II. — Quelles précautions faut- il prendre
11 faut détruire le mal, ou du moins le localiser, dans son point d’invasion.
On ne s’est pas trop hâté au début d’éteindre sur place le foyer pestilentiel de Vetlianka. Les médecins n’ayant pas encore défini la maladie, le gouvernement russe était rigoureusement autorisé à attendre. Dès qu’il a été suffisamment informé, il n’a pas pris de demi-mesures. Les habitants de Vetlianka ont été dispersés et le village brûlé.
L’incendie d’une stanitza cosaque de terre et de bois peut être compensé à peu de frais. Dans beaucoup de villes, il a existé ou il existe encore certains quartiers insalubres trèsencombrés, véritables repaires infectieux que l’hygiène au jour le jour, d’un entretien et d’une surveillance impossibles, est impuissante à assainir et dont la disparition a pu être ordonnée avec avantage. La purification des habitations régulières ne comporte pas des mesures aussi radicales. La dispersion des habitants, l’aération prolongée, les désinfections locales, le grattage des murs, leur flambage, s’il le fallait, comme on le fait dans des cas analogues à bord des constructions navales semblent suffisants. Ce n’est que pour le mobi-
perquisitions et visites dans les maisons particulières, dans les hôtels garnis et dans hs débits de boissons. Quoique cette larlie n’ait rien de strictement médical, nous croyons devoir e reproduire presque entièrement :
« Les inspecteurs du service actif des mœurs, à qui une maison particulière ou un hôtel garni aura été signalé comme lieu clandestin de prostitution, en informeront immédiatement leur officier de paix, qui adressera un rapport au chef de la police municipale.
» Le chef de la police municipale fera procéder à une information précise et scrupuleuse dont il sera rendu compte au préfet de police par le chef de la lr“ division, qui lui proposera, s’il y a lieu, de décerner un mandat de perquisition.
» Ce mandat, délivré en vertu de l’article 10 de la loi du 22 juillet 1791 et exécutoire à toute heure de jour et de nuit, dans le cas de notoriété, sera ensuite transmis au chef de la police municipale avec une note contenant les indications
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lier, spécialement pour les objets en bois et pour les étoffes d’habillement, d’ameublement et de literie que la destruction par le feu pourrait être de mise si l’on pensait que des lavages avec les liquides antiseptiques fussent inefficaces ou dangereux pour ceux qui les pratiqueraient. Avant tout, en effet, l’hygiène est la salubrité dans toutes les épidémies, principalement en temps de peste ; non que les conditions les plus insalubres soient suffisantes, dans nos climats du moins, pour produire la peste sans importation du dehors, mais parce qu’ellés constituent pour elle une fumure fertilisante où cette pourriture dangereuse se développe avec plus de facilité.
La dispersion des habitants, qui semble indiquée pour diminuer l’activité des foyers d’infection, n’implique pas leur admission immédiate en libre pratique; car si un sujet n’était pas complètement guéri au moment où il sortirait du centre, pestilentiel, il pourrait importer ailleurs le mal qui ne l’a pas encore quitté. Ou n’aurait pas à sa disposition dans tous les pays d’Europe les vastes steppes de la mer Caspienne pour y disséminer les individus suspects et les y laisser en paix purger leur quarantaine. Mais il vaudrait mieux n’autoriser la dispersion qu’après la certitude de la guérison ou de l’immunité des habitants. La rigoureuse logique exige que' tout ce qui a été en rapport avec les pestiférés, êtres vivants ou corps inanimés, Soit purifié et désinfecté avant d’être rendu à la vie commune. Les médecins eux-mêmes ne devraient-ils pas subir les conséquences les plus pénibles de leur dévouement, et n’a-t-on pas proposé en Allemagne d'interdire provisoirement l’exercice de l’art obstétrical aux accoucheurs qui soignent en ville ou à l’hôpital des cas de fièvre puerpérale ?
On trouve dans l’histoire de la peste des faits prophylactiques de cet ordre. Les Montpelliérains, qui vont en été se divertir ou prendre les.bains de mer au grau de Palavas, ne se doutent pas que, il y a cent cinquante-huit ans, et dans la même saison, Deidier, revenant de la peste de Marseille, après une pénible traversée de trois jours sur une mauvaise barque de la Ciotat, pour un trajet qui, en temps ordinaire, n’exige pas vingt-quatre heures, dut y subir une quarantaine des plus sévères, obligé de se tremper dans la mer et d’abandonner ses habits aux matelots pour en prendre d’autres qu’on lui avait apportés de Montpellier ; gardé à vue, lui et sa suite, par des soldats le mousquet chargé, campé sous des tentes de toile et dans des cabanes de paille, sur un sable brûlant le jour, humide la nuit, et n’obtenant pour toute faveur que de
propres à en faciliter l’exécution. Les inspecteurs chargés de l’opération se rendront chez le commissaire de police du quartier pour l’avertir de leur mission, afin qu’il soit prêt au moment où son intervention sera réclamée.
» L’autorisation de loger en garni, accordée aux filles publiques qui, en raison de leur âge ou de leurs infirmités, ne peuvent se placer en maison de tolérance,, et n’ont pas d’ailleurs le moyen de loger dans leurs meubles, n’a d’autre but que de leur assurer un asile et. ne peut les soustraire aux conséquences de la contravention qu’elles commettraient en se livrant à la prostitution dans le garni qu’elles habitent.
j II y aurait lieu, dès lors,, d’arrêter ces filles si, par suite de visites opérées en vertu de mandat, elles étaient trouvées avec des hommes qu’elles auraient provoqués, fait qui constituerait d’ailleurs à la charge des logeurs la contravention à l’article 5 de l’ordonnance du 6 novembre 1778; mais il n’en devrait pas être de même à l’égard des filles trouvées avec des hommes dont elles partageraient le logement, à litre de
pouvoir faire passer aux agents Sanitaires, envoyés de Montpellier et de Cette pour le surveiller de loin, quelques papiers préalablement bien trempés dans du vinaigre (1).
La quarantaine pour les provenances maritimes ne soulève plus aujourd’hui de difficultés ; tout le monde est d’accord là-dessus. II n’en a pas été de même jusqu’en ces derniers temps pour les quarantaines terrestres. Par un vice de raisonnement bien singulier, dont l’épidémie cholérique de 1865 a malheureusement fourni un exemple nouveau, tandis qu’on était justement sévère pour repousser et éloigner de nos ports les navires suspects, on laissait librement circuler en chemin de fer et sur les autres voies les voyageurs, malades ou non, allant de Marseille à Lyon et à Paris. Sans doute, l’isolement sanitaire, même péu prolongé, d’un grand centre commercial, tel que Marseille, constitue un événement des plus graves pour l’expédition des affaires, pour l’assiette de la fortune publique, pour les relations nationales et internationales, sans parler des dommages d’un ordre plus élevé que les affections morales, les sentiments de la famille et les épanchements du cœur peuvent en ressentir. Mais le salut du peuple est la suprême loi. Si les hommes compétents, après l’examen entier, impartial et scientifique de la question, estiment qu’il y a lieu de prescrire une mesure de ce genre, on la prescrira et on reviendra aux cordons sanitaires, dont on se moquait tant en 1822. L’Allemagne et l’Autriche massent dans ce but sur leur frontière orientale des forces militaires qui sont de véritables armées. Les dimanches et jours fériés, les actes judiciaires vaquent. Nous voudrions qu’en temps d’épidémie il y eût suspension facultative de toutes lés conséquences dès actes commerciaux. Au moyen âge, on établissait des trêves de Dieu. Si la peste nous visite, établissons la trêve d’affaires. Vivons d’abord, nous serons commercants ensuite.
III. — L’efficacité des mesures prophylactiques est-elle absolue?
Venel, dans l’article Contagion de la grande encyclopédie du siècle dernier, distingue très-bien les virus fixes de la rage, de la gale et de la vérole — encore peut-on se demander si, aux quinzième et seizième siècles, celui-ci n’était pas aussi volatil — des miasmes pestilentiels, qui se répandent assez loin, de la peste, de la petite vérole, de la dysentérie, etc., semblables à ces grains de pollen des pal-
(I) Extrait (l'une curieuse lettre adressée par Deidier à Montresse, agrégé de l’Unïversité de Valence, et reproduite dans le Traité de la contagion de G. Anglada (t. II, p. 78. Paris, 1853. J.-B. Baillière et Dis),
concubines, circonstance qu’il serait facile d’établir par le relevé du registre de police.
» Quant aux cabarets ou autres débits de boissons dans lesquels on favorise notoirement la prostitution clandestine, les commissaires de police peuvent y pénétrer sans mandat jusqu’à l’heure de la fermeture et même plus tard, si ces établissements restent ouverts contrairement aux ordonnances de police. Ils pourront visiter les locaux réservés au public, afin de constater, au besoin, les infractions à l’article 14 de l’ordonnance du 8 novembre 1780.
» Les inspecteurs qui, dans le cours de leur surveillance, remarqueraient des faits constituant ces infractions devraient en avertir le commissaire de police du quartier. »
Nous appelons surtout l’attention de nos lecteurs sur lés instructions relatives aux filles insoumises. C’est surtout à propos de celles-ci que s’élèvent des conflits entre les agents et le public, celui-ci: étant toujours disposé à prendre le parti des filles, même lorsqu’elles se révoltent ouvertement :
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miei’s de Brinde, qui allaient, portés par les vents à trente milles au sud, féconder les palmiers femelles d’Olranle, et dont Jovien Pontanus a décrit en vers élégants le curieux voyage :
Brundusii late longis viret ardua terris Arbor .
Nous ne pouvons pas affirmer que les miasmes pestilentiels ne sont pas halitueux. A quoi bon alors, dira-t-on. la quarantaine et les cordons sanitaires? L’argument n’est pas irréfutable. L’état fixe du virus est certain, indépendamment de la probabilité halitueuse. Si nous le détruisons sur place, ce virus, si nous le neutralisons, il est évident qu’il ne pourra plus dégager d’halitus miasmatique. Si nous ne pouvons que le localiser, comme il n’est pas permis d’affirmer que sa puissance d’expansion par l’air soit sans limite, nous aurons du moins ohtenu le résultat d’éloigner son foyer des localités, que ses rayons pourraient atteindre, et de diminuer, parla longueur même de leur trajet, l’intensité pestiféré de ceux-ci. Une effluve pourra passer, sans doute; bien plus, des personnes astreintes aux règlements sanitaires pourront peut-être les éluder et s’y soustraire. Mais on aura fait le possible. On aura éteint, atténué, éloigné les foyers funestes. Que veut-on de plus? Malgré la sévérité des lois et la rigueur de la surveillance, on n’a pu encore faire disparaître les contrebandiers. Est-ce une raison pour supprimer les douaniers et les employés de la régie?
Donc, gardons-nous de la peste par tous les moyens en notre pouvoir. De quelques précautions qu’on use, on n’en saurait jamais trop prendre.
A. Espagne.
Ostéomyélite et septicémie.
La suite de la discussion sur l’ostéomyélite n’étant pas venue dans l’avant-dernière séance, retardée par les préoccupations douloureuses de l’orateur attendu, nous avons pris les devants dans notre dernier numéro et avons achevé d’exprimer notre avis sur le grave sujet qui occupe l’Académie. Nous nous en félicitons et nous le regrettons tout ensemble. Ce nous est une grande satisfaction de nous rencontrer avec un chirurgien aussi habile que M. Trélat sur le rôle de la moelle endostale, périostale ou médiostale dans l’ostéite, aussi bien que sur plusieurs questions soulevées dans le récent discours de M. Colin; mais nous aurions eu profit
à nous inspirer, sur ces divers points, de la remarquable argumentation du professeur de pathologie externe.
Le débat continuera sans doute; nous verrons alors ce qu’il nous commandera d’ajouter à nos appréciations antérieures.
TRAVAUX ORIGINAUX
Thérapeutique .
Le traitement du daltonisme congénital par l’exercice, chez l’enfant et chez l’adulte, par A. Favre.
(Fin. — Voyez numéro 6.)
Des exercices, des examens périodiques, ont été institués dans un grand nombre d’écoles. Le plus souvent la notion exacte des couleurs a été donnée en peu de temps à tous les élèves; quelques-uns seulement ont réclamé des soins particuliers et ont pu montrer par la suite que leur sens chromatique fonctionnait bien : des récidives ont été signalées et combattues avec succès, de telle sorte que les instituteurs ont pu régler en quelques mois cette question, traiter les rechutes et guérir les plus malades définitivement (Mémoire présenté à l’Académie des sciences en janvier 1876).
Ous. II. — Mais les semaines et les mois ne suffisent pas toujours pour guérir un enfant daltonien. Nous avons suivi, avenue de Saxe, 100, avec M. Brachet, instituteur, l’observation d’un petit garçon de six ans et demi, nommé Al..., affecté du daltonisme le plus grave; nous nous sommes servis pour l’examiner de l’échelle de Crélès et pour l’exercer d’écheveaux de laine, de morceaux d’étoffes de soie et d’autres objets colorés.
Je rapporte l’observation notée par M. Brachet : '
« Le 5 décembre 1875, il dit le rouge jaune, le jaune violet, le bleu vert, le vert vert.
Le 6, il dit le rouge bleu, le violet blanc, le jaune bleu puis vert; il dénomme le bleu et le vert.
Le 7, il dit le rouge bleu, le violet rouge, le jaune bleu, le bleu vert; il dénomme le vert.
Le 10, il dit le rouge jaune, le bleu vert; il dénomme le vert, le violet et le jaune.
Le 26, je dénomme moi-même les couleurs, et les lui faisant immédiatement répéter, il dit le roug e jaune, le jaune rouge; il dénomme 1 e bleu, le violet et 1 ouvert.
Le 7 janvier 1876, je lui ai nommé les couleurs deux fois sans le questionner.
Le 8, il dit le ronge jaune ; il dénomme le bleu, le jaune et le vert. Il n’a pas connu le violet.
« Les inspecteurs doivent agir avec la plus grande circonspection à l’égard des filles insoumises qu’ils rencontrent sur la voie publique, et ne les arrêter qu’à la suite d’une surveillance et après la constatation de faits précis et multipliés de provocation à la débauche.
» Il y aura lieu de procéder à l’arrestation d’une fille insoumise dans un lieu public notoirement ouvert à la prostitution, lorsqu’il y aura trace de flagrant délit ou aveu de la part dé la fille ou de l’homme trouvé avec elle, que cette fille a provoqué à un acte de débauche.
» Dans quelques circonstances qu’elles aient été arrêtées, les filles insoumises seront conduites, dans le plus bref délai au bureau du commissaire de police du quartier où l’arrestation aura eu lieu, conformément aux prescriptions de la circulaire du 24 mars 1837, pour y être interrogées sans retard.
» Les inspecteurs observeront toujours, vis-à-vis de ces femmes, les convenances que commande la dignité de l’admi-
i nislration, sauf à faire constater juridiquement les outrages j ou les voies de fait dont ils auraient été l’objet de leur part.
J Ils s’abstiendront, de la manière la plus absolue, de tout moyen de provocation.
| » Les inspecteurs qui mettront une fille insoumise à la dis-
! position d’un commissaire de police déposeront entre les mains de ce fonctionnaire, à moins qu’il ne reçoive leur déi claration circonstanciée, un rapport détaillé énonçant les faits imputés à cette fille.
» Les inspecteurs qui auront mis une fille insoumise à la disposition d’un commissaire de police ou qui auront assisté un commissaire de police dans l’arrestation d’une fille insoumise, en vertu d’un mandat, dans un lieu public, vérifieront immédiatement si cette fille est réellement domiciliée à l’adresse qu’elle aura indiquée, et si elle est connue des personnes chez lesquelles elle aura déclaré avoir servi ou travaillé.
» Ils prendront avec soin des renseignements sur sa con-
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Le 12, je dénomme les couleurs sans le questionner.
Le 18, il dit le violet /««ne, le jaune vert; il dénomme le vert, le bleu et le rouge.
Le 21, il dit le rouge jaune, le violet bleu, le bleu rouge, le jaune violet ; il dénomme le vert.
Le 24, il dit le bleu jaune, le violet bleu, le jaune violet, le rouge jaune; il dénomme le vert.
Le 25, il dit le bleu rouge, le jaune bleu, le violet rouge, le rouge violet; il dénomme le vert.
Le 5 février, il dit le violet bleu, le bleu rouge; il dénomme le jaune, le rouge et le vert.
Le 8, il dit le rouge jaune, le jaune bleu, le bleu rouge, le violet vert; il dénomme le vert.
Après cet examen j’étale les couleurs sous ses yeux, et le questionnant, il indique sans se tromper le rouge, le bleu, le vert, le violet et 1 c jaune.
Le 9, les couleurs réunies, je demande où est le rouge, il l’indique; le vert, il l’indique; le violet, il l’indique; le bleu, il l’indique ; le jaune, il montre le bleu.
Le 14, il dénomme les cinq couleurs sans se tromper.
Le 16, même résultat qu’à l’examen du jour précédent.
Le 18, il dit le violet vert, le ronge jaune, le jaune rouge ; il dénomme le bleu et le vert.
Le 25, il dit le rouge jaune, le violet bleu.
Le 26, il dit le bleu violet, et il dénomme les autres couleurs.
Le 29, il dit encore le bleu violet; il dénomme les autres couleurs.
Le 3 mars, il dit le rouge jaune, le jaune rouge; il dénomme les autres couleurs.
Le 6, il dit le rouge jaune ; il dénomme les autres couleurs.
Le 10, il dit le bleu rouge; il dénomme les autres couleurs.
Le II, il dénomme les cinq couleurs.
Lé 13, il dit le bleu jaune, le jaune rouge, le rouge jaune ; il ne dénomme que le vert et le violet.
Le 18, il dit le rouge jaune, le jaune rouge; il dénomme les autres couleurs.
Le 24, il dit le roug a jaune, le jaune rouge; il dénomme les autres couleurs.
Le 25, il n’a pas confondu le jaune avec le ronge, et il a dénommé les autres couleurs.
Le 27, il les a toutes dénommées.
Le 28, toutes dénommées.
Le 31, il dit le jaune rouge; il dénomme les autres couleurs.
Le 5 avril, il les a toutes dénommées.
Le 8, il dit le rouge jaune, il hésite sur le bleu, mais il le dénomme.
Le 11, il dit le bleu jaune.
Le 12, il dit le rouge jaune, le bleu jaune; il dénomme les autres couleurs.
Lyon, le 18 ovril 1870.
Brachet. î
Le 18 mai, 1876, M. Brachet amène Al... à mon cabinet de la gare de Perrache, nous l’interrogeons sur un grand nombre d’objets colorés: spectre solaire, lanternes réglementaires, échantillons d’étoffes de soie, de coton, de laine, rubans de Saint- Etienne, papiers colorés ; le plus souvent il fait des réponses
fausses portant sur toutes les couleurs, même sur le vert, quil avait dès le début des exercices reconnu facilement.
Les résultats des examens et des exercices pendant les mois suivants sont :
Le 20 juin 1876, il dit le violet vert, le rouge vert.
Le 21, il dit le rouge jaune, le jaune rouge
Le 23, il dit le rouge jaune, le jaune rouge.
Le 24, il dit le rouge jaune.
Le 25, il dit le violet vert, le bleu violet .
Le 28, il dit le rouge jaune.
Le 3 juillet, il dit le rouge jaune.
Le 5, il dit le jaune rouge.
Le 10, il dit le violet bleu.
Le 12, il dit le bleu violet.
Le 14, il dit le bleu violet.
Le 19, très-bien.
Le 29, très-bien.
Le 2 août, très-bien.
Après les vacances, le 13 novembre 1876, il dénomme le vert, le violet et le rouge seulement.
Le 20, il dit le rouge jaune, le violet vert, le bleu violet; il dénomme le jaune.
Le 23, il dit le jaune bleu, le rouge bleu.
Le 26, il se trompe sur toutes les couleurs.
Le 27, il dénomme le rouge seulement.
Le 9 janvier 1877, bien.
Le 10, bien.
Le 13, très-bien.
Le 19, il dit le bleu vert.
Le 24, il dit le rouge jaune.
Le 30, il dit le bleu vert, le rouge jaune.
Le 27 février, il hésite sur le rouge.
Le 14 mars, très-bien.
Le 20, très-bien.
A cette date M. Brachet note Al. . . comme guéri.
A plusieurs reprises il l’examine et il reconnaît que la guérison se maintient. En janvier 1878, M. Brachet me fait parvenir une note dans laquelle il atteste qu’ayant pu voir de loin en loin Al..., il a constaté la persistance de la guérison, soit que l’examen ait été direct par iuterrogatiun, soit que, les objets colorés ayant ete mêlés sur une table, l’enfant ait dû les assortir.
Entin, le 17 février 1878, M. le professeur Dor et moi nous examinons Al... en présence de M. Brachet, à mon cabinet de la gare de Perrache, où nous avons rassemblé tous les moyens de diagnostic dont nous disposons.
Je rapporte d’après Lyon médical (t. XXVII, nos des 14 et 15 avril 1878) le résultat de cet examen :
AI ... , huit ans, première épreuve, Holmgren. — Echeveau de laine verte, il prend bien tous les verts, mais il ajoute des gris fer, bleus et violets très-clairs et bois.
2S Epreuve. — Pourpre, très-bien.
3° Epreuve. — Rouge, il prend tous les rouges, mais il ajoute quelques pourpres et des bruns rouges.
Epreuve Donders avec verres, — 11 voit bien à 5 mètres le verre vert de 1 millimètre, la bougie étant à 50 centimètres. — Il voit bien le verre rouge de 1 millimétré, la bougie à 125 centimètres.
duite et ses moyens d’existence, et en rendront compte par un rapport spécial au chef de la police municipale, qui transmettra ce rapport au chef de la lro division.
» Les inspecteurs ne perdront jamais de vue que l’objet des perquisitions et visites faites, en vertu de mandais, est la recherche des femmes ou filles qui se livrent à la prostitution publique, et non de celles qui n’ont à se reprocher qu’un fait de débauche privée, lequel, pour être répréhensible, ne doit pas cependant exposer celle qui s’en rend coupable aux conséquences qui ne doivent atteindre que les vraies prostituées.
» Ainsi, de ce qu’une femme est trouvée dans une maison garnie ou dans un lieu public, en état flagrant de débauche, il ne résulte pas contre cette femme imputation suffisante de prostitution, si elle est en relations habituelles avec l’homme qu’elle accompagne, et s’il n’est articulé aucun fait de provocation à la débauche moyennant argent.
» Il est expressément recommandé, lorsque des femmes
sont trouvées couchées seules, même dans des maisons malfamées, de ne point procéder à leur arrestation, à moins que les circonstances ne donnent au commissaire de police la conviction que ces filles viennent de se livrer à un acte de prostitution.
» Les commissaires de police ,devront examiner avec soin et dans le plus bref délai les circonstances qui ont donné lieu à l’arrestation des filles insoumises; ils décideront, après avoir entendu la personne arrêtée, si l’arrestation doit être maintenue. Dans le cas où ils jugeraient utile de procéder d’urgence à certaines vérifications, ils pourront y pourvoir en faisant adresser un télégramme au chef de la police municipale par le poste de l’officier de paix de l’arrondissement
» Ils dresseront procès-verbal de l’interrogatoire auquel ils auront soumis les personnes arrêtées.
» Il leur est expressément interdit de se servir pour cet interrogatoire de formules imprimées. »
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Epreuve Dora 5 mètres. — Il nomme très-bien le jaune, V orangé, le rouge le grenat, bleu le vert et ne voit pas du tout le violet.
A 4 mètres, il voit le violet VG = 4/5.
A 3 mètres, il voit le vert VG = 3/5.
Al... était, il est impossible d’émettre un doute àcet égard, trèsgravement affecté de daltonisme. C’est là un cas' très-rare d’achromalopsie complète, tel que nous n’en avons pas rencontré de pareil dans les écoles. Le succès obtenu par M. Brachel est de toute évidence, et cette guérison presque complète, acquise grâce à des soins très-assidus, nous fait espérer que le daltonisme traité chez les enfants cédera, sauf exceptions très-rares et imprévues, à l’exercice méthodique.
Un grand nombre de jeunes gens et d’adultes légèrement affectés ont facilement et définitivement appris les couleurs par les mêmes moyens; il s’agit de montrer des daltoniens réputés incurables et de les guérir par l’exercice. Un des malades du docteur Bianchi et Le Guennec me paraissent être dans les conditions réclamées. J’ai cité dix-neuf agents du chemin de fer qui, par les soins de M. Git et les miens, ont été, dans l’espace de trois mois, corrigés de leur daltonisme par l’exercice; mais l’on veut absolument classer la fausse appréciation des couleurs parmi les maladies incurables, et si nous guérissons un daltonien, l’on nous assure que ce n’était pas un vrai daltonien. Pour sortir d’un tel cercle vicieux, nous devons dire : « Si c’est difficile, c’est fait; si c’est impossible, cela se fera! »
Eli bien, nous avons fait l’impossible! Le daltonisme doit être traité de bonne heure, dans la famille, dans les écoles, dans les régiments, dans les ateliers; mais, afin de répondre à toutes les objections et de constituer une preuve irrécusable, j’ai mis en traitement un homme de trente ans, l’un des plus gravement affectés que j’aie rencontrés depuis 1855.
Obs. III. — H... (Jean), trente ans, excellente constitution, très-bonne sauté, né près de Colmar, sabotier, habite Romans. Il ne sait pas si sa mère ou son père étaient ou non daltoniens; il n’a pas conservé le souvenir précis de l’étal de sa vue pendant son enfance; il dit avoir éprouvé, pour trouver les fraises mûres, plus de diflicultés que les autres enfants. A cette époque, lorsqu’il entendait parler d’objets colorés, il n’en faisait pas cas, ne saisissant pas les différences que les expressions de ses camarades paraissaient indiquer. Il ne demandait jamais d’explication. Ainsi que nous l’avons constaté des centaines de fois chez les daltoniens, H... s’est de très-bonne heure désintéressé des couleurs.
Pendant la période de six il quinze ans, il a suivi l’école l’hiver seulement, d’octobre à mai ; il n’a pas éprouvé de désagrément de l’état de sa vue, et il a continué a ne porter aucune attention aux couleurs et à ne demander jamais aucune explication à personne; il avait toujours soin de ne jamais se prononcer sur les objets colorés.
Il a été militaire; il a été libéré à Monlélimar, a opté pour la
France, et s’est fixé, il y a quatre ans, à Romans, où il s’est marié. Sa femme ne s’est pas aperçue du défaut de sa vue, et elle a. été très-surprise lorsque H... s’étant présenté, le 6 décembre 1876, pour être examiné corporellement, il a été renvoyé à deux semaines pour un deuxième examen.
A la visite faite le 6 décembre, il fait des erreurs constantes sur toutes les couleurs, sauf sur le jaune. Le rouge, le vert, le bleu et le violet, représentés par des échantillons types, tels que les cartons de Crélès, les laines colorées graduées, la soie, les signaux réglementaires, sontl’objet de sa part de réponses toujours inexactes.
L’examen prolongé que je fais de ce candidat démontre d’une manière très-claire qu’il ne distingue aucune couleur, sauf le jaune, et même sur cette dernière couleur lui arrive-t-il d’hésiter.
De retour à Romans le môme jour 6 décembre, il fait part de son échec à sa femme, qui, tout à fait surprise, l’interroge immédiatement et reconnaît pour la première fois les erreurs, la confusion totale que nous avons constatées. Elle lui fait la leçon séance tenante, et pendant trois jours consécutifs elle fait les plus grands efforts pour corriger ce défaut- Sa persévérance est couronnée d’un certain succès, et le 8 elle croit avoir mis H... à même de répondre convenablement aux questions sur les couleurs.
Le 9 décembre, notre malade se présente ; il distingue très-bien les drapeaux. A 40 centimètres il indique d’une manière correcte les couleurs des cartons types de Grétès, représentant le violet, le bleu, le vert, le jaune et le rouge. A 3 mètres il se trompe sur les mêmes types, et dans la chambre noire il ne reconnaît pas du tout les lanternes réglementaires. Il confond absolument la lanterne rouge avec la lanterne verte.
A distance, sous la gare, il se trompe constamment sur la désignation des objets colorés, tels que les lettres et les numéros des wagons, les disques de signal, et tous les objets colorés sur lesquels on l’interroge.
Il eût été renvoyé définitivement, si le chef du service dans lequel il devait entrer ne m’eût pas fait savoir qu’il le destinait au travail intérieur d’une gare. 11 est donc admis conditionnellement, et il reçoit l’ordre de se présenter fréquemment à ma visite.
Malgré l’ordre qu’il a reçu, les déplacements étant nuisibles à la régularité du service, il ne se présente que très-rarement. 11 est exercé chaque fois. 11 subit les épreuves, quelquefois assez bien, le plus souvent mal, jamais sans faute, si ce n’est sur les objets d’un volume assez considérable, tels que des écheveaux de laine, les carions de Grétès à une distance de 30 à 50 centimètres. 11 ne distingue pas les lanternes dans la chambre noire. A distance, ses réponses sont presque toujours erronées. Jamais il ne subit sans émotion les épreuves auxquelles il est soumis. L’épreuve de Daae lui fatigue la vue. L’on peut cependant constater les effets favorables de cette éducation tardive du sens chromatique, mais les progrès sont très-lents; il n’est pas facile, en effet, d’acquérir en quelques mois, quand on est très-mal doué, des notions que la plupart des personnes ne possèdent au minimum qu’après une assez longue série d’années.
Le 17 février 1878, je le fais regarder à travers les verres colorés réglementaires du chemin de fer.
Premier verre, rouge : vert. — Premier verre, vert : violet. — Deuxieme verre, vert : vert. — Deuxième verre, rouge : rouge. — Troisième verre, vert : vert. — Premier verre, jaune ; rouge. —
La deuxième partie est consacrée à la prostitution tolérée et comprend les mesures à prendre pour la surveillance des filles inscrites, qu’elles soient enfermées dans une maison de tolérance, ou qu’elles exercent librement et sous le contrôle de la police.
« Les inspecteurs doivent exercer une surveillance journalière sur les maisons de tolérance, à l’effet de s’assurer qu’il ne s’y passe rien de contraire à la tranquillité publique et au bon ordre, et que les maîtresses de maison se conforment rigoureusement aux conditions particulières qui leur sont imposées, ainsi qu’aux obligations d’ordre général, notoirement en ce qui concerne la mise et le nombre des filles qui peuvent circuler et les heures de sortie et de rentrée.
» Quant aux entrées et aux sorties qui ont lieu furtivement après l’heure de fermeture, elles ne constitueraient une contravention punissable qu’autant qu’il en résulterait un bruit de nature à troubler le repos public.
» Les inspecteurs rendront compte, sans retard, par un
rapport spécial, de tout fait grave ou extraordinaire qui se passerait dans ces maisons, et rappelleront sans cesse aux maîtresses qu’elles doivent en donner immédiatement avis au commissaire de police de leur quartier, quand elles ne pourront en informer, en temps opportun, le bureau administratif ou l’officier de paix de l’attribution des moeurs.
» Ils veilleront à la rigoureuse observation de la défense faite aux maîtresses de maison de recevoir des élèves des lycées ou écoles civiles ou militaires en uniforme, ou des jeunes gens au-dessous de l’àge de dix-huit ans, et signaleront les infractions commises.
» Filles inscrites. — - Les inspecteurs veilleront constamment à l’exécution de toutes les dispositions do l’arrêté du 1er septembre 1842.
» lis exigeront des filles isolées, soit dans les visites des garnis ou autres lieux, soit dans le cours de leur surveillance sur la voie publique, la représentation de leur carte, afin de s’assurer de leur exactitude à la visite, et de rechercher les
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Premier verre, violet : vert. — Quatrième, verre, vert : vert. — Troisième verre, rouge : rouge. — Deuxièmè verre, jaune : roUge.
— Premier verre, bleu : bleu.
« Epreuve de Holmgren (voy. Lyon médical, Dor et Favre, août 1878). — Première épreuve : laine verte. 11 laisse de cûté quelques verts et mêle quelques roses gris et bois clair.
t Deuxième épreuve : laine pourpre. Très- bien, sans faute.
ï Troisième epreuve : laine rouge. Bien, mais il mêle un orangé.
» Epreuve Donders. — Verre rouge. Il le dit vert depuis 1 à 4 millimètres de diamètre, puis rouge au-dessus. V. C. = 1/5 pour le rouge.
s Verre vert. Il le dit bleu jusqu’à 3 millimètres, violet à 4 et 5, vert depuis 6. VC. = 1/6 pour le vert.
ï Verre jaune. Il le dit rouge jusqu’à 15 millimètres, puis jaune = 1/15.
ï Verre bleu. Il le dit violet jusqu’à 13 millimètres, bleu = 1/13.
» Echelle Dor. — A 5 mètres, il indique bien le rouge — Vi/ 5. A 4 mètres, il indique bien le bleu — 4/5. »
Le 7 mai 1878. — Epreuve de Holmgren. — Laine verte. Hésitation; il prend presque tous les verts; il ajoute un marron clair.
— Laine pourpre. Très-bien, sans faute et sans hésitation. — Laine rouge. Très-bien, sans hésitation et sans fauté.
Epreuve de Daae (planche de la première édition). — Hésitation, mais très-bien jusqu'à la dixième ligne, qu’il dit être régulière. Cette planche éblouit H...; il éprouve quelque peine à la regarder.
Echelle de Crétès. Très-bien, sauf qu'il hésite sur le gris et qu’il le dit vert, puis gris.
Echelle de Stilling à 4 mètres. — Très-bien, sans erreur et sans hésitation.
Planche XX de Snellen. — Très-bien.
Planché des pavillons de la Confédération suisse. - Très-bien.
Me servant des écheveaux de laine dé l’épreuve de Holmgren, je lui dis de rassembler tous les rouges, il les réunit tous. — Les violets ? il laisse un violet clair et il ajoute un bleu clair. — Les bleus ? il les réunit tous. — Les jaunes et les orangés ? Très-bien-.
— Les gris 1 Très-mauvaise épreuve; il prend des verts et des marrons clairs et un seul gris de fer. — Les marrons ? il les prend tous, sauf un, et il ajoute un vert et un gris.
Je mêle ensemble les verts, les gris et les marrons, et je lui dis de les assortir. Il mêle aux verts un gris, puis il se ravisé ét il le reprend pour le placer avec les gris; il choisit bien les marrons.
Je lui dis de séparer les verts foncés des verts clairs, il le fait très-bien.
J’engage H... à se faire exercer par sa femme, et je lui remets les objets nécessaires à ces répétitions.
Il vient me voir quelquefois Je soir. 11 ne commet plus d’erreur sur les différentes espèces de rouge, même les rouges très-clairs, jamais sur les jaunes et les orangés; mais il hésite quelquefois entre les verts clairs, les gris clairs et les marrons clairs. Il confond quelquefois les bleus clairs avec les violets clairs. Il distingue très-bien de jour et de nuit les couleurs franches, et je trouve dans la marche de son éducation une grande analogie avec ce que M. Brachet et moi nous avons noté chez l’enfant Al..., et, selon toute apparence, obtiendrons-nous chez H..., mais avec beaucoup plus de peine, un égal succès.
Je pourrais citer l’observation de beaucoup de malades
moins gravement affectés et chez lesquels le traitement par l’exercice a donné de très-beaux résultats. Je dois ajouter que les améliorations et les guérisons obtenues chez les daltoniens doivent être constatées avec le plus grand soin, et je pense qu'il est prudent de ne pas s’en rapporter aux données fournies par un seul procédé. L’on doit être toujours en garde contre les rechutes.
La très-ingénieuse théorie de Thomas Young, adoptée par Helmholtz, ne permet pas d’admettre la guérison et les modifications de la vue chez les daltoniens. Elle a produit les résultats les plus malheureux, et sous son couvert l’on a propagé sans un examen approfondi l’erreur qui consiste à classer le daltonisme parmi les maladies incurables. Ce n’est pas ici le lieu de discuter cette théorie séduisante; mais il faut, à propos de Thomas Young en tant que maître de l’opinion scientifique, dire avec le poëte :
t Quidquid délirant reges plectuntur Achivi. »
En s’appuyant sur quelques faits, et surtout sur la théorie des trois couleurs, l’on a dit : L’on naît daltonien, l’on meurt daltonien, et l’on a créé les termes absolument impropres de cécité pour les couleurs, aveuglé pour les couleurs. Ces termes indiqueraient le fait de ne point connaître les trois couleurs fondamentales, rouge, vert et violet, soit une ou deux d’entre elles. En revanche, le voyant normal qui connaîtrait ces trois couleurs n’aurait plus rien à désirer. Il fallait, pour répondre aux calculs de cette théorie exclusive et réputée infaillible, un procédé exclusif et infaillible... Tel est le procédé de Holmgren, qualifié par l’auteur lui- même en ces termes : « la meilleure méthode de toutes celles qui soient connues aujourd’hui. »
Cette méthode vaut celle du médecin auriste qui s’extasierait devant un procédé capable de révéler à coup sûr tous les cas de copliosel...
Les résultats qu’elle fournit pourraient être comparés à ceux que donnait la classification dichotomique adoptée par mon ami X..., médecin et professeur très-distingué, quand il avait, dans sa jeunesse, divisé tous les hommes en deux catégories : les grands hommes et les crétins!... Natura non facit saltus, a dit Linnée en latin de botaniste!...
La théorie de Thomas Young n’a pas sa raison d’être, elle a fait beaucoup de mal; mais le procédé de Holmgren, qui dérive de cette théorie, peut être employé quand on est pressé; il permet de reconnaître rapidement les cas graves de daltonisme, mais il est tout à fait insuffisant quand il s’agit de distinguer tous les cas de dyschromatopsie dont il faut s’occuper dans tes chemins de fer, dans la marine, dans T armée et dans les écoles. Nous sommes à même de prouver cette
retardataires qui leur auraient été signalées par les bulletins, semi-mensuels délivrés par le bureau administratif.
» Ils accompagneront, au besoin, à leur domicile, cejles dont ils auraient des raisons de suspecter la véracité au sujet de l’absence de leur carte.
d Les inspecteurs qui, chargés d’amener une fille inscrite au bureau administratif, ne l’auront pas trouvée à son domicile, se borneront à rendre compte de cette circonstance;: sans laisser trace de leur mission, afin de ne pas donner à la fille recherchée l’idée de disparaître.
» Filles disparues. — La recherché des filles disparues doit être faite avec la plus grande circonspection.
» Lés inspecteurs devront se borner, à l’égard des filles disparues qui seraient rentrées dans leur famille, qui se livreraient à un travail honnête ou qui ne paraîtraient plus tirer leurs moyens d’existence de la prostitution publique, à faire connaître, par un rapport particulier, la situation actuelle de ces femmes.
» Ils n’amèneront au bureau administratif que les filles disparues qui seraient trouvées dans des maisons de tolérance, chez des filles publiques ou dans les lieux publics ouverts a la prostitution, et celles qui, rencontrées sur la voie publique, dans une maison garnie ou particulière, ne seraient dans aucun des cas d’exception sus-énoncés. »
La troisième partie du règlement contient les dispositions à prendre pour la translation des filles arrêtées à la préfecture de police.
La quatrième partie nous intéresse plus particulièrement, et traite des outrages publics à la pudeur, principalement de la sodomie et de la pédérastie qui, comme on le sait, échappent à nos lois pénales. .
« La surveillance des inspecteurs du service actif des mœurs s’étendra sur tous les délits d’outrage public à la pudeur, et principalement sur les actes de sodomie.
* Mais ils s’abstiendront expressément de tout moyen qui paraîtrait avoir le caractère de la provocation, et s’attacha
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assertion par des faits nombreux et concluants. Dès maintenant nous pouvons utiliser des procédés bien supérieurs à celui de Holmgren, tels que ceux de Dor, de Donders et de Daae.
Les oculistes sont unanimes pour déclarer que le daltonisme est incurable! Cette assertion n’est heureusement plus conforme à la vérité; mais si la plupart de nos éminents spécialistes avaient conservé cette opinion, nous leur demanderions si jamais ils ont été consultés par un daltonien qui leur ait demandé des soins. Harris, Dalton et tant d’autres sont demeurés jusqu’à la fin d’une longue vie dans le même état; mais ces malades, si nous en jugeons par nos daltoniens aussi gravement affectés qu’eux-mêmes, sinon plus, n’ont jamais fait ce qu’il fallait faire pour se guérir. Nous pouvons assurer, au contraire, que les daltoniens se conduisent comme s’ils ne voulaient pas être guéris. Nous n’avons jamais pu traiter des malades que du jour où nous avons eu des moyens sûrs de les obliger à se faire soigner. Le temps leur manque toujours, et en fin de compte l’on arrive, quand on insiste, à leur faire dire ce qu’ils ont entendu tant de fois répéter dès leur enfance, qu’ils n’espèrent obtenir aucun changement de leur état par aucun moyen.
Le traitement du daltonisme n’est pas d’ailleurs l’affaire des oculistes et des médecins, mais bien celle des femmes, des instituteurs et des institutrices.
L’opinion, en ce qui touche la fausse appréciation des couleurs, changera, et sous peu de temps les daltoniens sauront qu’ils peuvent être guéris; ils trouveront à leur portée tous les moyens de traitement... et s’ils ne voulaient pas en profiter, il y aurait peut-être lieu d’aviser et de les exproprier de leur infirmité pour cause d’utilité publique.
Si la couleur, cette qualité permanente ou fugace des corps ; si les splendides apparences qui réjouissent notre vue, se manifestent par un nombre déterminé d’oscillations de l’éther et par une plus ou moins grande longueur des ondes lumineuses, ces phénomènes doivent être perçus par des appareils spéciaux capables de suivre ces modifications et de les faire apprécier au centre cérébral. Tels doivent être les organes bien disposés; leur fonctionnement doit s’établir d’une manière graduelle et comme instinctive. S’il arrive que ces organes soient héréditairement mal équilibrés, les oscillations de l’éther, les ondes lumineuses, sont en rapport avec des appareils désorientés qui ne se mettent que difficilement à l’unisson, et ne transmettent ordinairement au cerveau qu’une impression mal définie se rapprochant du gris. C’est ainsi que ceux dont le sens musical est, par une disposition de naissance, à l’état rudimentaire et n’a pas été cultivé, ne perçoivent que du bruit là où l’oreille musicale apprécie des sons et des accords.
11 n’v a pas de doute: si les notions premières des couleurs paraissent nous arriver d’une manière instinctive, les connaissances qui caractérisent les coloristes, les teinturiers habiles, les artistes industriels, les brodeuses... ne peuvent pas être acquises sans une grande attention et sans l’intervention de la mémoire et An jugement ; et, d’ailleurs, pouvonsnous savoir, nous qui sommes en possession du minimum de notion des couleurs, combien de centaines ou de milliers A’ impressions coïncidant avec les expressions de nos parents il a fallu pour nous donner la notion du bleu, du vert ou du rouge?... Suivant les principes de l’éducation de l’enfant, l’exercice méthodique expose devant l’œil une couleur normale, produisant un nombre défini d’oscillations et sollicitant comme le diapason une impression déterminée... L’accordeur n’est pas loin...
L’on aura plus ou moins de peine, mais chez les jeunes sujets, si la lumière est perçue tôt ou tard avec les soins nécessaires, les couleurs seront distinguées.
L’étude du daltonisme acquis, des modifications que les habitudes, la fatigue extrême, les maladies, les accidents, l’ingestion de certaines substances, impriment au sens chromatique ou au daltonisme, pourront me servir peut-être à formuler une théorie de la fausse appréciation des couleurs, et à faire complètement disparaître le préjugé qui consiste à tenir cette affection comme tout à fait au-dessus des ressources de l’art.
L’exercice sur les couleurs franches nous paraît devoir suffire en général ; mais nous en sommes encore aux tâtonnements pour le choix des meilleurs moyens à mettre en œuvre.
Il est probable que nous saurons un jour utiliser les agents de la matière médicale au profit des daltoniens; nous n’avons à cet égard, jusqu’à ce moment, que des données très-vagues. Quant aux essais de correction par des verres colorés, faits dans ces derniers temps avec un certain succès, nous souhaitons que les résultats annoncés soient confirmés. . Ainsi les daltoniens, hier encore considérés comme absolument incurables, n’auront bientôt plus que l’embarras du choix parmi les procédés destinés à mettre leur vue d’accord.
L’on apprend, l’on sait, l’on distingue les couleurs en mesurant exactement la longueur des ondes lumineuses, en comptant les oscillations de l’éther.
Il faut absolument établir un rapport exact entre les impressions colorées et les expressions qui doivent les traduire.
Le plus souvent, les moyens variés qui permettent de préciser le diagnostic du daltonisme congénital peuvent suffire au traitement de cette maladie.
Nous ne savons pas positivement comment ces choses se font, mais « le faictest ».
ront surtout à constater le flagrant délit. Le fait de sodomie tenté ou consommé dans un lieu ouvert au public constitue le délit d’outrage public à la pudeur. »
La cinquième et dernière partie du règlement a trait aux mesures administratives. C’est surtout sur ce point qu’ont porté les modifications qui étaient réclamées depuis longtemps.
« Préalablement à toute opération, le commissaire interrogateur, chef du bureau des mœurs, devra procéder à l’examen des pièces relatives à l’arrestation des filles insoumises, afin de rechercher les cas où il y aura lieu de surseoir à la visite corporelle.
.» L’interrogatoire des filles insoumises est fait par le commissaire interrogateur en personne ; il donne lecture à la fille des déclarations par elles faites et lui fait signer le procèsverbal dressé à cette occasion. Il entend au besoin les agents.
» Lorsqu’il s’agira de procéder à l’inscription d’une fille insoumise majeure qui refuse de se soumettre aux obligations |
I sanitaires et administratives, ou d’une fille insoumise mineure, au lieu de se borner, comme on l’a fait jusqu’ici, à un exposé écrit des faits, la décision sera réservée à une commission composée du préfet ou de son délégué, du chef de la lrc division et du commissaire interrogateur. Cette commission entendra la femme arrêtée et les agents.
» Il importe de rappeler que les filles publiques, au moment de leur inscription, reçoivent un avis imprimé portant qu’elles peuvent obtenir leur radiation des contrôles de la prostitution, sur leur demande, et s’il est établi par une vérification, faite d’ailleurs avec discrétion et réserve, qu’elles ont cessé de se livrer à la débauche.
» En ce qui touche les punitions disciplinaires à infliger aux filles inscrites, on continuera de procéder comme aujourd’hui, c’est-à-dire que les punitions seront infligées par le préfet, sur les propositions du commissaire interrogateur, visées par le chef de la 4™ division. Toutefois, dans le cas où une fille inscrite réclamerait contre la punition qui lui est
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Médecine légale.
Simple remarque a propos d’un cas de dystocie par enroulement du cordon autour du cou de l’enfant, par M. le docteur Mignot, médecin de l’hôpital de Chantelle.
Obs. — Dans la nuit du 25 janvier 1879, je fus appelé à la campagne pour accoucher une robuste paysanne de vingt-huit ans, déjà mère de deux enfants. Le travail durait depuis vingt-quatre heures. Bien que la tête du fœtus eût franchi le détroit supérieur, et que l’occiput fût en avant et à gauche, plusieurs heures s’étaient écoulées sans qu’elle avançât.
Quelle était la cause de cet arrêt? elle ne provenait pas de la mère, dont le bassin offrait beaucoup d’ampleur, et l’utérus se contractait avec énergie; quant au fœtus, on pouvait lui supposer un vice de conformation; mais mon doigt porté aussi haut que possible dans l’utérus, autour de la tête, descendue sur le plancher périnéal, n’y découvrait rien d’anormal qu’une bosse sanguine très-prononcée, et se trouvait insuffisant à déterminer le point où existait l’obstacle.
Je dirai, toutefois, qu’au moment de chaque douleur, je fus frappé de sa violence, qui arrachait des cris à la patiente, ' à laquelle je ne soupçonnais pas un tel excès de sensibilité, après deux accouchements, où elle n eu avait pas fait preuve.
Pour en venir tout de suite à l’objet spécial de cette note, je dirai que, m’étant résolu à faire une application de forceps, je ne uis parvenir d’abord, malgré des tractions énergiques, à faire escendre la tête; puis que, tout d’un coup, sous l’influence d’un nouvel effort, elle fit comme un saut en avant, franchit rapidement le détroit inférieur, et parut à la vulve. Je retirai tout de suite les branches du forceps, et constatai un enroulement du cordon ombilical autour du cou, donUl faisait une fois et demi le tour, et qui se tendait comme unè~corde prêle à se rompre entre le cou et le placenta, encore adhérent au fond de l'utérus. Je pratiquai immédiatement la section du cordon, pour interrompre la compression et l’espèce de strangulation qu’il exerçait d’un côté sur l’enfant, et le tiraillement qu’éprouvait, de l’autre, la matrice menacée d’inversion, et l’accoucnement fut promptement terminé.
L’enfant avait subi un commencement d’asphyxie; il était bleuâtre, cyanosé et sans mouvement. Quelques frictions énergiques le ranimèrent; bientôt il lit entendre des cris de moins en moins étouffés, et agita ses membres.
Réflexions. — A l’occasion de ce fait d’enroulement du cordon, fait assez rare, mais trop connu pour y insister, je veux seulement poser une question : Que serait-il arrivé si, comme le demandaient les parents de notre malade, on avait négligé de recourir à l’intervention médicale pour la délivrer et laisser agir la nature? L’enfant eût bientôt succombé, c’est incontestable, puisqu’il était cyanosé et sans mouvement quand nous l’avons arraché du sein de sa mère; mais comment serait-il mort?
Est-ce par suite de congestion cérébrale ou par suite d’asphyxie? La congestion cérébrale devait résulter de la con-
striction exercée autour du cou du fœtus par le cordon sur les vaisseaux de cette région; l’asphyxie pouvait provenir, pendant qu’il était renfermé dans l’utérus, de l’interruption de la circulation dans les vaisseaux ombilicaux, par suite de leur aplatissement contre le cou de l’enfant. L’enfant aurait élé asphyxié sans avoir respiré, et aurait pu, néanmoins, présenter autour du cou l’empreinte du cordon ombilical sous forme de sillon.
Mais, je suppose que, sous l’influence des contractions utérines, la tête de cet enfant ait été chassée jusqu’à l’entrée de la vulve, qu’il y ait fait quelques inspirations, et que l’étranglement par le cordon eût continué à se faire, ce qui serait arrivé dans un accouchement solitaire ou clandestin, on aurait eu à constater un cas fortuit d’asphyxie par strangulation, chez un enfant ayant plus ou moins complètement respiré, avec les lésions caractéristiques de ce genre de mort. Et si la mère, pour se délivrer, avait enlevé et rejeté le cordon constricteur, elle aurait fait disparaître à la fois la cause de l’étranglement et la preuve de son innocence, en présence d’une accusation uniquement fondée sur les résultats fournis par l’examen du cadavre de son enfant.
Ce sont là des suppositions, je l’avoue; mais il suffit que, dans le vaste champ des possibilités, elles deviennent parfois une réalité, pour qu’on doive en tenir compte et y prêter un peu d’attention.
Fermentations. Remarques sur la troisième réponse de M. Pasteur, par M. Berthelot. — M. Berthelot s’applique à établir les points suivants :
1® Aucun fait positif n’a été produit pour démontrer que le sucre cède à la levûre de l’oxygène, de préférence aux autres éléments. Aucun fait positif n’a été produit pour démontrer que la levûre se développe en prenant au sucre de l’oxygène, de préférence aux autres éléments. Au contraire, elle paraît prendre de l’hydrogène de préférence, ce.qui est le contre-pied des affirmations de M. Pasteur. Par conséquent, aucun fait positif ne prouve que la métamorphose chimique du sucre soit corrélative d’iin mode exceptionnel de nutrition des êtres microscopiques, ce mode étant tel qu’ils enlèvent au sucre de l’oxygène combiné à défaut d’oxygène libre.
2° Aucun fait positif n’a été produit pour démontrer que la fermentation alcoolique ait pour condition essentielle l’absence de l’oxygène libre. Au contraire, l’expérience prouve que la fermentation alcoolique s’accomplit très-bien en pré¬
infligée, sa réclamation sera portée sans délai devant une commission composée du préfet ou de son délégué, assisté de deux commissaires de la ville de Paris appelés à tour de rôle.
» Cette commission statuera après avoir entendu la personne arrêtée, ainsi que les agents, s’il y a lieu.
» Lorsque la commission ne sera pas présidée par le préfet personnellement, sa décision devra être ratifiée par lui.
» Afin d’assurer la permanence du service, le sous-chef de la 3e section du 2° bureau sera nommé commissaire interrogateur suppléant, mais il n’interviendra qu’en cas d’empêchement du commissaire interrogateur titulaire. »
Enfin, nous trouvons, à la fin de ce document quelques lignes relatives au service médical. Les rédacteurs du règlement ont eu le bon esprit de ne pas donner à nos confrères chargés du service sanitaire de la préfecture des instructions analogues à celles qui précèdent, et ils se sont bornés à mentionner en quelques lignes les attributions des médecins.
« Bien qu’il ne se soit produit aucun cas où la visite corporelle ait été faite de force, dit le règlement, il sera recommandé au service médical de s’abstenir d’y procéder dans le cas où il rencontrerait une résistance.
» L’incident sera, dans ce cas, porté immédiatement à la connaissance du préfet. »
Nous voyons avec plaisir que le règlement constate que la visite n’a jamais été imposée par les médecins de la préfecture lorsque les filles refusaient de s’y soumettre. Cette constatation enlève tout fondement aux réclamations souvent peu justifiées de la presse extra-médicale.
En somme, le nouveau règlement dont nous veuons de donner l’analyse nous paraît combler la plupart des lacunes qui avaient été signalées par les hygiénistes et les philantropes.
A. Lutaud.
HO
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sence de l’oxygène libre. Aucun fait positif n’a été produit pour démontrer que le sucre fermente « toutes les fois qu’il y a vie sans air ». Au contraire, l’observation courante prouve que le sucre circule sans altération à travers les cellules et tissus végétaux vivants, dans des milieux absolument privés d’oxygène libre. Par conséquent, aucun fait positif ne prouve qu’il y ait en général coïncidence, et à fortiori corrélation, soit entre la vie sans air et la fermentation, soit entre la fermentation et -la vie sans air.
C’est donc une assertion gratuite que de supposer en général que « le premier principe d’action de l’organisme micro- » scopique sur la matière fermentescible... » doive <c résider » dans son affinité pour l’oxygène. » A priori, on peut imaginer qu’il y a des cas de ce genre ; on peut imaginer encore des cas contraires, aussi bien que des cas étrangers à cette double vue systématique ; mais rien n’est prouvé à cet égard.
M. Berthelot ajoute :
Une seule assertion nouvelle, produite dans la dernière note de notre savant confrère, mérite de nous arrêter. 11 suppose que ï l’être anaérobie fait la chaleur dont il a besoin en décomposant » une matière fermentescible susceptible de dégager de la chaleur » par sa décomposition C’est encore là une affirmation sans preuves, et même sans probabilités, comme je vais l’établir... Que les fermentations dégagent de la chaleur, le fait est vulgaire depuis bien des siècles.... Le cycle des transformations chimiques qui se produisent au sein des êtres vivants répond, en général, à un dégagement de chaleur, non-seulement dans le cas des oxydations, mais aussi dans le cas des hydratations et des dédoublements. Or, le développement des êtres anaérobies aurait lieu seulement en vertu de la seconde classe de réactions; il s’agit de savoir s’il ne se suffit pas à lui-même, sans le concours d’une fermentation simultanée...
Un certain poids de sucre est donné et mis en présence d’un certain poids de levûre : voilà l’état initial. De certains poids d’alcool, d’acide carbonique, etc., et de levûre sont produits : voilà l’état final. Les relations de poids qui existent entre ces diverses matières, aussi bien que les quantités de chaleur dégagées, sont indépendantes de toute hypothèse relative à la nature et à la connexion des transformations intermédiaires. Or, dans la métamorphose accomplie, le poids primitif du sucre peut être partagé en deux portions : la principale a fourni ses éléments à l’alcool et à l’acide carbonique, dont les poids réunis la représentent sensiblement; cette réaction dégage de la chaleur; d’autre part, une faible portion du sucre a cédé quelques-uns de ses éléments à la levûre, en vertu de réactions mal connues. Ces réactions mal connues absorbent-elles de la chaleur, empruntée à celle que développe la métamorphose simultanée du sucre, laquelle serait ainsi la source de la chaleur dont l’être anaérobie a besoin? ou bien dégagentelles elles-mêmes de la chaleur, qui vient, au contraire, s’ajouter à la précédente; auquel cas la nutrition des êtres anaérobies n’aurait rien qui la distingue, sous le rapport thermique, de celle des êtres aérobics? C’est ce que l’état présent de la science ne permet pas de décider. L’assertion de M. Pasteur est donc sans preuves.
■l’ajouterai qu’elle est contraire aux probabilités, c’est-à-dire aux données qui ont cours aujourd’hui dans la chimie physiologique...
Ainsi nous n’avons affaire qu’à de pures imaginations dans toute cette physiologie nouvelle, que M. Pasteur déclare aujourd’hui avoir inaugurée ( Comptes rendus, t. LXXXVIII, p. 135, au milieu; 27 janvier 1879), après avoir assuré avec plus de vérité, il y a quelques semaines ( Comptes rendus, t. LXXXVII, p. 1055, au bas; 30 décembre 1878), qu’il ne la connaissait nullement. Quoi qu’il en soit, la discussion actuelle me semble épuisée, car toutes les données scientifiques du problème ont été abordées. Puisse-t-elle avoir eu pour résultat utile de poser nettement les questions, ce qui constitue le commencement de leur solution!
Influence de la durée et de l’intensité sur la perception lumineuse. Note de MM. Ch. Richet et Ant. Bréguet.
On admet en général que la lumière est toujours perçue, même si sa durée est très-courte, et l’on cite, non sans raison, l’exemple de l’étincelle électrique, qui ne dure qu’un temps extrêmement court et qui est toutefois vue avec netteté. Cependant nous avons pensé qu’avec des lumières plus faibles que rétincelle électrique l’influence de la durée très-courte n’était pas négligeable, et, en effet, l’expérience a confirmé nos prévisions.
Nous ne décrirons pas ici l’appareil qui nous a servi à produire des éclairs très-courts ; il nous suffira de dire que l’on pouvait, au moyen de cet appareil, soit diminuer l’intensité lumineuse en plaçant au-devant de la flamme éclairante des plaques de verre enfumé, soit diminuer la durée de l’éclair en tendant plus ou moins un ressort. A l’aide de notre appareil, nous pouvions obtenir des éclairs ne durant que 1/2000 de seconde. Nous sommes arrivés, en procédant ainsi, aux résultats suivants :
1° Une lumière faible, perçue nettement quand elle impressionne pendant quelque temps la rétine, devient invisible quand sa durée diminue. 2° Pour la rendre visible de nouveau, il suffit soit de la rendre plus intense, soit d’augmenter sa durée. 3° On peut encore la rendre visible en répétant rapidement (au moins cinquante fois ar seconde) cette excitation lumineuse faible et de courte durée. “ Des lumières colorées sont soumises aux mêmes lois, et en outre sont toujours vues avec leur coloration propre, qu’elles soient fortes ou faibles, longues ou brèves.
On peut donc comparer ces phénomènes aux phénomènes de l’addition latente, dont l’un de nous a démontré l’existence, et pour le mouvement musculaire et pour la perception sensitive. On voit aussi qu’il y a dans la vision rétinienne une période d’inertie, peut-être négligeable pour les lumières infenses, mais dont pour les lumières faibles il faut tenir compte, puisqu’une lumière faible met un temps appréciable à vaincre cette inertie de la rétine.
Académie de médecine.
M. le ministre de l’agriculture et du commerce transmet : Les rapports des médecins-inspecteurs des eaux do Lamalou et de Saint-Sauveur pour l'année 1877.
( Commission des épidémies.)
L’Académie repoit: Une lettre do M. le docteur Duché (de Ouanne-sur-Yonne), qui se porte candidat au titre de membre correspondant.
M. Larrey présente : 1" De la part do M. lo docteur Gavoy, médecin-major de l’armée, une brochure intitulée : Morphologie du cerveau par l'élude des localisations des centres cxcito-moteurs des hémisphères et de l’opération du trépan, avec planches. — 2° Un mémoire de M. le docteur Henri Dumont, intitulé : Essai d'une histoire médico-chirurgicale de Vile de Puerto-Rico.
Nécrologie. — M. H. Roger donne lecture du discours qu’il a prononcé sur la tombe de M. Chauffard. Ce discours ému et d’un tour élevé est accueilli par de nombreuses marques d’approbation.
Rapports. — M. Planchon donne lecture de deux rapports sur les remèdes secrets et nouveaux, dont les conclusions négatives sont mises aux voix et adoptées.
Ostéomyélite et septicémie. — M. Trêlat prononce un discours sur la discussion qui occupe l’Académie depuis plusieurs séances.
Le premier point du discours de M. Trélat est relatif à la communication de M. Gosselin ; le deuxième à la communication de M. Colin.
M. Lannelongue a employé le mot d’ostéomyélite pendant la croissance ; M. Gosselin a dit qu’il approuvait le travail de M. Lannelongue; mais il s’est élevé contre la nomenclature. En faveur de sa réclamation, il avait des raisons sérieuses : d’abord la priorité du titre (on sait que M. Gosselin a proposé autrefois le terme d’ostéite épiphysaire); ensuite l’impossibilité dans laquelle on se trouve le plus souvent de démontrer avec certitude le véritable point de départ de la maladie.
Lorsque M. Trélat a fait son cours sur cette question, à la Faculté, il a subi lui-même l’évolution d’esprit qui s’est faite chezM. Lannelongue et M. Panas, il se range donc à l’avis des chirurgiens qui désignent l’affection sous le nom A' ostéomyélite. Il se fonde sur le raisonnement suivant : le tissu médullaire périostal et endostal et celui des canaux de Hawers sont toujours le siège de l’inflammation; ces tissus sont constitués par des cellules spéciales (myéloplaxes) qui, d’après les travaux récents, paraissent être l’élément de la formation vasculaire. L’inflammation à son début se développe toujours dans ces éléments, et c’est par cette sorte de gaine endopériomédiostale que se fait la transmission rapide de l’inflammation et de la nécrose .
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M. Gosselin a dit que, si l’on emploie le mot d’ostéomyélite pour toutes les maladies inflammatoires des os, on produira de la confusion ; mais M. Trélat avoue que le mot d’ostéile épiphysaire l’a lui-même induit en erreur, en lui faisant croire que c’était l’épiphyse elle-même qui était seulement atteinte; mais les choses se passent là comme ailleurs et le mot d’ostéomyélite, quoique un peu vague, donne une idée exacte de l'affection. On peut, du reste, ajouter des qualificatifs différents lorsqu’on veut spécifier le siège de
I inflammation.
En ce qui concerne la question générale de la septicémie, soulevée par M. Colin, M. Trélat pense que le travail de M. Lannelongue n’était pas de nature à provoquer une discussion de ce genre. R a néanmoins étudié avec soin les discours de M.JColin qui lui ont paru un peu incohérents et dans lesquels il n’a rien trouvé de .nouveau. L’auteur de ces discours semble contester le rôle des organismes inférieurs dans la production de la septicémie. Voudrait-il admettre que l’agent de la septicémie se forme dans les tissus? Dans ce cas il émet une théorie que M. Trélat, M. Verneuil et beaucoup d’autres chirurgiens ont émise avant lui.
M. Colin interrompt l’orateur pour dire que l’agent septique s’élabore dans la plaie, grâce au contact du pus et de l’air, et qu’il est ensuite introduit dans l’économie par le torrent circulatoire.
M. Trélat répond à M. Colin que sa conception est absolument hypothétique et n’est démontrée ni par l’expérimentation clinique, ni par les recherches de laboratoire. M. Colin a dit qu’il n’était ni chirurgien ni clinicien, mais il n’en invente pas moins une chirurgie opératoire des plus curieuses.
II se figure que le chirurgien choisit pour opérer le point de l’organisme où l’obus et la roue ont passé, le point qui est gorgé de liquides iehoreux et purulents; mais le plus souvent îe chirurgien fait pénétrer son couteau dans des tissus sains.
M. Colin donne ensuite à la fin de son discours des conseils aux chirurgiens, qui lui en savent certainement gré. Il leur dit que, au lieu de faire la chasse aux vibrions, il faut d’abord soigner la plaie. M. Trélat demande quel est le chirurgien digne de ce nom qui néglige de traiter les plaies.
Voici comment M. Trélat formule son opinion sur cette question:
Il n’est pas douteux que la fermentation putride ne soit caractérisée par la multiplication des organismes inférieurs dans les tissus de l’économie. Mais il ne suffit pas de respirer un ou même cent vibrions pour être atteint : il faut que l’organisme rencontre ce concours de circonstances qui permet la multiplication des vibrions. Tous les chirurgiens ont rencontré des cas de septicémie survenus après dès opérations très-simples et sur des individus parfaitement sains; peut-ôn admettre dans ces cas que les agents septicémiques se sont développés dans la plaie parle contact de l’air etclupus?Non, certainement, puisqu’il n’y a pas de pus et que la mort survient deux ou trois jours après l’opération ! D’autres fois, le chirurgien ouvre d’énormes phlegmons et le malade ne meurt pas : il y avait cependant, dans ces cas, les conditions indiquées par M. Colin pour le développement de la septicémie.
. M, Trélat se résume en disant que le point obscur de la question consiste à déterminer les conditions dans lesquelles les organismes inférieurs se développent et se multiplient dans i’économie. Il s’agit moins de savoir pù l’organisme inférieur se forme que de savoir comment il se multiplie. C’est sur ce point que M. Colin devrait faire porter ses expérimentations, au lieu de donner aux chirurgiens des leçons sur le pansement des plaies.
— A quatre heures et demie l’Académie se forme en comité secret pour entendre la lecture du rapport de M. Henri Gueneau de Mussy sur les titres des candidats à la place déclarée vacante dans la section d’hygiène et de médecine légale.
Société de cbirm-gte .
Correspondance. — Fracture de l'humérus pour remédier à une luxation irréductible. — Hernie crurale étranglée. Du pincement de l'intestin. — Des irrigations oculaires et de l'emploi méthodique des coUyrés.— De la greffe chirurgicale dans ses applications à la thérapeutique dentaire. — Cancer du sein chez un homme.
M. Gross (de Nancy) adresse à la Société une observation ayant pour titre : Amputation de la jambe à la partie moyenne pour une difformité du pied; éruption syphilitique trois jours après l’opération; la plaie prend l’aspect d’un ulcère syphilitique; traitement spécifique; guérison. (M. Verneuil, rapporteur.)
— M. le Président annonce la mort de M. Mirault (d’Angers), membre correspondant.
— M. Després présente à la Société la malade chez laquelle il a rompu l’humérus pour remédier à une luxation ancienne irréductible de l’épaule. La malade peut mettre la main sur la tête et amener le coude au niveau de la pointe du sternum. Avant la fracture, le coude demeurait écarté du troue et immobile. M. Després espérait produire une pseudarthrose; mais la consolidation s’est effectuée malgré les mouvements imprimés chaque jour à l’humérus, et le cal est très-appréciable. On électrise tous les jours les muscles de l’épaule et du bras pour développer les mouvements.
M. Verneuil. M. Després a échoué dans sa tentative. Le but qu’il poursuivait n’a pas été atteint : il n’a pu obtenir la pseudarthrose. D’ailleurs, les mouvements imprimés au membre fracturé n’empêchent pas la consolidation de la fracture quand les os doivent se consolider. M. Verneuil croit qu’il ne faut pas imiter la conduite de M. Després. Lorsqu’on ne peut réduire une luxation, il faut laisser agir la nature et la mobilité reparaîtra en partie. Chez la malade de M. Després on aurait obtenu autant de mouvements sans fracturer l’humérus.
M. Marc Sée. Chez la femme présentée par M. Després, la tête humérale est mobile; on a donc rompu des adhérences. El puisque la fracture est consolidée, on se demande ce que cette fracture a pu faire gagner à la malade. On a rompu des adhérences fibreuses; peut-être n’a-t-on pas fracturé l’humérus.
M, Tillarn, chez une malade, a redressé une cuisse qui était dans une mauvaise attitude; la question de fracture est secondaire. Le membre est redevenu parallèle à l’autre et la malade marche ; M. Tillaux ne sait s’il y a eu fracture ou rupture d’ankylose. Chez la malade de M. Després il y avait une luxation; c’est risquer beaucoup que d’obvier à une luxation non réductible en cassant le col de l’os. On voit, en effet, des malades qui retrouvent une somme suffisante de mouvements sans réduction de la luxation et sans fracture de l’os.
M. Després. L’existence de la fracture du col huméral ne fait de cloute pour personne. Un individu qui a une luxation de l’épaule non réduite ne pourra faire des mouvements comme la malade de M. Després; ces mouvements seront très-limités. La fracture ainsi produite est inoffensive et le résultat est excellent. Chez des malades solides et bien musclés, M. Després tenterait la réduction des luxations avec des moufles; mais, chez une malade maigre et chétive, il vaut mieux fracturer l’os.
M. Le Dentu. La fracture est incontestable chez la malade de M. Després. Le cal est très-appréciable. .Les manœuvres qui ont rompu l’os ont dû rompre aussi les adhérences de la tête. Dans deux circonstances, M. Le Dentu a constaté combien il était difficile de s’opposer à la formation d’un cal.
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Chez un individu ayant une fracture du col huméral avec luxation de la tête, la consolidation s’est faite malgré les mouvements répétés du bras. Chez un autre malade, qui se présenta à la consultation avec une fracture non consolidée Ou col de l'humérus et déplacement peu accentué de la tête, l’accident datant de deux mois, il suffit de quinze jours d’immobilisation pour consolider l’humérus.
— M. Théophile Anger fait un rapport sur une observation lue à la Société de chirurgie par M. Lemay (de Sàint-Sever). Hernie crurale étranglée opérée après le cinquième jour; guérison. Le malade avait de la diarrhée, la face grippée; dans l’aine existait une tumeur douloureuse. L’opération démontra que l’intestin était pincé ; M. Lemay réduisit sans rechercher si l’intestin était altéré. Le malade guérit.
M . Duplay. Les pincements de l’intestin sont rares; si l’observation de M. Lemay est complète, elle mérite d’attirer l’attention.
Chez une femme de cinquante ans,M. Duplay constata une certaine bénignité dans les symptômes d’étranglement : vomissements, constipation ; quelques gaz sortaient, par l’anus. Tumeur peu douloureuse et irréductible dans l’aine; cette tumeur était surtout douloureuse en un point qui corres-. pondait au canal crural. Opération. Au fond du sac on trouva une portion d’intestin du volume d’une grosse groseille : débridement; la tumeur rentra, les accidents cessèrent et la malade guérit. C’est un exemple de pincement intestinal.
M. Gillette rappelle un cas semblable. Une femme de soixante-dix ans avait une tumeur crurale gauche ; l’étranglement remontait à six ou sept jours. Vomissements ; face grippée. Opération; le sac contenait de l’épiploon et un peu d’intestin noir non gangrené; réduction. Guérison.
M. Després n’a vu qu’une fois le pincement de l’intestin. Le malade mourut dans le service de Velpeau sans avoir été opéré ; on trouva à l’autopsie un pincement intestinal.
M. Théophile Anger. Le pincement de l’intestin n’est pas très-rare; tous les chirurgiens l’ont rencontré. Peut-être n’a-t-on pas assez insisté sur la différence des symptômes de l’étranglement vrai et du pincement intestinal. M. Anger a observé deux exemples de pincement intestinal.
— M. Courserant lit une note sur les irrigations oculaires et l’emploi méthodique des collyres. (Commission : MM. Tillaux, Horteloup, Terrier.)
— M. Magitot lit un mémoire sur la greffe chirurgicale dans ses applications à la thérapeutique dentaire (voy. Gazette hebdomadaire, 17 janvier 1879, p. 37).
— M. Th. Anger présente un malade atteint de squirrhe du sein et portant une tumeur au niveau de la clavicule du côté opposé. Le malade a eu la syphilis,, et M. Anger croit qu’il s’agit d’une gomme périostique.
Société de biologie.
Injections intra-veineuses de lait : M. de Sinéty, M. Laborde. Structure de la cornée : M. Ranvier. - Lésions des racines rachis la paralysie saturnine : M. Dêjerii
diennes antérieures dar
ventricules latéraux : M. Cossy.
Couty. — Lésions expérimentales des
M. de Sinéty demande à M. Laborde, à l’occasion de la communication faite par ce dernier dans la séance précédente, si le lait dont il s’est servi pour ses injections intraveineuses était récemment, ou depuis plusieurs heures, sorti de la mamelle. Les globules du lait n’ont pas primitivement d’enveloppe; c’est seulement au bout de deux ou trois heures après l’extraction du lait, ou plus rapidement si l’on prend soin de l’agiter, qu’on voit les globules graisseux s’entourer d’une
substance qui semble être de la caséine. Ce fait a peut-être une certaine importance au point de vue des accidents emboliques signalés par M. Laborde.
M. Laborde répond qu’il a varié ses expériences de manière à se placer dans les conditions les plus diverses. Le temps écoulé depuis le moment où le lait est recueilli, jusqu’à celui où il est injecté, n’exerce aucune influence sur les phénomènes observés ; ceux-ci se modifient seulement en raison de la quantité du liquide introduit dans les veines. Au sujet de la présence des éléments laiteux dans le sang,M. Laborde ajoute que, dans les injections veineuses, on voit les globules blancs absorber les corpuscules graisseux. Si l’on examine, au contraire, le sang d’un animal qui vient de téter depuis une heure et demie environ, les globules rouges sont emprisonnés dans une couche de granulations réfringentes que l’éther dissout ou entraîne rapidement, laissant aux hématies leur forme et leur aspect normaux. Cette modification des globules fait défaut chez un animal sevré de lait depuis dix heures. On peut, au contraire, l’observer chez l’homme à la suite d’un repas composé surtout d’aliments gras.
M. Ranvier croit que ces observations ne doivent être acceptées qu’avec beaucoup de réserve, car l’éther dissout les globules rouges. Il ne peut donc pas s’expliquer les phénomènes décrits par M. Laborde.
M. Laborde répond que l’action de l’éther sur les globules rouges est relativement lente et que le phénomène dont il parle est presque instantané.
— M. Ranvier fait une communication sur la structure de la cornée. Sur l’animal vivant, tous les éléments qui entrent dans la composition de cette membrane ont le même indice de réfraction; cette disposition est la condition absolue de sa transparence ; elle explique pourquoi ces éléments ne peuvent être distingués à l’examen histologique de la cornée normale. Si on prend un œil de grenouille, qu’on l’expose pendant quelques minutes à des vapeurs d’acide osmique, et qu’on l’examine ensuite à la lumière transmise, on ne peut découvrir encore aucun élément, sans doute parce que l’acide osmique a fixé toutes les parties constituantes de la cornée, sans altérer leur forme et leurs propriétés physiques. Mais si, avant de traiter la cornée par l’acide osmique, on la laisse dans une chambre humide, s’imbiber d’humeur aqueuse, on peut, après avoir balayé l’épithélium à l’aide d’un pinceau, apercevoir très-nettement au microscope des corpuscules et des faisceaux conjonctifs. Ceux-ci se sont gonflés en s'imprégnant du liquide qui baignait la cornée et sont, par suite, devenus moins réfringents. Les .corpuscules ont, au contraire, résisté à Timbibition et conservé leur réfrangibilité naturelle. De là la possibilité de distinguer les uns des autres les divers éléments de la cornée qui, sans cet artifice de préparation, échappent à l’observation.
— M. Dêjerine a recherché si, dans les cas de paralysie saturnine, les racines rachidiennes ne présentaient pas de lésions. On savait déjà que les nerfs intra-musculaires présentent les altérations caractéristiques de la névrite parenchymateuse (segmentation de la myéline, multiplication des noyaux de la gaine deSchwann, disparition du cylindraxe), et il avait pu poursuivre ces altérations, dans plusieurs cas de paralysie des extenseurs de la main et des doigts, le long du nerf radial jusqu’au plexus brachial. Dans deux cas sur cinq, il en a reconnu la présence dans les racines rachidiennes antérieures de la région cervicale; dans l’un d’eux, où la paralysie était limitée à l’avant-bras droit, les racines droites, étaient seules atteintes. Faut-il conclure de ces faits que la paralysie saturnine est due à une névrite à marche ascendante, ou, au contraire, à une lésion cérébrale à marche descendante? M. Dêjerine incline plutôt vers la dernière hypothèse.
— M. Couty a observé que, dans les affections fébriles, la
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température de la maia subit une élévation plus considérable que celle de l’aisselle. Dans certaines affections à manifestations extérieures, rougeole, érysipèle, rhumatisme articulaire,, la température palmaire conserve son élévation après la chute de la fièvre. Il n’en est pas de même dans les affections internes. Dans quelques cas enfin : phthisie, pleurésie ancienne, embarras gastrique, elle s’élève sans que la température axillaire présente un accroissement proportionnel. Avant de tirer des conclusions de ces observations, M. Couty a voulu étudier à l’état normal la thermométrie palmaire. La chaleur de la main, mesurée chez plusieurs personnes saines dans les mêmes conditions, offre de grandes différences individuelles; la moyenne sera chez l’un de 27 degrés, chez l’autre de 30 degrés. Mais chez tous la fatigue, le travail musculaire, la digestion produisent des modifications de même sens et à peu près de même valeur. Ces études doivent être poursuivies.
— M. Cossy a fait, avec l’aide de M. Dochefontaine, dans le laboratoire de M. Vulpian, quelques expériences sur les lésions intéressant les ventricules latéraux. En suivant la faux du cerveau, puis, en traversant le corps calleux, de manière à ménager les circonvolutions, il a introduit dans ces cavités du nitrate d’argent cristallisé : il n’a observé, à la suite de cette expérience, aucune contracture. Au contraire, l’injection dans les ventricules de liquides coagulables (empois d’amidon, paraffine), a déterminé dès contractures presque immédiates. Rapprochant ces faits expérimentaux des faits cliniques où les parois ventriculaires ont été intéressées sans qu’il y eût de contracture, M. Cossy se demande si, dans la pathogénie de ce symptôme, il ne faut pas substituer l’hypothèse de la compression cérébrale intra-ventriculaire à la supposition communément admise d’actes réflexes produits sous l’influence de l’irritation de l’épendyme.
M. Charcot fait observer que, dans certains cas où la membrane ventriculaire est simplement soulevée par un caillot qui ne la déchire pas, qui ne peut exercer aucune compression, on a vu cependant se produire des contractures.