à Sanlo Angelo, comiti à Moret, domino à Caumartin, Boissyle-Cbâtel, Dormeilles, etc., régi a consiliis, libellorum sup-

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En définitive, la virulence charbonneuse est une propriété éphémère, qui s’éteint avec plus ou moins de rapidité dans les solides, et les liquides s’altèrent d’eux-mêmes.

M. Colin n’a pas obtenu de résultats différents par l’inoculation d’eaux de lavage de la terre, du fumier des terreaux stratifiés avec des débris charbonneux. Toutes ses expériences, en somme, sont négatives.

Eh bien, en présence d’une contradiction aussi flagrante, est-il possible, pour le critique, d’arriver néanmoins à une conclusion? Nous le pensons, et cette conclusion nous paraît devoir être la suivante :

M. Pasteur, d’une part, démontre par une expérimentation méthodique que la terre imprégnée de sang charbonneux peut conserver pendant dix mois des germes de bactéridies qui dans certaines conditions se développent et transmettent le charbon. M. Colin, d’autre part, démontre un fait déjà admis, savoir, que la putréfaction peut détruire la virulence des bactéridies, et en outre il nous fait constater que dans ses expérimentations il n’a pas réussi à inoculer le charbon par les eaux de lavage des détritus charbonneux. Est-ce qu’il y a opposition entre ces deux ordres de faits? En aucune manière. L’un a opéré avec des matières dans lesquelles la virulence avait été détruite par la putréfaction, et l’autre avec des matières dans lesquelles la putréfaction n’était pas parvenue à détruire tous les germes; dès lors, nous ne voyons point comment les faits négatifs de M. Colin pourraient annuler les conséquences des faits si positifs et si démonstratifs de M. Pasteur. Si cette conclusion n’est pas apparue immédiatement aux auditeurs qui suivaient ces discussions ou aux critiques qui en ont rendu compte, c’est que la clarté de la démonstration expérimentale de M. Pasteur a été quelque peu obscurcie par les questions doctrinales qui, très-secondaires au point de vue de la question de fait, • ont pris une grande importance à la tribune académique.

M. Pasteur s’est plaint avec une certaine amertume de la manière dont la critique médicale a envisagé les discussions de ce genre. 11 nous permettra de lui faire observer que dans ces questions on le suivra d’autant plus près, que de son côté il aidera plus à la vulgarisation de sa méthode et de ses procédés, et qu’il ne craindra pas d’entrer, même à la tribune académique, dans les détails nécessaires. Un nombre restreint de savants peut seul s’initier dans les laboratoires à ces procédés si ingénieux mais si complexes, qui, grâce à M. Pasteur et à de nombreux histologistes, constituent une véritable

méthode de recherche et de culture des organismes microscopiques ou des microbes. Il est donc temps qu’un maître autorisé accomplisse ou dirige la vulgarisation des découvertes faites dans ces dernières années, ainsi que des méthodes et des procédés qui permettent de les contrôler et de les multiplier.

Pour terminer ce premier aperçu, nous concluons que sur le terrain expérimental, M. Colin ne saurait, par ses expériences, quelque nombreuses qu’elles soient, mettre à néant les résultats obtenus par M. Pasteur. Ses inoculations, pratiquées avec des liquides de composition mêlée et servant de réceptacles à des germes divers, ne permettaient pas de suivre les phases de l’évolution des bactéridies.

TRAVAUX ORIGINAUX

Clinique chirurgicale.

De la périostite externe chronique, par M. le docteur Charvot, professeur agrégé au Val-de-Grâce.

(Suite. — Voyez les numéros £0, 41, 44 et 46.)

L’un des malades qui fait l’objet de la troisième observation rapportée à la fin de ce travail a dû subir dans les derniers temps l’amputation de la jambe. L’examen du membre enlevé nous a donné l’occasion d’étudier avec soin les altérations anatomiques propres au périoste. Nous nous empressons de citer à l’appui, dans tout son développement, la note qui nous a été remise sur ce sujet par M. Kienner, professeur agrégé à l’Ecole; dont la compétence en histologie est depuis longtemps reconnue.

Les altérations du périoste et des os étaient semblables sur les extrémités inférieures du tibia et du péroné; mais nous aurons surtout en vue le tibia, où les altérations du périoste étaient le plus intéressantes, et nous rappellerons d’abord l'état de l’os lui-même.

Examen du tibia. — L’épiphyse inférieure est sensiblement augmentée de volume ; sa surface est rugueuse, hérissée de mamelons et de traînées irrégulières d’un tissu ostéoïde blanc nacré qui se laisse aisément entamer par le couteau, et qui représente évidemment un dépôt sous-périostique de nouvelle formation.

Au niveau de la malléole interne existe une bossette hémisphérique du diamètre d’une pièce de i franc, dont les bords se confondent graduellement avec la surface de l’os, et dont la partie la plus acuminée proémine de 3 millimètres environ ; c’est encore une production osseuse sous-périostique surajoutée à l’ancien os,

plicum magislro, apud Belgas et Atrebates rei judiciariæ ræfecto, patrono suo colendo, vovet, dicat et consecrat udovicus Benedictus Cervenon chirurgiæ candidatus », est comprise dans l’ovale supérieur du cadre.

Les propositions ( theses ) d’anatomie et de chirurgie, sur les fractures simples du corps du fémur, sont disposées sur trois colonnes si grandes, que malgré les dimensions considérables du cadre, elles en dépassent un peu les limites en haut et à droite, il faut noter ici un léger changement dans l’inscription de l’ovale inférieur : « Pro aclu publico et magisterii Laurea. » Jusqu’à présent il y avait ; Et solemni çooptatione.

La thèse de Louis-Benoist Cervenon (de Bourges), maître ès arts dans l’Université de Paris, a été soutenue, le samedi 20 novembre 1762, de deux heures et demie à sept heures, dans les écoles royales de chirurgie, sous la présidence, de M. Jean Lebas, maître ès arts et en chirurgie, du Collège et de l’Académie royale de chirurgie de Paris.

IX. Thèse de Pierre Dufouart, 13 août 1763, n° 92 du recueil de Pierre Sue. Publiée moins d’un an après la précédente, elle a avec elle la plus grande analogie pour l’image, le cadre, la dédicace, l’impression en trois grandes colonnes. 11 y a cependant une petite différence. Le sujet de la dissertation inaugurale est mis à part : De intuinescentia partium in primis vulnerumsclopetariorum instanlibus. Auparavant il était compris dans les propositions, où l’on était obligé de le chercher.

Comme la première (I), cette thèse à image vient de chez Malbourè, rue Saint-Jacques, près Saint- Benoist. On s’est ici servi encore d’une gravure ancienne qui représente aussi, comme nous venons de le voir, les armes de la famille du personnage de la dédicace, puisque les deux artistes qui l’ont composée et gravée, P. Mignard pinxit, de Poilly sculpsit, ont vécu dans le siècle précédent. Fr. de Poilly (1622-1693). Elle mesure 74 centimètres de largeur sur 54 centimètres de hauteur. Au milieu d’un grand cadre, les armes des Gontaut-

28 Novembre 1879 GAZETTE HEBDOMADAIRE DË MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

dont elle se différencie par la structure plus spongieuse et une plus grande vascularité.

La surface articulaire est dépouillée de son cartilage diarthrodial, qui est remplacé par une couche pulpeuse de 2 millimètres d’épaisseur, consliluée par un tissu de granulation suppurant.

une section pratiquée dans l’épiphyse met à nu un gros tubercule caséeux du volume d’une olive, siégeant dans l’épaisseur de la malléole interne, et recouvert par la calotte osseuse de nouvelle formation décrite plus haut. Dans la profondeur, il est entouré d’une zone hyoerhémiée de quelques millimètres d’épaisseur. Le reste de l’épiphyse présente à un haut degré l’état graisseux ordinaire dans les tumeurs blanches : raréfaction du tissu osseux, agrandissement des cavités médullaires remplies d’une moelle huileuse qui s’écoule à la section. Au voisinage de la surface articulaire, cette moelle est plus ferme, plus rosée, et constitue un tissu fongueux qui se continue avec la couche pulpeuse de la surface.

La diaphyse du tibia est recouverte dans son tiers inférieur de quelques dépôts osseux stalactiformes de formation nouvelle. Dans le tiers moyen la surface devient lisse. L’os étant scié dans sa longueur, la cavité médullaire apparaît remplie d’une moelle huileuse; la substance compacte est notablement médullisée et hyperhémiée, surtout dans ses couches périphériques.

Examen macroscopique du périoste. — Le périoste, dans toute la portion qui recouvre l’épiphyse, a une épaisseur de près de 1 centimètre; on le détache difficilement, et en essayant de l’arracher on entraîne avec lui quelques mamelons de tissu ostéoïde qui sont comme incrustés dans son épaisseur. Il est constitué par des rubans fibreux nacrés, entrecroisés, mais ayant une direction générale parallèle à l’axe de l’os, et superposés en plusieurs plans dans l'épaisseur de la membrane. Entre ces bandelettes fibreuses est interposée une substance molle, lardacée, ayant l’apparence d’un tissu embryonnaire, et çà et là quelques lobules adipeux.

Au niveau de la malléole interne, et précisément au-devant de la protubérance osseuse mentionnée plus haut, existe dans l’épaisseur du périoste une tumeur du volume d’une grosse châtaigne, arrondie et fluctuante, dont l’incision fait écouler un liquide puriforme, épais, granuleux. Cet abcès étant vidé, le doigt introduit dans la cavité reconnaît une paroi lisse, interrompue seulement sur une surface de quelques millimètres carrés où l’os est à nu. Cet abcès est situé dans l'épaisseur du périoste, ainsi qu’on peut s’en assurer à l’aide d’une incision et d’une dissection. On reconnaît ainsi qu’au pourtour de la cavité le périoste renferme une lame de substance caséeuse ferme qui se dédouble pour embrasser l’abcès; et il ne peut être douteux que celui-ci ne résulte du ramollissement de la matière caséeuse. Le dépôt caséeux est situé dans les couches profondes du périoste, mais séparé encore de l’os par une couche fibreuse; ce plancher fibreux est interrompu et comme usé au niveau de l’abcès, sur une petite surface qui laisse à nu l’os rugueux, légèrement coloré en noir, mais nullement carié.

Continuant la dissection du périoste sur le tibia, on constate qu’il conserve une épaisseur de plusieurs millimètres dans tout le tiers inférieur delà diaphyse, et qu’ensuite il s’amincit graduellement pour reprendre son aspect normal au niveau de l’amputation. A 10 centimètres environ de la malléole, bien loin, par conséquent, du foyer tuberculeux dei’épiphyse, le périoste épaissi

renferme dans ses couches profondes une masse du volume d’une amande, d’un tissu jaunâtre, mou, mais plutôt fongueux que caséeux. Cette masse est en partie adhérente au tissu fibreux environnant, en partie délimitée par une mince couche liquide interposée; l’examen histologique en sera donné plus loin.

Examen histologique du périoste. — Des fragments ont été détachés, d’une part, au niveau de l’abcès caséeux de la région malléolaire; d’autre part, en différents points de l’épiphyse et de la diaphyse ; un de ces derniers comprenait la petite tumeur dont il vient d’ôtre question.

Nous examinerons d’abord les préparations obtenues de ces derniers fragments, dont ies altérations diffuses et moins avancées faciliteront l’étude des lésions plus caractéristiques de l’abcès caséeux.

A. Altérations diffuses. — Le périoste épaissi est formé de plusieurs couches assez distinctes, qui sont, en commençant par la profondeur :

1° Une couche ostéogène, épaisse d’un demi-millimètre environ, auvre en cellules et en vaisseaux, principalement composée de bres conjonctives et de fibres élastiques fines qui s’infléchissent à angle très-aigu pour pénétrer dans la substance de l’os avec laquelle elles se -confondent. Celte couche osseuse, adhérente au périoste, est composée de trabécules grêles, vivement colorées par le carmin, à corpuscules osseux irrégulièrement disposés, et de grandes cavités médullaires remplies de moelle adipeuse; elle a les caractères d’un os de nouvelle formation, plutôt ostéoïde que véritablement osseux.

2° Une couche vasculaire dont l’épaisseur varie d’un demi à 2 millimètres; elle est formée d’un tissu conjonctif délicat, abondant en cellules, avec un riche réseau de vaisseaux capillaires, aune, deux ou trois tuniques; la plupart de ces vaisseaux présentent des altérations que nous décrirons plus loin.

3° Une couche fibreuse, épaisse de 2 à 3 millimètres, pauvre en vaisseaux, composée de gros faisceaux fibreux situés sur plusieurs plans, la plupart parallèles à l’axe de l’os, quelques-uns dirigés perpendiculairement aux premiers. Ces faisceaux, qui ont la structure de petits tendons, sont formés de larges fibres parallèles, légèrement ondulées, d’un éclat nacré; ils sont séparés les uns des autres par des traînées de cellules plates hypertrophiées; çà et là aussi ils s’écartent davantage pour embrasser des îlots de tissu adipeux.

Ces îlots adipeux sont fréquemment le siège d’une hyperplasie active de jeunes cellules, accompagnée d’un riche développement vasculaire. En même temps que les cellules adipeuses disparaissent, les jeunes cellules, serrées les unes contre les autres presque sans interposition de substance fondamentale, forment une masse de plus en plus cohérente qui tend à se ramollir; et cette fonte, qui n’est pas sans analogie avec la fonte caséeuse du tubercule, peut ainsi donner lieu à la formation d’abcès plutôt caséeux que plilegmoneux. Tel est le processus qui avait donné lieu à la formation de la tumeur du volume d’une amande, déjà en partie ramollie et en voie d’élimination, que nous avons rencontrée dans l’épaisseur du périoste, au niveau du tiers inférieur de la diaphyse.

La couche ta plus externe du périoste est formée d’un tissu cellulaire lâche, renfermant quelques lobules adipeux et montrant

Biron, un écu en bannière écartelé d'or et de gueules, entouré de figures allégoriques : à gauche des trophées, à droite l’Histoire qui tient le Temps renversé sous ses pieds, etc. L’écu seul est reproduit sur la thèse de l’édition in-4°. Il avait peut-être été substitué à un autre dans la planche que l’éditeur Malbouré avait eu sa possession.

Le cadre a les mêmes proportions que l’image (largeur 75 centimètres, hauteur 55 centimètres). Dans l’ovale supérieur est la dédicace : « Heroi Heroum filio, celcissimo et potentissimo D. de Gontaut, duci de Biron, Gaillarum Pari, Francise mareschallo, generali cohortium prætorianorum præfecto, etc., inaugurales has theses in obsequii perpetui testimonium offert, dicat et consecrat Petrus Dufouart, regii chirurg. Paris, Collegii candidatus. » Ce héros, fils de héros, très-haut et très-puissant seigneur de Gontaut, duc de Biron, pair et maréchal de France, lieutenant général des cohortes prétoriennes, etc., c’est Lquis-Antoine (1701-1778). La gravure dessinée par Mignard, a pu être faite pour le grand-

père, François de Gontaut, marquis de Biron (1020-1700), lieutenant général des armées du roi, etc.

Dans le grand espace laissé libre pour la thèse se trouvent d’abord le sujet : De intumescentia, etc., puis les propositions d’anatomie et de chirurgie (theses anatomico-chirurgicæ), et à la suite la formule, qui n’a pas beaucoup varié : has theses, Deo jurante et prœside M. Tussano Bordenave, artium et chirurgiæ magistro, Scholarum præposito, professore regio, regiæ chirurgorum academiæ consiliarii et ro commercio exlraneo secretario, tueri conabitur Petrus ufouart, tarbiensis, utriusque medicinæ studiosus, nuper adjutor primarii castrorum exerciluumque chirurgi : theseos auctor. Parisiis in regiis chirurgorum scholis, die Sabbati, 13 Augusti à sesqui secunda post meridium ad seplimam anno R. S. II. (1) 1763. Ces dernières lignes empiètent sur le dessin de l’ovale inférieur du cadre, où se trouve inscrit :

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les sections d’un grand nombre de vaisseaux de fort calibre a divers degrés d’altération.

Le moment est venu d’étudier avec plus de détails celte altération des vaisseaux. Elle est de môme nature dans les réseaux capillaires de la couche vasculaire profonde et dans les gros vaisseaux de la couche externe.

Vaisseaux capillaires à une seule tunique. — Quelques-uns ont leur paroi formée d’une seule couche de cellules endothéliales, d’autres de deux couches concentriques; ces cellules sont beaucoup plus volumineuses qu’à l’état normal et oblitèrent pl îs ou moins la lumière du vaisseau; elles sont souvent comme conglomérées et agglutinées entre elles, leur protoplasma ayant pris un aspect granuleux, réfringent, et une coloration jaune par l’acide picrique. Cette prolifération endothéliale s’accompagne presque toujours d’une accumulation de cellules rondes, lymphatiques, probablement migralric.es, autour du vaisseau.

Vaisseaux à deux tuniques. — Leur calibre peut atteindre jusqu’à un quart de millimètre de diamètre, et être ainsi visible à l’œil nu. L’épaississement porte à la fois sur les deux tuniques. La tunique interne se compose de couches multiples de cellules endothéliales (deux à six) ; dans les couches les plus externes, les cellules tassées les unes contre les autres présentent un noyau ovoïde à deux ou trois nucléoles, et un protoplasma pâle, limité’ par un fin linéament; les cellules plus internes, détachées de la paroi, hypertrophiées et d’aspect épithélioïde, sont unies entre elles et avec la première rangée des cellules endothéliales, encore adhérentes, par des prolongements ranieux, formant ainsi un réseau qui oblitère incomplètement la lumière du vaisseau. La tunique musculaire se compose de fibres musculaires lisses, hypertrophiées, colorées eu jaune rosé, disposées en plusieurs rangées concentriques, tantôt isolées et comme éparpillées au sein d*un tissu conjonctif délicat infiltré de cellules lymphatiques, tantôt réunies en faisceaux plus ou moins volumineux.

Vaisseaux à trois tuniques. — La plupart sont considérablement hypertrophiés et presque complètement oblitérés, au point que la lumière d’un vaisseau de 1 millimètre de diamètre est réduite à une fente linéaire ou triangulaire. Dans les vaisseaux encore perméables, la lumière est occupée par une masse colloïde de couleur hématique, à contours déchiquetés, laissant voir dans son intérieur quelques vacuoles et le stroma de quelques globules rouges, et à son pourtour quelques cellules endothéliales détachées de la paroi. Cette masse nous a paru résulter d’une fonte colloïde des globules sanguins; et les vacuoles, qui parfois renferment un noyau, nous ont paru résulter de la transformation vésiculeuse des leucocytes.

Les altérations de la paroi de ces vaisseaux portent sur les trois tuniques.

La tunique interne est composée de deux couches distinctes, l’une formée d’un tissu conjonctif délicat, riche en petites cellules; l’autre formée d’un revêtement endothélial à couches multiples. Suivant le vaisseau qu’on examine, c’est tantôt l’épaississement de la couche conjonctive, tantôt l’hyperplasie endothéliale qui prédomine.

Dans la tunique musculeuse, nous retrouvons les mômes altérations que dans la tunique correspondante des capillaires décrits plus haut.

L’adventice est composée d’un feutrage de fibres conjonctives

et de cellules fixes hypertrophiées; elle est, en outre, infiltrée de nombreuses cellules lymphatiques, et parcourue par un réseau de capillaires, dont les uns ont une paroi simple endothéliale, et dont quelques-uns sont pourvus d’une deuxième tunique musculeuse. Un peut juger par la structure et parle nombre de ces capillaires, qui ont la signification de'üasa vasorum, du degré d’intense prolifération dont la paroi des vaisseaux est le siège.

B. Abcès caséeux et tubercules du périoste. — Les préparations faites au niveau de l’abcès caséeux de la région malléolaire montrent que la cavité de cet abcès siège dans la couche du périoste que nous avons appelée vasculaire ; elle est limitée inférieurement par la bandelette libro-élaslique ostôogène, et supérieurement par des trousseaux fibreux. Les parois en sont tapissées d’une matière caséeuse ramollie. Eu dehors de la cavité, sur le même plan et dans la même couche vasculaire du périoste, s’étend une lame de substance caséeuse ferme, qui, sur des coupes fines examinées à l’œil nu, se montre composée d’un certain nombre^ de gros tubercules plus ou moins sphériques, du diamètre de 1 à 2 millimètres, alignés comme les grains dun chapelet.

Examinées à l’aide d’un faible grossissement, ces masses tuberculeuses sont assez nettement isolées les unes des autres et délimitées du tissu environnant. Leur contour n’est point circulaire, mais festonné, et embrasse de quatre à dix follicules circulaires ou elliptiques, d’une coloration jaunâtre et d’aspect vitreux. Les follicules sont comme enfouis au sein d’un tissu de granulation, vivement coloré en rouge par le carmin, qui circonscrit chaque follicule et forme une enveloppe commune à la masse tuberculeuse.

Examinons séparément, à l’aide d’un fort grossissement, les follicules et le tissu de granulation.

Le follicule est composé d’un amas de cellules épithélioïdes. La démarcation entre le follicule et le tissu de granulation qui le circonscrit est le plus souvent très-nette; le contour en est dessiné par un lacis de fibres conjonctives fines formant une véritable paroi. Les cellules épithéliales les plus externes sont disposées sur celle paroi à la manière d’un revêtement épithélial, serrées les unes contre les autres; elles ont une forme cubique ou cylindrique courte; leur protoplasma, opaque et réfringent, est colore en jaune par le picro-earmin, tandis que le noyau est coloré en rouge. A mesure qu’on se rapproche du centre au follicule, les cellules plus volumineuses, plus isolées, rameuses, forment un réseau, et lé plus souvent se rattachent par quelques prolongements à une grosse masse protoplasmique à noyaux multiples, d’aspect vitreux, qui occupe le centre du follicule ; il ne semble pas douteux que celte cellule géante, de forme irrégulière et rameuse, résulte de l’agglomération de plusieurs cellules épithéliales tuméfiées et ramollies par une dégénéralion vitreuse.

Le tissu de granulation a une structure fibroïde; il est trèsriche en cellules et en vaisseaux capillaires. La plupart de ces cellules sont rondes et semblables à des cellules lymphatiques; quelques-unes sont hypertrophiées et ont subi la dégénéralion vitreuse. Çâ et là sont disséminés, à intervalles presque réguliers, des cellules géantes, dont les caractères sont différents de la cellule à noyaux multiples que nous avons vue occuper le centre du follicule. Elles sont tantôt nettement circulaires, tantôt en forme de massue et prolongées par un cordon plus ou moins long et épais ; le plus souvent une petite fente les sépare et les isole du tissu

Proactupublico etmagisterii Laurea. Le président del’acle, Toussaint Bordenave, maître es arts et en chirurgie, comme nous l’avons vu sur sa thèse illustrée (II) du 2 juillet 1750, était devenu successivement prévost des écoles, démonstrateur royal, un des vingt conseillers de l’Académie de chirurgie, et son secrclaire pour la correspondance étrangère. L’auteur de la thèse, Pierre Dufouarl (de Tarbes), étudiant en. chirurgie, et en médecine, était déjà aide du premier chirurgien des camps et des armées.

L’examen détaillé que je viens de faire de ces neuf thèses démonire suffisamment qu’à partir de 1750 le Collège des chirurgiens de Paris, arrivé à l’époque la plus brillante de son existence, fit revivre, pour lui, la mode des thèses à image, qui avait été en grande vogue depuis plus d’un siècle et qui commençait alors un peu à passer.

Les thèses de chirurgie ( positiones anatomicœ et chirurgicce), d’après un règlement de 1749, étaient imprimées dans le format in-4°. Elles constituent le recueil de Pierre Sue.

Chaque auteur pouvait ensuite, à son gré, les faire tirer à part dans un cadre illustré, auquel on adaptait une gravure, pour les offrir en cadeau. Plus resplendissantes sous cette forme nouvelle, elles étaient destinées à être appendues aux murs, comme une carte, ou à être conservées sous verre.

On allait donc faire son choix de cadre et d’image chez un des marchands graveurs du quartier Saint-Jacques. Us tenaient à la disposition des candidats une collection de gravures de maîtres qu’on lâchait d’approprier à la circonstance avec une devise ou une allusion flatteuse pour le corps des chirurgiens, ou bien des gravures allégoriques inventées pour un personnage célèbre, avec des armes, qui pouvaient servir à un de ses descendants, ou à d’autres, grâce à quelque substitution toujours facile à opérer sur les planches par le graveur.

On peut suivre dans le recueil des thèses du Cabinet des eslampes, les transformations successives d’une belle composition de Charles Lebrun, faites je ne sais pour qui la pre- I mière fois, et qu’on a ensuite utilisée en 1726, pour la thèse

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environnant. On y distingue un rebord coloré en rouge vif, parsemé de noyaux disposes en couronne, et une partie centrale d’une coloration plus brune, d’aspect plus granuleux, ne renfermant pas de noyaux, mais quelquefois une ou deux vacuoles. Nous considérons ces éléments soit comme des bourgeons angioplasliques tuméfiés et en état de dégénération vitreuse, soit comme des capillaires dont la paroi endothéliale a subi l’altération vitreuse, et dont la lumière est oblitérée par une matière colloïde résultant de la fonte des globules sanguins.

Le tubercule ainsi constitué reçoit par plusieurs points de sa circonférence des vaisseaux capillaires qui se ramifient dans son intérieur.

On fait digne de remarque, c’est que les petites branches vasculaires qui viennent se distribuer dans la masse tuberculeuse, présentent fréquemment au voisinage de celle-ci les altérations décrites plus haut ; leurs deux tuniques, endothehale et musculeuse, sont épaissies, hyperplasiées, et leur pourtour est environné d’un amas de cellules lymphoïdes qui s’étend jusqu’à la périphérie du tubercule. Il ne parait pas douteux que le tubercule ne s’accroisse par l’adjonction successive de ces petits foyers, qui, à un degré plus élevé de prolifération, vont constituer l’un des follicules du tubercule.

l/examen attentif de nos préparations nous a amené, en effet, à cette conclusion que chacun des follicules décrits plus haut représente la section d’un vaisseau capillaire malade. Si l’on compare, en effet, la section de ces follicules a celle des vaisseaux dont les tuniques sont encore distinctes, l’analogie paraît frappante. D’une part, eu effet, un endothélium à couches multiples, dont les éléments d’abord disposés en surface de revêtement, se détachent ensuite de la paroi, et forment un réseau qui aboutit à une cellule géante centrale, est une figure que nous avons déjà signalée dans les vaisseaux capillaires parfaitement reconnaissables. D’autre part, dans le tubercule proprement dit, il est possible de reconnaître encore, sur des coupes très-fines, quelques cellules musculaires isolées dans le tissu de granulation qui circonscrit un follicule, dernier vestige de la tunique musculeuse dont les éléments ont fait retour à l’état embryonnaire.

Cette conception du follicule nous conduit facilement à celle du tubercule lui-même. Nous le considérons comme composé d’un peloton de vaisseaux capillaires démesurément hypertrophiés et dégénérés. Pour subvenir aux besoins de nutrition de ce nodule, il se produit incessamment une néoformation de jeunes vaisseaux capillaires, dont quelques-uns dégénèrent à leur tour. Lorsque l’hypertrophie et la dégénérntion atteignent un capillaire trèsétroit ou un capillaire encore à l’état de filament angioplastique, ce n’est plus un follicule qui prend naissance, mais un rendement fusiforme dont la section présente l’apparence d’une cellule géante. Ces cellules géantes peuvent donc être considérées comme la forme la plus rudimentaire du tubercule, comme un tubercule en miniature.

Conclusions. — Nous ne nous étendrons pas davantage dans cette note sur la structure de la granulation tuberculeuse que nous nous proposons de développer et d’appuyer de nouvelles preuves dans un travnil spécial. Nous nous bornerons à résumer les caractères de la périostite tuberculeuse tels qu’ils résultent de l’examen anatomique et histologique des pièces communiquées par M. le

de théologie du carme F. Eugène Mecenali. A Paris, chez I.-F. Cars père et fils, rue Saint-Jacques, au nom de Jésus. Elle est dédiée à Benoist XIII ( Summo Pontifici Bencdicto XIII). Dans cette vaste composition qu’il est inutile de décrire, la Religion sur un char soutient à côté d’elle le portrait du pape Benoist XIII. Or, Lebrun étant mort en 1690, et Pierre-François des Ursins ayant été pape, sous le nom de Benoist XIII, de 1724 à 1730, il est évident que, dans l’œuvre première, il y avait un autre portrait que celui de Benoist XIII, et que, par conséquent, cette image servait au moins pour la seconde fois, après avoir subi ce simple changement du portrait.

Dix ans après, la feuille inférieure du dessin de Lebrun sert de cadre à la thèse de Louis Chamillart, pro tenlativa, clerc parisien, abbé de Saint-Sévère de Coutances, soutenue en Sorbonne le lundi 6 février 1736. La partie supérieure a été remplacée par la gravure d’un tableau de Nicolas Poussin (Moïse devant Pharaon). Celte feuille inférieure, qui s’accor-

professeur Gaujot. Deux autres faits, que nous avons eu occasion d’étudier récemment avec le concours de M. le docteur Poulet, et que nous avons trouvés très-semblables à celui-ci, nous permettent d’attribuer à nos conclusions un caractère de généralité.

;1° La tuberculose primitive des os et des articulations est fréquemment accompagnée d’une altération tuberculeuse du périoste.

2° 11 ne ressort point des faits que nous avons pu étudier si le processus tuberculeux se développe primitivement dans le tissu osseux ou dans le périoste. Mais il est bien certain que l’altération du périoste est dans une certaine mesure indépendante de l’altération des tissus osseux et articulaires; elle s’étend bien au delà des limites du foyer tuberculeux de l’os. Celui-ci en effet est ordinairement circonscrit dans la synoviale et dans les épiphyses de l’articulation atteinte de tumeur blanche, taudis que la perioslite s’élend( à une notable portion de la diaphysc.

3° L’indépendance du processus tuberculeux se manifeste nonseulement dans le siège des lésions, mais encore dans leur degré de développement. Nous avons vu, en effet, dans le cas qui fait l'objet, de cette note, un abcès caséeux en voie de formation dans le périoste de la diaphyse du tibia, à un niveau où l’os n’était pas tuberculeux.

4° La périostite tuberculeuse est caractérisée par des altérations diffuses dans lesquelles le système vasculaire sanguin prend la part la plus importante, et par des altérations circonscrites, présentant les caractères les plus typiques du tubercule, dans lesquelles nous avons reconnu également l’origine vasculaire des ranulations. Les tubercules du périoste tendent à se ramollir et onnent lieu à des abcès caséeux qui, par leur marche et leurs caractères anatomiques, diffèrent absolument des abcès phlegmoneux.

5" Les tubercules et les abcès caséeux se développent dans l’épaisseur du périoste, partout où il existe des vaisseaux sanguins, et principalement dans la couche profonde de cette membrane où les vaisseaux se ramifient en un réseau capillaire. Cette couche n’est pas en contact immédiat avec la surface de l’os ; elle en est séparée par une bandelette fibro-élastique à laquelle est dévolue la propriété ostéogène. Pendant que le tubercule se développe, et alors môme que, déjà ramolli, il a formé un abcès, la couche ostéogène subit une irritation de voisinage qui a pour conséquence la formation de couches ostéoïdes sous-périostiques. L’observation de M. Gaujot montre d’ailleurs que l’abcès, en grandissant, peut entamer peu à peu, user et perforer la couche fibreuse ostéogène, et on comprend qu’en s’ouvrant, à l’extérieur, il puisse laisser l’os à nti au fond de la fistule.

C" Le tubercule siégeant dans l’épiphyse de l’os peut s’ouvrir dans l’articulation ou a l’extérieur, comme cela avait lieu pour le tubercule de la malléole externe chez le malade de M. Gaujot. Mais il peut arriver aussi qu’au voisinage du tubercule epiphysaire, se produisent des couches osd'buses sous-périostiques de nouvelle formation, qui éloignent de plus*-en plus le tubercule de la surface de l’os, comme on l’a vu au niveau de la malléole interne chez le môme sujet.

Étiologie et patiiogénie. — En parlant de l’historique et de la symptomatologie des abcès périostiques, nous avons indiqué les diverses théories émises sur leur étiologie. Nous

liait avec la supérieure, a subi quelques modifications. Il a fallu effacer par de profondes hachures sur la plaque de cuivre le pied du taureau et la patte du lion dont on voit encore la trace en haut et à gauche, supprimer la dédicace gravée : « Summo Pontifici Benedicto XIII », et mettre à la place l’inscription qui se rapporte au tableau deNicolas Poussin : Falsa veris evertenti « A celui qui change le faux en vrai ». La thèse elle-même est imprimée en carré, tandis qu’auparavant elle avait été gravée dans le cadre en suivant les contours du dessin. Enfin l’écusson des Mecenati, en bas et à gauche, a été remplacé par celui des Chamillart, qui porlent d'azur à une levrette d' argent colletée de gueules ; au chef d'or, chargé de trois étoiles de sable. Cette pièce, peut-être un peu effacée, conserve les signatures : Lebrun pinxit I. F. Cars excudit, à Paris, chez I.-F. Cars père et fis, rue Saint-Jacques, au nom de Jésus.

Une autre transformation de l’œuvre originale de Charles Lebrun a eu lieu encore pour la thèse de droit « ex utroque

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n’essayerons pas ici de réfuter les idées de Menière, Larrey, Sédillot, Leplat, qui ont trait seulement à la périostite costale, et nous ne nous occuperons que des causes qui peuvent s’appliquer à l’affection considérée en général. Malheureusement, nous ne pouvons avancer encore que des hypothèses sur la palhogénie. Mais s’il est difficile de préciser les causes de la périostite externe, il est du moins possible d’établir un certain nombre de points de repère basés sur l’observation, qui pourront guider dans cette recherche.

Nous savons déjà que celle affection est fréquente dans l’armée; les salles des hôpitaux militaires renferment presque toujours quelques-unes de ses manifestations. Elle apparaît surtout de vingt à vingt-cinq ans, c’est-à-dire à l’âge où la plus grande partie de la population se trouve sous les drapeaux. Aussi ne faut-il pas s’étonner que son histoire ait surtout attiré l’attention des médecins militaires. On peut même faire la remarque que le plus souvent l’homme est atteint dans la seconde ou au commencement, de la troisième année de service. Un autre fait digne de remarque, c’est que cette maladie ne s’observe au même degré de fréquence, ni chez les officiers, ni même chez les sous-officiers; ceci montre bien qu’elle tient au mode d’existence du soldat. Ces abcès froids périostiques sont-ils plus rares dans la pratique civile ? C’est une question à laquelle nous ne pouvons pas répondre.

Si l’on jette les yeux sur le tableau que nous avons donné à propos de la symptomatologie, on voit que la périostite affecte surtout les os longs et de préférence certaines portions du squelette : les côtes sont en première ligne; puis viennent, ar ordre de fréquence, le fémur, le tibia et les os de l’avantras ; mais même sur chaque os elle a des points de prédilection. L’altération périostique débute en général près de la ligne êpiphysaire, mais sur la diaphyse; elle est donc juxtaépiphysaire. Pourquoi ce siège de prédilection? la cause en est encore à trouver. On pourrait penser que celte sorte de périostite est liée au développement de l’os et rentre dans la classe de ces nombreux accidents épiphysaires auxquels Gosselin a attaché son nom ; ce serait alors une périostite chronique êpiphysaire. Mais cette supposition, très-séduisante du reste, soulève de sérieuses objections. Si l’affection naît près de la ligne êpiphysaire, nous savons qu’elle se développe dans le sens de la diaphyse seulement; puis les hommes qui en sont atteints ont dépassé l’âge où, d’ordinaire, le travail êpiphysaire est achevé; quelques-uns même ont plus de trente ans. Enfin aux côtes, où l’affection est si fréquente, il est difficile d’assimiler les articulations condrocostales au cartilage êpiphysaire des os longs.

Malgré l’influence que peuvent avoir les conditions d’âge et de profession, elles ne suffisent pas à elles seules pour expliquer le développement de la périostite. Il faut encore

jure », soutenue à Paris, le mercredi 23 juin 1790, par André-François-Anne Broc de la Périère, de Paris. Les deux feuilles, qui forment un ensemble si grandiose, ont été gravées de nouveau dans les mêmes dimensions. Au portrait du souverain pontife, on a substitué un petit tableau : la Vierge secourant des malheureux. Et sur la draperie de la feuille inférieure où était gravée l’inscription : « Summo Ponlifici Benedicto XIII, on a grossièrement imprimé : Dilectissimæ matris patronæ. Puis on a supprimé en bas et à gauche l’écusson armorié,. ce qui a laissé pins d’espace pour la thèse, laquelle a été imprimée chez P.-R.-C. Ballard, typographe de la Faculté de droit, rue desMalhurins. Cette dernière contrefaçon est signée C. Lebrun pinxit, G. Edelinck sculpsit, C. P. Regis. A Paris, chez Hecquet, sur la place de Cambray, à l’image Saint-Maur.

Cette petite digression était nécessaire pour faire comprendre comment, dans nos thèses de chirurgie, les marchands graveurs ont pu substituer à un écusson ou à un portrait les

tenir compte de la constitution du sujet et de l’intervention des causes accidentelles déterminantes. La cause générale a même ici plus d’importance que la cause locale; car dans la majorité des cas l’affection se développe spontanément, sans qu’on trouve de traumatisme ni de cause mécanique capable d’expliquer son apparition ; souvent même ces engorgements périostiques se développent sur des malades couchés dans leur lit d’hôpital. On note même rarement d’antécédents scrofuleux. Mais devant la fréquence de cette maladie dans l’armée, on est forcé d’admettre l’existence d’une cause générale prédisposante. Celle-ci n’est autre que la débilitation particulière qu’éprouve le soldat par le fait du genre de vie auquel il est soumis. Celte cause générale complexe, dont nous ne pouvons ici analyser les nombreux éléments (nourriture uniforme et peu variée, fatigues du service, agglomération dans les casernes et surtout privation de la liberté), préside à l’étiologie de tout un groupe d’affections médicales et chirurgicales qu’on pourrait appeler militaires. 11 est impossible de méconnaître le lien de parenté qui unit l’altération périostique dont nous nous occupons à d’autres suppurations froides (adénites, épididymites, etc.). Il existe en effet, entre les suppurations caséeuses de ces diverses régions, des analogies évidentes : dans toutes ces affections les malades portent les altributs d’un lymphatisme exagéré ; le liquide qui s’écoule d’une façon continue par les fistules consécutives à l’ouverture de l’abcès présente partout des caractères identiques ; il a toutes les apparences de la lymphe altérée. La tendance à la suppuration et à la transformation caséeuse, la chronicité, l’indolence, la production de fongosités, sont encore des caractères communs. Enfin la meilleure preuve de cette parenté ressort de l’apparition simultanée ou successive de ces diverses affections sur le même sujet. (Voir les observations citées à la fin de cetle élude.)

La généralisation de la maladie, qui passe ainsi d’un département anatomique à l’autre, fait songer à une analogie de nature. Aussi M. Gaujot est-il porté à placer dans le réseau lymphatique le point de départ de toutes les suppurations froides auxquelles il donne le nom de suppurations caséeuses. Cette hypothèse, très-séduisante, ne s’appuie que sur des analogies cliniques ; car les anatomistes, jusqu’à ce jour, n’ont pas décrit de circulation lymphatique dans la couche externe du périoste. Mais elle explique toutes les parlicularités de la périostite externe, qui présente les mêmes caractères cliniques et la même évolution que l’adénite chronique suppurée ; on comprend alors cette suppuration prolongée à travers des trajets fisluleux persistants, sans ostéite, formant foyer d’irritation. La suppuration caséeuse est continue et inguérissable, parce qu’elle évolue par foyers isolés envahissant successivement le réseau lymphatique ; pendant qu’un point guérit, l’autre devient malade ; aussi, .bien que pour chaque portion

armoiries du Collège des chirurgiens de Paris, dans la composition d’Antoine Dieu (V) ; mettre le portrait du président du Conseil d’Élat en 1755, dans l’œuvre de Mignard, mort en 1695 (Vil), et faire servir à leurs descendants les écussons armoriés faits pour des ancêtres illustres (VIII et IX).

Quant au cadre, c’était encore plus simple. Il suffisait qu’il fût de même largeur que la gravure à laquelle on le collait et que l’espace laissé vide pour la thèse fût assez grand pour la contenir. Le même cadre servait indistinctement pour la philosophie, la théologie, le droit et la chirurgie.

Ainsi la thèse de Toussaint Bordenave, 2 juillet 1750 (II), est imprimée sur un cadre absolument pareil à celui de la thèse de théologie de Bernard Romegoux, diacre do Bordeaux, laquelle avait été soutenue huit ans auparavant, le vendredi 13 avril 1742, deuneheureà deux, en Sorbonne (voy. Cab. des est., II vol. des thèses). On amis«Sic et Chirurgia » à la place delà dédicace : « Serenissimo eregiastirpeprincipi N. Borbonio de Conty, comité Marchiano ». Sur le portrail de séré-

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lymphatique atteinte l’évolution soit assez rapide, la durée totale de l’affection reste considérable. C’est ainsi que l’adénite procède par plusieurs noyaux indurés qui évoluent chacun pour leur compte. Nous avons vu les choses se passer de même dans la périostite externe ; les noyaux d’induration qui se forment dans la couche externe du périoste suppurent les uns après les autres, et tout porte à croire, avec M. Gaujot, que leur siège primitif à des rapports intimes avec les capillaires ou les vacuoles lymphatiques. On peut faire une remarque identique à propos de l’épididymite caséeuse. Mais il est temps de nous arrêter sur ce terrain, et de ne point aller plus avant dans le champ des hypothèses.

En résumé, l’origine de la périostite externe chronique, telle que nous la compronons, reconnaît deux ordres de causes : 1° une cause générale prédisposante ; 2° une cause locale, occasionnelle, efficiente.

l°La prédisposition générale est la cause primordiale, essentielle. Non-seulement elle est indispensable pour produire l’altération périodique sous l’influence de la moindre excitation locale ; mais encore elle peut la faire naître spontanément, en dehors de toute action extérieure appréciable. Cette disposition générale résulte de l’exagération du tempérament lymphatique qui arrive à l’état morbide, et que M. Gaujot appelle lymphatisme purulent caséeux. Elle a pour signes particuliers: la perversion de la nutrition ; — l’altération du sang, due à l’augmentation des globules blancs et à la diminution des globules rouges; — les accidents de l’anémie spéciale qui en découle, à savoir: teinte jaunâtre des téguments décolorés, exsudation facile de la sérosité dans le tissu cellulaire et les cavités séreuses, augmentation de volume des ganglions et des viscères glandulaires en rapport avec la circulation lymphatique; — l’altération de la moelle des os; — la multiplicité des manifestations morbides dans les divers points du système lymphatique ; — les caractères de ces manifestations, qui consistent en engorgements chroniques ou dépôts indolents peu susceptibles de disparaître par résolution, aboutissant au contraire à la suppuration froide par un processus lent et insensible ; — la nature particulière de cette suppuration froide qui tient au dépôt d’éléments caséeux.

L’état général qui constitue le lymphatisme morbide est acquis et transitoire. Il naît des conditions défavorables à la nutrition et disparaît ordinairement avec elles. C’est ce qui le distingue de la scrofule proprement dite, laquelle éveille l’idée d’une diathèse, c’est-à-dire d’une disposition plus ou moins originelle et durable, qui atteint par ses manifestations successives, à partir de l’enfance, l’ensemble des systèmes organiques de l’économie.

Il est plus difficile de déterminer le danger de parenté qui existe entre le lymphatisme caséeux et la tuberculose. L’un

nissime prince de race royale, N. de Bourbon, de Conty, comte des Marches, avec armes et attributs, qui est collé au cadre, se voit la signature : chez Cars, rue Saint-Jacques, au nom de Jésus. Au bas de la thèse, on a imprimé « pro actu publico » au lieu de « pro tentativa ».

Le même cadre, avec des dimensions plus grandes et inversé, a été gravé de nouveau pour la thèse de Pierre Dufouart, 13 août 1763 (IX). Cette reproduction est loin de valoir la première gravure.

La thèse de théologie d’Arnoult-Ferdinand de la Porte, sous-diacre de Paris , soutenue en Sorbonne, le vendredi 9 avril 1779, de sept heures à midi, a été imprimée dans un cadre pareil à celui de la thèse de chirurgie d’Honoré Gabon, du 20 mars 1752 (IV). Pour une gravure différente, on a mis « Futuræ promissionis Sponsæ » au lieu de « pro votis conl'ert salutem » du tableau de Jouvenet, Jésus-Christ guérissant des malades, et « pro tentativa » au lieu de « pro actu publico et solemni cooptatione ». (Cab. des estampes, IIe vol. des thèses.)

n’est-il que le précurseur de l’autre, et l’élément caséeux estil fatalement lié à la granulation tuberculeuse ? La question est encore pendante. Tout ce que nous pouvons dire à l’égard de la périostite externe, c’est quelle naît, évolue et guérit ordinairement sans être précédée ou accompagnée d’aucun signe de phthisie pulmonaire. Reste à savoir si celle-ci ne survient pas dans la suite.

2° Les causes locales, déterminantes de la périostite externe, se rapportent à des circonstances accidentelles. C’est un choc, une pression, le frottement continu ou répété d’une pièce du fourniment ou de l’armement, une entorse, un mouvement forcé, peut-être les fatigues imposées aav jeunes soldats avant l’achèvement de leur croissance, et les tiraillements multipliés exercés par ies efforts musculaires sur les insertions périostiques pendant l’accomplissement des exercices militaires. Mais toutes ces causes invoquées n’ont qu’une influence éloignée et secondaire. Elles peuvent même manquer absolument ; ce qui montre combien a été exagérée l’importance qu’on a voulu leur attribuer. C’est ainsi qu’il n’est pas rare de voir, dans les cas de périostite multiple, une ou plusieurs de ses manifestations survenir sans cause extérieure. connue, pendant que le malade est au repos.

CORRESPONDANCE

AU COMITÉ DE RÉDACTION DE LA GAZETTE HEBDOMADAIRE

Sur l’emploi de l’atropine A l’extérieur contre les douleurs cancéreuses.

Je vous serai obligé d’insérer la note suivante, relative aux effets obtenus par M. Anger de l’emploi de l’atropine comme topique calmant.

L’emploi de la belladone en applications externes contre l’élément douleur a élé maintes fois préconisé Chaussier, Velpeau, l'employaient. Cadet-Gassicourt a fait fabriquer une toile imperméable belladonée qu’il emploie comme topique calmant.

Quant à l’atropine, on en a conseillé l’application sur la surface de la peau dépouillée de sou épiderme, sous forme de glycérolé (Gubler). Trousseau et Pidoux préconisent, contre les névralgies affectant les nerfs superficiels, une solution de 1 centigramme de sulfate d’atropine pour 400 grammes d’eau. L’injection hypodermique d’atropine s’emploie fréquemment.

Mais, dans la plupart de ces cas, la belladone exerce surtout une action générale après absorption. Ainsi Trousseau'et Pidoux recherchent les signes de l’action générale, conseillant de diminuer ou d’augmenter la dose d’atropine à proportion. Nous voulons faire connaître ici un mode d’application spécial, s'adressant aussi à un élément spécial, la douleur du cancer, suivant la pratique, déjà ancienne, de M. Théophile Anger, chirurgien des hôpitaux.

Comme Trousseau et Pidoux, M. Anger applique loco dolenti

Dans ce recueil, se voient encore, à côté l’un de l’autre, deux cadrés pareils avec des images différentes au-dessus : l’un pour la thèse de philosophie de Jean Cochet, 28 juillet 1730, et l’autre pour la thèse de théologie (pro tentativa) de F. Nicolas-Etienne Souscelier, 17 août de la même année. Naturellement elles proviennent du même éditeur, chez Hecquet, rue Saint-Jacques, sur la place Cambrai, à l’image Saint-Maur.

J’ai en ma possession la feuille inférieure ou cadre de la thèse de philosophie soutenue par Michel-Louis le Pelletier de Saint-Fargeau, de Paris, dans le collège Louis-le- Grand, de la Société de Jésus, le 10 août 1729, qui est aussi le même que celui de la thèse de théologie de Charles-Eutrope de la Laurencie de Villeneuve, du diocèse de Saintes, soutenue au collège de Navarre, le jeudi 7 octobre 1762, trente ans après, et qu’on peut voir au Cabinet des estampes (ouv. cit.). Dans le cartouche supérieur du cadre, on a mis pour la première l’inscription : « Victimes pietatis », qui ré-

28 Novembre 1879

des compresses imbibées d’une solution de sulfate neutre d’atropine, recouverte de taffetas gomme ou mieux d’une feuille de gutta-percha laminée, pour éviter l’évaporation, et que l’on renouvelle trois à quatre fois par jour.

La solution est seulement de 1 gramme pour 1000 grammes d’eau. Jamais nous n’avons constaté de signes d’absorption du médicament (dilatation de la pupille, sécheresse de la gorge, etc.) Nous ne nions pas toutefois qu’elle puisse se produire, mais il est présumable qu’il y a surtout action locale, resserrement des vaisseaux, diminution de la sensibilité. .

La facilité de l’application, principalement en dehors de l’hôpital, et la propreté donnent à cette méthode un avantage marqué sur l’injection hypodermique et les pommades. En même temps, le soulagement très-marqué que nous avons observé dans tous les cas nous semble la recommander à l’attention contre ces terribles douleurs du cancer, que le praticien est obligé d’abandonner à lui-même à cause de son étendue ou de sa situation profonde.

A. Cerné,

SOCIÉTÉS SAVANTES

Académie des sciences.

Sur les expériences concernant la chaleur humaine, par M. G. A. Hirn (complément de la note du 27 octobre 1879). — L’auteur.résume ainsi sa communication :

L’ensemble des remarques qui précèdent et qui se présentent presque spontanément à l’esprit montre quel beau champ d’exploration est ouvert à l’expérience, et comment celle-ci devra être dirigée. Au début de mes travaux de thermodynamique, j’avais tenté de déterminer la valeur de l’équivalent mécanique en partant de la chaleur qui disparaît par le travail dans une machine à vapeur. Plus lard, j’ai sagement renverse la question, et je me suis servi de la valeur connue -de l’équivalent pour étudier les fonctions les plus cachées de ces moteurs. Ce renversement de méthode a été, je puis le dire sans vanité, le point de départ de progrès considérables dans l’étude de la machine. De même, au début, j’avais eu l’idée, que je qualifierai aujourd’hui d 'audacieuse, de me servir aussi de l’organisme humain pour arriver à l’équivavalent mécanique. Ici encore, il faut désormais renverser la méthode et les raisonnements ; il faut admettre comme fait fondamental que, pendant la marche ascendante ou descendante, chaque 425 kilogrammètres de travail exécuté coûte ou rapporte à l’organisme une unité de chaleur, et puis, par la comparaison de ce qui disparaît ou apparaît réellement de chaleur avec ce qui devrait disparaître ou apparaître, étudier ce qui se passe dans notre corps, ce qui se trouve modifié par telle ou telle condition nouvelle où nous le plaçons; il faut, en un mot, se servir des lois de la physique mécanique pour reconnaître comment et combien notre organisme différé d’une machine ordinaire.

Crânes d’hommes célèbres. — M. G. Lebon adresse, par l’intermédiaire de M. Larrey, les résultats fournis par la mesure des capacités de crânes conservés au Muséum d’histoire naturelle.

Des mesures effectuées sur les capacités de quarante-deux crânes ayant appartenu à des hommes célébrés, tels que Descartes, La Fontaine, Boileau, Gall, Volta, etc., l’auteur conclut que, la capacité moyenne étant de 1430 centimètres cubes pour la race nègre, et de 1559 centimètres cubes pour les Parisiens modernes du sexe masculin, elle est de 1682 centimètres cubes en moyenne pour les crânes dont il s’agit. La capacité moyenne de ces crânes dépasse donc presque autant celle des crânes parisiens que celle-ci dépasse celle des crânes nègres. Enfin, la capacité moyenne des vingt-six sujets les plus remarquables atteint le chiffre énorme de 1732 centimètres cubes. C’est tout à fait exceptionnellement que l’on trouve une grande intelligence unie à une faible capacité du crâne.

Académie de médecine.

M. le ministre de l’agriculture et du commerce transmet à l'Académie un rapport de M. le médecin-inspecteur d'Audinac, sur le service de 1878.

L’Académie reçoit des lettres de candidature de M. Ch. Richet, pour la place vacante dans la section d'anatomie et de physiologie; de MM. Guéniot et Charpentier, pour la section d’accouchements, en remplacement de M. Jacquemicr.

M. le Secrétaire perpétuel présente, au nom de M. Morin (de Marseille), une brochure sur les principes do l'allaitement mixte dans le premier âge; au nom de M. Ch. Richet, la traduction de l’ouvrage de Harvey sur la circulation du sang, avec les réponses de Harvey à Riolan ; une brochure de M. Delamotte, vétérinaire de l’artillerie, à Alger, sur la vaccine et la variole.

M. Bergcron dépose sur le bureau, au nom do M. Sonné, les articles ROUGEOLE et Scarlatine, extraits du Dictionnaire encyclopédique,

M. Hardy présente un volume de M. Trumct de Fonlarcc, sur la palliologio clinique du grand sympathique.

M. Richet, au nom de M. Charpentier, présente un ouvrage sur l’obstétrique au

M. Reynaud, au nom de M. le docteur Fabre (de Marseille), un ouvrage sur les relations pathogéniquos dos troubles nerveux.

M. Lagncau fait hommage en son nom, d’an volume intitulé : De Vanthropoloqiè de la France, extrait du Dictionnaire encyclopédique.

M. Noël Queneau de. Mussy présente une brochure, sur le climat de Nice, par M. le docteur Grellcly.

M. Pasteur remet sur le bureau une réponse à M. Masquard sur la sériciculture.

M. Larrey, au nom do M. Hcnnez, un livre, en portugais, sur la vie médicale des

Étiologie du charbon. — M. Pasteur dit qu’il voulait relever quelques erreurs matérielles contenues dans la dernière communication de M. Colin, mais que, en l’absence de ce dernier, il remettra ses observations à une autre séance.

Du PNEUMOTHORAX SANS COMMUNICATION DE LA PLÈVRE AVEC L’AIR EXTÉRIEUR, CONSÉCUTIF A LA THORACOCENTÈSEPAR ASPIRA¬ TION. — Dans deux cas dont il rapporte les observations, M. Bucquoy a constaté les signes du pneumothorax après la thoracocentèsesans qu'aucune manœuvre maladroite, un vice

pondait à une gravure perdue; et pour la seconde : & ex aquis aivinitùs salvato », répondant à un Moïse sauvé des eaux. En bas, les armes des Lepelletier de Saint-Fargeau sont remplacées par un petit cartouche dans lequel est imprimé ; « Pro tentativa ». Sur l’un et l’autre cadre, on lit : à Paris, chez I.-F. Cars, rue Saint-Jacques, au nom de Jésus.

Il n’est pas difficile de savoir pourquoi les dix thèses à image qui font le sujet de cette notice ont été trouvées ensemble dans les greniers de la Faculté. L’Ecole de médecine actuelle, bâtie pour l’Académie royale de chirurgie en 1774, a réuni tout ce que possédaient en livres, objets d’art et collections, la vieille Faculté de médecine de la rue de la Bûcherie, reléguée aux anciennes écoles de droit, VAcadém ie de chirurgie et la Société de médecine, lorsque ces trois corps rivaux, supprimés ensemble à la Révolution comme toutes les corporations (loi du 18 août 1792), furent tondues en 1794 dans l’Ecole de santé, qui devint l’Ecole de médecine, et plus tard la Faculté.

Antérieurement aux thèses dont je viens de faire l’histoire (1750-1763), n’y a-t-il pas eu d’autres thèses de chirurgie à image? Je n’en connais qu’une seule. Elle se trouve tout à la fin du VIIe volume du recueil in-folio des Quæstiones medicæ de l’ancienne Faculté de médecine de Paris. C’est une feuille de 60 centimètres de hauteur sur 37 centimètres de largeur, contenant en haut l’image; au-dessous, la dédicace, séparée par un petit trait, de la thèse ou question à discuter pour obtenir la couronne ou bonnet de maître en chirurgie.

Je la transcris en entier :

« Quæstio chirurgica pro Laurea, discutienda Die Mereurii oclava Augusti, hora nona matulina, an. Doit). 1657. Paæsitle perisissimo viro Magistro Joanne Iloullier, Chirurgo regio, secundo scholæ Parisiensis Præposito.

Utrum notifia circulations sanguinis sit necessaria chirurgo ?

Asserebat Petrus Vivien, Parisinus, in Aida Regia Chirurgorum Parisiensium. »

“28 Novembre 1879 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

de l’appareil ou une perforation pulmonaire, aient donné accès à l’air dans la cavité pleurale.

La première fois, ce fut dans une pleurésie purulente trèsancienne, chez un tuberculeux; le pneumothorax se développa après la seconde ponction. L’opération de l’empyème montra qu’il y avait des gaz mélangés au liquide purulent, et l’autopsie, qu’il n’y avait pas de perforation.

Le second fait est un cas de pleurésie aiguë, dans lequel, au milieu de l’opération, un sifflement aigu vint révéler tout à coup l’irruption de gaz dans l’appareil. 11 y eut pneumothorax consécutif, mais la pleurésie n’en guérit pas moins très-rapidement.

M. Bucquoy explique le développement du pneumothorax dans ces conditions par la mise en liberté du gaz dissous dans le liquide de l’épanchement, sous l’influence de l’aspiration et du vide qui s’établit dans la cavité pleurale elle-même. Ce phénomène suppose nécessairement que le retrait du poumon persiste après l’évacuation d’une partie de la sérosité.

Deux faits semblables sont rapportés par MM. Lereboullet et Tenneson; ils reconnaissent la même cause. Cet accident consécutif à la thoracocentèse, rare et peu connu, mérite d’être signalé, car lorsqu’il survient dans le cours de l’opération, il effraye singulièrement le médecin qui peut croire à l’entrée de l’air dans la plèvre. Mais, pour le pneumothorax consécutif ainsi produit, c’est un accident d’assez peu de gravité pour que la possibilité de cette complication ne soit pas une contreindication de la thoracocentèse dans la pleurésie chronique.

Applications de la métallothérapie au traitement du diabète. — Des essais qu’il a faits à Yichy sur les diabétiques, M. Burq croit pouvoir affirmer que la métallothérapie a une influence salutaire sur les troubles de la sensibilité et de la motilité chez cette catégorie de malades.

Quatorze diabétiques furent soumis à la métallothérapie interne, qui consiste à associer différents métaux aux eaux alcalines administrées à l’intérieur. Sauf dans un cas de diabète maigre, les résultats chez les diabétiques ont été aussi favorables que ceux obtenus chez les névropathes.

M. Burq conclut que la mélallothérapie est appelée a rendre dans le diabète des services non moins grands que dans le traitement de certaines névroses et de ïa chlorose, avec lesquels le diabète offre de grands points de ressemblance, et que très-certainement le fer et l’arsenic jouent dans les eaux alcalines qui en contiennent un rôle dont on les a trop dépouillés au profit de la médication alcaline.

Lavage de l’estomac. — M. Faucher présente à l’Académie un appareil permettant de pratiquer avec une grande facilité le lavage de l’estomac.

Get appareil se compose d’un tube en caoutchouc de lm,50 de longueur, terminé par un entonnoir pouvant contenir en¬

viron 500 grammes d’eau. A l’autre extrémité, le tube est percé de deux orifices, de façon que l’un venant à se boucher, l’autre reste perméable. Pour pratiquer le lavage, le malade porte le tube dans le pharynx, et le pousse légèrement en faisant un mouvement de déglutition, qu’il répète

un certain nombre de fois; il s’arrête quand il voit près des lèvres une marque faite à 45 ou 50 centimètres de l’extrémité stomacale. L’extrémité avalée est alors couchée sur la grande courbure ; puis le malade verse de l’eau alcaline dans l’entonnoir et l’élève à la hauteur de la tête : le liquide pénètre rapidement en|vertu de sa pesanteur. Quand celui-ci a presque disparu, mais que le tube est encore plein, il abaisse l’entonnoir au-dessous du niveau de l’estomac; on voit aussitôt l’entonnoir se remplir du contenu de la cavité stomacale, et l’on constate qu’il revient une quantité de liquide plus considérable que celle que l’on a introduite, entraînant des résidus de digestion.

M. Faucher présente à l’Académie un malade affecté d’une gastrite chronique et qui a été très-amélioré par les lavages pratiqués à l’aide de cet appareil.

Société médicale des hôpitaux.

Néphrite interstitieUe dilfuae consécutive à la présence de calculs rénaux : M. Tenneson. — Des rapports de l'hémianesthésie avec l’hêmiparêsie, l'hémichorée et la contracture, et de la guérison de ces phénomènes par les agents esthêsiogènes : M. Debove. — Paralysie alterne sans lésion de la protubérance : M. M. Raynaud.

M. le Président rappelle le décès de M. Mollaml et se fait, en quelques mots, l’interprète des sentiments de tous à l’égard du membre si sympathique que la Société a perdu. Le Bureau de la Société assistait aux obsèques.

Rien de plus, pas d’autre texte. C’est assurément la partie la moins importante pour les yeux. Elle occupe à peine le tiers de la feuille où s’étalent l’image et la dédicace mesurant ensemble 40 centimètres de hauteur. La gravure, de 25 centimètres de hauteur sur 28 centimètres de largeur, représente les armoiries illustrées des Fourcy. L’écu d’azur à l'aigle éployé, au chef d’or chargé de trois bêzans de gueules, surmonté d’un casque de front, grillé, avec de grands lambrequins découpés à feuilles d’achante, a pour cimier l’aigle naissant de l’écusson. Il est soutenu par deux lévriers dont les pattes de derrière reposent sur un dallage de trois rangs formé d’aigles et de bézans alternés. Le tout est fort bien gravé par I. P.

La dédicace : « Ulustrissimo viro Domino D. Henrico de Fourcy, in suprema Galliarum curia Senatori integerrimo, Domino de Chessy, Trianon, Espinay, etc. », n’off're rien de particulier à signaler.

Après l’image de cette thèse, c’est la date surtout qu’il faut ,

considérer. Elle fixe une époque mémorable dans les annales médico-chirurgicales, 1657 ! Le temps où la communauté des chirurgiens de Saint-Côme faisait, avec quelque succès, des tentatives pour secouer le joug de la Faculté et instituer un collège indépendant, ayant ses examinateurs, conférant des grades. (Voy. Corlieu, l’Ane. Fac. de méd., p. 173 et suiv.). « Us obtinrent, en 1656, des lettres patentes autorisant celte union qui mettait chirurgiens et barbiers sous la juridiction du premier barbier du roi... » U y avait eu surprise, et les médecins réclamèrent énergiquement leurs privilèges.. A la fin de l’année 1659, commença le grand procès qui devait se terminer, le 20 juillet 1660, par le triomphe (le la Faculté.

Pierre Vivien, de Paris, qui soutenait sa thèse pendant celte période d’émancipation, le mercredi 8 août 1657, à neuf heures du matin, dans la salle royale des chirurgiens, nous est tout aussi inconnu que le très-habile homme qui présidait, maître Jean Houllier, chirurgien du roi, deuxième

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— M. Guibout offre à la Société un exemplaire de ses Leçons cliniques sur les maladies de la peau.

— M. Tenneson présente des pièces recueillies sur un sujet mort par anurie calculeuse, après avoir offert des symptômes de néphrite interstitielle. C’était un homme de cinquante-cinq ans, très-pâle , n’ayant jamais eu ni œdème, ni hydropisies d’aucune sorte, mais atteint d’amblyopie très-prononcée et d’hypertrophie du cœur sans lésion valvulaire. Urine très-abondante (3 ou 4 litres par vingtquatre heures), pâle, limpide, sans sédiment; quelques rares cylindres. Albuminurie légère, non continue.

Le malade était depuis plusieurs mois dans cet état, lorsque, au commencement d’octobre, la quantité d’urine rendue par vingt-quatre heures tomba brusquement de 3 ou 4 litres à 300 ou 400 grammes, et la mort survint promptement.

Reins d’un volume normal, non granuleux ; capsule non épaissie, transparente, sans adhérences; parenchyme rénal pâle et anémique; aucune cavité kystique; calculs dans les bassinets et dans les calices.

L’examen microscopique démontre une néphrite interstitielle diffuse, avec cette particularité que les lésions sont plus prononcées dans les pyramides que dans la substance corticale. M. Tenneson signale ce fait comme pouvant différencier anatomiquementla néphrite interstitielle diffuse primitive de la même maladie consécutive à la présence de calculs. Dans cette dernière, le processus pathologique semble débuter autour des tubes urinifères, et non autour des petites artères, comme cela a eu lieu dans la néphrite primitive.

— M. Debove termine le résumé de son mémoire sur les hémianesthésies avec hémiparésie, hémichorée et contracture. Dans tous les cas dont il a communiqué l’observation, il y a, dit-il, deux faits d’une importance capitale.

1“ Il ne s’agissait pas d’hystérie, et, par conséquent, on a guéri par les aimants des hémianesthésies avec lésions organiques.

2° L’influence curative des aimants n’est pas limitée au rétablissement de la sensibilité ; elle s’exerce également sur les troubles de la motilité, à savoir : l’hémiparésie, l’hémichorée et la contracture.

Autre faitimportant: chez aucun des malades de M. Debove il n’y a eu transfert. Le transfert semble appartenir en ropre à l’hystérie; il ne s’observe pas chez l.es sujets atteints 'hémianesthésie de cause organique. C’est la règle, mais ce n’est pas une règle absolue, car, dans un cas, il y eu transfert ; il s’agissait d’un malade atteint de svphilôme. Autre particularité à noter : la guérison des phénomènes d’anesthésie et de paralysie s’accompagne de divers phénomènes sensitifs à peu près constants, en particulier d’une céphalalgie très-vive, parfois atroce, en général assez persistante. Chez un

des malades (le syphilitique) à la céphalalgie s’est joint un véritable état de stupeur, dans lequel le malade, tout en se rendant compte de ce qui se passait autour de lui, y restait, a-t-il raconté, entièrement indifférent.

Dans la plupart des cas, la guérison a été durable, mais pas dans tous; chez le malade de M. Proust, par exemple, les accidents, après avoir cédé momentanément, ont reparu à plusieurs reprises, quoique M. Proust eût multiplié les aimants. Ce n’est pas en multipliant les aimants, c’est en augmentant la durée de l’aimantation que M. Debove a obtenu chez ce malade une guérison définitive. Voici comment il procède dans les cas rebelles : il a recours à une séance de vingt-quatre heures ; il larenouvelle au besoin une seconde fois ; puis il assure le résultat obtenu par des séances quolidienues d’une demi-heure de durée.

En résumé : guérison par les aimants, non-seulement de l’hémianesthésie, mais aussi de l’hémiparalysie, de l’hémichorée et de la contracture, dans des cas où ces phénomènes dépendent non simplement d’une névrose, mais de lésions organiques ; en général, absence de transfert; sensations subjectives accompagnant la disparition des phénomènes d’anesthésie et de parésie ; indication dans les cas rebelles, non de multiplier les aimants, mais de prolonger et, au besoin, de renouveler les séances d’aimantation ; telles sont les conclusions parfaitement établies du mémoire de M. Debove.

Maintenant, par quel mécanisme la guérison se produit-elle? M. Debove a cherché à résoudre cette question et propose à la Société, sous toutes réserves, une théorie qui rend compte des phénomènes observés. Abordant d’aborcl la question du rétablissement de la sensibilité, il admet que les fibres sensitives de l’encéphale ont une conductibilité indifférente : ce fait de la conductibilité indifférente a été constaté sur la moelle ; ainsi, qu’on fasse une section de toute la substance blanche et même d’une partie de la substance grise, dès qu’il reste de la substance grise, les impressions sont transmises, et nonseulement l’animal perçoit la douleur, mais il se rend un compte exact dû point ou siège cette douleur. M Charcot explique ce fait en supposant que les impressions subissent dans la substance grise de la moelle une élaboration par suite de laquelle la transmission indifférente est possible. « Jusqu’à cette substance grise, la voie de transmission par les racines postérieures est directe, unique et non interrompue. Mais, à partir de la subtance grise, la voie peut varier. Il est probable que, dans l’état normal, les impressions suivent constamment une certaine route, toujours le même ; mais, si cette route est coupée, la transmission se poursuit sans doute par des voies de traverse jusqu’à ce que, par l’intermédiaire de ces voies, elle regagne son chemin ordinaire à une distance plus ou moins grande du point où elle l’a quitté. » ( Dict . encyclop., art. Moelle.)

prévôt de l’Ecole des chirurgiens de Paris. Peut-être descendait-il du fameux Jacques Houllier d’Estampes, qui avait été doyen (1546-1548) dans l’ancienne Faculté de médecine de la rue de la Bûcherie.

Quant à la question sur la circulation du sang, elle n’avait pas été choisie sans intention. Elle était contraire aux idées de la Faculté, qui ne voulait pas encore l’admettre. Mais l’on avait dû se borneràun simple énoncé; l’on n’avait pas même ni écrire la solution affirmative. Car, depuis l’arrêté du Parement du 2 mai 1535, la Faculté avait toujours conservé le droit de censure sur tous les écrits et livres relatifs à la médecine. Et dans ce temps de guerre il fallait de la prudence. De là, sans doute, la forme de cette thèse de 1657 !

Il n’en était pas de même lorsque les chirurgiens, observant le contrat de 1577, c’est-à-dire l’arrêté du 2 mai 1535, soutenaient leurs thèses en présence d’un docteur régent de la Faculté. Alors on pouvait développer la question proposée en quelques courts paragraphes; mais pas en latin. La docte

et sévère Faculté s’était réservée encore le privilège d’écrire et parler en cette langue.

C’est ce que démontrent les deux pièces, plus petites, qui ont été placées immédiatement après la thèse illustrée dont je viens de parler, deux thèses de chirurgie de la même année 1641. Elles ont le même titre : Question de chirurgie pour estre disputée en l’Estude de Monsieur le Vasseur, Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris et Lecteur ordinaire en chirurgie. L’une : « Est-il nécessaire de connaître les os pour la guérison des plages?» est traitée en trois paragraphes et résolue par l’affirmative : « Il est donc nécessaire... » Elle se termine par la formule : « A ces présentes thèses respondra publiquement (Dieu aydant) Léonard Dollé, Parisien, abbé des Escholiers estudians en chirurgie (1), le dimanche troisième mars 1641, à une heure précise, dans les

(I) L'abbu des étudiants on chirurgie ôtait lo elicf ôlu par eux, leur porto-parole, leur mandataire. II avait un lieutenant. Il y en avait aussi en médecine.

28 Novembre 1879 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — N» 48 — 767

D’après M. Debove, les choses doivent se passer de même dans l’encéphale ; l’hémianesthésie est due vraisemblablement à un obstacle siégeant sur les voies ordinaires de transmission de la sensibilité; l’application d’un aimant ouvre des voies collatérales jusqu’aux centres de perception et l’anesthésie disparaît.

En ce qui concerne la motilité, M. Debove admet que son rétablissement résulte de celui de la sensibilité. Il considère, en effet, l’hémiplégie comme dépendant, dans ce cas, de la lésion de la sensibilité au même titre que certaines paralysies, telles que les paralysies réflexes, dont l’origine sensitive est aujourd’hui bien établie. A l’appui de son opinion, il invoque les faits suivants. 1° Il n’a jamais vu une hémiplégie sans hémianesthésie guérir par les aimants, tandis que, accompagnée d’hémianesthésie, l’hémiplégie guérit toujours. 2“ Dans l’hystérie, où les aimants ont une influence si marquée, les deux phénomènes n’existent jamais l’un sans l’autre, et quand il y a transfert, le déplacement de l’hémianesthésie entraîne nécessairement celui de l’hémiparésie. 3° Enfin M. Debove n’a pas trouvé un seul cas d'hémianesthésie dans lequel il n’y eût en même temps hémiparésie ; et si d’autres observateurs ont signalé des cas d'hémianesthésie sans hémiparésie, cela tient à ce que celle-ci est parfois peu prononcée, et que, l’attention n’étant pas attirée de son côté, elle a pu être méconnue.

Les mêmes considérations peuvent s’appliquer à l’hémichorée et à la contracture. M. Debove considère ces deux phénomènes comme étant, avec l’hémiparésie, sous la dépendance de l’hémianesthésie.

En appliquant à l’hystérie cette théorie sur le rétablissement de la sensibilité, on peut expliquer le phénomène du transfert. Soit une hémianesthésie hystérique du côté droit; cette hémianesthésie tient à ce que les impressions sensitives de ce côté sont arrêtées avant d’atteindre l’hémisphère gauche. Qu’on applique un aimant : s’il s’agissait d’une lésion organique circonscrite, des voies collatérales s’ouvriraient autour de l’obstacle et les impressions parviendraient à destination, c’est-à-dire à l’hémisphère gauche. Mais, dans l’hystérie, l’obstacle, quelle qu’en soit la nature, porte sur la totalité des fibres, et aucune voie collatérale ne s’ouvre du côté gauche. Arrêtées de ce côté, les impressions trouvent leur voie collatérale dans les fibres allant à l’hémisphère droit; elles s’y engagent et parviennent aux centres de perception de cet hémisphère. La sensibilité se trouve ainsi rétablie à droite, avec cette particularité que des impressions parties du côté droit du corps sont perçues du même côté dans le cerveau. Voici maintenant comment se produit l’hémianesthésie gauche au moment où cesse l’hémianesthésie droite: les impressions parties du côté gauche trouvent leurs voies naturelles occupées par celles du côté droit ; elles ne peuvent s’y

engager et, par conséquent, ne sont pas perçues. 11 se produit là un phénomène analogue à celui des interférences en physique.

— M. Constantin Paul communique un fait, identique à ceux de M. Debove, relatif à un saturnin atteint d’ hémianesthésie du côté droit avec hémiparésie et contracture. Ce malade avait de plus une néphrite interstitielle. M. Constantin Paul applique une plaque d’or: la contracture cesse; nouvelle application : l’anesthésie et la parésie disparaissent à leur tour. Ce malade étant mort au bout d’un mois par suite du progrès de sa néphrite, on put examiner le cerveau, et en particulier la capsule interne : aucune lésion apparente.

— M. Dumontpallier remarque que, chez tous les malades de M. Debove, il y avait i nsensibilité sensorielle en même temps qu’insensibilité générale du côté atteint; il signale l’importance de ce fait comme élément de diagnostic ; on n'a d’action, en effet, que sur les cas où 1’hémianesthésie. porte sur les sens spéciaux en même temps que de Insensibilité générale, et par conséquent l’état de ces sens indiquera si la maladie est justiciable ou non de l’emploi des aimants.

— M. M. Raynaud présente une pièce provenant d’un sujet atteint de paralysie alterne: paralysie faciale à gauche, paralysie des membres à droite. La lésion consiste dans une gomme siégeant dans le lobe antérieur droit, et dans un foyer de ramollissement récent au voisinage de celte gomme dans une étendue assez considérable de la surface de l’hémisphère. La protubérance examinée avec le plus grand soin ne présente aucune lésion. Des renseignements précis établissent que les membres du côté droit n’étaient pas paralysés antérieurement à l’attaque qui a entraîné la mort. C’est là un cas très-intéressant, car on se trouve en présence d’une paralysie des membres du côté droit correspondant à une lésion de l’hémisphère du même côté, anomalie dont, en présence de l’intégrité de la protubérance, il est impossible de se rendre compte.

— On procède au scrutin pour l’élection de deux membres. MM. Voisin et Bourneville sont nommés membres titulaires de la Société médicale des hôpitaux.

Société de chirurgie.

Correspondance. — De la section des nerfs optique et ciliaires substituée à l'énucléation du globe oculaire. — De l'immobilisation et de la mobUisation des articulations malades. — Enfoncement des os du crâne chez un enfant de huit ans.

La correspondance comprend : 1° Deux observations d 'ovariotomie et une observation de laparotomie pour une ascite,

petites rües du Cloître-Saint-Médéric, à l’image de la ville de Rouen. » L’autre : « Le chirurgien doit-il entreprendre la guérison des os découverts auxquels est survenu érysipèle? » Après la réponse négative à cette question traitée comme la précédente, en trois points, se trouve aussi la formule : «Aces présentes thèses respondra publiquement (Dieu aydant) Antoine Rolland, lieutenant des Escholiers estudians en chirurgie, le dimanche U” jour de juillet 1641, à une heure précise, en la rüe de la Verrerie, proche l’asseurance, chez Monsieur Damon. »

Encadrées dans un petit entourage imprimé, ces deux thèses mesurent 29 centimètres de hauteur sur 23 de largeur. L’impression n’est pas très-belle et le papier assez grossier. On remarque qu’elles sont indiquées pour le dimanche. Les autres jours, les docteurs régents étaient sans doute empêchés.

E. Turner.

22 janvier 1870.

Un appareil pour la crémation des corps. — A la suite d’un rapport qui lui a été présenté sur un projet d’établissement, à Berlin, d’un appareil pour la crémation des corps, la municipalité de cette ville vient de recommander l’adoption de ce mode de sépulture pour toute la population de la capitale. La municipalité berlinoise a exprimé l’avis que l’introduction de la crémation serait, sous tous les rapports, un progrès salutaire. — Une crémation a eu lieu ces jours derniers à Milan.

Longévité. — Le plus curieux exémple actuel de longévité est celui de Michel Solis, dont M. Louis Figuier a fait connaître l’existence, et qui vient d’atteindre un âge qu’on estime supérieur à cent soixante ans. Solis, l’homme le plus vieux du monde, est un métis de Bogota, dans la république de San Salvador. Il vit d’une façon extrêmement régulière, et il attribue son extraordinaire vieillesse à sa sobriété. « Je 11e mange qu’une fois par jour, a-t-il dit récemment au docteur Hermandès, qui est allé le visiter, mais je ne mange que des aliments nourrissants. Mon repas dure une demi-heure. Je jeûne le 1er et le 15 de chaque mois, et ce jour-là je bois autant d’eau que j’en puis supporter. Voilà mon secret, d ( Union médicale.)

708 — N° 48 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 28 Novembre 1879

par M. J. Boeclcel; ces trois opérations ont été pratiquées avec la méthode antiseptique. — 2” Traité des blessures de l'œil, par M. Yvert.

— M. Abadie lit un mémoire sur la section des nerfs optique et ciliaires pour remplacer l'énucléation du globe de l'oeil. (Ce mémoire sera publié.)

— M. Berger continue la discussion snr la mobilisation et l’immobilisation des articulations malades. II cite plusieurs faits qui viennent à l’appui des opinions professées par M. Verneuil.

En 1877, M. Berger trouva dans le service de M. Cusco une fracture du coude compliquée de plaie. Le membre fut placé dans un appareil silicaté, qui fut enlevé le vingt-huitième jour; la plaie était cicatrisée et la fracture consolidée, le 'membre étant dans la demi-flexion. Quelques mouvements existaient dans la jointure; on tenta de les augmenter. Mais il survint bientôt une inflammation violente, suivie d’abcès, et cette fois l’articulation fut complètement ankylosée.

La même année, M. Berger a vu, dans le service de M. Alphonse Guérin, une luxation du coude compliquée de fracture et de plaie. Le bras fut mis dans un appareil ouaté. Au bout de cinq semaines, la guérison était complète; on essaya d’augmenter les quelques mouvements qui existaient encore dans l’article. Ces manoeuvres déterminèrent une violente inflammation, et l’ankylose devint complète.

Un homme qui avait reçu, cinq ans auparavant, un coup de feu dans le coude, entra dans le service de M. Gosselin ; après l’élimination de plusieurs séquestres, la guérison eut lieu dans la flexion, avec conservation de quelques mouvements. Le malade voulait se servir de son bras ; M. Deroubaix fit une résection ; il resta des trajets fislulcux. Le malade est maintenant dans les salles de M. Gosselin, avec une ankylosé osseuse et l’avant-bras presque dans l’extension. Les trajets fistuleux ne sont pas guéris et il survient de temps en temps des poussées inflammatoires.

Ces observations prouvent qu’il y a danger à tenter la mobilisation dans les fractures du coude consolidées.

L’intervention chirurgicale présente-t-elle les mêmes dangers dans les fractures articulaires sans plaie extérieure? M. Berger le pense, d’après les faits qu’il a observés. Chez les enfants, à la suite de fractures articulaires, les mouvements reviennent spontanément quand la coaptation a été bien faite, ainsi que l’a démontré M. Berlhomiez dans sa thèse. Chez les adultes, et même chez les personnes d’un certain âge, les mouvements reviennent d’eux-mêmes, tandis que les mouvements communiqués ne peuvent que retarder la guérison. Les essais de mobilisation artificielle, par le chirurgien, ont toujours été suivis de .phénomènes inflammatoires, et par suite d’ankylose plus complète. De même, les raideurs du genou, consécutives aux fractures du fémur, sont dues plutôt à l’arthrite qu’à l’immobilisation.

M. Verneuil remercie M. Berger d’avoir apporté des observations qui montrent les résultats fâcheux obtenus avec la mobilisation artificielle; il est bon de démontrer que celle mobilisation est détestable.

— M. Lannelongue présente un enfoncement des os du crâne. Il y a huit jours, un enfant de huit ans reçut un coup de pied de cheval à la tête. Aussitôt, perte de connaissance; résolution générale. La piqûre et l’excitation de la peau provoquent des mouvements.

Le lendemain, même étal; pas de paralysie. Sur la partie latérale gauche du cuir chevelu, dans la région fronto-pariétale, exisle une plaie ayant 4 centimètres de longueur. On constate une dépression dans les os du crâne et deux fragments osseux dans le fond de cette dépression. Ces fragments furent relevés et enlevés; plus profondément encore était la table interne de l’os, qui fut aussi enlevée. La dure-mère apparut alors déchirée. L’enfant mourut trois jours après son ëntrée à l’hôpital.

A Taulopsie, on trouva encore une lamelle osseuse, qui s’enfonçait dans la dure-mère. Pus dans les sinus et sous la dure-mère. Il y a donc eu une méningite traumatique. Dans le cerveau, on a trouvé à la partie moyenue de la deuxième ciaconvolution frontale gauche une cavité grande comme une noisette; la substance cérébrale était détruite eu ce point. Cette partie ne possédant pas de centre moteur, on peut s’expliquer ainsi l’absence de paralysie.

M. Houel. La dépression de la table interne est la règle dans les enfoncements des os du crâne. La chirurgie est incomplète quand on n’a enlevé, que les esquilles visibles; il faut aussi enlever les esquilles internes incomplètement détachées.

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