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X. Arnozan

REVUE DES JOURNAUX

Mc la guérison rapide des accès d’asthme par l'emploi des injections hypodermiques de morphine et de 1 action eupncique de la morphine, par le docteur H. Hu-

chard, médecin des hôpitaux.

On connaît depuis longtemps l’action sédative exercée par les injections hypodermiques de morphine sur les accès d’asthme ou du moins sur certaines dyspnées paroxystiques. Cependant on leur préfère le plus souvent les préparations de belladone et de datura, qui ne diminuent pas les sécrétions bronchi-

3ues et n’empêchent pas ainsi le ramollissement et l’expulsion e l’exsudât. Aussi les faits cités par M. H. Huchard ont-ils une valeur sérieuse en démontrant que fréquemment, dans les accès d’asthme les plus intenses, les injections hypodermiques de morphine ont une efficacité immédiate. L’auteur affirme même que cette influence sédative de l’injection peut, en modérant chaque attaque dès son apparition, « délivrer l’organisme de cette sorte d’habitude spasmodique et guérir plus ou moins complètement le mal ». Après quelques considérations historiques sur le sujet dont il s’occupe, M. H. Huchard étudie les modalités diverses que l’asthme peut revêtir ; il met en présence des considérations de physiologie pathologique et les réflexions dictées par l’étude thérapeutique des préparations morphinées, etilarrive ainsi à interpréter théoriquement les faits que l’expérience clinique lui avait enseignés.

Dans une seconde partie de son travail M. H. Huchard examine quelle est l’utilité des préparations morphinées, administrées par la voie hypodermique, pour combattre d’autres manifestations dyspnéiques telles que l’asthme cardiaque et la dyspnée urémique. Enfin, dans un troisième chapitre, il fait remarquer les différences d’action que présentent les préparations de morphine suivant qu’elles sont prescrites sous forme de potion ou sous forme d’injection hypodermique. II termine cette étude si consciencieuse et si intéressante par cette conclusion qui résume l’ensemble de ses recherches : La morphine fait respirer. (Comm. à la Société clinique, et Union médicale, Paris, 1878.)

BIBLIOGRAPHIE

Manuel pratique de l’exploration de la poitrine clicz les

animaux domestiques (Percussion, auscultation, pnéo-

graphic), par M. F. Saint-Cïr. In-12 de 460 pages, avec

figures. — Asselin et O, Paris, 1879.

Le livre de M. le professeur Saint-Cyr vient combler une lacune depuis longtemps regrettée. Il n’existe pas, en effet, dans la littérature de l’art vétérinaire, un traité pour diriger l’examen physique des organes thoraciques. Tout au plus trouve-t-on, éparses dans les traités de pathologie, quelques indications sur l’examen de la poitrine; bien plus, tous ces traités, déjà anciens, ne donnent pas les signes récemment étudiés, et il en résulte que, mêmes récoltés ç à et là, les renseignements dont peut profiter le vétérinaire sont bien incomplets, et parfois même erronés. Ajoutons que les études de pathologie expérimentale et comparée étant de plus en plus en honneur, et rendant d’importants services à la médecine, nous serons,» autant que les vétérinaires, les obligés de M. Saint-Cyr, si son travail est tel qu’il nous permette de nous assimiler vite et bien les recherches cliniques faites sur les animaux. M. Saint-Cyr avait donc une double tâche à remplir ; nous allons voir comment il Ta fait.

Il nous semble que le point le plus intéressant, celui que, par conséquent, nous essayerons de faire surtout ressortir, c’est la comparaison des résultats fournis par un même mode d’observations appliqué aux animaux et à l’homme.

L’auteur fait précéder son étude d’un résumé anatomique de la poitrine, des poumons, des plèvres, et du cœur ; puis il remarque les différences qu’on constate chez les divers animaux domestiques : le cheval, le bœuf, le mouton et le chien. Après quoi il passe en revue les divers modes d’exploration physique.

La percussion est le premier mode d’exploration à appliquer. Comme chez l’homme, on emploie la percussion immédiate et la percussion médiate. L’auteur commence par exposer ce qu on constate à l’état normal dans la poitrine des animaux.

Au point de vue pratique, il divise de la manière suivante les signes fournis par la percussion : 1° son clair ; 2° son mat ; 3° bruit de pot fêlé ou hydro-aérique ; 4° frémissement hydatique ; et il expose les principaux caractères de ces différents bruits.

11 analyse ensuite un autre signe fourni par la percussion et sur lequel on n’insiste pas assez chez l’homme, la résistance au doigt sur lequel on percute ; cependant Awenbruger, Laennec, Piorry, en ont donné une longue description.

Puis M. Saint-Cyr expose en détail quelle est la sonorité de la poitrine chez les animaux domestiques : 1° chez les solipèdes; il fait observer que, chez ces animaux, l’épaule couvre une grande partie de la poitrine, etque le son n’est pas le même à droite et à gauche (il accompagne sa description de figures schématiques qui montrent très-clairement les diverses va-

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riétés de la sonorité) ; 2° chez les ruminants, l’épaule couvre moins la poitrine, de sorte que la sonorité èst plus prononcée et que la percussion fournit des renseignements plus importants; 3° dans la race canine, la poitrine est remarquable par sa sonorité et son élasticité. De plus, comme l’épaule est très-mobile, on peut facilement, en portant fortement les pattes antérieures en avant, découvrir le thorax et le percuter jusque dans le premier espace intercostal, du moins dans cette partie qui correspond à la région sous-clavière chez l’homme. A gauche on constate la submalilé du cœur, et, plus en arrière, la sonorité tympanique produite par le sac gauche de l’estomac, et lasubmatité de la rate. A droite, la matité produite par le foie, et au-dessous un bruit hydro-aérique qu’on dit produit par l’intestin contenant des liquides et des gaz ; cependant M. Saint- Cyr ne peut affirmer que cette explication soit la véritable.

D’une manière générale, la poitrine est plus ou moins sonore chez les sujets très-jeunes ou vieux que chez les adultes, ce qui parait tenir, pour le premier cas, à l’activité plus grande de la respiration; pour le second, à l’espèce de raréfaction que le poumon subit avec l’âge et à la proportion d’air plus grande relativement à la matière organique qu’il contient alors. Il y a également plus de sonorité chez les jeunes sujets de race pure. Il faut encore ajouter qu’il y a des variétés individuelles que rien ne semble pouvoir expliquer, et contre lesquelles il faut être toujours en garde.

A l’état de maladie, les signes fournis parla percussion de la poitrine, chez les animaux, sont de tous points comparables à ceux qu’on observe chez l’homme. Nous nous bornerons à signaler ce quia trait à la péripneumonie contagieuse :

« Il n’est pas de maladie, dit M. Saint-Cyr, qui solidifie le poumon d’une manière plus complète et dans une plus grande étendue que la péripneumonie contagieuse de 1 espèce bovine, aussi n’en est-il pas qui donne lieu à une matité plus fémorale, et cela sur une surface parfois considérable. 11 est cependant des cas où cette affection se présente sous forme de pneumonie lobulaire par noyaux du volume du poing ou un peu plus. » On conçoit que dans ces circonstances on éprouve les mêmes difficultés de diagnostic que chez l’homme dans des cas analogues, et on ne peut y arriver que par une percussion attentive et méthodique.

Nous pourrions dire de l’auseultation ce que nous avons dit de la percussion, c’est-à-dire qu’on constate sur beaucoup de points les mêmes symptômes que chez l’homme. Nous nous bornerons donc à signaler des particularités tout à fait spéciales et les règles qui doivent présider à l’auscultation des animaux. Chez le cheval, le bruit de la respiration présente les caractères d’une crépitation fine qui se perçoit très-nettement pendant toute Y inspiration ; l'expiration est complètement silencieuse. Chez la plupart des autres animaux, chez le chien, par exemple, outre le bruit d’inspiration qui offre à peu près les mêmes caractères que chez le cheval, on en perçoit un pendant T expiration : c’est un murmure moins fort et plus bref, et qui offre manifestement un caractère un peu soufflant. Tel est le bruit ou murmure respiratoire naturel, le bruit de la respiration normale, ausculté sur la poitrine, avec lequel il est trèsimportant de bien familiariser son oreille. Pour cela, il faut l’entendre souvent ; il faut ausculter avec attention et plusieurs fois la poitrine de nos divers animaux.

Voici, le résumé de ce qu’on observe : c’est que « chez le cheval, ce bruit thoracique est tout entier inspiratoire, tandis qu’il est à la fois inspiratoire et expiratoire chez la plupart des autres animaux, chez lesquels toutefois, le murmure inspiratoire est toujours plus fort, plus prolongé que celui d’expiration, lequel offre en outre un timbre légèrement soufflant, que ne présente pas, au même degré tout au moins, le bruit d’inspiration. » Puis l’auteur entre dans de nombreux détails sur les. modifications que peut présenter la poitrine à l’état normal.

Le seul signe physique morbide, sur lequel nous appelons l’attention, parce que la connaissance en est due aux vétérinaires, est celui qu’ils désignent sous le nom de bruit de gouttelettes.

Le bruit de gouttelettes a été signalé pour la première fois vers 1850 ou 1851, par un vétérinaire militaire; son étude a été propagée depuis par M. Rey, professeur à l’Ecole de Lyon. Il existe un mémoire très-complet sur la question, publié par M. Liautard(1860). Si on approche son oreille des nasaux d’un cheval, dans certaines circonstances on entend : « de moment en moment, à intervalles à peu près égaux, un petit claquement court, rapide, instantané, parfaitement comparable à celui que ferait un liquide tombant goutte à goutte à la surface d un autre liquide. » Il se manifeste toujours entre la fin de l’inspiration et le début de l’expiration sans qu’il soit possible de dire qu’il appartient plutôt à l’une qu’à l’autre ; on entend encore le bruit en d’autres points du corps, jamais aussi bien qu’à l’entrée des nasaux. Pour M. Liaulard, il croit que c’est un bruit qui se passe dans le larynx, au niveau de la glotte.

Voici en résumé la signification qu’on lui donne : « Dans toutes les affections, dit M. Liautard, où la respiration devient difficile, où l’inspiration exige une dilatation exagérée de la glotte, se trouvent réalisées les conditions favorables à la manifestation du bruit de gouttelettes. C’est ainsi que nous l’avons entendu plus ou moins souvent dans la pneumonie, la bronchite, l’emphysème pulmonaire, dans quelques cas de morve, de gourme, de coryza. » Cependant, M. Saint- Cyr fait remarquer que c’est surtout dans la pleurésie qu’on l’entend.

Enfin, M. Saint-Cyr consacre un dernier chapitre à la pnéographie ; cette méthode, jusqu’ici peu applicable chez l’homme, mérite toute attention quand il s’agit des animaux. Pour juger de ce que peut donner au point de vue clinique la méthode pnéographique, il était d’une extrême importance de l’appliquer chez les animaux, il fallait faire des expériences. Or, l’étude que M. Saint-Cyr a faites sur les animaux malades, après avoir étudié l’état sain, sont bien propres à éclairer cette question : « Ces résultats sont encore fort incomplets, dit-il; tels qu’ils sont, cependant, ils ne sont pas dépourvus de tout intérêt, et ils suffisent tout au moins pour faire entrevoir quel parti la science et la pratique pourront tirer un jour de l’étude pnéographique de ia respiration, quand cette étude sera un peu plus avancée et plus facilement applicable. »

Tel est le livre de M. Saint-Cyr. Toute la partie qui est consacrée à l’auscultation et à la percussion est aussi complète que possible. La lacune qu’il se proposait de combler n’existe plus.

Il est très-intéressant pour le médecin de lire ce travail : il lui fera voir qu’en maintes circonstances les symptômes observés chez les animaux lui serviront à étudier les mêmes signes chez l’homme. C’est une nouvelle preuve que la pathologie comparée est une étude féconde, et qu’elle est la réalisation spontanée de cette grande base de la médecine moderne : l’expérimentation.

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