‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 43 sur 249 · RÉPONSE DE M. ROCIIARD AUX DIVERS TOASTS · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE M. ROCIIARD AUX DIVERS TOASTS

Messieurs,

Je ne comptais pas prendre une seconde fois la parole ; mais il m’est impossible de quitter cette table, si cordialement hospitalière, sans vous adresser de nouveau les remercîments du corps de santé de la marine, auquel vous venez de faire une véritable ovation.

Je remercie M. Dechambre des expressions trop élogieuses dont il a bien voulu se servir à mon égard et contre lesquelles ma modestie protesterait, si je me méprenais sur le sentiment qui les a dictées, si je n’y voyais pas le reflet de son indulgente amitié.

Je remercie M. Maunoir d’avoir mis en lumière, avec un si remarquable talent, les services rendus à la géographie par les médecins de la marine. M. Dechambre m’invitait tout à l’heure à leur transmettre l’expression de votre cordiale sympathie ; cette mission, dont je serais si heureux de me charger, c’est vous, messieurs, qui la remplirez à ma place.

Demain vos journaux et le nôtre porteront, à travers les mers, vos encouragements et vos vœux à nos camarades répandus sur tous les points du globe et qui y soutiennent de leur mieux le vieux renom de la médecine française.

Et maintenant, messieurs, c’est à mon tour de boire à vous tous, qui nous avez donné cette fête, et je vous adresse, avec ce dernier toast, l’expression de toute notre reconnaissance.

Faculté de médecine de Paris. — Par décret en date du 2 février 1879, M. Panas, agrégé près la Faculté de médecine de Paris, a été nommé professeur de clinique ophthalmologique à la même Faculté.

— Par arrêté du ministre de l’instruction publique et des beauxarts, en date du 15 février 1879, la chaire de médecine légale à la Faculté de médecine de Paris a été déclarée vacante. Un délai de vingt jours, à partir de la publication de cet arrêté, est accordé aux candidats pour produire leurs titres.

— Par arrêté ministériel du 31 janvier dernier, M. Achille Chereau, bibliothécaire de la Faculté de médecine de Paris, a été nommé membre de la commission centrale des bibliothèques académiques et des collections des Facultés, instituée près le ministre de l’instruction publique, sous la présidence de M. Mourier, inspecteur général et recteur honoraire.

— Par arrêté du ministre de l’instruction publique et des beauxarts, en date du 19 février 1879, ont été déclarées vacantes : la chaire d’histoire de la médecine et de la chirurgie et la chaire de pathologie et thérapeutique générales. Un délai de vingt jours à partir de la publication de ces arrêtés est accordé aux candidats pour produire leurs titres.

— Des cours auxiliaires de physique médicale, de chimie médicale et d’histoire naturelle médicale sont substitués aux conférences créées à la Faculté de Paris par l’arrêté du 12 novembre courant, qui est et demeure abrogé.

Faculté de médecine de Nancy. — Par décret en date du 16 janvier 1879, M. flergott a été transféré, sur sa demande, à la chaire de clinique obstétricale vacante à ladite Faculté.

— Par arrêté du 25 janvier 1879, M. le ministre de l’instructioii publique a déclaré qu’il y a lieu de pourvoir à la chaire d’accouchements et des maladies des enfants vacante à la Faculté de médecine de Nancy. Aux termes des statuts et des règlements universitaires, une double liste de présentation est demandée à la Faculté et au conseil académique. En conséquence, MM. les aspirants à celte chaire sont invités à faire parvenir leurs titres, par envoi affranchi, soit à M. le recteur, soit à M. le doyen, avant le 27 février prochain. Les candidats auront à produire : un acte de naissance dûment légalisé; le diplôme de docteur en médecine. Ils auront soin de faire connaître en outre : la nature et la durée de leurs services dans l’enseignement; les thèses, ouvrages et mémoires divers qu’ils auront publiés.

Faculté de médecine de Lyon. — Les docteurs en médecine dont les noms suivent, chargés des fonctions de chefs de laboratoire à la Faculté de médecine de Lyon, sont maintenus dans lesdites fonctions pendant l’année scolaire 1878-79 : MM. Chandelux (anatomie générale) ; Hubert (physique médicale) ; Peter (chimie médicale et pharmaceutique) ; Arloing (médecine expérimentale comparée); Cazeneuve (clinique médicale); Charpy (anatomie); Maguin (matière médicale); Duchamo (histoire naturelle); Rebatel (physiologie); Guérin (pharmacie).

— M. Garin (Henri) est délégué, pour un an, dans les fonctions d’aide de clinique des maladies des enfants.

— M. Bouveret (Émile-Léon-Emmanuel) est institué chef de clinique médicale. — M. Cusset (Jean) est institué chef de clinique chirurgicale.

Faculté de médecine de Bordeaux. — Par arrêté du Ie1' février 1879, M. le ministre de l’instruction publique a déclaré vacante la chaire de pathologie générale de la Faculté de médecine et de pharmacie de Bordeaux. Conformément aux dispositions de l’article 2 du décret du 9 mars 1852, une double liste de présentation devant être demandée à la Faculté et au conseil académique, les

21 Février 1879

candidats sont invites à faire parvenir franco, au secrétariat de la Faculté dé médecine, avant le 27 février (terme de rigueur) : 1” une expédition dë leur acte de naissance; 2° leur diplôme de docteur en médecine; 3° leur thèse et les travaux qu’ils auront publiés; 4° une note indiquant leurs titres honorifiques, la nature et la durée de leurs services dans l’enseignement.

École de Clermont. — Décret : Art. 1er. La chaire de pharmacie prend le litre de chaire de pharmacie et matière médicale.

La chaire de pathologie externe prend le titre de chaire de pathologie externe et médecine opératoire.

La chaire d’histoire naturelle et matière médicale prend le litre de chaire d’histoire naturelle.

La chaire de chimie prend le titre de chaire de chimie et toxicologie. ,

Art. 2. 11 est créé à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Clermont une chaire d’hygiène et thérapeutique.

Administration générale de l’Assistance publique.— Concours pour la nomination à trois places de médecin au Bureau central d’admission dans les hôpitaux et hospices civils de Paris. Ce concours sera ouvert le lundi 24 mars, à quatre heures, à l’Hôtel-Dieu. MM. les docteurs qui voudront concourir se feront inscrire au secrétariat général de l’administration de l’Assistance publique, de midi à trois heures, et y déposeront leurs titres. Le registre d’inscription des candidats sera ouvert le samedi 22 février 1879, et sera clos définitivement le samedi 8 mars, à trois heures.

Assistance publique. — Les secours à domicile organisés par les soins de l’Assistance publique et tout à fait indépendants des secours médicaux de nuit absorbent chaque année des sommes considérables. Mais c’est la première fois que l’on voit figurer dans le budget de 1878. une somme spécialement affectée aux phthisiques indigents. Les dépenses en visites de médecins et en médicaments ont atteint en effet 200 000 francs.

Il est même question, dit le Journal officiel, d’augmenter celte somme et de créer dans le Midi, à Cannes, à Nice, et sur différents points des bords de la mer, dans le Midi, des maisons hospitalières pour les malades atteints de celte terrible maladie.

Service médical de nuit. — D’après le relevé mensuel que vient de publier le docteur Passant, le nombre des personnes qui ont été secourues en 1878 a atteint le chiffre de 3751, dont 1286 hommes, 1879 femmes et 586 enfants au-dessous de trois ans.

Dans 41 cas, les personnes pour lesquelles on réclamait les secours des médecins sont mortes avant l'arrivée de ces derniers.

Les cas les plus fréquents sont : les affections et troubles gastrointestinaux,' qui figurent pour 79, les accouchements pour 71, les bronchites pour 59 et les angines pour 55.

Les arrondissements qui ont le plus recours au service médical de nuit sont le XIe, le XX', le XVIIe, le XIVe et le XVIIIe. Le VIIIe et le XVIe arrondissement n’ont demandé que huit fois chacun les médecins de nuit pendant le dernier trimestre de 1878.

( Constitutionnel , 6 février.)

Service de santé militaire. — Par décret en date du 13 janvier 1879, rendu sur la proposition du ministre de la guerre, ont été promus dans le corps de santé militaire :

Au grade de médecin principal de 2e classe : MM. Spillmann fPierre-Hyacinthe-Paul-Eugène), médecin-major de lre classe; Palu (Joseph-Pierre), médecin-major de lre classé.

Au grade de médecin-major de lre classe : (Ancienneté.) M. Malabard (Jean-Asclèpe), médecin-major de 2e classe. — (Choix.) M. Rôchet (Léon-Auguste), médecin-major de 2e classe. — (Ancienneté.) M. Dumayne (François), médecin-major de 2e classe. — (Choix.) M. Barbier (Léopold-Désiré-François), médecin-major de 2e classe.

Nécrologie. — Le 15 février 1879 est mort à Varsovie, à l’âge de quatre, -vingt-douze ans, M. le docteur Philippe Lubelski père, doyen d’âgè des médecins polonais. M. Lubelski avait été médecinmajor de la grande armée; blessé à la bataille de Leipsick, il fut décoré sur le champ de bataille; plus tard, il fut nommé officier du Mérite militaire de Pologne, légataire médaillé de Sainte- Hélène. Il s’est éteint après avoir exercé sa profession depuis 1811 jusqu’au jour de sa mort;

La peste. — On lit dans le Journal officiel du 14 février 1879 :

« Les dernières informations . relatives à la peste qui règne sur un point très-limité de la Russie sont très-rassurantes. L’épidémie ne s’est pas étendue, et des mesures énergiques sont prises pour l’éteindre dans son foyer actuel. Un médecin français est envoyé par le gouvernement de la République pour aller étudier et, au besoin, combattre la maladie, de concert avec la commission austro-allemande. D’un autre côté, les nouvelles alarmantes annonçant. l’apparition de la peste dans la Turquie d’Europe, et notamment près de Cavâla, en Roumélie, ont été reconnues jusqu’ici être le résultat d’erreurs d’appréciation...

ï Pour plus de sûreté, le ministre du commerce a prescrit des mesures ac précaution (quarantaine de deux jours au moins, avec désinfection des objets dangereux, etc.), qui seront appliquées, jusqu’à nouvel ordre, dans nos ports de la Méditerranée (Algérie comprise), à toutes les provenances de la merd’Azow et de la mer Noire, rirême en patente nette.

Cours publics. — Le docteur Durand-Fardel commencera son cours le lundi 3 mars, à quatre heures, dans l'amphithéâtre n° 3 de l’Ecole pratique, et le conlinûera les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, à la môme heure. Ce cours sera fait en quinze leçons.

Conférence publique. — Machine parlante. — Dimanche prochain, 23 février, à une heure et demie, au théâtre duChâteaud’Éau, M., Garicl, professeur agrégé de la Faculté de médecine, fera une conférence au profit de l’inventeur de la machine parlante, M. Faber. Cette conférence sera présidée par M. Paul Bert. La machiûc dont il s’agit est un fort curieux instrument qui produit et articule les sons de manière à imiter la voix humaine. Il y a là un ensemble de dispositions mécaniques des plus intéressantes.

MM. Coquelin frères, de la Comédie-Française, ont bien voulu apporter à celte bonne œuvre le concours de leur talent, et.diront la scène du maître do philosophie d à Bourgeois géntilhomme.

raXuvo; (Galien). — Ce nouveau journal médical paraît à Athènes le samedi; il est rédigé par les docteurs Georganla, Skiadaresi, Macca et Dellaporlâ. Le premier numéro a paru le 6 janvier 1879.

. Ce journal, publié en grec, contient 16 pages à chaque numéro.

Voici le sommaire du n° 1 : Sur les soldats blessés traités à l’hôpilal civil l’Espérance par'lés.'soins'des membres de la Société dite de la Croix-Rouge, par le docteur Aretaios. — Sur l’herpès et ses variétés. — Sur le diagnostic delà défervescence de la pneumonie du deuxième au troisième degré. — Sur l’action thérapeutique de la propylamine dans le rhumatisme et la chorée. — Sur Faction physiologique des purgatifs. — Société de médecine pratique d’Athènes.

État sanitaire de la ville de Paris :

Du 6 au 13 février 1879, on a constaté 1019 décès, savoir :

. Fièvre typhoïde, 23. — Rougeole, 10, — Scarlatine, 2. Variole, 14. — Croup, 18. — Angine côuenneuse, 19. — Bronchite, 46. — Pneumonie, 94. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 3. — Choléra nostras, 0. — Dyssenterie, 2. — Affections puerpérales, 8. — Erysipèle, 2. — Autres affections aiguës, 243. — Affections chroniques, 459 (dont 155 dues à la phthisie pulmonaire). — Affections chirurgicales, 56. — Causes accidentelles, 20.

SOMMAIRE. — Paris. La peste de 1879 et les quarantaines. — Académie dos sciences : Même sujet. — Travaux ORIGINAUX. Pathologie interne : Hémichoréo préliémiplégiquc ; hémianesthésie. — Correspondance. La toxicologie. Orfiln et Aiuhroisc Tardieu. — Sociétés savantes. Académie' dos sciences. — Académie do médecine, — Société de chirurgie. — Société de biplogie. - - Société de thérapeutique. — Revue des journaux. Un cas d'hydrophobie. — Bipi,ioGR,AriuÉ, Traité des maladies de la vessie et de l'allecliun calculcfisc. — Variétés. Banquet offert par le corps médical à M.1 Ballay. ■ '

AVIS. — Nous rappelons) à ceux tic nos souscripteurs qui payent chaque année leurs abonnements par un uiamlat collectif, que la traite dont ils ont été avisés leur sera présentée le «8 février procliuin — et nous les prions d’y réserver bon accueil.

IPRIMERIE E. MARTINET, RUE MIONON, i

ViNGT-âlXIÈMË ANNÉE

28 Février 1879

Comité de rédaction : fl. DECHAMBRE, président ; BLACHEZ, DIEULAfOY, fl. HÊNOCQUE, L. LEREBOULLET, A/K. MARCHAND

Adresser tout ce qui concerne la rédaction au siège du Comité, chez M. Dechambhe, 91, rue de Lille (avant le mardi de préférence)

Paris, 27 février 1879. j

Académie de médecine. : La septicémie expérimentale : j • M. Davaine. — Société médicale des hôpitaux : De l’anurie par obstruction calculeuse des uretères. |

La septicémie expérimentale.

Le discours cleM. Davaine présente une importance remarquable à l’égard de l’étude expérimentale de la septicémie, ainsi qu’on a pu en juger par le résumé publié au compte rendu de l’Académie dans le dernier numéro. L’ingénieux et savant expérimentateur semble avoir voulu répondre aux vœux dont M. Trélat s’est fait l’interprète, et que nous avions nousmême exprimés, à savoir, qu’à tous cês beaux discours on désirait voir joindre une histoire des conditions du développement des. bactéries ou organismes produisant la septicémie, ou au moins l’indication de nouveaux progrès accomplis ou à accomplir dans cette étude. La communication de M. Davaine nous montre, en effet, comment on peut étudier les conditions du développement de la septicémie par des procédés d’expérimentation dont la rigueur répond aux exigences de la méthode qui deit toujours diriger les recherches de physiologie pathologique. Les résultats obtenus sont très-intéressants par eux-mêmes, puisqu’ils constatent, d’une part, l’influence de la température, du lieu d’inoculation, d’un état particulier de l’animal de l’espèce choisie pour l’expérience, et, d’autre part, la variation des effets obtenus avec les agents différents, mais comparables, de la putréfaction ou septicémie et du charbon; néanmoins nous éprouvons plus d’intérêt encore à considérer la méthode qui a été suivie. M. Davaine a

établi par ces expériences une série de données qui constituent autant de points de repère précieux pour l’étude des agents infectieux. Le réactif type existe, c’est le .sang pris dans le cœur d’un lapin mort de septicémie ; ce réactif tue certainement, et à doses infiniment réduites, les lapins, quelles que soient les conditions atmosphériques ; cependant le sujet choisi ■ pour l’inoculation expérimentale ne ;saurait être le lapin, à cause de cette facilité singulière avec laquelle la septicémie se développe chez cet animal ; ce n’est pas non plus un carnassier, par exemple, un renard, parce que cet animal semble réfractaire à l’inoculation sous-cutanée, et que, pour le rendre septicémique, il est nécessaire d’inoculer le liquide putride dans le péritoine. Il restait le cobaye qui très-heureusement représente un climat tempéré au point de vue septicémique; et c’est pourquoi l’on peut apprécier chez cet animal l’influence remarquable de la température sur le développement de la septicémie.

« En résumé, dit M. Davaine, nous voyons dans ces expériences que treize cobayes inoculés pendant l’hiver, avec des doses de sang- septique qui varient de i/10 à 1/50 de goutte, résistent tous ; tandis "que dix autres inoculés pendant l’été, avec des doses qui varient de 1/50 à 1/500 de goutte, contractent la septicémie et meurent. »

• M. Davaine ajoute que « la quantité de sang virulent qui tue un cobaye dans les grandes chaleurs de l’été peut être deux mille fois moindre qu’en hiver. »

Voilà donc un fait expérimental qui vient à l’appui de notions de clinique dès longtemps acquises; il ne nous explique pas complètement la cause de ces différences, mais il nous apprend une particularité nouvelle de l’histoire des bactéries. Il prend sa place à côté de l’expérience mémorable de M. Pasteur, qui a prouvé que la bactéridie du charbon ne se développe pas dans le sang trop chaud de la poule, mais apparaît lorsque la température du sang de l’animal est suffisamment abaissée. En somme, nous voyons une fois de plus comment,

FEUILLETON

Les détracteurs de la médecine.

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