X. Arnozan
Société de thérapeutique.
Des courants induits dans le traitement de la sclérodermie : M. Arrnaingaud. — Du délire cardiaque, principalement dans les oas d’affection de l’orifioe aortique : MM. Dujardin-Beaumetz et Bucquoy . — De l’hydrothérapie dans les affections oanoéreuses : M. Daily. — De l'hérédité de certaines affections ohèz l'homme et chez les animaux : MM . Daily et Trasbot.
M. Dujardin-Beaumetz présente un travail de M. le docteur Armaingaud (de Bordeaux) sur un cas de sclérodermie traité avec succès par les courants électriques continus. Les conclusions de M. Armaingaud sont que l’électricité par courants continus peut être utilisée, sinon dans tous les cas de sclérodermie, du moins dans la forme caractérisée par l’induration et l’épaississement de la peau, sans plaques cicatricielles et sans ulcération; que l’électricité agit non-seuloment sur les points où le pôle est appliqué, mais sur les parties voisines, par l’intermédiaire de la moelle épinière; et enfin que ce cas heureux, et surtout la généralisation de l’électricité par ('intermédiaire de la moelle, sont un nouvel appui à la théorie qui fait de la sclérodermie une trophonévrose, c’est-à-dire un trouble trophique dépendant d’une altération des centres nerveux (thèse de Frémy, De la trophonévrose,
A propos d’un autre mémoire de M. Armaingaud sur une corrélation pathogénique entre les maladies du cœur (insuffisance et rétrécissement aortiques) et l’hystérié chez l’homme, M. Dujardin-Beaumetz fait remarquer l’intérêt que présentent les troubles mentaux chez les individus atteints d’affection aortique. Il observe en ce moment deux malades atteints de délire persistant, et qui, comme lésion cardiaque, présentent une insuffisance et un rétrécissement aortiques. Tout en reconnaissant les difficultés qui se présentent pour pouvoir
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affirmer que l’affection cardiaque est la cause déterminante de ces troubles mentaux, M. Beaumetz fait remarquer cependant que si le traitement est dirigé du côté des troubles circulatoires, on voit survenir assez rapidement une amélioration et même une disparition des troubles mentaux, alors que les lésions cardiaques s’amendent. Dans le cas de M. le docteur Armaingaud, il s’agit d’un névropathe atteint de'ré7 trécissement et d’insuffisance aortiques et qui présentait des attaques convulsives hystériformes lorsqu’on augmentait l’anémie cérébrale. Dans les deux cas qui lui sont personnels, M. Beaumetz a vu disparaître rapidement les accidents cérébraux en tonifiant le cœur de ses malades, avec de la digitaline dans un cas et des injections de morphine dans l’autre.
M. Bucquoy observe en ce moment, dans son service, un cas absolument analogue à celui de M. Dujardin-Beaumetz : il s’agit d’un individu atteint d’une affection aortique et d’un délire persistant, mais d’un délire qui disparaît à peu près lorsqu’on tonifie le cœur. M. Bucquoy ajoute que ces faits sont plus fréquents qu’on ne le pense dans les affections cardiaques, principalement dans les cas d’affections aortiques : le délire qu’on observe alors ne doit pas être confondu avec le délire de l’agonie, tel qu’on l’observe, avec ses caractères particuliers, dans les affections du cœur.
— M. Daily fait une communication sur le diagnostic différentiel des affections cancéreuses et des affections . non cancéreuses à l’aide de l’hydrothérapie. Il a remarqué, en effet, que l’hydrolhérapie accélère la marche des affections cancéreuses : ainsi, des malades traités pour des affections cancéreuses de l’estomac voient rapidement leur état s’aggraver sous l’influence des douches froides : l’hydrothérapie donne, pour ainsi dire, un coup de fouet à l’affection cancéreuse.
M. Dujardin-Beaumetz, à propos de l’influence des douches sur les troubles de l’estomac, demande à M. Daily s’il conserve la' pratique de la gymnastique abdominale dans le traitement hydrothérapique, # gymnastique préconisée par M. Duander, officier de l’armée suédoise, auteur d’un travail intéressant sur cette question. Déjà M. Daily a, dans, sa thèse inaugurale, proposé le massage de la région de l’estomac dans le traitement de la dyspepsie par atonie. Fait-il le massage dans les affections cancéreuses?
M. Daily ne connaît pas de meilleur mode de traitement pour les affections névropathiques ou autres de l’abdomen, sauf dans les cas où il y a formation de tissu nouveau, pathologique, comme le cancèr, par exemple. Du reste, il ne faut pas oublier que le massage, peu pratiqué dans nos régions, rend des services très-grands dans d’autres pays, où cette pratique remonte à la plus haute antiquité. Dans l’Afrique centrale, en effet, la plupart des chefs de tribus, qui se laissent aller à des écarts excessifs de régime, ont auprès d’eux des masseurs attitrés, qui par leurs manœuvres stimulent les fonctions de l’estomac et évitent ainsi des accidents congestifs qui surviendraient souvent à la suite de ces ingestions exagérées d’alcool.
M. Dujardin-Beaumetz demande ce qu’il faut entendre par gymnastique viscérale? Doit-on admettre l’opinion de M. Duander, qui indique trois manœuvres : le tapotement, le glissement et le secouement?
M. Daily. Ce sont ces manœuvres qu’il a décrites dans sa thèse; mais elles ne sont utiles que lorsqu’elles sont faites tous les jours ; c’est donc un traitement difficile à ordonner, principalement pour nous autres Français, qui n’aimons pas les traitements assujettissants et prolongés; on en obtient d’excellents résultats, principalement dans les cas de dyspepsie et de constipation opiniâtre. Les résultats sont également favorables dans les cas d’accumulation de graisse dans l’abdomen ; mais il faut ajouter l’usage d’une ceinture et un exercice qui excite la vitalité des muscles de l’abdomen,
muscles qui se relâchent peu à peu sous l’influence de la pesanteur des organes intestinaux surchargés de graisse; un exercice qu’il a l’habitude de faire faire est le suivant : faisant mettre le malade le dos appliqué contre un mur, de telle sorte que le talon et la colonne vertébrale soient appuyés, on voit peu à peu, sous l’influence des efforts musculaires, les muscles se contracter sur les organes viscéraux et prendre ainsi une force qui empêche l’abaissement du ventre, si pénible pour certains malades.
On a dit que certaines races (la race espagnole, par* exemple) étaient plus disposées que d’autres à celte infirmité. | M. Daily ne croit pas à l’influence de l’hérédité; ce ne seraita pas une affaire de race, mais simplement de mauvaise tenue.*
M. Trasbot pense que cette dernière opinion de M. Daily est exagérée. L’hérédité exerce certainement une influence réelle : on en trouve des exemples chez les animaux. Darwin n’est-il pas arrivé, chez les pigeons, à obtenir dans les produits toutes les modifications qu’il voulait. Pour citer un autre exemple, les chiens originairement avaient tous la queue longue; or, par la section, on est arrivé peu à peu à former des races chez lesquelles cet état est devenu héréditaire.
M. Daily ne croit pas à cette hérédité. Les Juifs, auxquels on coupe le prépuce, naissent cependant avec un prépuce très-allongé. On doit distinguer deux ordres de faits : l’hérédité des anomalies et l’anomalie des sélections.
M. Dujardin-Beaumetz cite comme exemple de l’influence de l’hérédité les cyprins (poissons télescopes), dont les caractères ont été d’abord artificiels, et qui naissent maintenant avec les anomalies.
M. Trasbot. Il faut distinguer, dans l’hérédité des modifications acquises, l’importance de ces modifications; les moins importantes ne se transmettent pas. Ainsi pour le chien, qu’il dérive du loup ou du chacal, ou qu’il soit de la race primitive, il est certain qu’il est un animal à queue longue. Or, chez certaines races où, pour une raison ou pour une autre, on a eu l’habitude de sectionner la queue, la queue n’existe chez les descendants qu’à l’état de vestige; bien plus, on a vu des chiens qui, ayant la queue cassée, ont donné naissance à des petits dont la queue était cassée. Chez les chevaux, certaines maladies sont héréditaires (tumeurs osseuses, etc.); ces maladies ne se manifestent pas immédiatement, mais apparaissent dès qu’on fait travailler l’animal; il en est de même pour le cornage (affection produite soit par une lésion du nerf laryngé ou par une compression des ganglions du cou) : le cornage est invariablement héréditaire aussitôt qu’on met le poulain au travail.
REVUE DES JOURNAUX
Des exanthèmes menstruels, par M. J. SCHRAMM.
La relation de la menstruation et des fonctions génitales en général avec certains exanthèmes a été indiqué par Hebra, mais les cas publiés sont rares. En voici deux observés dans l’hôpital de femmes de Dresde.
Chez une jeune femme de trente-six ans, disménorrhée suite d’antéflexion de l’utérus. Depuis sept ans, à chaque époque menstruelle, apparition d’une éruption cutanée consistant en papules et nodosités rougeâtres ou brunâtres, sur la figure, les bras, la langue et les parties génitales, surtout le vestibule. L’intensité de cet exanthème était proportionnelle à la difficulté de la menstruation. Un traitement approprié fit disparaître en deux mois les troubles menstruels et avec eux les manifestations cutanées. L’auteur insiste particulièrement sur l’absence dé syphilis.
Le second cas fut observé chez une phthisique de trente-
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cinq ans, qui avait des règles extrêmement abondantes. Toute la région du dos était couverte de petits boutons rouges, alignés, ressemblant à ceux de l’urticaire. Chaque mois la malade voyait apparaître cette éruption qui disparaissait après quelques jours.
Un troisième cas, est en même temps un exemple de pityriasis menstruel et d’urticaire consécutif à l’application de sangsues à la portion vaginale du col utérin. Des exemples de ce dernier accident se trouvent déjà dansScanzoni.
Comme particularités, l’auteur signale la lésion delà langue et de l’orifice uréthral qui exislaientdans le premier cas, lésion qui démontre que les muqueuses ne sont pas exemptes de ces singuliers exanthèmes, dont l’origine doit être probablement attribuée à une action réflexe sur les vaso-moteurs. Quant à la dernière observation, il est à noter que l’urticaire n’était pas sous la dépendance exclusive des nerfs utérins, vu que chez la même personne, des piqûres de mouches un peu nombreuses donnaient lieu à la même éruption. ( Berl . Klin. Woçh., 1878, n°42.)
Nouvelles recherches sur la forme et la situation des viscères abdominaux, par M. HlS.
La description classique des viscères de l’abdomen, y compris les organes pelviens de la femme est un tissu d’erreurs provenant de ce qu’on a l’habitude d’étudier les viscères exsangues, et en dehors de leur siège normal. His injecte dans la fémorale de l’acide chromique (5 à 10 litres), jusqu’à ce que tout le sang soit chassé par l’injection. Le liquide durcit les parois des réservoirs musculeux (estomac, intestin, vessie) et les parenchymes (foie, poumon, etc.); après quoi il suffit de recouvrir le tronc de plâtre et de faire des coupes successives et méthodiques, pour arriver à une idée trèsexacte de la situation vraie.
En opérant ainsi, on obtient des résultats entièrement inattendus. Pour ce qui concerne le foie surtout, il y aurait sui vant His, autant de différence entre l'organe vivant et tel qu’on l’observe sur la table de l’amphithéâtre, qu’entre « un sac vide et un sac plein ». Tous les organes abdominaux y impriment une empreinte, non-seulement les reins et le côlon, mais le cœur, l’estomac, l’œsophage, la colonne vertébrale, etc.
De plus, il faut lui considérer trois faces; non-seulement une face supérieure et inférieure, mais aussi une postérieure.
Il en est de même pour le pancréas, les reins et les capsules surrénales, dont la forme exacte ne peut être comprise que si l’on a soin de conserver les rapports avec les organes avoisinants.
La situation des organes de la femme est étudiée avec moins de précision. L’antéversion oul’antéflexion de l’utérus (suivant qu’il s’agit d’une femme multipare ou d’une nullipare) serait la situation normale. Lès ovaires seraient appliqués sur les parois du grand bassin, les deux faces dans la direction antéro-postérieur, le grand diamètre vertical. ( Arch . für Anat. und Pliys., 1878, p. 153.)
Travaux à consulter.
De l’ulcération du frein de la langue dans la coqueluche, par le docteur W. Maccall, chirurgien de l’hôpital des enfants, à Manchester. — L’important rapport récemment présenté à l’Académie par M. Roger à l’occasion d’un mémoire de M. le docteur Delthill, donne une certaine importance au travail de M. Maccall. Sur 252 enfants atteints de la coqueluche, cet auteur a observé 111 fois (41 pour 100). l’ulcération de la langue. De môme que M. Roger, il en conclut que celte ulcération est due à une action mécanique, la propulsion de la langue contre les dents, et non à une éruption spécifique, comme l’avaient avancé quelques auteurs. (British med. Journ., 21 septembre 1878.)
Du vaginisme dans ses relations avec l’aliénation mentale par le docteur Bradfield. — L’auteur rapporte un cas dans lequel un vaginisme très-prononcé avait déterminé des symptômes d’aliénation mentale dont la cause n’avait pas été reconnue immédiatement. La malade s’étant décidée à laisser pratiquer l’examen local, on reconnut l’existence d’un vaginisme qui fut traité avec succès par la dilatation forcée. La malade guérit complètement. On rapprochera avec intérêt cette observation de celles qui ont ôté publiées par Sims, Lulaud et autres auteurs, et dans lesquelles le vaginisme avait déterminé des désordres intellectuels plus ou moins graves. ( New-York medical Journal, mai 1878.)
Des ponctions multiples dans l’iiydropisie ovarienne, par le docteur Hughes. — L’auteur rapporte une Jrès-curieuse observation dans laquelle la paracentèse ovarienne a été pratiquée quatre cents fois dans l’espace de vingt années. L’intérêt particulier que présente l’observation réside dans ce fait que la malade, qui habitait les montagnes de Welsh, loin de son médecin, avait pris l’habitude de se ponctionner elle-même. (Lancet, juillet 1878, p. 137.)
De l’emploi des lavements froids dans le traitement de la diarrhée, par le docteur Messemer. — L’auteur a employé avec succès les lavements d’eau froide dans le traitement de la diarrhée et de la dyssenterie. Il insiste surtout sur les propriétés astringentes de l’eau froide associée aux opiacés. Injectée en petite quantité dans l’intestin, l’eau raffermit les lissus; injectée en plus grande quantité, elle débarrasse l’intestin des produits morbides qu’il contient. On consultera avec fruit les nombreuses observations consignées dans le mémoire de M. Messemer. ( American Journ. ofmed. sciences, juillet 1878.)
De la pathologie du périoste, par le docteur Creigton. — Dans un imporlant mémoire que nous ne faisons que signaler, l’auteur étudie les nombreuses manifestations morbides du périoste. D’après M. Creigton, le périoste est un tissu connectif qui, par sa structure spéciale, peut être comparé à un organe sécrétant. 11 en résulte que ce tissu est le plus dangereux des tissus connectifs et donne naissance à un grand nombre de néoplasmes. Les opinions et les théories émises par M. Creigton dans ce mémoire méritent certainement d’attirer l’attention des anatomopathologistes. (Journal of anatomy and physiology, avril 1878.)
De l’extirpation des ovaires a la suite des hémorrhagies déterminées par les tumeurs fibreuses de l’utérus, parle docteur Goodell. — Nos lecteurs connaissent l’opération inaugurée par Baltey sous le nom d’ovariotomie normale, et qui consiste à enlever les ovaires sains ou atteints de lésions relativement bénignes, dans le but de provoquer la cessation de la fonction menstruelle. Nous signalons aujourd’hui une opération de ce genre pratiquée par le docteur Goodell sur une malade atteinte d’une tumeur fibreuse qui déterminait des douleurs et des hémorrhagies graves à chaque époque menstruelle, et qui n’était pas susceptible d’être enlevée. Les deux ovaires furent extirpés par le vagin; celui du côté droit était sain., mais l’ovaire gauche contenait un petit kyste. La malade, qui était célibataire et âgée de trentetrois ans, guérit parfaitement, et les hémorrhagies cessèrent. Le docteur Goodell est d’avis que, lorsque les tumeurs fibreuses ne sont pas opérables et donnent lieu à des symptômes graves, l’ovariotomie est le seul traitement qu’on puisse utilement leur opposer, (American Journal of med. sciences, juillet 1878.) . J
Des injections hypodermiques de morphine, par le docteur Harrington. — Dans un long et remarquable mémoire appuyé sur un grand nombre de faits, l’auteur arrive aux conclusions suivantes : 1" N’employer les injections hypodermiques de morphine que lorsque la douleur est intense et que le médicament ne peut être supporté par l’estomac. 2° Toujours s’assurer de la quantiié exacte du médicament qu’on administre. 3° Ne jamais quitter le malade avant de s’être assuré qu’aucun inconvénient grave ne peut résulter de l’injection. L’auteur a été appelé à formuler ces réserves après avoir observé quelques accidents consécutifs à l’emploi sous-cîîlané de solutions concentrées de morphine. Nous appelons l’attention sur son mémoire, qui esttrès-inléressant. (Chicago medical Journal and examiner, septembre 1878.)
De l’emploi de la belladone dans le traitement de l’obstruction intestinale, par le docteur Kerr. — L’auteur publie cinq cas d’obstruction intestinale qui ont été traités avec succès
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par l'emploi de l’extrait de belladone administré par doses de 10 centigrammes toutes les deux heures, jusqu’à concurrence de 1 gramme. ( Brilish med. Journ., août 1878, p. 307.)
Dû TRAITEMENT DES FIBROMES UTÉRINS PAR L’ÉI.ECTROLYSE, par le docteur Freeman. — L’auteur a traité avec succès plusieurs cas de fibrome utérin en introduisant une longue aiguille dans la tumeur et en y faisant passer un courant électrolytique. Dans l’observation rapportée dans son mémoire, M. Freeman est arrivé par ce procédé à faire disparaître complètement une tumeur fibreuse volumineuse qui déterminait des hémorrhagies et inspirait des inquiétudes. ( Proceedings of the medical Society ofthe coanty ofKings, juillet 1878.)
Des éruptions pustuleuses dans la pyohémie, par Je docteur CAMERON. — L auteur a observé deux fois cette éruption, qui avait été déjà signalée dans la Gazette hebdomadaire (n“46, 1808). Il arrive à conclure qu’il n’est pas très-rare de rencontrer, pendant le cours de la pyohémie, une éruption de pustules qui deviennent rapidement purulentes et gui sont l’indice d’une mort prochaine. (Lancet, juillet 1878, p. 65.)
De la laparotomie dans la gestation extra-utérine, par le docteur Robert Harris (de Philadelphie). — L’auteur rapporte une très-intéressante observation dans laquelle il a pratiqué la laparotomie dans un cas de grossesse extra-utérine. L’enfant était mort depuis trois mois au moment de l’intervention chirurgicale, qui eut lieu quinze mois après la conception. L’opération fut suivie u’ un succès complet, et la mère guérit rapidement. M. Harris fait suivre cette observation de quelques remarques instructives et insiste sur l’utilité des opérations jhàtives dans les cas de grossesse extra-utérine. (American Journal of med. sciences, octobre 1878.)
BIBLIOGRAPHIE
De l’action comparée du chloroforme, du chloral, de
l’opium et de la morphine, chez la femme en travail.
Thèse présentée à l’agrégation parM. A. Pinard. — Paris,
Le sort avait désigné M.Pinard pour étudier une des questions les plus controversées et les plus importantes de la pathologie obstétricale. L’emploi des anesthésiques en obstétrique, accepté par beaucoup d’accoucheurs, contesté par d’autres, ne s’est pas encore généralisé en France, tandis que les Anglais et les Américains ont adopté depuis longtemps cette pratique. Ces divergences prouvent que les questions relatives à l’anesthésie sont loin a’èlre résolues, et que nous discuterons encore longtemps non-seulement sur le choix, mais encore sur l’opportunité des agents anesthésiques.
Ainsi que l’indique le titre de sa thèse, M. Pinard avait à traiter non-seulement de l’anesthésie obstétricale, mais encore de l’action comparée des agents anesthésiques et des agents narcotiques, tels que l’opium et la morphine. On pouvait craindre au premier abord que cette extension du sujet nuisît à la clarté; mais le soin que M. Pinard a eu de diviser son travail en cinq parties bien distinctes, et l’étude spéciale qu’il a faite de chacune de ces parties ne nous font pas regretter la multiplicité des questions qui ont été posées par la Faculté.
Dans la première partie, l’auteur étudie l’action du chloroforme sur les femmes en travail ; dans la seconde, il étudie l’aclion du chloral; dans la troisième, l’action des médicaments narcotiques, opium et morphine; la quatrième partie est consacrée à l’étude des quatre agents combinés. Enfin, dans une cinquième et dernière partie, l'auteur résume ses recherches et fait une étude comparative de ces médicaments.
La première partie, celle qui est relative à l’action du chloroforme sur la femme en travail, est de beaucoup la plus importante. La première opération obstétricale pratiquée par Simpson pendant l’anesthésie avait démontré que, plougée dans le sommeil anesthésique, la femme en travail devient aussi in¬
sensible à la douleur que l’homme anesthésié qui subit une amputation ; sur ce point tout le monde est d’accord. Mais est-il possible de faire disparaure chez une femme en travail l’élément douloureux sans atteindre la sensibilité tout entière? En un mot, peut-on, à l’aide du chloroforme administré d’une certaine façon, produire cette analgésie désignée par quelques auteurs sous le nom de demi-anesthésie? M. Pinard n’hésite pas à répondre négativement à cette dernière question, et, disons-le de suite, il condamne la chloroformisation pendant l’accouchement normal.
On admettait jusqu'à présent, avec Simpson, Campbell, Kidd, Samson, Spiegelberg, et la plupart des obstétriciens anglais, que les douleurs de la parturiaute pouvaient être considérablement atténuées, sinon abolies, par l’emploi du chloroforme à doses modérées. La Société obstétricale de Londres avait elle-même recommandé l’usage du chloroforme, dont elle formulait ainsi l’emploi : « Dans les cas ordinaires, n’en donner que juste la quantité nécessaire pour rendre la patiente indifférente à la douleur, et non pour lui abolir complètement les sentiments. »
Les expériences de M. Pinard n’ont pas été favorables à la demi-chloroformisation; devons-nous en conclure que ce procédé doive être à jamais banni de la pratique obstétricale? Une pareille conclusion nous paraîtrait au moins hâtive. Nous n’entrerous pas, relativement à l’action physiologique du chloroforme sur les femmes en travail, dans de longs développements. Celte question a du resle été habilement traitée dans la Gazette par noire collaborateur M. Legroux. Mais nous ne pouvons nous empêcher d’observer qu’en face des assertions opposées d’hoinmes très-compétents, il est permis de ne pas se rendre sans merci aux faits qu’expose M. Pinard à l’emploi du chloroforme dans les accouchements normaux.
On trouve dans les observations de l’auteur une excellente méthode d’examen et d’analyse, mais leur nombre n’est-il pas un peu restreint? En effet, M. Pinard (pressé par les exigences du concours) a dù faire son travail à la hâte et n’a pu recueillir que 23 observations. Ce chiffre est maigre, surtout, si on l’oppose aux milliers d’observations recueillies en Angleterre, et même aux 942 faits' publiés en France par M. Campbell. Sans nous prononcer d’une manière catégorique sur cette importante question, nous pensons qu’il doit y avoir, soit dans le mode d’administration des agents anesthésiques, soit dans les conditions toujours différentes de la pratique hospitalière et de la pratique de la ville, des différences qui expliquent les opinions contradictoires aujourd’hui professées par les accoucheurs les plus éminents. L’avenir élucidera#sans doute cette question ; en ce qui nous concerne, nous demandons, avant de repousser d’une façon définitive la demi-anesthésie obstétricale, un supplément d’expériences : celles-ci sont d’autant plus faciles que, de l’avis de l’auteur lui-même, le chloroforme ne provoque jamais d’accidents mortels sur les femmes enceintes, et qu’il n’existe aucun fait authentique qui puisse faire douter de l’immunité de la chloroformisation obstétricale. 11 est à remarquer en effet que les ennemis de ce procédé anesthésique le combattent, non parce qu’il est dangereux, mais parce qu’il est inutile. Parfois même ils veulent le tuer par le ridicule. « Le chloroforme à la reine, dit le professeur Pajot, est destiné à supp'anter les médailles, les neuvaines, les eaux miraculeuses... On fera entendre aux femmes qu’elles eussent souffert bien davantage sans la demi-anesthésie. Le chloroforme sera, pour les accouchées, comme la Providence qu’il faut toujours remercier quand on s’est fracturé une jambe : « on aurait pu se les casser toutes les deux. » De cette raillerie spirituelle nous retenons ceci, c’est que le chloroforme n’est pas dangereux en obstétrique. C’est là un point capital sur lequel nous appelons l’attention des accoucheurs, qui pourront dès lors constater sans crainte les effets de cet agent pendant le travail.
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Nous ne nous arrêterons pas longuement sur les autres points qui ont été traités dans la thèse deM. Pinard. En ce qui concerne le chloral, l’auteur n’a pu faire qu’un nombre limité d’expériences. Les difficultés de l'administration de ce médicament en rendent l’emploi difficile en obstétrique, et il faut en réserver l’emploi pour l’éclampsie.
Pour la morphine, M. Pinard a pu constater que cette substance ralentit les contractions d’une façon notable et les fait même disparaître. En ce qui concerne l’action combinée de la morphine et du chloroforme, il pense que l’association de ces médicaments peut être utile dans les cas de manœuvres obstétricales, mais qu’ils produisent dans le travail naturel un ralentissement et un raccourcissement notable des contractions utérines, et prédisposent aux hémorrhagies de la délivrance.
Cette analyse critique est certainement insuffisante pour donner une idée du travail de M. Pinard , qui est frès-tomplet et repose sur des données essentiellement cliniques. Nous avons dit que les faits présentés par l’auteur nous paraissaient trop peu nombreux pour servir de base à une opinion définitive; mais ce n’est point là un reproche. Si l’auteur n’a pu rassembler qu’un nombre restreint d’observations, celles-ci sont exposées avec méthode et constituent des documents d’une valeur incontestable. Nous pouvons donc dire que cette thèse, quoiqu’elle ne puisse être considérée comme le dernier mot de la science sur la question, mérite néanmoins d’occuper le premier rang parmi les travaux cliniques qui serviront à la résoudre.
A. Lutaud.
Index bibliographique.
De la fièvre typhoïde; étude physiologique; sa nature; son traitement, par M. le docteur üuillasse. In-8 de 57 pages. Paris. 1878. V. Adrien Delahaye et Cic.
De la physiologie pathologique de la fièvre typhoïde et des indications thérapeutiques qui en dérivent, par M. le docteur Duroué (de Pau). In-8 de 150 pages. — Paris, 1878. V. Adrien Delahaye et Cie.
I. Le premier mémoire est une analyse des symptômes les plus saillants de la fièvre typhoïde, pour arriver à celle conclusion sur la nature intime de la maladie, conclusion que nous livrons textuellement à nos lecteurs : « ...La fièvre typhoïde, ou l’état morbide désigné sous pè nom, dépend de l’embarras des fonctions organiques survenu consécutivement au spasme des organes, qui est lui-même provoqué par l’état d’éréthisme du système nerveux de la vie animale. » Puis, comme conclusion pratique, c’est-à-dire comme indication thérapeutique, employez le café.
II. Tout autre est Popinion de M. Duboué, qui regarde la dothiénentérie comme une maladie virulente; mais il nous semble faire jouer un rôle bien considérable à l’état du système musculaire et par conséquent aux lésions des fibres contractiles. En effet, pour lui les altérations musculaires, et plus spécialement celles du cœur, amenant un ralentissement de la circulation, il en résulte une stase sanguine avec altération consécutive des hématies. Les produits de désintégration des globules rouges viennent alors produire un second empoisonnement, d’autant plus grave que le sujet était plus vigoureux, c’est-à-dire que son sang était plus riche en globules rouges. « Il y a donc, dit-il, dans la fièvre typhoïde deux empoisonnements consécutifs à la production desquels l’action des nerfs vaso-moteurs reste tout à fait étrangère : le premier se rattachant à l’inlluence d’une action extérieure à l’organisme, et le second à celle d’un agent développé dans l’organisme lui-même. Ces deux agents appart iennent, en conséquence, à une même série physiologique, à la série des débilitants musculaires ou des agents myo-paralyliques. »
Or, fortifions les muscles, et si nous ne pouvons atteindre ce but suprême, saignons et saignons encore, nous chasserons ainsi un plus grand nombre de ces globules dangereux, dont la destruction menace l'organisme; enlevons du sang et fortifions le sujet! c’est là, il faut bien le reconnaître, une méthode difficile.
Contribution a l’étude de la broncho-pneumonie, par M. le
docteur Félix Balzer. In-8 de 80 pages et une planche.— Paris,
1878. V. Adrien Delahaye et Cle.
M. Balzer, dans ce mémoire, résumé très-soigné des connaissances acquises ;usqu’à ce jour, insiste sur quelques points de l’histoire de la broncho-pneumonie. A propos des lésions, il fait remarquer que non-seulement le parenchyme pulmonaire est le siège d’altérations, mais que la charpente (tissu conjonctif), les vaisseaux lymphatiques et. sanguins participent au processus inflammatoire et présentent des modifications caractéristiques. De plus, les bronches subissent des changements de structure qui facilitent la dilatation mécanique et laissent après elles des lésions qui persistent après la guérison de la broncho-pneumonie. L’emphysème pulmonaire, qui est si fréquent dans ces conditions, presque constant, est bien une lésion mécanique, mais favorisée par les altérations intimes des éléments anatomiques; c’est ainsi qu’on peut expliquer la localisation de cet emphysème autour d’un noyau de pneumonie, loin des points d’élection de l’emphysème de force, sénile, etc., ceux-ci restant sains. IL Balzer établit encore que certaines broncho-pneumonies sont, chroniques d’emblée ou succèdent rapidement à l’état, aigu; elles constituent alors une véritable sclérose pulmonaire et sont une nouvelle preuve que le processus inflammatoire a envahi tous les tissus sans exception.
Cannes, son climat et ses promenades, par M. le docteur de
Valcourt. In-lSJ de 340 pages, avec une carte et 6 planches. —
Paris, 1878. Germer Baillière, éditeur.
Nous sommes en pleine saison, encore quelques jours et les derniers malades qui doivent aller demander aux rivages de la Méditerranée un climat plus favorable pendant l’hiver seront défi- .nilivement installés; nous ne pouvons larder plus longtemps de leur parler du livre de M. le docteur de Valcourt et de le signaler à nos confrères. Cannes et son climat est un bon vade-mecum du malade qui a besoin d’hiverner; nous lui signalerons surtout toute la seconde partie, qui lui donne une description minutieuse de Cannes et de la vie qu’on peut y mener, qui lui indique les excursions qu’il peut tenter sans compromettre la cure en voie d’évolution. C’est un petit volume portatif, bien écrit, et qui a sur les autres guides le mérite d’être dû à la plume d’un médecin habitant depuis longtemps la station. Mais c’est la première partie, la seule qui soit véritablement médicale, que nous analyserons pour nos confrères ; elle traite des indications thérapeutiques et météorolo-
° Après avoir établi que le séjour dans le Midi présente des avantages réels dans les affections chroniques de l’appareil respiratoire et même dans la tuberculose pulmonaire, M. de Valcourt nous renseigne sur des questions de pratique dont le médecin a chaque jour à s’occuper : tout d’abord il s’occupe du choix de l’habitation. 11 recommande le bord de la mer pour les vieillards, les enfants, les personnes d’un tempérament lymphatique; mais, môme pour ces sujets, quand il y a des exacerbations fébriles, on doit choisir l’air des colines bien abritées du vent; il en est de même pour tous les autres malades. Quant aux personnes atteintes de tuberculose aiguë généralisée, à celles qui ont un tempérament nervoso-sanguin ou qui souffrent d’une affection de l’appareil circulatoire, le climat de Cannes leur est néfaste. Pour ce qui est du choix des vêlements, il combat la funeste habitude qu’ont beaucoup de malades de se peu couvrir, sous prétexte qu’ils sont dans le Midi. Il insiste sur l’usage du parasol, qui doit abriter la tête, même en décembre, contre les ardeurs du soleil, dont le reste du corps doit profiter. Le choix des promenades journalières devra être déterminé par la direction des vents; tous les valétudinaires devront être rentrés au plus lard une heure avant le coucher du i soleil. L’alimentation sera réglée d’après les habitudes propres au malade ; mais il est important de tenir compte également des usages du pays. Quelle doit être la durée du séjour à Cannes? Pour M. de Valcourt, elle doit commencer en octobre pour se prolonger jusqu’à la fin de mai; mais si les malades ne peuvent pas faire un séjour aussi long, M. de Valcourt leur conseille avec insistance de n’arriver que plus tard, en novembre et même en décembre, mais de ne pas quitter le pays avant la fin de mai. Il ne faut pas prendre de bains de mer entre le 15 novembre et le 1er avril.
Pour ce qui est des études météorologiques, que l’auteur a faites lui-même avec beaucoup de soin (température, humidité, vents), nous conseillons d’étuuier les tableaux qu’il donne, et dont nous ne pourrions indiquer ici même les grands traits.
3 Janvier 1879
De la membrane muqueuse des fosses nasales, par M. le docteur CharlesRémy, ancien interne des hôpitaux. Thèse d’agrégation, 1 vol. in-8 de 1U0 pages, avec 2 planches. — Paris, 1878. V. A. Delahaye et O.
dette thèse renferme non-seulement un résumé très-complet de toutes les recherches faites jusqu’à présent sur l’anatomie de la membrane muqueuse des fosses nasales et sur la physiologie de l’olfaction, mais encore un certain nombre de faits personnels et nouveaux, parmi lesquels on doit noter une théorie sur le développement de l’organe de l’olfaction et des cavités des fosses nasales, et des détails sur la terminaison des nerfs olfactifs dans l’épithélium de la tache olfactive de l’embryon. L’auteur donne lui-même uhe idée du but de son travail : iJ’ai établi, dit-il, la comparaison du chorion de la muqueuse nasale avec le corps papillaire de la peau ; j ai donne une description histologique des glandes de la pituitaire et de ses sinus qui confirme les recherches de M. Sappey, en rejetant les glandes de Bowman; j’ai montré les nerfs olfactifs en continuité avec les cellules épithéliales chez l’embryon humain, l’homme adulte, le chien et la grenouille, et enfin, en physiologie, j’ai examiné les effets résultant de la section des nerfs olfactifs, trijumeau et sympathique; j’ai étudié la fonction des sinus et l’absorption de la pituitaire. »
Pour M. Cadiat, comme pour M. Rémy, on doit concevoir ainsi la formation des fosses nasales : on constate d’abord une dépression épidermique sur un des bourrelets dépendant de la partie supérieure de l’extrémité céphalique, puis une fente, puis un conduit. Le conduit s’évase en arrière, dans une vaste cavité limitée en avant par l’os incisif; plus tard cette cavité se séparera en deux, lors du développement des arcs branchiaux.
Quant au rôle de la muqueuse dans le sens de l’olfaction et le lieu où se fait la sensation : « Il n’y a pas d’hésitation à ce sujet. La sensation dépend du cerveau, et , la preuve en est dans ces cas nombreux de contusion du crâne à la suite desquels l’odeur de soufre ou de phosphore semblait perçue en permanence. Dans la rage, les hallucinations de l’odorat sont. dues au trouble cérébral et non à celui de là muqueuse. j>
Sur le bruit de souffle anémo-spasmodique de l’artère pulmonaire, DÉSIGNÉ SOUS LÉ NOM DE BRUIT ANÉMIQUE DE LA BASE du cœur, par M. Constantin Paul. In-8 de 56 pages, avec planches. — Paris, 1878, Pi Asselin.
Ce mémoire a été lu à la Société médicale des hôpitaux, a été analysé avec soin dans le compte rendu de la Société (18 janvier 1878, n° 3) ; nous en avons donné les principales conclusions. M. Constantin Paul a ajouté au texte que nous connaissions des planches intéressantes au point de vue des rapports des poumons et du cœur avec les parois costale et sternale, ainsi que des tracés sphygmographiques. Grâce à ces planches, on conçoit facilement l’importance des signes signalés par M. Constantin Paul dans les cas de souffle de la base du cœur, au point de vue pathologique comme au point de vue physiologique.
Recherches sur la néphrite interstitielle cardiaque, ou rein cardiaque, par M. le docteur Paul Cuffer, interne lauréat des hôpitaux. — Paris, 1878, V. A; Delahaye et O.
SI. CufTer, partant de ce fait que les affections organiques du cœur arrivées à une certaine période déterminent un œdème veineux et un œdème lymphatique, démontre que l’œdème prédomine dans le rein et qu’il détermine une lymphangite et une périlymphangite rénale qui constitue la néphrite interstitielle cardiaque.
La néphrite interstitielle (cardiaque, comme la cirrhose hépatique cardiaque, détermine probablement les altérations du sang , altérations qui consistent en ce que les globules rouges sont diminués de nombre; les globules rouges sont augmentés de volume, leur coloration est souvent plus foncée qu’à l’état normal, ils sont plus résistants, ils se déforment moins sous l'action des réactifs ; enfin le nombre des globules blancs est augmenté. Ce qui démontrerait, comme le dit M. Cuffer, que dans le cours des affections cardiaques les altérations du sang dépendent en grande partie de la néphrite interstitielle, c’est que ces altérations sanguines sont identiques à celles de la néphrite interstitielle ordinaire.
VARIÉTÉS
Conseil général de la Seine. — La Morgue. ( Séance du Vendredi 27 décembre 1878.)
M. Masse présente un rapport sur diverses modifications à apporter aux dispositions intérieures de la Morgue, en vue d’assurer une installation convenable au service de médecine légale.
M. le rapporteur expose que M. le docteur Brouardel, chargé par M. le garde des sceaux d’une mission à l’étranger pour étudier les installations de médecine légale, a consigné, dans un rapport très-remarquable, le résultat des études qu’il a faites à l’étranger. Les modifications proposées sont l’application des conclusions formulées, par M. le docteur Brouardel. Elles ont notamment pour objet d’assurer la conservation des cadavres le plus longtempspossible; d’installer une salle-d’autopsie bien aérée et bien éclairée, des laboratoires d’analyses, des locaux pour mettre des animaux à la disposition des médecins expérimentateurs ; enfin de former une collection de préparations auatoiniques. La commission proprose d’accueillir le projet qui lui est soumis, mais elle fait observer que la nouvelle installation a un caractère d’intérêt général; que l’enseignement de médecine légale qui sera professé intéresse également la France entière, et elle a pensé qu’il serait sage de demander à l’Etat de concourir pour moitié dans la dépense de Ü0000 francs, prévue pour l’exécution du projet.
M. le préfet de la Seine dit que laproportion de la contribution demandée a l’Etat lui semble justement établie. C’est précisément en effet dans la même proportion que le département participe dans certaines dépenses de l’enseignement, notamment en ce qui touche les travaux à exécuter pour les lycées et les grands établissements universitaires.
M. Laulh dit que le projet n’implique pas l’application de glacières pour la conservation des cadavres ; il demande que le conseil examine s’il n’y a pas lieu de prendre parti sur le choix du moyen de conservation qui doit être employé.
M. le rapporteur répond que M. Brouardel a dû abandonner le système de glacières en sous-sol à raison du peu d’élévation de la Morgue au-dessus du ileuve. M. Brouardel a pensé qu’on pouvait recourir au système employé à bord du Frigorifique pour la conservation des viandes. Ce procédé a l’inconvénient d’exiger une dépense assez élevée; mais cette considération doit céder devant l’intérêt très-grand qu’il présente et les services qu’il rendra.
L’impression du rapport de M. le docteur Brouardel est prononcée. Les conclusions de la commission sont adoptées.
Faculté de médecine de Paris. — Par décret, il est créé à la Faculté de médecine de Paris : 1° Une chaire de maladies des enfants ; 2° une chaire d’ophthalmologie.
Facultés de médecine et des sciences. — Par deux décrets 9 en date du 28 décembre, les traitements des professeurs de la Faculté de médecine et de la Faculté des sciences de Paris sont portés à 15000francs.
Faculté de médecine de Lille. — M. Lescœur, docteur en médecine, licencié ès sciences mathématiques et physiques, pharmacien de première classe, a été nommé professeur de chimie médicale à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille.
Faculté de médecine de Montpellier. — Par arrêté du ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts, du 21 décembre, la chaire de pathologie interne de la Faculté de médecine, de Montpellier a été déclarée vacante. Un délai de vingt jours à partir de la publication du présent arrêté est accordé aux candidats pour présenter leurs titres.
Faculté de médecine de Toulouse. — Par décrets du 28 novembre, rendus sur la proposition du ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts, et contre-signés par le ministre des finances, une Faculté de droit a été instituée à Montpellier et une Faculté de médecine a été instituée à Toulouse.
École de médecine de Rouen. — Par décret de môme date, la chaire de uiatière médicale et thérapeutique de l’Ecole prépa-
3 Janvier 1819
raloire de médecine et pharmacie de Rouen prend le titre de chaire d’hygiène et thérapeutique.
— La chaire de pharmacie et notions de toxicologie prend le litre de chaire de pharmacie et matière médicale.
— La chaire de chimie médicale prend le titre de chaire de chimie et toxicologie.
. — 11 est créé à ladite École une chaire d’histoire naturelle.
' École pratique. — M. le docteur Fort commencera ses leçons d’anatomie le 10 janvier. Ces leçons comprendront l’étude delà tête, du cou, des centres nerveux, des nerfs crâniens et des organes des sens. Les élèves qui suivront ces cours seront dirigés, s’ils le désirent, dans leurs dissections à l’Ecole pratique. On est prié de s’inscrire chez M. Fort, 21, rue Jacob.
M. Fort fera, en outre, un cours de médecine opératoire le 17 avril 1879, à l’usage des candidats au deuxième examen.
Distribution des prix a l’Assistance publique. — Le 28 décembre, aune heure, a eu lieu, sous la présidence de M. Michel Moring, directeur, à l’amphithéâtre de l’administration centrale de l’Assistance publique, la distribution des prix et médailles aux élèves internes et externes des hôpitaux et hospices de Paris.
Voici les noms des principaux lauréats : l'“ division. Médaille d’or : M. Maurice Letulle. — Médaille d’argent : M. Henri lîarth.
Mentions : MM. Dreyfus et de Royer. — 2° division. Prix : M. Arnozan. — Accessit : M. Merklen. — Mentions : MM. Gauché et Vimont.
. Distinction honorifique. - Madame Madeleine Bros, docteur en médecine, chargée du service médical au théâtre du Châtelet, est nommée officier de l’instruction publique.
Distinction honorifique. — Sont nommés officiers de l’instruction publique : MM. les docteurs Lunier, Chancerel (Caen), Garreau (Lille), Moilessier (Montpellier).
Sont nommés officiers d’Académie : MM. Maisonneuve (Rochefort), Bourel-ltoncière, Borius, Rocbefort, Josias, Lemoine (Saint- Bricuc), Omouton (Yvelot), llrémond, Rouget (Montpellier), .Villard (Marseille), Saillard (Besançon), üelabost (Rouen), Bergounhioux (Clermont), Gaulrelet (Dijon), Gorcellet (Grenoble), Jaunies (Montpellier), Jallel (Poitiers), Batut (Toulouse), Darin (Chaville), Zinnir (Athènes), Lejoal (Alfred).
Corps de santé militaire. — Par décret du Président de . la République, eu date du 19 décembre 1878, ont été promus dans le corps de santé militaire :
1° Au grade de médecin principal de 1™ classe : (Choix.) M. Rozan (François). — (Choix.) M. Contrejean (Henri-Auguste- Antoine).
2" Au grade de médecin principal de 2e classe : (Choix.) M. Mathieu (Jean-Baptisle-Edmond). — (Choix.) M. Libermann (Henri-Adolphe- François). — (Choix.) JL Mourlou (Charles-Frauçois-Augusle-Léandre).
3" Au grade de médecin-major de Jrc' classe : (Ancienneté.) M. Leblan (François-Auguste). — (Choix ) JJ. Fiamenl (Victor- Pierre). — (Ancienneté.) M. Rallet (Pau)-llubert-Ma(hias).— (Choix.) M. Duchrinin (Victor-Eugène-Arsène). — (Ancienneté.) M. Martin (Charles-Ernest). — (Choix.) M. Richon (Michel-Pàül).
Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine. — Le conseil vient de renouveler son bureau pour l’année 1879. Ont été nommés: Vice-Président , M. le docteur Auguste Voisin; Secrétaire, Al. Bezançon.
. Nécrologie. — L’Abeille de la Nouvelle-Orléans du 29 novembre 1878 annonce la mort du docteur Landry, qui était né à la Louisiane, mais d’origine française. Le docteur Landry avail été l’un des premiers, pendant l’épidémie, à offrir scs services gratuits au comité de secours de l’Union française.
lhat sanitaire de la ville de Paris :
Du 20 au 26 décembre 1878, on a constaté 938 décès, savoir :
Fièvre typhoïde, 20. — Rougeole, 3. — Scarlatine, 2. Variole, 5. — Croup, 17. — Angine couehneuse, 14. — Bronchite, 50. — Pneumonie, 86. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 0. — Choléra nostras, 0. — Dyssenterie, 4. — Allée lions puerpérales, 10. — Erysipèle, 1. — Autres affections ai¬
guës, 232. — Affections chroniques, 436 (dont 142 dues à la accidentelles, 15.
AVIS
MM. les Abonnés de la France à la Gazelle hebdomadaire qui n’auraient pas renouvelé leur abonnement avant le 10 janvier prochain sont prévenus qu’une quittance leur sera présentée le 10 février, augmentée de 1 franc pour frais de recouvrement.
Un mandat collectif, sans frais de présentation quand la somme atteindra 50 francs, sera présenté à la même date à ceux de nos clients qui reçoivent en même temps plusieurs des recueils édités par la maison.
Nous rappelons aux Abonnés de la Gazette hebdomadaire qu'ils ont droit, moyennant un supplément annuel de 8 francs, A recevoir le Bulletin de l’Académie de médecine, publié le dimanche de chaque semaine .
Agenda médical pour isso, contenant : 1“ Mémorial thérapeutique, par Trousseau, C. Paul et Pajot (pour la partie obstétricale); 2“ Formulaire magistral, par Delpech, pharmacien ; 3° Code médical et professionnel, par Legrand du Saulle ; 4° Notice sur les stations hivernales de la France et de 1’élranaer, par de Valcourt ; 5° comme renseignements principaux la liste des docteurs en médecine, officiers de santé, pharmaciens et vétérinaires du département de la Seine; les médecins et chirurgiens des hôpitaux civils et militaires de Paris; les médecins des bureaux de bienfaisance; les médecins des eaux minérales ; les Facultés et Ecoles préparatoires de médecine de France, les Ecoles de médecine navale, avec le nom de MM. les professeurs, les Académies et Sociétés de médecine, de chirurgie, d’hygiène publique et de salubrité ; des modèles de rapports et certificats; le nouveau tableau des rues de Paris, etc., elc. — Paris, Asselin et Cie, libraires de la Faculté de médecine) place de l’Ecole-de-Médecine, et Vauthier, papetier, 29, rue Bonaparte.
G. Masson, Propriétaire-Gérant.
OUVRAGES DÉPOSÉS AU BUREAU OU JOURNAL
Étude sur la cystite tuberculeuse, par le docteur Guébhard. ln-8, Paris, V. A. Dclahayo et C6. 2 fr. 50
Recherches sur la néphrite interstitielle cardiaque, sa pathogdnie, scs conséquences, par te docteur Culler. In-8. Paris, V. A. Dclahayo et C”. i fr. 25
De la lièvre typhoïde. Etude physiologique. Sa nature, sou trailcment, par le docteur Guillasse. in-8. Paris, V. A. Delaliayo et C". i fr. 51)
De la ftàvre jaune à la Martinique (Antilles françaises). Étude faite dans lés hôpitaux militaires do la colonie, par M. Be'rengcr-Fdraud. 1 Vol. in-8. Paris, ' V. A. Dolahaye et C«. 7 fr.
Guide annuaire de l’étudiant en médecine et en pharmacie, par le docteur J. -A. Fort. 7" édition, 1 vol. in-32. Paris, V. A. Dolabayc et C". 2 fr.
Vingt-sixième année
10 Janvier 1870’
Comité de rédaction : A. DECHAMBRE, président; BLACHEZ, DIEULAFOY, A. HÉNOCQUE, L. LEREBOULLET, A. H. MARCHAND
Adresser tout ce qui concerne la rédaction au siège du Comité, chez M. Dechambre, 91, rue de Lille (avant le mardi de préférence)
Paris, 9 janvier 1870.
Les , CONSÉQUENCES DU DÉCRET INSTITUANT UNE FACULTÉ
de Médecine a Toulouse. — Société médicale des hôpi- ' taux : La sclérodermie.
Les conséquences du décret instituant une Faculté de médecine a Toulouse.
La Gazette hebdomadaire a exposé dans un précédent article (1878, p. 802) les raisons qui lui faisaient regarder comme dangereuse ou tout au moins: inopportune la création d’une Faculté de médecine à Toulouse. Signé sans que le comité consultatif ou le conseil supérieur de l’Instruction publique alors en session aient été consultés, le décret instituant la nouvelle Faculté avait été adressé à la municipalité de Toulouse un mois avant d’être inséré au Journal officiel. Il n’y paraissait que le lendemain du jour où le conseil supérieur avait terminé son existeiiçè légale. Quelque tardive qu’elle fut, cette publication d’un document officiel aussi grave ne pouvait manquer de provoquer une vive émotion. La Faculté de Bordeaux, particulièrement atteinte, est aujourd’hui la première à faire valoir les réclamations que nous avi ns fait pressentir. Le maire de Bordeaux, M. Brandenburg, et M. Liard, adjoint délégué à l’Instruclion publique et professeur ii la Faculté des lellres, se sont rendus au ministère de ^Instruction publique. Ils ont fait remarquer que la ville de Bordeaux, sur les instances du ministre, avait voté des sommes s’élevant à plus dé trois millions de francs pour la création delà nouvelle Faculté; qu’elle avait porté son budget annuel à 3(51000 francs (au lieu de 150000, chiffre précédemment voté); que chaque jour elle consentait à de nouveaux sacrifices. Ils ont rappelé que ces sacrifices n’avaient été consentis qu’après une entenle préalable entre l’administration
de l’Instruction publique et la municipalité de Bordeaux; qu’il existait dès lors un contrat au moins tacite de nature à légitimer , une protestation contre une mesure aussi préjudiciable aux intérêts de la Faculté bordelaise. Un ministre qui obtenait le vote de subsides aussi considérables était-il bien inspiré en retirant à une Faculté cpie l’on venait de créer la collation des grades conférés aux officiers de santé et aux pharmaciens de seconde classe, et en lui suscitant une concurrence redoutable par la création de la Faculté de Toulouse?
Le conseil municipal de Bordeaux, mécontent de ces mesures, n’avait pas pensé outrepasser son droit en répondant au nouveau décret par un vote dont les conséquences seraient des plus sérieuses. Il venait de décider à l'unanimité que tous les travaux commencés pour édifier la nouvelle Faculté seraient suspendus, jusqu’à ce que le gouvernement ait pu trouver à la Faculté de Bordeaux une compensation au préjudice que lui causait la création d’une Faculté à Toulouse. Tel est, croyons-nous, le résumé des arguments exposés au ministre par les délégués du conseil municipal.
Le Journal de médecine de Bordeaux tient un autre langage : « En instituant une seconde Faculté dans le sud-ouest, dit ce journal, le ministre de l’Instruction publique fournit à la ville de Bordeaux l’occasion de lui faire réaliser une économie de plus de trois millions, sans que cela nuise en rien à l’organisation de sa Faculté et au bon fonctionnement des éludes.Yoilà pour nous le seul bon côté de la création d’une Faculté de médecine à Toulouse. »
Si ces paroles, qui sont en réalité une désapprobation de la création nonvelle, devaient être considérées comme exprimant une idée juste, il faudrait certainement blâmer les juges du concours ouvert il y a quelques mois pour la construction de la nouvelle Faculté, les conseillers municipaux qui avaient voté les fonds nécessaires et le ministre qui les avait réclamés. Mais nous demeurons persuadé que l’aménagement d’une caserne et l’utilisation des anciens bâtiments
FEUILLETON
La ventilation «lu nouvel IIAtel-llieU.
Que n’a-t-on déjà dit ou imprimé avant l'édification défini- j livc de cet hôpital si largement et si chèrement construit? Les médecins, qui n’ont point été consultés ou dont les recommandations ont été méprisées, avaient prédit ce que Ton constate aujourd’hui. Tous ceux qui sont un peu au courant des lois de l’hygiène hospitalière s’accordent à reconnaître qu’en voulant faire grand on a compromis l’avenir de ce vaste monument.
Toutefois, jusqu’à ce jour, les critiques ont été générales. On ne S’est que très-peu' cçcupé dès détails d’exécution. Ou n’a point examiné avec toute l’attention qu’elle mérite la question, si intéressante cependant, de la ventilation du nouvel 2° série, T. XVI.
Hôtel-Dieu. C’est cette question spéciale que nous voudrions examiner aujourd’hui.
Mais les opérations de chauffage et de ventilation sont si connexes, qu’il est impossible de parler de l’une sans étudier l’autre. Nous examinerons donc en même temps les questions relatives à la ventilation et au chauffage tels qu’on vient de les installer dans ces nouveaux bâtiments.
Lorsque, en entrant à l’Hôtel-Dieu, le visiteur se dirige au fond des bâtiments à gauche, il trouve au rez-de-chaussée une vaste salle dans laquelle fonctionnent quatre grands générateurs de vapeur, autrement dit quatre grandes chaudières à vapeur.
Cette vapeur a des emplois multiples : elle est d’abord envoyée à la cuisine pour la cuisson de certains aliments.
Elle sert à chauffer l’eau des poêles dont j’aurai à parler plus loin.
Elle est destinée enfin à fournir la force motrice à une machine eà vapeur qui met en mouvement les ventilateurs.
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de l’École secondaire ne constiluerontjamaisqu’une installetion insuffisante. La Faculté de Bordeaux ne pourra fonctionner sérieusement et utilement que le jour où elle sera bien aménagée et bien outillée. Le découragement du conseil municipal s’explique; il ne justifie pas la conclusion de nos confrères bordelais.
Mais voici bien une autre affaire. Aux doléances des premiers magistrats de la ville de Bordeaux, le ministre de l’Instruction publique a répondu par de nouvelles promesses. On demande des compensations, on proteste contre la concurrence de Toulouse qui enlèvera à Bordeaux ses meilleurs élèves. Rien ne semble plus aisé que de réfuter de semblables arguments. Et voici qu’en effet M. le ministre de l’Instruction publique promet à la ville de Bordeaux l’installation, près la Faculté de médecine, d’une école du service de santé militaire analogue à celle de Strasbourg. Non-seulement il la promet, mais il en vante les avantages et réclame à son tour de nouveaux subsides pour la construction d’un casernement destiné à ces élèves militaires. Nous croyons savoir que le conseil municipal de Bordeaux n’a accueilli qu’assez froidement, pour ne pas dire plus, les propositions que ses délégués venaient lui faire au nom du grand maître de l’Université. Nous ne nous étonnons pas de cette méfiance. Si le ministre de la Guerre — nous serions les premiers à louer cette mesurerais nous n’osons encore l’espérer— venait un jour à reconnaîtrelanécessilé de créer une école préparatoire du service de santé militaire, une seule ville française devrait être choisie pour la posséder. Lyon ferait sans aucun doute tous les frais qu’exigerait une semblable école, et Lyon seul pourrait donner aux élèves du service de santé militaire l’instruction scientifique et professionnelle nécessaires aux médecins de l’armée. Mais ce n’est point ici le moment de discuter une éventualité semblable. Avant de demander pour le corps de santé militaire de nouveaux subsides, le ministre de la Guerre devra réclamer aux Chambres une réorganisation que tous les médecins de l’armée attendent avec la plus légitime impatience. Nous sommes convaincu que la question du recrutement ne viendra que plus lard, et c’est pourquoi nous trouvons bien singulières les promesses faites parM. le ministre de l’Instruction publique à la municipalité de Bordeaux.
Ceux-ci, au nombre de quatre, se trouvent dans le sous-sol, et font par une puissante aspiration pénétrer l’air de l’extérieur dans les galeries, qui le distribuent ensuite dans tout 1 hôpital. Chacun de ces ventilateurs peut faire pénétrer en moyenne 49000 mètres cubes d’air par heure. Cet air, refoulé dans la galerie devient à son tour le moteur, la vis a terqo de celui qui s’y trouve déjà. Il est puisé sur le quai, du côté du marche aux fieurs et au ras du sol. C’est là, il faut le reconnaître, une condition manifestement défectueuse. On répond il est vrai, que l’air est purifié à son entrée dans la galerie : cette assertion, théoriquement admissible, est-elle justifiée dans la pratique? C’est ce que nous examinerons dans un instant.
Dans ses études sur la ventilation, le général Morin recommande, quand on est dans une ville, et celte recommandation est laite précisément dans le chapitre où il traite la ventilation dans les hôpitaux, de prendre l’air, pour l’avoir plus pur, dans uue couche aussi élevée que possible.
La sclérodermie.
La Société de médecine des hôpitaux s’est occupée dans ses dernières séances, de la question de la sclérodermie. On sait qne cette maladie cutanée, relativement assez rare, et dont la première observation figure dans une lettre de Curzio, médecin des Incurables de Naples (1752), a été bien étudiée pour la première fois par le docteur Thirial ( Dusclèrème des adultes, in Journal de médecine, 1845). Depuis ce travail, de nombreuses observations ont été publiées à ce sujet. On trouvera dans un mémoire communiqué à la Société de médecine de Bordeaux (mai 1878), parM. le directeur Armaingaud l’indication des principaux auteurs qui ont étudié la sclérodermie. En meme temps, M. Armaingaud publie la relation très-intéressante d’un fait soumis à son observation et dans lequel le traitement prolongé par les courants continus a été suivi d’une amélioration considérable.
Tout dernièrement, M. le docteur Féréol présentait à la Société des hôpitaux un malade atteint de sclérodermie et dans la séance suivante je soumettais moi-même à l’examen de mes collègues uu autre cas analogue. Le sujet est un homme robuste, de trente-quatre ans, jardinier, n’ayant rien dans ses antécédents qui puisse figurer dans l’étiologie de sa maladie. Celle-ci a présenté chez lui trois périodes bien caractérisées. Elle a débuté, il y a un an environ, par une sensation très-vive de froid et siégeant aux extrémités. Les mains et les pieds, les mains surtout, devenaient engourdis, rouges, et un peu douloureux. Celte sensation, très-accusée le malin, diminuait sous l’influence de l’exercice et du travail. Trois mois plus tard il remarqua de l’enflure d’abord passagère, puis persistante. Il était gêné dans son travail par la difficulté qu’il éprouvait à fléchir les doigts, mais la peau était encore molle. Depuis cinq mois l’enflure a beaucoup diminué, mais les parties atteintes sont devenues de plus en plus dures et rigides. Aujourd’hui les articulations des pieds et des mains sont presque immobilisées et le malade est condamné à l’inaction. Son état correspond parfaitement aux descriptions classiques et que nous ne reproduirons pas. C’est aux extrémités que la maladie est le plus accentuée. La face est presque complètement envahie, mais elle n’a pas encore ce masque immobile qui donne à la physionomie des malades un aspect si singulier. Cependant il n’ouvre la bouche qu’avec difficulté. La maladie est en voie de progression. Toute la surface cutanée de la partie antérieure du corps est atteinte. Le dos et les reins sont encore indemnes.
Mais ici cette recommandation est de mince importance ; en effet, l’air en pénétrant dans la galerie de réception, passe à travers des tiroirs garnis de coton, qui, on le sait depuis les mémorables expériences de Pasteur, retient tous les corps étrangers, poussières ou germes.
Ce coton doit être, ou plutôt devrait être changé tous les huit jours, ou môme tous les jours, et brûlé sur les grilles des générateurs.
En été, l’air est envoyé frais dans les salles, c’est-à-dire à la température extérieure; l’hiver, il y est envoyé chaud, et c’est lui qui constitue leur seul moyen de chauffage, bien (|u’on ait placé à l’extrémité de chacune d’elles des cheminées destinées bien plutôt, pendant l’hiver, à augmenter le tirage qu’à élever la température, qui doit être maintenue constamment à 18 degrés centigrades.
L’air envoyé dans les salles est échauffé, avant d’y arriver, par des poêles à eau placés au dehors. Ceux-ci se composent de cinq grands cylindres juxtaposés et dont les parois sont
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Nous insistons plus particulièrement dans ce cas sur la marche bien nette de la maladie, dans laquelle on peut distinguer trois périodes : d’asphyxie, d’œdème ou d’exsudat, et d’une troisième phase de sclérème proprement dit qu’on pourrait rapporter à l’organisation des produits épanchés dans le tissu cellulaire ou à une sorte d’hyperplasie du tissu lamineux.
Nous avons encore noté chez ce malade l’intégrité presque complète de la sensibilité cutanée. Les plus légers attouchements sont distingués.
M. Féréol avait appelé l’attention de la Société sur des lésions étendues de l’appareil pigmentaire très-remarquables chez son malade. La peau très-brune présentait au niveau des saillies osseuses des points décolorés dans lesquels il semblait que la matière pigmentaire avait été enlevée comme par un coup de brosse. Nous avons également remarqué chez notre sujet, principalement aux mains, quelques petites plaques de vitiligo bien caractérisé et qui paraissent devoir s’étendre.
Tous les auteurs qui se sont trouvés en présence de cas analogues se sont naturellement demandé quelle pouvait être la cause de cette singulière maladie. Les renseignements les plus détaillés recueillis au lit des malades ne permettent d’établir aucune conclusion bien assurée. Bazin la rapporte à une diathèse fibro-plastique. L’opinion qui semble la plus accréditée aujourd’hui est celle qui considère la sclérodermie comme une trophonévrose, une maladie consécutive à une lésion encore indéterminée du système nerveux central (Vulpian). Dans cet ordre d’idées on rangerait à côté de la sclérodermie l’atrophie unilatérale de la face, certains faits d’asphyxie locale des extrémités qui paraît avoir représenté dans plusieurs cas une des périodes de la maladie (Dumonlpallier et Grasset) et peut-être la maladie bronzée d’Addison.
Un des points les plus caractéristiques de la sclérodermie est la résistance qu’elle a présentée jusqu’ici à tous les traitements qui lui ont été opposés. Douches, bains de vapeur, hydrothérapie à l’extérieur, à l’intérieur, iodure de potassium, mercure, arsenic ont toujours et complètement échoué. Cependant nous avons déjà noté que M. Armaingaud avait eu lieu de s’applaudir de l’application persévérante des courants continus : le pôle positif est placé sur la colonne vertébrale, le pôle négatif sur un des points les plus alfectés. D’ailleurs l’action paraît se généraliser ; et par conséquent le point d’application du pôle négatif serait indifférent. M. Armaingaud tire de ce succès un argument à l’appui de l’opinion qui envisage la maladie comme une trophonévrose.
Eu ce qui concerne le malade actuellement soumis à notre observation, nous avons déjà épuisé les traitements locaux et généraux qui nous paraissaient rationnels. Aucune amélioration n’est survenue, et nous nous proposons de recourir aussitôt que possible à l’application persévérante des courants continus.
Blachez.
TRAVAUX ORIGINAUX
Pathologie interne.
Arrêt brusque de la circulation de la veine cave